Neuvaine de Notre-Dame du Mont-Carmel : Marcher avec Marie


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vendredi 10 juillet 2026
Diocèse de Guadeloupe

Il est des rendez-vous que l’on inscrit à son agenda, et d’autres que Dieu inscrit dans le cœur. La neuvaine à Notre-Dame du Mont Carmel, à Basse-Terre, qui a débuté mardi 7 juillet, appartient assurément à cette seconde catégorie. Témoignage d’un laïc engagé, au premier jour de ce pèlerinage populaire.

Mardi 7 juillet, peu avant 6h du matin, en franchissant les portes de l’église, je n’avais pas seulement le sentiment de participer à une célébration. J’avais l’impression de répondre à une invitation. Une invitation à ralentir, à déposer ce qui encombre le cœur, à me laisser conduire par Marie jusqu’à son Fils.

Très vite, la prière de l’assemblée, les voix unies dans le chant, le silence habité entre les paroles de la liturgie ont créé cette atmosphère si particulière où l’on pressent que Dieu est à l’œuvre. Nous étions nombreux, mais chacun semblait vivre une rencontre personnelle avec le Seigneur. C’est peut-être cela, l’Église : un peuple rassemblé qui avance ensemble, tout en laissant Dieu rejoindre chacun dans le secret de son âme.

La célébration, présidée par notre évêque, Monseigneur Philippe GUIOUGOU, et concélébrée par Monseigneur Benoît AUBERT, a donné à ce premier jour de neuvaine une profondeur toute particulière. Leur présence fraternelle rappelait que l’Église est avant tout une famille, appelée à marcher dans la même foi.

L’abondante moisson, c’est nous tous

Mais c’est surtout la Parole proclamée qui est venue m’habiter. « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. » Cette parole de l’Évangile, que Monseigneur Philippe GUIOUGOU a longuement méditée, je l’avais souvent entendue. Pourtant, cette fois, elle semblait nouvelle. En regardant cette église remplie de fidèles, il nous a fait remarquer que cette moisson, c’était nous. Nous étions cette multitude que Dieu rassemble patiemment, génération après génération.

Puis son regard s’est porté plus loin. Une moisson abondante appelle des ouvriers nombreux. Il a évoqué avec joie l’ordination récente du Père José Obertan et la présence de cinq séminaristes parmi nous. Des signes d’espérance, certes. Mais aussi un rappel que l’appel de Dieu ne concerne pas seulement quelques-uns. Il rejoint chacun de nous.

Ces mots ont résonné comme une question intérieure : quelle est ma place dans cette vigne du Seigneur ? Où le Christ m’attend-il pour servir ? Trop souvent, nous admirons ceux qui s’engagent sans entendre que nous sommes, nous aussi, appelés à devenir des ouvriers de son Royaume.

 

Une invitation à contempler la Vierge du Carmel

Au fil de l’homélie, un autre chemin s’est dessiné : celui de Marie. Notre évêque nous a invités à contempler la Vierge du Carmel dans son abandon total à la volonté de Dieu. Elle ne retient rien pour elle. Elle conduit toujours vers son Fils. Elle accueille, elle écoute, elle intercède. Combien cette attitude nous manque parfois, à nous qui voulons tant maîtriser notre vie !

Il nous a rappelé avec simplicité que nous pouvons tout confier au Seigneur en passant par Marie. Non parce qu’elle prend la place de Dieu, mais parce qu’elle nous apprend à nous tourner vers Lui avec la confiance d’un enfant. Accueillir Marie comme un don de Dieu, c’est accepter qu’elle nous accompagne sur le chemin parfois exigeant de la foi.

J’ai été touché également par les mots de Monseigneur Benoît AUBERT, qui découvrait la ferveur de cette communauté rassemblée au Carmel. Son émerveillement devant la participation des fidèles et la chaleur fraternelle qui habitait cette assemblée nous rappelait que ce que nous vivons parfois avec simplicité est en réalité une grâce précieuse.

Avant la bénédiction finale, les deux évêques ont confié à Notre-Dame du Mont Carmel les familles, les jeunes, les malades, les personnes éprouvées et toute notre Église diocésaine. En les écoutant, je pensais à toutes ces intentions silencieuses que chacun portait dans son cœur. Marie les recueillait une à une, comme une mère qui n’oublie aucun de ses enfants.

Neuf jour pour se laisser transformer

En quittant l’église, je n’avais pas le sentiment que quelque chose s’achevait. Au contraire, tout semblait commencer. Une neuvaine n’est pas seulement une succession de neuf célébrations. C’est un chemin. Neuf jours pour laisser Dieu déplacer notre regard, purifier notre cœur, raviver notre espérance. Neuf jours pour apprendre, avec Marie, à dire chaque jour un peu plus : « Que tout m’advienne selon ta parole. »

Je repars avec cette conviction paisible : le Seigneur continue de semer dans nos vies. La moisson est bien là. La seule question qui demeure est peut-être celle-ci : aurai-je le courage de répondre à son appel ? Que Notre-Dame du Mont Carmel nous apprenne à marcher humblement derrière son Fils, à servir avec joie et à demeurer disponibles à l’Esprit Saint.

Notre-Dame du Mont Carmel, priez pour nous.

Xavier CORIOLAN, Service diocésain de la communication

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