En communion avec tous ceux qui ont vécu les béatitudes

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jeudi 29 octobre 2026
Diocèse de Guadeloupe

Le billet spirituel du dimanche 1er novembre 2026, de la Solennité de la Toussaint, par le Père Cossi Denis AVIMADJENON.

La Toussaint, fête des Vivants

La solennité de la Toussaint nous met en communion avec tous ceux qui ont vécu les béatitudes, ceux dont nous portons les noms, comme nos saints patrons, ceux que nous connaissons et tous ceux que nous ne connaissons pas. La première lecture tirée de l’Apocalypse de Saint Jean nous dit que c’est la fête des Vivants, la fête d’une foule immense que nul ne peut dénombrer. La fête de ceux qui nous ont précédés, de ceux qui sont vêtus de vêtements blancs et qui se tiennent devant Dieu et le louent éternellement dans la félicité céleste. « Et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main. » (Apocalypse 7). Ceux que nous contemplons dans ce texte de l’Apocalypse ne sont pas dans le passé ou le futur, mais bien dans l’aujourd’hui de notre présent. Ce que l’Apocalypse nous décrit, c’est ce qui est bien présent au moment où nous parlons mais qui est encore caché à nos yeux, c’est « l’aujourd’hui de Dieu » selon Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face.

Les béatitudes, un appel à la sainteté

Dans l’Evangile, Jésus appelle « bienheureux » les doux, les cœurs purs, ceux qui pleurent, les persécutés : tout ce que nous appellerions faiblesse ou que nous considérerions comme chose à éviter, selon nos critères humains à cause de la recherche de la facilité et du consumérisme, voilà ce que valorise le Christ. Par les béatitudes, Jésus bénit ceux qui recherchent la vertu, la bienséance, l’honnêteté, l’amour, la vérité et l’humilité. Il appelle bienheureux ceux qui sont bons, miséricordieux, qui montrent de la pitié, de l’oubli de soi. Le Christ nous demande de prendre une position claire et chrétienne, tout comme il a invité ses premiers disciples à devenir exemple pour les autres par leur façon de vivre en ce monde. « Soyez saints comme votre Père céleste est saint » (Mt 5, 48). Il nous invite à accepter les insultes, la persécution, les fausses accusations, par amour pour lui. Il nous demande de présenter « l’autre joue » quand on nous gifle, de pardonner à nos ennemis et de prier pour eux.

Ce n’est que quand nous bénissons ceux qui nous font du mal et que nous leur accordons le pardon que nous aimons vraiment Dieu.

Pardonner à ceux qui nous calomnient, exige un véritable héroïsme humain et chrétien, un retournement intérieur et une profonde conversion.

Vivre la sainteté au quotidien

La sainteté est l'objectif ultime de la foi chrétienne, parce qu'appelée à être vécue dès maintenant à travers nos gestes les plus banals de la vie quotidienne : «* Tous les fidèles sont donc invités, et même tenus, à rechercher la sainteté et la perfection de leur état. A cette fin, qu'ils s'efforcent d'orienter leurs tendances dans la voie droite, de peur que l'usage des choses de ce monde et un attachement aux richesses contraire à l'esprit de pauvreté évangélique n'entravent chez eux la poursuite de la charité parfaite. *» (Lumen Gentium §42). Ce qui va advenir à ceux qui empruntent le chemin d’une vraie conversion, qui acceptent leur faiblesse et qui se tournent vers le Christ, lui permettant d’agir en eux, c’est de porter les fruits des béatitudes.

La pauvreté spirituelle, chemin du vrai bonheur

Tandis que notre société de l’avoir et du paraître présente la richesse, le pouvoir, la vengeance, la guerre et la reconnaissance sociale comme seuls et meilleurs buts que la personne humaine doit atteindre, Jésus nous indique que le combat intérieur nous amène à la pauvreté spirituelle comme seul chemin du vrai bonheur. Ce dernier est celui de ceux qui n’ont pas le cœur fier, ni le regard hautain. Ce n’est pas le mépris du matériel utile et du nécessaire. Vivre les Béatitudes, c'est une manière d'être éclairé par l’Esprit Saint et de vivre selon la Bonne Nouvelle que Jésus nous annonce. L’expérience séculaire le prouve, la pauvreté matérielle, même volontaire, ne conduit pas nécessairement à la pauvreté spirituelle. La renonciation aux richesses n’est pas un but en soi mais simplement une exigence préalable pour devenir disciple du Christ. Chacun doit renoncer à ce qui l’empêche de répondre à l’invitation de Jésus qui nous dit à tout instant : «* Viens et suis-moi »*.

Ne pas se soucier que de ses intérêts personnels, se vouloir plus solidaire des éprouvés, lutter pour plus de justice, c'est déjà faire œuvre de pauvreté spirituelle et vivre les béatitudes.

L’humilité du cœur selon saint François d’Assise

Saint François d’Assise disait que la vraie pauvreté de l'esprit, qui donne le bonheur, est plus dans l'humilité du cœur que dans la restriction des biens domestiques. Elle consiste plus à se défaire de son orgueil qu'à mépriser ce qui est utile. On possède quelquefois sa fortune d'une manière utile, disait-il. Il est même sot et ridicule de se dépouiller de ses richesses et de s'enfoncer dans les défauts des riches. Sa conclusion : "Rien n'est même plus détestable qu'un pauvre orgueilleux".

À la suite de Jésus, avec les Saints

Que les Saints nous aident à vraiment prendre les béatitudes comme notre seule béquille à la suite de Jésus afin de participer au bonheur éternel que Dieu nous réserve.

Père Cossi Denis AVIMADJENON

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