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samedi 30 mai 2026
Diocèse de Guadeloupe
Lors de la messe solennelle de consécration de Joselyne SALLARSAIB dans l’Ordre des Vierges Consacrées, célébrée le vendredi 29 mai 2026 à l’église Saint-Hyacinthe de Capesterre Belle-Eau, Mgr Philippe GUIOUGOU, évêque de Guadeloupe, a développé une méditation profonde sur la vocation consacrée à partir des textes liturgiques du jour. Charité, service, prière, fécondité spirituelle, foi et pardon ont constitué les grands axes de son homélie.
Une vocation fondée sur la charité et le don de soi
Dès l’ouverture de son homélie, Mgr Philippe GUIOUGOU a souligné combien la Parole de Dieu proposée par l’Église en ce jour éclairait le sens même de la consécration vécue par Joselyne SALLARSAIB. « Chers frères et sœurs, chère Joselyne, aujourd'hui, l'Église nous donne – et nous ne l'avons pas choisi –, nous accueillons la Parole de Dieu qui nous est donnée, des éléments qui correspondent ou qui nous aident à vivre ce moment fort qu’est la Consécration, votre Consécration comme Vierge, Vierge Consacrée. La Parole de Dieu de ce jour nous parle de prière, de charité, de foi et de fécondité spirituelle. »
Reprenant l’exhortation de saint Pierre dans la première lecture, l’évêque a insisté sur la place centrale de la charité : « La première lecture avec Saint Pierre nous dit : avant tout, ayez entre vous une charité intense. Avant tout, ayez une charité intense. Seule cette charité peut faire avancer une communauté. Nous, hommes et femmes, dans la société, la charité envers l'autre, voilà peut-être le cœur de la Consécration. »
Cette consécration ne signifie pas un retrait du monde mais un engagement plus radical au service de l’amour du Christ : « La Vierge consacrée ne se retire pas du monde. Il ne s'agit pas de se retirer du monde comme on pourrait l'entendre au sens strict pour une religieuse, notamment une religieuse cloîtrée. Elle choisit de livrer toute sa vie au Christ pour aimer davantage. Voilà le choix qu'a fait et que fait Joselyne. »
« Seul Dieu suffit »
Pour Mgr GUIOUGOU, la vie consacrée demeure un témoignage puissant dans une société tournée vers la performance et la visibilité. « Votre existence devient un signe visible que Dieu seul peut combler le cœur humain. Le monde cherche souvent l'efficacité, la réussite visible, le bruit, mais la vocation consacrée rappelle silencieusement une vérité essentielle : seul Dieu suffit. »
L’évêque a poursuivi en rappelant que les dons reçus de Dieu doivent toujours être mis au service des autres : « Et Saint-Pierre ajoute : ce que chacun a reçu comme don de la grâce, mettez-le au service des autres. Eh bien, par cette consécration, vous mettrez encore plus ou toujours plus cela au service des autres. »
Mgr Philippe a également tenu à rappeler le long cheminement qui a conduit à cette célébration : « Cette consécration est évidemment un aboutissement ou le début d'un autre chemin de vie, mais une forme d'aboutissement de ce que vous vivez déjà depuis de nombreuses années. Et sachez bien que ce n’est pas la veille que Monseigneur s'est réveillé et a dit : Joselyne deviendra une Vierge consacrée. Il y a deux ans quand même que Joselyne est venue me voir. Donc il y a un chemin que nous avons entamé. »
Une mission pour l’Église
L’évêque a rappelé également que cette vocation dépasse largement la seule personne qui la reçoit : « La consécration n'est donc pas un privilège privé. Elle est une mission pour l'Église. La Vierge consacrée devient une femme de prière pour le peuple de Dieu, une présence discrète mais réelle de l'amour du Christ au milieu du monde. »
Cette mission trouve un écho particulier dans l’Évangile proclamé ce jour-là. « L'Évangile nous conduit ensuite au Temple de Jérusalem. Jésus y prononce une parole forte : “Ma maison sera appelée maison de prière pour toutes les nations.” Ce n'est pas un lieu où on marchande, ce n'est pas un lieu où on fait n'importe quoi, c'est une maison de prière. Et nous pouvons dire, nous pouvons attester que l'Église est votre maison de prière. »
« Elle devient elle-même une maison de prière »
À travers son engagement, la vierge consacrée est appelée à devenir signe de la présence de Dieu. « Oui, cette parole rejoint directement la vocation d'une Vierge consacrée. Par son corps, par sa vie, par son cœur offert, elle devient elle-même une maison de prière. Sa vie entière dit que Dieu habite parmi son peuple. »
Le figuier sans fruit : un appel à la fécondité
Mgr GUIOUGOU s’est ensuite arrêté longuement sur l’épisode évangélique du figuier stérile. « Mais Jésus parle aussi du figuier maudit, sans fruit. Alors quand on écoute, je réentendais encore l'Évangile, on a envie de se dire : mais qu'est-ce que le figuier a à voir là-dedans ? On nous dit bien que ce n’est pas la saison des figues. Peut-être que Jésus, comme moi, aimait bien les fruits. »
Derrière cette image se cache un enseignement spirituel fondamental : « Ce figuier avait des feuilles, une apparence de vie, mais pas de fruit. Le Seigneur nous avertit souvent dans l'Évangile : quand il y a une image forte, c'est pour mieux nous faire entendre ce qu'il veut nous dire pour finir. L'image du figuier sans fruit est là pour nous interpeller. »
Et l’évêque de Guadeloupe de poursuivre : « Le Seigneur nous avertit : la vie chrétienne ne peut pas être seulement une vie extérieure. On peut avoir les signes religieux, les habitudes, les discours sans porter le fruit de l'Évangile. »
Porter du fruit en toute circonstance
Pour l’évêque, le chrétien est appelé à être disponible en permanence. « Nous sommes comme un figuier qui doit constamment porter du fruit. Il n'y a pas la saison pour être bon ou bonne. Il n’y a pas la saison pour être serviable envers ses frères. C'est à tout moment que ce figuier, si on peut faire le parallèle que nous pouvons représenter, doit porter du fruit, parce qu'on ne sait jamais à quel moment quelqu'un a besoin de nous, a besoin de notre service. Je ne vais pas lui dire : je ne suis pas encore prêt, viens demain pour que je t'aide. »
Une fécondité spirituelle vécue dans le silence
La fécondité de la vierge consacrée ne se mesure pas selon les critères habituels du monde. « La vraie fécondité de la Vierge consacrée n'est pas tant biologique, mais elle est spirituelle. Par sa fidélité, sa prière, sa disponibilité, sa pureté de cœur, elle porte du fruit caché. Beaucoup de vies sont soutenues par ces existences offertes dans le silence, offertes dans le silence. »
L’évêque a insisté aussi sur la discrétion qui caractérise cette vocation : « Oui, ça ne fait pas forcément de bruit, une vierge consacrée ; elle ne va pas porter un étendard : “Je suis la nouvelle vierge consacrée.” Non, je m'inquiéterai d'ailleurs. Dans le silence, dans la simplicité, justement, cet arbre portera et doit porter du fruit. »
« Ayez foi en Dieu »
Pour Mgr GUIOUGOU, le point culminant du texte évangélique se trouve dans cet appel à la confiance : « Ayez foi en Dieu. C'est peut-être la pointe, comme on dit en Écriture sainte quand on analyse la Parole de Dieu ; c'est certainement la pointe de ce passage pour nous faire entendre finalement : ayez à tout moment et en tout foi en Dieu. »
Cette foi est au cœur même de la consécration a indiqué le Pasteur du diocèse de Guadeloupe : « Toute consécration repose sur cette confiance. Il faut une grande foi pour remettre toute sa vie entre les mains du Christ, là où quelquefois notre vie semble ne pas porter de fruit. Il faut croire que son amour est assez grand pour remplir toute existence. Il faut croire que la prière change réellement le monde. Il faut croire que le don de soi n'est jamais perdu. »
Le pardon, fruit de la prière
Enfin, l’évêque a insisté sur une autre dimension essentielle de la vie chrétienne : le pardon. « Et Jésus rajoute encore : quand vous vous tenez en prière, pardonnez. C'est étonnant. Depuis plusieurs évangiles, plusieurs dimanches, nous entendons cette invitation au pardon. »
Il a rappelé le lien avec le temps pascal et la Pentecôte : « Nous l'avons entendu pour la Pentecôte aussi. L'Esprit Saint est envoyé et donné aux apôtres avec une mission : remettez les péchés à ceux que vous rencontrez, ceux qui nécessitent une remise de leurs péchés, parce qu'ils le demandent aussi. »
Puis il a lancé cet appel à toute l’assemblée : « Oui, frères et sœurs, le fruit de notre prière doit aussi nous conduire à un cœur qui pardonne. Le fruit de notre prière doit aussi conduire, à un moment donné, à un cœur qui est capable de se réconcilier. Si notre prière ne conduit jamais à un acte de réconciliation, à un chemin de pardon, vaine est notre prière. » La vierge consacrée est appelée à vivre cette liberté intérieure a ajouté Mgr Philippe GUIOUGOU : « Libre de la rancune, libre de l'amertume, libre pour aimer comme le Christ aime. »
Un signe prophétique pour aujourd’hui
Dans sa conclusion, Mgr GUIOUGOU a présenté cette consécration comme un signe d’espérance pour le diocèse et pour l’Église. « Frères et sœurs, dans un monde souvent marqué par l'instabilité des relations, la peur de l'engagement définitif, la vocation d'une vierge consacrée devient, oui, une prophétie pour nous, un appel. »
L'évêque de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre a également exprimé son souhait de voir naître d’autres vocations : « J'espère de tout cœur que cette Consécration d'aujourd'hui provoquera dans le cœur de d'autres femmes dans notre diocèse ce désir. » Tout en rappelant l’exigence du discernement : « Rassurez-vous, on prend le temps de discerner, on prend le temps de cheminer. Je vous l’ai bien dit qu'il a fallu au moins quasiment bien deux ans pour faire ce cheminement, avec la liberté de dire oui, tu peux y aller ou de dire non, ce n'est pas possible. L'Église se réserve le droit de discerner. »
Avant de terminer son homélie en ces termes : « D'ailleurs, le choix de Joselyne et l'appel de l'Église est un signe d'espérance, que d'autres femmes peuvent entendre. Dieu est fidèle et il mérite qu'on lui donne toute sa fidélité, toute sa vie. Dieu est fidèle et il mérite que lui donnions toute notre vie. »
Et de confier enfin la nouvelle consacrée à la prière de toute l’Église :« Alors demandons aujourd'hui au Seigneur de garder dans la joie et la fidélité Joselyne qui lui est et il lui sera consacrée. De faire de toute notre communauté, ici présente, mais aussi de notre diocèse, une véritable maison de prière. Notre monde s'en porterait bien mieux si la prière guidait nos vies et nos actes. Et de nous apprendre, Seigneur, aujourd'hui, à porter les fruits de la foi, de la charité et surtout du pardon. Amen. »
Le service diocésain de la communication
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