27 mai : une marche silencieuse et interreligieuse inédite pour faire mémoire des victimes de l’esclavage


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jeudi 28 mai 2026
Diocèse de Guadeloupe

Après la célébration eucharistique présidée par Mgr Philippe GUIOUGOU à l’église Saint-Pierre et Saint-Paul de Pointe-à-Pitre, plusieurs centaines de personnes ont participé mercredi 27 mai 2026 à une grande marche silencieuse jusqu’au Mémorial ACTe. Rythmée par le son des conques de lambi, marquée par des temps de prière interreligieuse et des gestes hautement symboliques, cette procession mémorielle a constitué l’un des moments les plus émouvants de cette journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage en Guadeloupe.

Une foule recueillie au départ de l’église Saint-Pierre et Saint-Paul

À l’issue de la célébration diocésaine « Honneur et Respect », la foule s’est progressivement rassemblée sur le parvis de l’église Saint-Pierre et Saint-Paul pour former un long cortège silencieux en direction du Mémorial ACTe.

Dans une atmosphère de recueillement et de fraternité, plusieurs centaines de fidèles, habitants, représentants religieux, élus et membres de la société civile ont pris part à cette marche mémorielle de dimension interreligieuse.

À 17h45, le départ a été donné au son grave et profond des conques de lambi. En tête du cortège avançait la voiture de sonorisation, suivie du groupe Masai portant les conques, puis des porteurs de panneaux-messages.

Derrière eux marchaient les servants d’autel, les diacres, les prêtres, l’évêque de Guadeloupe Mgr Philippe GUIOUGOU, les représentants des autres confessions religieuses, les élus des collectivités, les membres de la société civile et l’ensemble des participants.

Tout au long du parcours, des porteurs de flambeaux encadraient la procession, donnant à cette marche silencieuse une dimension à la fois spirituelle et profondément symbolique.

Le son des conques lambis comme mémoire vivante

À chaque étape du parcours, les arrêts étaient annoncés par le souffle puissant des conques de lambi.

Devant le pavillon, lors du premier arrêt, un premier panneau-message a été présenté à l’assemblée. À chaque station, le porteur soulevait son panneau tandis que l’animateur reprenait publiquement le message inscrit, dans un profond silence de la foule.

Le son du lambi, instrument ancestral de communication dans la Caraïbe, résonnait alors comme un appel à la mémoire, à la vigilance et à la fraternité.

Un temps interreligieux fort sur l’Agora de la Place de la Victoire

La procession a marqué une halte importante sur l’Agora de la Place de la Victoire. Les participants se sont disposés en demi-cercle face à la mer et à la Darse. Les porteurs de flambeaux formaient une ligne lumineuse à l’arrière, tandis que le groupe Masai et les joueurs de conques prenaient place à l’avant.

Au centre se tenaient les servants, les diacres, les prêtres, l’évêque et les représentants des différentes traditions religieuses. Ce temps interreligieux fut l’un des moments les plus marquants de la soirée.

Plusieurs responsables religieux ont successivement pris la parole :

  • Jean Keller pour la foi baha’ie ;
  • Le pasteur Pierre Thiam, de l’Église protestante réformée de Guadeloupe
  • Le père Michel SAME pour l’Église orthodoxe ;
  • Elie SHITALOU pour la tradition hindoue ;
  • L’Imam Basharat Muhamma pour la communauté musulmane.

Dans des interventions sobres et profondément habitées, chacun a rappelé l’importance du respect de la dignité humaine, de la paix, du dialogue entre les peuples et de la mémoire des souffrances héritées de l’histoire.

Un temps interreligieux fort sur l’Agora de la Place de la Victoire

La procession a marqué une halte importante sur l’Agora de la Place de la Victoire. Les participants se sont disposés en demi-cercle face à la mer et à la Darse. Les porteurs de flambeaux formaient une ligne lumineuse à l’arrière, tandis que le groupe Masai et les joueurs de conques prenaient place à l’avant.

Au centre se tenaient les servants, les diacres, les prêtres, l’évêque et les représentants des différentes traditions religieuses. Ce temps interreligieux fut l’un des moments les plus marquants de la soirée.

Plusieurs responsables religieux ont successivement pris la parole :

  • Jean Keller pour la foi baha’ie ;
  • Le pasteur Pierre Thiam, de l’Église protestante réformée de Guadeloupe
  • Le père Michel SAME pour l’Église orthodoxe ;
  • Elie SHITALOU pour la tradition hindoue ;
  • L’imam Basharat Muhamma pour la communauté musulmane.

Dans des interventions sobres et profondément habitées, chacun a rappelé l’importance du respect de la dignité humaine, de la paix, du dialogue entre les peuples et de la mémoire des souffrances héritées de l’histoire.

Le rite de la lumière face à la mer

À l’issue des prises de parole, un rite de la lumière a été proposé face à la mer. Dix personnes représentant les confessions religieuses, les élus et la société civile se sont avancées pour déposer des lumignons dans un profond silence.

De chaque côté, les porteurs de flambeaux formaient une haie lumineuse tandis que les conques de lambi accompagnaient ce geste de mémoire. Dans cette lumière vacillante déposée au bord de l’eau, beaucoup voyaient un hommage aux femmes, aux hommes et aux enfants disparus dans l’anonymat de l’histoire et de la traversée esclavagiste. L’émotion était palpable parmi les participants.

Une procession ponctuée de stations mémorielles

Après ce temps de recueillement, la marche a repris à travers les rues de Pointe-à-Pitre. Un troisième arrêt a eu lieu devant le collège, signalé par trois souffles de conques. Puis vinrent successivement : le quatrième arrêt rue Dugommier, à hauteur de la pharmacie La Source, le cinquième arrêt à l’entrée de la rue Raspail, le sixième arrêt à l’entrée de la rue Jacques Cachemire.

À chacune de ces stations, un nouveau panneau-message était présenté. Lors du sixième arrêt, les sept panneaux ont été réunis ensemble dans un geste symbolique fort, avant le regroupement des porteurs de flambeaux et des joueurs de conques de lambi.

Une arrivée au MACTe dans le silence et la dignité

La procession s’est ensuite engagée dans la rue Jacques Cachemire en direction du Mémorial ACTe. Au son des sept souffles de lambi annonçant la dernière station, les participants sont arrivés devant le MACTe dans une atmosphère de silence, de paix et de profonde émotion.

Cette marche silencieuse et interreligieuse aura constitué bien davantage qu’un simple prolongement de la célébration eucharistique. Elle fut un acte collectif de mémoire, de transmission et d’espérance ; une manière pour tout un peuple de marcher ensemble avec ses blessures, son histoire, sa foi et sa volonté de bâtir un avenir plus fraternel.

Dans les rues de Pointe-à-Pitre, au rythme des conques de lambi et de la lumière des flambeaux, la Guadeloupe a ainsi rendu hommage à celles et ceux dont les noms, les vies et les souffrances ne doivent jamais être oubliés.

Thierry FUNDERE, service diocésain de la communication (Avec Meddy SAINT-PRIX et Jérémiah CARLTON)

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