Funérailles de Mme Marcelline GUIOUGOU : une foule de fidèles réunie autour de son fils, Mgr Philippe GUIOUGOU et de sa famille, dans la foi et l’espérance

Informations

vendredi 30 octobre 2026
Diocèse de Guadeloupe

Une foule de fidèles a entouré Mgr Philippe GUIOUGOU et sa famille, jeudi 29 octobre 2026, lors des funérailles de sa mère, Madame Marcelline GUIOUGOU, célébrées dans la grande salle du Vélodrome de Gourdeliane, à Baie-Mahault. Présent auprès de l’évêque de Guadeloupe, Mgr David MACAIRE, archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France, a salué dans son homélie l’héritage d’amour et de confiance laissé par cette mère guadeloupéenne. La veille déjà, une importante assemblée avait participé à une veillée de prière et d’hommage, prolongée au son du ka.

La peine d’une famille a rencontré la fraternité de tout un diocèse. Jeudi 29 octobre, les fidèles venus de nombreuses paroisses de Guadeloupe se sont retrouvés au Vélodrome de Gourdeliane pour accompagner Madame Marcelline GUIOUGOU, décédée le 22 octobre à l’âge de 93 ans, et soutenir son fils, Mgr Philippe GUIOUGOU.

L’affluence était telle que des écrans avaient été installés à l’extérieur de la salle, permettant aux personnes qui n’avaient pu y prendre place de suivre la célébration et de s’unir à la prière. Autour de la famille étaient réunis prêtres, diacres, religieuses, personnes consacrées, élus et représentants des autorités civiles.

Une importante délégation de l’Association des cuisinières de Guadeloupe, emmenée par son président Rony Théophile, avait également tenu à saluer la mémoire de Marcelline GUIOUGOU et à témoigner de sa proximité avec l’évêque et ses proches.

Dès la veille, un hommage prolongé au son du ka

Ce rassemblement avait été précédé, mercredi 28 octobre, d’une veillée au Vélodrome. De 18 heures jusqu’après 23 heures, une foule nombreuse avait fait le déplacement pour honorer la mémoire de la défunte et entourer sa famille.

Après un temps de prière communautaire, la veillée s’était poursuivie au rythme du ka. Dans ce moment de recueillement, la foi et l’expression culturelle guadeloupéenne accompagnaient ensemble l’hommage rendu à une mère, à une grand-mère et à une femme dont la vie s’inscrivait dans l’histoire de son peuple.

Une communion fraternelle entre les Églises des Antilles et de Guyane

Venu spécialement de Martinique, Mgr David MACAIRE a accompagné Mgr Philippe GUIOUGOU dans cette épreuve familiale. Au début de son homélie, il a associé à la célébration Mgr RANSAY, avec lequel il s’était entretenu le matin même, ainsi que les nombreux fidèles de Guyane et de Martinique qui lui avaient confié leur communion de prière.

Avec une pointe d’humour affectueux, l’archevêque a évoqué l’ampleur de cet hommage, dépassant le cercle familial pour rejoindre toute la Guadeloupe et, au-delà, les Églises de la province. Cette mobilisation lui a inspiré une première réflexion sur la dignité de chaque existence. Une femme dont la vie s’est déployée dans la discrétion, au milieu des responsabilités familiales, des difficultés et des joies quotidiennes, pouvait ainsi réunir un peuple dans l’action de grâce.

Mgr MACAIRE a invité l’assemblée à reconnaître, dans cette vie apparemment ordinaire, la valeur d’un héritage humain, culturel et spirituel à recevoir et à transmettre.

Une liturgie portée par l’espérance chrétienne

Préparée par la Pastorale liturgique et sacramentelle du diocèse, la célébration a placé au centre l’espérance de la résurrection. Le rite de fermeture du cercueil, présidé par Mgr Philippe GUIOUGOU, donnait à entendre la douleur de la séparation dans une prière adressée à Dieu : « Seigneur, nous tournons vers toi notre regard à l’heure où disparaît ce visage qui nous est cher. »

Les témoignages familiaux et les rites de la lumière et de la croix rappelaient ensuite le lien de la défunte avec le Christ, reçu au baptême et nourri au long de son existence. La première lettre de saint Jean, proclamée dans la liturgie de la Parole, affirmait ainsi que l’amour trouve sa source en Dieu. Le psaume 22 invitait à la confiance : « Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer. » Dans l’Évangile selon saint Jean, Jésus ouvrait à ses disciples un chemin d’espérance : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. »

À partir de ces lectures, Mgr MACAIRE a développé deux lignes directrices pour relire la vie de Marcelline GUIOUGOU : l’amour et la confiance.

Comprenons bien ce que le Seigneur veut nous dire. C'est lui qui nous parle, c'est lui qui a parlé à vous, ses enfants, ses petits-enfants, et à travers la mission qu'il a donnée à son dernier petit, celui qu'elle n'attendait peut-être pas. Cette mission, cet héritage, on le reçoit d'elle. Cette parole de Dieu passe par elle et par Philippe et par vous tous, membres de sa famille aujourd'hui.

Reprenant les témoignages de la famille, l’archevêque a évoqué une femme de caractère, une épouse, une mère et une chrétienne engagée. « Il y a, on l'a bien entendu dans le témoignage de la famille comme un arc-en-ciel dans le cœur. A la fois de la pluie et du soleil, à la fois de la tristesse de voir ce visage s'en aller, de la fierté. De la fierté, de la joie, de voir que finalement ce que nous avons reçu, l'héritage culturel, psychologique, enfin sa nou yé, nous-mêmes-nous-mêmes, eh bien, ça marche. Nous voudrions le transmettre à nos jeunes. Et en entendant la chorale chanter ce verset de psaume, je pense en effet qu'il est, qu’il peut être sur les lèvres de Marceline en cet instant : Tu répands le parfum sur ma tête et ma coupe est débordante. De voir sa famille rassemblée, de voir au-delà de sa famille, le peuple finalement uni dans la prière et l'action de grâce. Cela m'a fait penser à un poème d'un auteur connu en France, Francis Cabrel, qui dit : "C'est quelqu'un dont on ne parle pas, et je l'aime pour ça. C'est une fleur sur l'horizon, une star à sa façon." Et quand je regardais la famille déposer des fleurs et des pétales dans le cerceuil, je me disais, ce poème est adapté. Surtout, ne me demandez pas de vous la montrer du doigt, avec vos yeux d'étrangers, vous n'allez rien remarquer. Mais c'est quelqu'un dont on ne parle pas, une fleur sur l'horizon, une star à sa façon. A la façon des femmes de notre peuple, d'être finalement des stars que l'on ne remarque pas" a prêché Mgr David, soulignant aussi l'expression « poto mitan », employé par sa petite-fille, qui illustre bien la place qu'occupait Marcelline parmi les siens.

Pour Mgr MACAIRE, l’amour manifesté dans une telle existence ne se réduit pas à la tendresse. Il se traduit aussi par une force de résistance et d’engagement : « Aimer, c’est se battre parfois, se battre pour les siens, se battre pour son clan, pour l’unité, pour défendre devant l’adversité, pour corriger s’il le faut. » Cet amour pouvait être exigeant, parfois rude dans son expression, mais réel dans sa fidélité. L’archevêque y a reconnu la capacité de continuer à se donner malgré les épreuves. Il a rappelé les deuils traversés par Marcelline : la perte de sa mère alors qu’elle était encore jeune, celle de son époux, puis celle de sa fille. À travers ces blessures, elle avait continué à aimer et à se laisser aimer.

L’abnégation, la persévérance et la fidélité devenaient ainsi, dans son propos, des manifestations concrètes de l’Évangile. La foi prenait corps dans les responsabilités assumées, les liens préservés et l’attention portée aux autres.

La confiance, un héritage à transmettre aux jeunes

Le second axe de l’homélie portait sur la confiance : confiance en Dieu, en l’existence, mais aussi en son peuple, sa culture et ce qui a été reçu des générations précédentes. Mgr MACAIRE a invité les fidèles à ne pas laisser les difficultés du présent effacer cet héritage. La confiance chrétienne, a-t-il expliqué, permet de regarder plus loin que l’épreuve immédiate et d’avancer dans l’espérance.

Évoquant un souvenir de sa grand-mère, Mgr David a poursuivi en ces termes. « Chez ma grand-mère, qui ressemblait beaucoup à Marceline, il y avait une image avec un poster, avec une dame qui tenait un panier Caraïbes sur sa tête comme ça, byen doubout, et c'était marqué "fanm antiyé sé fanm ki vayan" Et j'ai toujours retenu cette image depuis mon enfance, je retrouve cette image dans le témoignage que j'ai reçu par vous de Marceline, et à travers elle, comprenons bien ce que le Seigneur veut nous dire. C'est lui qui nous parle, c'est lui qui a parlé à vous, ses enfants, ses petits-enfants, et qui, à travers la mission qu'il a donnée à son dernier petit, celui qu'elle n'attendait peut être pas, qui est arrivé à la fois tard. Et cette mission, cet héritage, on le reçoit d'elle. Cette parole de Dieu passe par elle et par Philippe et par vous tous, membres de sa famille aujourd'hui. L'Évangile s'incarne ».

Nous sommes vraiment fiers de cet évêque que le Seigneur nous a donné, de ce frère qu'il m'a donné

Dans le témoignage familial consacré à Marcelline GUIOUGOU, l'archevêque de Martinique a dit retrouver cette figure de la femme antillaise courageuse, debout au milieu des combats de l’existence. L’hommage prenait dès lors une portée collective. À travers Marcelline, Mgr MACAIRE a voulu honorer toutes ces femmes et toutes ces mères dont l’engagement quotidien soutient les familles et contribue à la transmission de la foi.

Il a également exprimé son affection fraternelle pour Mgr Philippe GUIOUGOU : «Nous sommes heureux que cet héritage soit celui de sa famille, de ses enfants. On l'a entendu, celui de Philippe, encore une fois, qui fait notre fierté et notre joie dans notre église. Nous sommes vraiment fiers de cet évêque que le Seigneur nous a donné, de ce frère qu'il m'a donné ».

Au terme de son homélie, celui qui fut deux années durant l'administrateur apostolique de notre diocèse avant la nomination de Mgr Philippe, a invité la famille et l’assemblée à accueillir cet héritage d’amour et de confiance, avec la responsabilité de le transmettre aux jeunes. « Je voudrais finir, bien sûr, par remercier Dieu avec vous. Cet hommage dépasse votre famille, dépasse Marceline, bien sûr, mais elle mérite cet hommage comme tant d'autres. Je veux dire, au nom de tant d'autres. Quelqu'un une fois donnait une décoration à quelqu'un et disait, une seule personne est décorée, mais tous sont honorés. Et j'ai envie de dire qu'aujourd'hui, dans ces belles funérailles que nous célébrons, Marceline reçoit notre hommage à tous pour sa vie. Toutes les femmes guadeloupéennes toutes les mamans en particulier, toute sa famille reçoit cet honneur, de ce que Dieu a fait pour vous. C'est un héritage qui vous dépasse et que nous recevons avec vous, l'héritage de cet amour et de cette confiance, l'héritage qu'il ne faut pas perdre et surtout que nous allons transmettre à nos jeunes. Maman Marceline, merci. Et du haut du ciel, eh bien, nous qui aujourd'hui prions pour le repos de ton âme, et du haut du ciel, prie pour nous et veille sur nous auprès de Jésus et de Marie, que tu as t'en servi, loué, chanté, prié et transmis. (chant) Trouver dans ma vie ta présence, tenir une lampe une lampe allumée, choisir avec toi la confiance, aimer et se savoir aimé… »

« Elle a su garder sa lampe allumée jusqu’au bout, transmettant l’amour du Seigneur et le goût de la prière à toute notre famille. »

Les mots et les remerciements de Mgr Philippe GUIOUGOU 

À la fin de la célébration, Mgr Philippe GUIOUGOU a pris la parole au nom des siens, avec « une profonde émotion et une immense gratitude ». Son premier remerciement est allé à Mgr MACAIRE. L’appelant simplement « David », il a souligné la proximité de son confrère et les efforts consentis pour être présent à ses côtés. L'évêque de Guadeloupe a ensuite remercié les prêtres, les diacres et les membres de la vie consacrée pour leur communion et leur prière autour de l’autel et de sa famille.

Mgr Philippe a exprimé une reconnaissance particulière au maire de Baie-Mahault, dont il avait personnellement constaté l’énergie déployée pour accompagner la famille. « Je tiens à exprimer ma profonde gratitude, réelle et vraiment sincère, à Monsieur le Maire de Baie-Mahault, c'est pour cela que j'insiste, parce que j'étais témoin qu'il a déployé énormément d'énergie pour nous accompagner et sachez que la famille vous en est vraiment reconnaissante. Ainsi qu’à l'ensemble des élus et aux autorités civiles, politiques, administratives venues de Guadeloupe et d'autres horizons, mais surtout votre présence parmi nous, est une marque de soutien et d'attention toute particulière. que vous témoignez à notre famille. En ce jour où nous aurons la mémoire de maman. Merci également à vous tous, parents, amis, voisins fidèles. Ma voisine qui a été longtemps maire, que je ne peux pas ne pas citer, qui est juste derrière. Madame POLIFONTE, merci. Le lien de voisinage qui nous lie est aussi un lien très fort. Merci. Votre présence chaleureuse, vos prières, et vos nombreux messages d'affection sont pour nous un baume réparateur et un soutien inestimable ».

Une mère de foi, de joie et d’humour

Dans son hommage personnel, Mgr Philippe GUIOUGOU a rendu grâce au Seigneur pour les 93 années de vie de sa mère. Sa prière a rejoint celle de l’assemblée pour demander que Marcelline soit accueillie dans la paix et la lumière de Dieu, auprès de son époux Clément-Joseph et de leur fille, sa soeur décédé. La prière universelle avait elle aussi confié à Dieu ces liens familiaux, tout en portant ceux qui traversent la souffrance et le deuil. « En ce jour, je veux avant tout rendre hommage au Seigneur pour les 93 années de vie de notre chère maman, femme de foi profonde, de joie communicative et de service infatigable. On a dit le caractère, mais maman avait de la répartie et un humour qui nous surprenait très souvent, sa capacité à répondre et à avoir l'humour. Elle a su garder sa lampe allumée jusqu'au bout, transmettant l'amour du Seigneur et le goût de la prière à toute notre famille. Que le Seigneur vous rende au centuple la bonté et l'amitié que vous témoignez aujourd'hui et que dans sa grande miséricorde, il accueille notre maman dans sa paix et sa lumière sans déclin, auprès de notre cher papa Clément-Joseph et de notre sœur. Frères et sœurs, que Dieu vous bénisse. Je voudrais juste rajouter aussi, j'en ai pris conscience hier et ces jours-ci, tout le monde me disant, vous savez, père, Monseigneur, j'ai aussi perdu une maman il n'y a pas très longtemps. Ce que Monseigneur David MACAIRE a dit va dans ce sens. Finalement, c'est une prise de conscience aussi pour moi que nos mamans et à travers ma mère aujourd'hui, ce sont vraiment les mères que nous perdons et donc cela forcément fera grandir en moi cette prise de conscience de la dimension maternelle dans notre territoire, auprès des hommes et des femmes que je fréquente régulièrement. Merci à chacun et à chacune » a conclue l'évêque de Guadeloupe. Cette parole donnait une résonance particulière à la journée : l’évêque entouré par son diocèse était aussi un fils éprouvé par la séparation, rejoint dans sa peine par celles et ceux qui connaissaient la même blessure.

Un dernier adieu dans la prière

Au Vélodrome de Gourdeliane, l’hommage rendu à Marcelline GUIOUGOU aura ainsi réuni la mémoire d’une vie familiale, la reconnaissance envers une mère et la prière d’une communauté chrétienne autour de son évêque et de ses proches.

De la veillée au son du ka jusqu’aux paroles échangées au terme de la messe, ces deux journées ont donné à voir les liens qui unissent une famille à ses proches et un évêque à son diocèse, à son peuple. Dans la douleur de la séparation, l’amour transmis par Marcelline et la confiance dont elle a fait preuve toute sa vie constitue à n'en pas douter l'héritage spirituel légué à toute la famille. 

Le service diocésain de la communication

LES CONDOLEANCES DU DIOCESE DE GUADELOUPE A MGR PHILIPPE ET A SA FAMILLE

Le diocèse de Guadeloupe, les prêtres, les diacres et épouses, les religieuses, l’ensemble du personnel et des services diocésains, les communautés paroissiales, l’Enseignement catholique, ainsi que les mouvements et associations de fidèles de l’Église catholique en Guadeloupe, s’unissent dans la prière et adressent leurs plus sincères condoléances à Monseigneur Philippe GUIOUGOU, à sa famille et à tous ses proches. Au nom de tout le diocèse ils assurent Mgr Philippe et sa famille de leur profonde et fraternelle communion.

Dans la même catégorie

Jeudi
29/10

A la messe de rentrée de l’Action Catholique de l’Enfance au Raizet

Dimanche 25 octobre 2026, s’est déroulée la journée de rentrée de l’ACE, l’Action Catholique de l’Enfance (ACE) au sein de notre diocèse. Au terme de [...]

Diocèse de Guadeloupe
Evènement/Activité

Dimanche
25/10

Mgr Philippe GUIOUGOU de retour en Guadeloupe lundi après un week-end de célébrations et de soutien fraternel à Paris et sa région

Éprouvé par le décès de sa mère, Mme Marcelline GUIOUGOU, survenu jeudi 22 octobre en Guadeloupe à l’âge de 93 ans, Mgr Philippe GUIOUGOU a néanmoins [...]

Diocèse de Guadeloupe
Evènement/Activité

Dimanche
25/10

Goyave : Une nouvelle page de foi et de mission s'ouvre avec le Père Jean-Jacques SAINT-LOUIS

Le père Jean-Jacques SAINT-LOUIS a été installé comme administrateur de la paroisse de Goyave samedi 24 octobre, en l’église Sainte-Anne. Présidée [...]

Diocèse de Guadeloupe
Evènement/Activité