Soirée d’Adoration à Goyave : « Va, ta foi t’a sauvé »


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vendredi 19 juin 2026
Diocèse de Guadeloupe

Dans une atmosphère de recueillement, de louange et d’espérance, l’église Sainte-Anne de Goyave a accueilli jeudi 18 juin 2026, une grande Soirée d’Adoration Nocturne, présidée par Mgr Philippe GUIOUGOU, évêque de Guadeloupe, et animée notamment par la Chorale de Goyave, le Groupe Jésus Sauveur et plusieurs acteurs pastoraux du diocèse.

Placée sous le thème évangélique « Va, ta foi t’a sauvé » (Mc 10, 46-52), cette veillée a rassemblé de nombreux fidèles venus déposer aux pieds du Seigneur leurs fardeaux, leurs intentions de prière, leurs souffrances et leurs actions de grâce.

De l’accueil des participants à l’envoi final, la soirée a été rythmée par des temps de louange, d’adoration eucharistique, de proclamation de la Parole, de prières de guérison et de libération, ainsi que par une procession du Saint-Sacrement.

Une urne avait été mise à disposition afin que chacun puisse confier au Seigneur ses intentions personnelles. Celles-ci ont été symboliquement offertes à Dieu au cours de la veillée, dans un geste de confiance et d’abandon.

Dans ce climat de profonde communion spirituelle, les participants ont été invités à vivre une véritable rencontre avec le Christ présent dans l’Eucharistie.

Bartimée, figure de la foi qui sauve

Au cœur de son enseignement, Mgr Philippe GUIOUGOU a médité l’évangile de la guérison de l’aveugle Bartimée. L’évêque a rappelé que Bartimée était un homme connu de tous, assis au bord du chemin, aveugle et dépendant des autres. Pourtant, sa rencontre avec Jésus va transformer radicalement son existence. « Peut-être que ce soir, cette rencontre, ce temps de louange, ce temps d’adoration, ce temps d’enseignement changera aussi notre vie », a-t-il déclaré.

À travers cet épisode évangélique, Mgr GUIOUGOU a invité les fidèles à réfléchir à une question essentielle : la foi est-elle capable de sauver ? S’appuyant sur l’enseignement de saint Paul, il a rappelé que le salut ne repose pas d’abord sur les œuvres humaines, aussi belles soient-elles, mais sur la foi en Jésus-Christ. « Nous aurions beau faire toutes les belles œuvres du monde, ce ne sont pas les œuvres qui sauvent. Le plus important, l’essentiel, c’est la foi », a-t-il souligné.

Une foi qui ose crier vers Dieu

L’évêque s’est particulièrement arrêté sur le cri de Bartimée : « Jésus, Fils de David, prends pitié de moi ! » Malgré les obstacles, malgré la foule qui cherche à le faire taire, Bartimée persévère. Son cri est celui d’un homme qui croit que Jésus peut changer sa vie.

Pour illustrer cette confiance, Mgr GUIOUGOU a partagé un témoignage personnel marquant de ses années de séminaire. Il a évoqué la rencontre avec un prêtre confronté à une grave dépendance à l’alcool. Lors de la proclamation de cet évangile, ce prêtre avait lui-même lancé, avec une intensité bouleversante : « Jésus, Fils de David, prends pitié de moi ».

À travers ce souvenir, l’évêque a voulu rappeler que chacun porte ses fragilités, ses blessures et ses limites, mais qu’aucune d’entre elles n’échappe au regard du Seigneur. « Le Seigneur est capable d’entendre notre cri. Aucune faiblesse, aucune limite ne peut être ignorée par lui », a-t-il affirmé.

La véritable guérison

Commentant les paroles de Jésus : « Va, ta foi t’a sauvé », Mgr GUIOUGOU a expliqué que la guérison physique de Bartimée n’est que le signe visible d’un salut beaucoup plus profond. À l’image des sacrements, qui rendent visible l’amour et l’action de Dieu, la guérison de l’aveugle manifeste une transformation intérieure déjà commencée dans son cœur.

Selon l’évêque, le véritable miracle ne réside pas uniquement dans une guérison visible ou spectaculaire, mais dans la conversion de la personne qui accueille l’amour de Dieu. « Combien de personnes voient parfaitement mais ne se rendent plus compte de la présence de Dieu dans leur vie ? » a-t-il interrogé. Bartimée retrouve la vue extérieure parce qu’il a déjà accueilli la lumière intérieure de la foi.

L’évêque a ensuite attiré l’attention sur la conclusion de l’évangile : « Aussitôt, il retrouva la vue et il suivait Jésus sur le chemin. » Pour Mgr GUIOUGOU, c’est là que se trouve la preuve de l’authenticité de la guérison de Bartimée. La rencontre avec le Christ produit nécessairement un changement de vie. Celui qui a été touché par Dieu devient disciple et marche désormais à sa suite. « La question la plus importante n’est pas : “Ai-je reçu quelque chose de Dieu ?”, mais : “Est-ce que je marche avec Jésus aujourd’hui ?” » a-t-il déclaré.

Un appel particulier aux hommes

En conclusion de son homélie, à quelques jours de la fête des pères, Mgr Philippe GUIOUGOU a lancé un appel particulier en faveur des hommes. Constatant leur faible présence dans la vie ecclésiale, il a souligné leur rôle déterminant dans la transmission de la foi au sein des familles. « Quand un homme prend un chemin de conversion, il amène sa femme à l’église et il amène ses enfants à l’église », a-t-il affirmé.

Invitant l’assemblée à prier pour les pères, les époux et tous les hommes, il a exprimé l’espérance de voir naître une société plus forte, plus fraternelle et plus enracinée dans l’Évangile. « Si nous arrivons à changer nos cœurs d’hommes, notre diocèse doublera non seulement en fréquentation, mais notre Guadeloupe sera une Guadeloupe plus forte, plus belle, de paix, de joie et d’amour. »

Au terme de cette veillée, les fidèles sont repartis fortifiés par un message simple mais puissant : quelles que soient nos épreuves, nos blessures ou nos faiblesses, le Christ entend notre cri. Comme Bartimée, chacun est invité à se tourner vers le Seigneur avec confiance, à persévérer malgré les obstacles et à accueillir la lumière de la foi qui transforme les cœurs.

Cette soirée d’adoration nocturne restera ainsi comme un temps de grâce, marqué par la présence du Seigneur au milieu de son peuple et par cet appel toujours actuel de Jésus : « Va, ta foi t’a sauvé. »

Thierry FUNDERE (Photos : Luiguy FOUMANN)

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