Célébration diocésaine du 27 mai à Pointe-à-Pitre : « Faire mémoire pour bâtir une société plus juste »


Informations

jeudi 28 mai 2026
Diocèse de Guadeloupe

Le 27 mai 2026, l’église Saint-Pierre et Saint-Paul de Pointe-à-Pitre a accueilli une célébration diocésaine d’une rare intensité spirituelle et mémorielle en hommage aux victimes de l’esclavage. Entre gestes symboliques, témoignages bouleversants, musique sacrée et appel à la fraternité, cette Eucharistie présidée par Mgr Philippe GUIOUGOU, évêque de Guadeloupe, a rappelé que la mémoire n’a de sens que si elle ouvre un chemin de vérité, de justice et de réconciliation.

Le 27 mai 2026, date emblématique de la commémoration de l’abolition de l’esclavage en Guadeloupe, l’église Saint-Pierre et Saint-Paul de Pointe-à-Pitre a accueilli la célébration diocésaine solennelle « Honneur et Respect », organisée en mémoire des personnes victimes de l’esclavage et contre toutes les formes d’asservissement.

Retransmise en direct sur les réseaux sociaux du diocèse de Guadeloupe, les antennes de Canal 10, Radio Massabielle et Radio Sainte-Marie des Îles, cette célébration a également été suivie depuis la France hexagonale, la Caraïbe et plusieurs pays du monde.

Dans une atmosphère empreinte de gravité, de dignité et d’espérance, ce temps de mémoire et de transmission a voulu honorer les hommes, les femmes et les enfants ayant connu l’esclavage, tout en rappelant la responsabilité collective face aux blessures encore présentes dans les sociétés contemporaines.

Seigneur nous te présentons les chaînes, symbole de la souffrance et du manque liberté. Aujourd’hui, nous souhaitons qu’elles soient symboles de liens de paix et de fraternité.

Avant même le début de la célébration, l’assemblée s’est progressivement réunie dans cette grande église de Pointe-à-Pitre. Un public nombreux était attendu pour cette commémoration mêlant foi, mémoire, culture et espérance. La nouveauté de cette édition 2026 résidait dans la présence de plusieurs sensibilités religieuses, culturelles et associatives réunies dans un esprit de fraternité et de respect mutuel. Le thème retenu cette année, « Honneur et Respect »  s’est décliné à travers toute la liturgie de cette Eucharistie de dimension mémorielle.

« Esklav yo té yé » : une ouverture liturgique profondément symbolique

La célébration s’est ouverte avec le chant « Esklav yo té yé », accompagné d’une chorégraphie du groupe « Mon corps pour prier » sous la coordination de Mme Jacqueline CACHEMIRE-THÔLE. Un moment particulièrement poignant et fort en symboles. Depuis le parvis de l’église jusqu’à l’autel, la procession artistique a traduit un cheminement collectif : de l’effacement vers la reconnaissance ; du silence vers la parole ; de la souffrance vers la dignité retrouvée.

Dans le prolongement de cet instant, la procession d’entrée a vu avancer les servants d’autel, les diacres, les prêtres puis l’évêque de Guadeloupe, Mgr Philippe GUIOUGOU. C’est le cas pour toutes les célébrations eucharistiques présidées par le Pasteur du diocèse. Mais cette procession à la suite de la chorégraphie mémorielle qui marqua le début de la célébration, semblait signifier la volonté de l’Église de cheminer humblement avec la mémoire des peuples blessés par l’histoire.

Une messe solennelle sous le signe de la vérité, du pardon et de la réconciliation

Le mot d’accueil a rappelé plusieurs événements majeurs : la reconnaissance par l’ONU de l’esclavage comme crime contre l’humanité et surtout la déclaration récente du pape Léon XIV  demandant pardon pour le retard avec lequel l’Église a condamné l’esclavage au cours de son histoire. Cette célébration s’est ainsi inscrite comme un acte de vérité, de mémoire et de réparation.

L’un des temps les plus émouvants fut celui consacré à la mémoire des aïeux. Rappelons que pendant longtemps, de nombreuses familles antillaises ont été privées de leurs origines, de leurs noms et de leurs filiations. Aujourd’hui, grâce au travail des historiens, des généalogistes et des associations mémorielles, des descendants retrouvent les traces de leurs ancêtres. « Retrouver un nom, c’est retrouver une histoire. Retrouver une histoire, c’est retrouver une dignité. » Ces mots ont résonné avec force dans l’assemblée.

Les puissants témoignages d’Henriette et de Lynda

Le témoignage d’Henriette a retracé le parcours de Marie-Angélique, dite Mamilonne. À travers cette histoire familiale, c’est toute une généalogie marquée par l’esclavage, l’affranchissement, la transmission et la mémoire retrouvée qui a ressurgi. Ce récit a rappelé combien la transmission familiale constitue aujourd’hui un acte de résistance contre l’oubli.

Puis Lynda a rendu hommage à son ancêtre Alphonse OBIDOL ainsi qu’à sa mère Bibianne. Ces récits personnels ont donné un visage profondément humain à une histoire longtemps réduite à des chiffres et à des archives. Derrière chaque nom retrouvé demeurent des vies, des souffrances, des espérances et des descendants qui portent désormais cette mémoire avec fierté.

Après la prière pénitentielle ces familles sont venues déposer des bougies au pied du cierge pascal. Gestes de lumière, de mémoire et de paix. Symbole aussi dans la tradition chrétienne du Christ ressuscité, vainqueur de toute nuit et de toute oppression.

Une Parole de Dieu tournée vers la dignité humaine

La première lecture de cette célébration était tirée du Livre de la Genèse, a rappelé cette affirmation fondatrice : « Dieu vit que cela était bon. » Dans ce récit de la création, chaque être humain apparaît créé à l’image de Dieu. Une parole qui vient contredire radicalement toute idéologie de domination ou de déshumanisation. L’Évangile selon saint Marc a ensuite présenté Jésus apaisant la tempête. Dans le contexte de cette célébration mémorielle, cette scène évangélique a trouvé une résonance particulière : même au cœur des tempêtes humaines et historiques, Dieu demeure présent.

Dans son homélie dense et profondément spirituelle, Mgr Philippe GUIOUGOU a replacé la mémoire de l’esclavage à la lumière de l’Évangile et de la dignité humaine. Dès l’entame de sa prédication, l’évêque de Guadeloupe a rappelé le sens de ce rassemblement : « Frères et sœurs, en ce 27 mai 2026, notre église diocésaine se rassemble dans la prière, le recueillement et l'espérance. Nous faisons mémoire des victimes de l'esclavage, des personnes victimes de l'esclavage. De toutes celles et ceux dont la dignité fut niée, dont le corps fut exploité, dont l'histoire fut blessée. Nous nous tenons devant Dieu avec gravité, mais aussi surtout avec foi. Car la mémoire chrétienne n'est jamais enfermée dans la nuit, elle cherche toujours la lumière de la vérité et le chemin de la guérison. Et cette lumière pour nous, c'est la Parole de Dieu ».

 « L’esclavage est une offense grave au Créateur »

S’appuyant sur le Livre de la Genèse, le Pasteur de notre diocèse a insisté sur le caractère sacré de toute vie humaine : « La première lecture de ce jour, de cette célébration que nous venons d'entendre nous ramène justement au commencement. Dieu crée l'homme à son image. Cette longue lecture que vous venez d'entendre. A l'image de Dieu, il le créa. Il les créa hommes et femmes. Dieu les bénit et leur dit : "Soyez féconds, multipliez-vous." Dieu vit tout ce qu'il avait fait, et proclame que cela était très bon. Dans le récit de la création, chaque être humain apparaît voulu, aimé et béni par Dieu. Aucun homme, aucune femme n'a été créé pour être possédé par un autre. Ce récit nous fait entendre et voir la création tout entière, le ciel et la terre, les eaux, les plantes. Oui, mais au cœur de tout cela, il y a l'homme. Frères et sœurs, aucun peuple n'a été créé pour dominer un autre peuple. Ce n'est pas le projet de Dieu. L'être humain porte en lui une dignité sacrée parce qu'il est créé à l'image et la ressemblance de Dieu ».

« C'est pourquoi l'esclavage est et restera toujours une offense grave au Créateur lui-même. Réduire un être humain à un objet, à une marchandise, à une force de travail, c'est défigurer, oui, l'image de Dieu présente en lui. L'Église reconnaît avec humilité que des fils de l'Église ont parfois participé, justifié ou toléré cette logique de déshumanisation. Aujourd'hui encore, nous demandons pardon pour ces compromissions, et la demande de pardon récente, toute récente, du pape Léon XIV dans l'encyclique Magnificat Humanitas ne vient que renforcer, si besoin était, cette démarche. Permettez-moi donc de citer le numéro 176 de l'encyclique Magnifique Humanité. Il dit le pape, bien que l'on ne retrouve pas d'homogénéité dans la question en soi, l'Église ayant longtemps toléré l'esclavage et n'en étant venue qu'ensuite à le condamner de manière absolue, il existe une continuité tout au long de l'histoire de la conviction de la dignité de chaque être humain créée à l'image de Dieu, même si, en 18 siècles, l'Église n'est pas parvenue à en exprimer officiellement, l'incompatibilité totale avec l'esclavage » a déclaré l’évêque de Guadeloupe.

Le pardon du pape engage toute l'Église, l'Église catholique.

Et Mgr Philippe de citer encore le saint Père. « Il s'agit, dit le pape, d'une blessure de la mémoire chrétienne de laquelle nous ne pouvons considérer, étrangers. Il est inévitable d'éprouver une profonde douleur en considérant l'énorme souffrance et l'humiliation que l'esclavage a signifiée pour tant de personnes, infiniment aimés par le Seigneur, en contraste avec leur dignité sans limites. C'est pourquoi, dit le pape, au nom de l'Église, je demande sincèrement pardon. Mais l'Évangile nous rappelle que Dieu ne laisse pas l'humanité prisonnière de ses ténèbres. Justement, dans l'évangile selon Saint Marc, les disciples traversent la mer dans la tempête. Le vent est violent, les flots menacent de faire sombrer la barque et Jésus semble pourtant dormir ».

« Cette barque agitée ressemble parfois à notre société guadeloupéenne. Beaucoup portent encore les blessures héritées de l'histoire. Leur vie tangue au point de couler presque. Attention, il ne s'agit nullement ici de tomber dans une victimisation ou une condamnation effrénée. Non, ce n'est pas le cas. Il s'agit de regarder notre histoire en face et de nommer les choses afin de ne pas les oublier. Car l'oubli pourrait réouvrir la porte de l'histoire. Il s'agit de nommer les choses en vérité. Car justement, nous le savons fort bien, des formes nouvelles d'esclavage, exploitation économique, traite humaine, violence sociale, dépendance, racisme, exclusion, manipulation des consciences existe dans beaucoup de lieux de notre monde » a insisté l’évêque de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre.

Intelligence artificielle, conscience humaine et responsabilité morale

« Le pape exprime sa demande de pardon au nom de l'Église dans le chapitre qui justement parle de l'intelligence artificielle. Nous pourrions nous demander, mais qu'est-ce que ça vient faire à ce chapitre-là. En fait, il met en garde en garde sur l'impérieuse nécessité de se poser les bonnes questions morales, éthique, théologique sur l'utilisation de cet outil. Il nous rappelle le pape que la valeur de l'homme ne dépend pas de ce qu'il produit. Et je l'ai souligné et noté vraiment dans cette encyclique, la valeur de l'homme ne dépend pas de ce qu'il produit. Et le saint Père nous invite à sortir du mythe d'une technologie neutre, car, et cette phrase est importante aussi, cette technologie prend le visage de ceux qui la conçoivent. Cette technologie prend le visage de ceux qui la finance, prend le visage de ceux qui la régule, de ceux qui l'utilisent finalement aussi de nous-mêmes. Oui, frères et sœurs, nous sommes créés à l'image de Dieu, alors, quel visage reflétons-nous ? » a questionné Mgr Philippe.

« Nous pouvons parfois avoir l'impression que Dieu dort dans les souffrances, devant les souffrances du monde. Mais Jésus se lève et dit : silence, tais-toi. Il apaise les tempêtes extérieures, mais il veut aussi apaiser les tempêtes intérieures de nos vies. Celle de la haine, du ressentiment, de la vengeance, du désespoir ou celle de l'indifférence, tout aussi destructrice. Le Christ ne nie pas. La douleur de l'histoire, il ouvre un chemin pour qu'elle ne devienne pas une prison pour l'avenir. Faire mémoire des victimes de l'esclavage ne consiste donc pas à raviver les oppositions ou à enfermer les générations dans la culpabilité ou la rancœur. Non, ce n’est pas de cela dont il s'agit. Il s'agit de regarder la vérité en face afin de bâtir une société toujours plus juste, plus fraternelle, plus humaine finalement » a en outre affirmé l’évêque de Guadeloupe.

« Aucune communauté ne peut guérir seule les blessures de l’histoire »

« Notre mission chrétienne est donc claire : défendre la vie, protéger la dignité humaine, promouvoir la justice et construire la paix. C'est ce que le pape Léon appelle le bien commun et tout le chapitre et les longs chapitres qu'il va développer sur justement cette notion de bien commun et la justice sociale. Oui. C'est pourquoi notre diocèse veut faire en ce temps du 27 mai un moment de rencontre, d'unité avec une dimension spirituelle. Nous voulons donc prier avec les autres confessions chrétiennes, dialoguer avec les autres traditions religieuses, travailler avec la société civile et toutes les personnes de bonne volonté. Car aucune communauté ne peut guérir seule les blessures de l'histoire. Cette volonté ne s'impose pas. Elle se construit ensemble, en vérité » a précisé Mgr GUIOUGOU.

« En Guadeloupe, notre diversité culturelle et spirituelle ne doit pas devenir une menace, mais une richesse. Et cela suppose de toujours nous rencontrer, être en dialogue et même d'oser partager, nous raconter nos histoires, même personnelles et familiales. Cela nous aidera les uns et les autres lorsque nous apprenons à nous écouter, à nous respecter et à nous reconnaître comme des frères et sœurs, nous devenons capables de construire une véritable civilisation de l'amour dont parlait tant Jean-Paul II. Enfin, le chemin sera long. La guérison des mémoires demande du temps, de l'écoute, de la patience. Mais l'Évangile nous enseigne qu'aucune tempête n'est plus forte que la parole du Christ. Alors aujourd'hui devant la mémoire des victimes de l'esclavage, nous faisons le choix de la vérité, le choix de la justice, le choix de la fraternité pour bâtir ensemble un avenir fécond ».

« Que le Seigneur fasse de notre église une barque de paix, au milieu au milieu de la tempête, qu'il guérisse toutes les mémoires blessées, qu'il nous donne le courage de défendre toujours la dignité de chaque être humain. Et le diocèse, comme je le rappelle beaucoup à ceux qui viennent nous visiter ou qui visitent l'évêché encore hier avec des amis, notre diocèse s'appelle Notre-Dame de Guadeloupe. Oui, que Notre-Dame accompagne notre peuple sur ce chemin de liberté intérieure, de réconciliation et d'espérance. Lonè é Respé. Amen » a conclue Mgr Philippe GUIOUGOU dans son homélie.

Seigneur nous t’offrons cette Bible, ta Parole, jadis instrumentalisée par les esclavagistes. Nous t’offrons Seigneur cette bible, ta Parole vivante qui libère, qui guérit, qui sauve. Aide-nous aujourd’hui Seigneur à mieux la connaître pour transmettre ta Bonne Nouvelle dans un monde troublé

La prière universelle a ensuite porté plusieurs intentions, pour les jeunes, pour la Guadeloupe, pour les responsables politiques, pour les différentes traditions religieuses et pour une Église engagée contre toutes les formes d’injustice. Un appel fort à faire de la mémoire non pas une fermeture sur le passé, mais une responsabilité pour le présent et l’avenir. Puis, est venue la deuxième procession mémorielle de cette célébration. Aussi émouvante que celle du début. Plusieurs objets symboliques ont été portés successivement au pied de l’autel. D’abord la canne à sucre, symbole du travail forcé aux Antilles Françaises pendant l’esclavage et qui aujourd’hui joue un rôle essentiel dans l’économie de la Guadeloupe. « Seigneur nous t’offrons tout ceux qui travaillent dans cette filière. Honneur et respect » a-t-il été proclamé.

Seigneur, nous t’offrons ce tambour, symbole de la soif de liberté, de résistance au système esclavagiste. C’est avec le tambour que nos ancêtres communiquaient. C’est autour du tambour qu’ils s’évadaient pour un peu de répit

L’on présenta ensuite les chaînes, symbole de la souffrance et du manque liberté. Manque de liberté physique mais aussi désir de mettre fin à la liberté de penser, de réfléchir, de rêver. « Aujourd’hui, nous souhaitons qu’elles soient symboles de liens de paix et de fraternité. Honneur et respect ». Les conques de lambi furent amenées tout comme le tambour, en tant que symboles de communication, de résistance et de liberté, incarnant cette force, qui porte en elle les mémoires de nos ancêtres et la richesse culturelle de nos îles. « Seigneur, nous t’offrons ce tambour, symbole de la soif de liberté, de résistance au système esclavagiste. C’est avec le tambour que nos ancêtres communiquaient. C’est autour du tambour qu’ils s’évadaient pour un peu de répit » a-t-on entendu.

Là, le son du ka résonna avec force dans l’église avant ce rappel important. : « Cette musique mal vue pendant longtemps s’affirme aujourd’hui comme première musique et danse de la Guadeloupe. Jusqu’à être inscrite en 2014 à l’inventaire du patrimoine mondiale immatériel de l’humanité à l’UNESCO. Honneur et respect ». Enfin, la Bible. « Seigneur nous t’offrons cette Bible, ta Parole, jadis instrumentalisée par les esclavagistes. Nous t’offrons Seigneur cette bible, ta Parole vivante qui libère, qui guérit, qui sauve. Aide-nous aujourd’hui Seigneur à mieux la connaître pour transmettre ta Bonne Nouvelle dans un monde troublé. Honneur et Respect », a-t-il été déclamé en communion avec l’assemblée. Chaque élément racontait une part de l’histoire guadeloupéenne : la souffrance, la résistance, la culture, la spiritualité et l’espérance. Le son du lambi et du tambour a accompagné ce temps de recueillement comme une mémoire vivante de notre histoire partagée.

Une communion fraternelle avant la marche vers le Mémorial ACTe

Alors que les fidèles présents étaient invités à faire leurs offrandes à la quête et que se préparait la liturgie eucharistique, un magnifique intermède musical et vocal est venu envelopper l’assemblée d’une profonde émotion. Les voix douces et harmonieuses du Chœur diocésain, dirigé par Jean-Michel LESDEL et Patrice TREFLE, ont porté ce temps de recueillement avec une rare intensité. Accompagnées par les sonorités délicates des violons et du piano, ces interprétations ont donné à cet instant de la célébration une dimension à la fois majestueuse et profondément intérieure, contribuant à l’élévation spirituelle des âmes des fidèles et transformant ce moment liturgique en véritable expérience de communion et d’espérance.

À l’issue de la messe, la commémoration s’est poursuivie avec une procession silencieuse dans les rues de Pointe-à-Pitre entre le parvis de l’église Saint-Pierre et Saint-Paul et le Mémorial Acte, en passant par la Place de la Victoire, et son agora où un temps interreligieux était annoncé.  Ponctuée par le son des conques de lambi, cette marche a conduit les participants jusqu’au bord de mer, d’abord à la Darse où des pétales de fleurs ont été déposés en hommage à celles, et ceux dont les noms et les vies avaient été effacés de la mémoire collective, puis au Macte, où le même geste symbolique a été posé.

Vous pouvez revivre cette célébration diocésaine en mémoire des personnes victimes de l’esclavage, en images et dans son intégralité, en cliquant sur ce lien.

Le service diocésain de la communication

Dans la même catégorie