« Serviteur et disciple » : le cœur de l’appel sacerdotal médité par Mgr Philippe GUIOUGOU lors de la messe d’ordination presbytérale du Diacre José OBERTAN


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lundi 6 juillet 2026
Diocèse de Guadeloupe

Dimanche après-midi 5 juillet 2026, en la Cathédrale Notre-Dame de Guadeloupe à Basse-Terre, Mgr Philippe GUIOUGOU a présidé la messe d’ordination sacerdotale du diacre José OBERTAN, désormais appelé Père José. Dans son homélie, l’évêque de Guadeloupe a choisi deux mots pour relire ce chemin vocationnel : « serviteur » et « disciple ». Deux mots simples, mais exigeants, qui dessinent toute une manière de vivre le ministère presbytéral.

Deux mots pour dire l’essentiel

Au début de son homélie, Mgr Philippe GUIOUGOU a d’abord situé la portée de l’événement : « Nous vivons un moment important pour notre Église de Guadeloupe à travers le diacre José, qu’on n’appellera plus diacre, mais qu’on appellera tout à l’heure père. » Face à l’importance de ce moment, l’évêque a confié avoir cherché « dans quelle direction partir » et comment dire l’essentiel. Deux mots se sont alors imposés à lui : « serviteur et disciple ».

Pour développer ces deux dimensions, Mgr GUIOUGOU s’est largement appuyé sur le témoignage personnel de José OBERTAN, publié et relayé avant l’ordination. Il y a reconnu les étapes d’un parcours où l’appel de Dieu s’est progressivement laissé entendre, au contact de l’Église, des jeunes, des personnes fragiles et de la Parole de Dieu.

Servir : une vocation née au contact des autres

Relisant la jeunesse de José OBERTAN, Mgr GUIOUGOU a rappelé son passage par le MRJC, le Mouvement rural de la jeunesse chrétienne, « mouvement qui a été actif en Guadeloupe, qui l’est moins aujourd’hui, mais qui existe toujours ». De cette expérience, José avait tiré une conviction que l’évêque a mise en lumière : « Vivre dans l’Église implique nécessairement de se mettre au service des autres. »

Pour Mgr GUIOUGOU, cette prise de conscience constitue déjà « un premier chemin », « un premier pas que l’on pourra relire comme vocationnel ». Elle révèle une dimension fondamentale de toute vocation chrétienne : la condition de serviteur.

L’évêque a ensuite évoqué l’âge adulte et l’expérience vécue au centre d’hébergement Jaricot, auprès de personnes sans domicile fixe. Là, disait José OBERTAN, « on touche du doigt la souffrance humaine et la détresse ». Mgr GUIOUGOU a repris ces mots avec force : « Vous avez touché du doigt de façon plus palpable la souffrance humaine et la détresse. Là encore, cette condition de serviteur est forcément venue à travers cette expérience qui peut être décapante, douloureuse, mais qui nous fait ô combien grandir humainement. »

« Une réponse à l’appel de Dieu »

Au cœur de l’homélie, l’évêque a souligné une phrase du témoignage de José OBERTAN : « Toute vocation authentique est une réponse à l’appel de Dieu et non un aboutissement d’un projet personnel. » Cette affirmation a particulièrement retenu son attention. « J’ai aimé cette phrase, a-t-il confié, voir l’appel, voir la vocation non comme un aboutissement, mais finalement comme un début. Répondre à l’appel de Dieu, ce n’est pas à la fin, c’est au contraire le début. Dire “me voici”, c’est d’abord un début. »

Ce début, a poursuivi Mgr GUIOUGOU, conduit sur un chemin où Dieu ne cesse d’accompagner celui qu’il appelle. « Dieu appelle et Dieu est fidèle. » L’évêque a rappelé cette conviction déjà exprimée lors de récents anniversaires d’ordination : « Dieu est d’abord, en tout premier lieu, fidèle. Il est fidèle et il sera toujours là pour répondre à notre appel, l’appel que lui-même nous lance, mais que nous aussi nous lançons vers lui. »

Cette fidélité de Dieu ouvre un chemin de fidélité humaine : « Dieu est fidèle et il sera toujours avec vous, avec nous, dans notre chemin vocationnel. Ne doutons pas de la fidélité de Dieu, et la fidélité de Dieu nous mène nous-mêmes dans un chemin de fidélité pour marcher à sa suite. »

Être au service, et non être servi

Revenant à la vocation sacerdotale, Mgr GUIOUGOU a insisté sur une exigence centrale : le prêtre est appelé à servir. « Le serviteur doit être celui qui est au service et non pas être servi. Je ne suis pas appelé à un chemin de prêtrise pour être servi, mais pour servir, pour servir mes frères, mes frères et sœurs, encore plus les plus démunis, encore plus les pauvres, encore plus ceux qui sont en difficulté de tout autre ordre dans leur vie. »

Dans un ton à la fois direct et fraternel, l’évêque a rappelé que cette attitude de service est « la clé de notre vocation à tout moment ». « Comprendre que le Seigneur nous a appelés pour servir nos frères, servir le plus faible et le plus vulnérable. Servir le plus faible, c’est rencontrer le Christ lui-même. »

En écho à l’Évangile selon saint Matthieu, Mgr GUIOUGOU a rappelé les paroles du Christ : « J’avais faim, j’avais soif, j’étais nu, j’étais en prison. Tu m’as donné à manger, tu m’as donné à boire, tu m’as habillé, tu m’as visité. » Pour lui, cette page de Matthieu 25 demeure un repère décisif : « À travers l’autre, je dois voir la figure du Christ. C’est une chose que de le dire, mais je crois que c’est autre chose que de l’expérimenter très clairement à travers la figure d’hommes et de femmes qui sont complètement démunis. »

Accompagner avec respect et dignité

Mgr GUIOUGOU a également souligné une particularité du ministère du Père José : un prêtre au travail, enraciné dans le quotidien professionnel et social. Là encore, il a repris les mots de José OBERTAN : « Le véritable service ne consiste pas seulement à rejoindre les problèmes des autres, mais à les accompagner avec respect et dignité. »

Cette manière de servir rejoint, selon l’évêque, l’attitude même du Christ : « Jésus-Christ n’a fait que cela. Il ne condamne pas, il ne juge pas, il est avec les uns et les autres et il les accompagne. Là encore, c’est le chemin de notre ministère : non pas condamner, non pas juger, mais être avec. »

Mais cet accompagnement n’est pas une simple présence silencieuse. Comme le Christ, le prêtre est appelé à « savoir dire une parole qui relève » : « Va, ne pèche plus. Certes, je te guéris, certes, je te donne une parole forte, mais change de vie, prends une autre route. »

Le Prado : aimer les pauvres et connaître le Christ

Dans son homélie, Mgr GUIOUGOU a aussi évoqué le Prado, famille spirituelle à laquelle appartient le Père José. Il a souhaité que, « à travers José, mais aussi les pradosiens de notre diocèse », cette spiritualité puisse être mieux connue en Guadeloupe.

Il a rappelé la figure du Père Antoine Chevrier, son amour des pauvres, notamment des ouvriers, et son profond attachement au Christ. Antoine Chevrier, a expliqué l’évêque, a vécu une « grande conversion devant la crèche, devant la mangeoire », découvrant de l’intérieur le lien entre « l’incarnation de Dieu, Dieu qui se fait homme », le petit enfant de la crèche et celui qui mourra sur la croix.

Cette contemplation conduit à reconnaître la dignité de tout homme : « Il comprend de l’intérieur qu’il y a cette dignité de l’homme qui se vit à travers aussi ce Dieu tout-puissant, mais qui rejoint notre humanité. » C’est dans cette lumière qu’Antoine Chevrier « va se donner pleinement pour les pauvres », en nourrissant son ministère par « la Parole de Dieu, l’étude de l’Évangile » et « la connaissance de la Parole et de la Bible ».

« Devenez mes disciples »

Le second mot de l’homélie, « disciple », s’est enraciné dans l’Évangile du jour. Mgr GUIOUGOU a expliqué le choix de conserver les lectures dominicales : « On aurait pu prendre un évangile plus spécifique d’ordination. Nous nous sommes dit : la Parole de Dieu de ce jour accompagne parfaitement aussi cette ordination. »

Dans l’appel du Christ — « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples » — l’évêque a entendu une promesse de soutien : « Il nous aide, le Seigneur, à être des disciples. Il nous dit : si la charge est trop lourde, prends sur toi, je prends mon joug et je t’aide à porter ta charge. Je t’aide, je libère ta charge pour que tu sois mon disciple pleinement. »

Mgr GUIOUGOU a alors interpellé toute l’assemblée : « Jusqu’à quel point sommes-nous des disciples du Christ ? Jusqu’à quel point comptons-nous et nous appuyons-nous sur le Christ pour être disciples ? » Pour lui, le paradoxe de la foi chrétienne est là : le Seigneur ne se contente pas d’appeler, il donne aussi la force de répondre. « Pour être mon disciple, je suis même capable de t’aider à me suivre. Je mets tout en œuvre, moi, le Seigneur, pour que tu puisses me suivre. »

Serviteur parce que disciple, disciple pour servir

L’homélie a fortement articulé ces deux dimensions. « Si je ne connais pas pleinement le Christ, si je ne suis pas pleinement sa Parole, je ne peux pas être pleinement serviteur. Les deux sont liés : être serviteur et être disciple, et être disciple pour être serviteur. »

En s’adressant directement au nouveau prêtre, Mgr GUIOUGOU a donné une consigne spirituelle claire : « Oui, frère José, appuyez-vous constamment sur le Christ pour le servir et marcher à sa suite comme un disciple. » Car, a-t-il rappelé en écho à saint Paul, celui qui compte seulement sur ses propres forces risque de s’épuiser, de tomber ou de « prendre la mauvaise direction, tout prêtre que nous sommes ».

La source du ministère ne peut être que le Christ : « C’est d’abord en Christ que nous puisons notre force, mais aussi notre condition de serviteur et de disciple. »

Un appel lancé aux jeunes

En conclusion, Mgr GUIOUGOU a élargi son propos aux jeunes présents dans la cathédrale, mais aussi à ceux qui suivaient la célébration à distance, sur les réseaux sociaux, Canal 10 ou d’autres moyens de diffusion. Son appel a été direct : « Chers jeunes, devenez serviteurs. Devenez serviteurs des hommes et des femmes qui ont besoin de vous, qui ont besoin de votre jeunesse, qui ont besoin de votre courage, qui ont besoin de votre audace. »

Mais, a-t-il ajouté, le service véritable suppose de devenir disciples du Christ : « Apprenez à le suivre, apprenez à marcher à sa suite, apprenez à mieux connaître qui il est. Alors cette condition de serviteur deviendra une évidence. »

Avant de poursuivre la célébration par un temps de silence et de prière, l’évêque a invité l’assemblée à prier encore pour le Père José et pour que d’autres jeunes entendent l’appel du Seigneur. « Pour entendre cet appel, il ne suffit pas d’ouvrir les oreilles, il faut surtout ouvrir le cœur. Amen. » a conclu Mgr Philippe GUIOUGOU dans son homélie.

Thierry FUNDERE, Service diocésain de la communication – Diocèse de Guadeloupe

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