Des centaines de fidèles réunis à Duval pour le lundi de Pentecôte 2026


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mardi 26 mai 2026
Diocèse de Guadeloupe

Comme l’an dernier, des centaines de fidèles venus de toute la Guadeloupe se sont rassemblés lundi 25 mai 2026 sur le site de Duval à Petit Canal, à l’occasion de la traditionnelle journée de prière et d’évangélisation organisée par l’association « Les Amis de Saint Michel ».

Cette grande journée de prière et d’évangélisation portée par « Les Amis de Saint Michel » a été une fois de plus une vraie réussite. Dans une atmosphère de ferveur, de recueillement et de fraternité, cette grande rencontre spirituelle du lundi de Pentecôte a rythmé toute la journée, de 8h à 18h, autour du thème : « Fais tout ce qu’il vous dira – Marie mère de Dieu, mère de l’Église ».

Animée notamment par le Père Christophe Lavaud, le Père James Midy, Frère Harry Percy, Sœur Mica Millien, Sœur Marie‑Lourdes et Frère Marck, avec l’animation assurée par Gesner Leblanc et Mathurin Fatonel, cette journée a été marquée par des temps de louange, de prière, de témoignages, d’enseignement et d’évangélisation.

Le point culminant de ce temps fort spirituel fut la messe présidée par Mgr Philippe GUIOUGOU, évêque de Guadeloupe, qui a prononcé une longue homélie centrée sur la figure de Marie, sur l’Église et sur l’action guérissante du Christ dans nos vies.

« Marie à la crèche, Marie au pied de la croix »

Dès le début de son homélie, Mgr Philippe GUIOUGOU a invité les fidèles à contempler la Vierge Marie dans les grands moments de la vie du Christ. « Si nous nous arrêtons un peu sur Marie. C'est cette image qui m'est venue en tête pour reprendre un peu tout ce parcours avec Marie », a déclaré l’évêque. Il a d’abord conduit l’assemblée à Bethléem, devant la crèche : « Nous pouvons voir chez Marie, d'abord, Marie à la crèche. Nous partons avec Marie à la crèche. Et si nous fermons un peu les yeux, nous voyons Marie devant cette mangeoire, en bois très certainement, assurément, et Marie qui contemple son enfant, comme une mère contemplerait ou contemple son enfant quand l'enfant vient de naître. »

L’évêque de Guadeloupe a rappelé également le mystère central de la foi chrétienne : « Marie, mère du Christ, mère de Jésus, Dieu fait homme, Dieu parmi nous, l'Emmanuel, Dieu avec nous. Voilà, quand nous disons “Marie, Mère de Dieu”, c'est d'abord cela que nous voyons, que nous contemplons, comme si nous étions à la crèche avec Marie et nous voyons cet enfant, cette lumière qui sort de la crèche et qui viendra illuminer le monde. Marie, Mère de Dieu. » Poursuivant son cheminement spirituel autour de Marie, Mgr Philippe a ensuite évoqué la douleur de la Vierge au pied de la croix. « Nous pouvons aller aussi dans cette image et ce parcours que nous connaissons bien de Marie, voir aussi Marie au pied de la croix. Ce parallèle entre le bois de la mangeoire et le bois de la croix. Marie, à ce moment, nous imaginons bien ce cœur de mère blessée, ce cœur de mère attristée, qui ne sait comment être consolée en voyant son fils crucifié, en train de mourir, au pied de la croix. Marie, qui est la mère de Dieu, et la mère de Jésus en train de mourir. Jusqu'au bout, elle va évidemment assumer sa maternité, assurer son rôle de mère. »

Le Christ, seul capable de guérir les corps blessés

En s’appuyant sur l’Évangile proclamé ce lundi de Pentecôte, l’évêque de Guadeloupe a établi un parallèle entre les souffrances du Christ et les blessures humaines. « Cela nous présente un corps souffrant, le corps du Christ, comme ça peut être aussi nos corps souffrants », a‑t‑il expliqué. Mgr Philippe GUIOUGOU a aussi rappelé combien l’être humain peut parfois se sentir perdu face à la souffrance : « Comme cela peut arriver pour certains d'entre nous, le corps souffrant, où nous ne savons plus quelquefois vers qui nous tourner, ou quelquefois on dit même vers quel saint nous tourner. On sèl bondyé, on sèl saint, le seul qui est saint, c'est Dieu. Dieu, son Fils et l'Esprit Saint. »

Revenant à la figure de Marie, l’évêque a souligné qu’elle est aussi « la mère du Ressuscité », celle qui a accompagné les premiers disciples dans l’attente de l’Esprit Saint. « Avec ses premiers disciples, celle qui verra le ressuscité et celle aussi qui, avec d'autres, vont recevoir la force de l'Esprit pour mettre en place, constituer l'Église, l'Église que nous sommes, l'Église à Jésus-Christ comme on dit. »

« Vous recevrez une force »

Dans la continuité de la fête de Pentecôte célébrée la veille, Mgr Philippe a rappelé également la promesse du Christ d’envoyer l’Esprit Saint sur ses disciples. « Nous faisons mémoire de Jésus qui va promettre son Esprit, l'Esprit qui sera envoyé sur les disciples comme ces langues de feu, comme ce vent qui soufflera, comme ce vent qui souffle aujourd'hui. Et les disciples vont recevoir une force. Vous recevrez une force et vous ferez des disciples. Baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint‑Esprit et dans toutes les nations, faites des disciples dans toutes les nations. »

Pour l’évêque, cette force de l’Esprit Saint continue aujourd’hui d’animer l’Église. Le Pasteur de notre diocèse a insisté sur l’importance de chaque baptisé au sein du corps du Christ : « Cette Église, elle a le bras, elle a la tête, elle a le pied, les jambes. Cela forme le corps du Christ. Et nous savons bien s'il manque un œil, s'il manque une main, si ka manké on dwèt, ka manké on bitin. » En reprenant l’enseignement de saint Paul, Mgr GUIOUGOU a souligné que chacun possède une place essentielle dans l’Église : « Chaque membre de ce corps que nous formons ici, que nous formons en Église, que nous formons dans l'Église de Guadeloupe, dans l'Église universelle, nous sommes tous précieux et nécessaires aux yeux de Dieu. » Il a également rappelé que l’Esprit Saint distribue à chacun des charismes particuliers pour construire la société et l’Église.

Une Église composée d’hommes et de femmes fragiles

Dans une partie particulièrement forte de son homélie, l’évêque de Guadeloupe a enseigné que l’Église, bien qu’ayant le Christ pour tête, demeure composée d’hommes et de femmes marqués par leurs fragilités. « Ce corps peut être aussi blessé et avoir besoin justement d'être guéri », a‑t‑il affirmé. L’évêque a alors partagé le témoignage poignant d’une jeune confirmée qui avait été affectée dans son parcours de catéchèse lorsqu’elle était enfant. « Excellence, j'ai bien envie de faire du caté, mais quand j'étais plus jeune, je n'ai pas bien été accueillie par mes catéchistes, parce que j'étais un peu turbulente », rapportait‑elle dans sa lettre adressé l’évêque en vue de sa confirmation.

Mgr Philippe a expliqué que cette jeune femme n’avait finalement pas été confirmée à l’époque, avant de revenir plusieurs années plus tard frapper à la porte de l’Église. « Le Seigneur l'a rattrapée », a‑t‑il souligné. L’évêque a utilisé ce témoignage pour appeler les fidèles à ne jamais abandonner l’Église malgré ses imperfections. « L'Église n'est pas parfaite, mais on a besoin de toi », a‑t‑il lancé. Dans une formule qui a marqué l’assemblée, il a ajouté : « Même si la porte de l'Église est fermée, passé pa finèt‑la. Ben oui, si la porte est fermée à double tour, passe par la fenêtre. » Pour lui, l’Église a constamment besoin d’être soignée et renouvelée par l’action du Christ. « Elle est constituée de nous, faits de chair, et on a besoin du Christ pour soigner cette Église. »

« Le Christ veut et peut guérir »

Mgr Philippe a ensuite insisté sur la différence fondamentale entre l’homme et le Christ. « Vous savez la différence qu'il y a au sein de l’Église, entre nous et le Christ ? Le Christ, non seulement il veut, mais aussi il peut. Non seulement il veut soigner, mais il peut le faire. » Il a reconnu que les hommes ont parfois de bonnes intentions sans réussir à poser les actes nécessaires. Quelquefois, nous voulons, mais nous n'y arrivons pas », a‑t‑il confié.

Cependant, l’évêque a encouragé les fidèles à croire en la puissance de l’Esprit Saint : « Si nous croyons fermement que le Christ est avec nous et l'Esprit Saint reçu, nous pouvons vouloir et pouvoir », insistant sur le fait que chacun peut participer à cette mission de guérison à travers des gestes simples mais essentiels. « Nous pouvons guérir, nous pouvons soigner en écoutant, en accompagnant, en donnant une parole qui non pas abaisse, mais qui élève, en donnant le pouvoir du pardon : “Je te pardonne pour tout ce que tu m'as fait.” »

Marie, modèle de foi et mère de l’Église

Revenant une nouvelle fois à la Vierge Marie, Mgr GUIOUGOU a souligné son exemple de fidélité et de confiance. « Marie est celle qui a toujours cru. “Faites ce qu'il vous dira.” Marie est celle qui n'a jamais désespéré en son Fils et en cela, elle est sainte. Sainte Vierge. » L’évêque de Guadeloupe a par ailleurs évoqué les origines historiques du nom « Guadeloupe », notre île confiée à Notre‑Dame de Guadalupe par Christophe Colomb, qui avait fait le vœu, lors d’une traversée périlleuse en 1493, de donner le nom de Guadeloupe à la première grande terre qu’il découvrirait s’il survivait. 

« Vous savez que l'Espagne a été conquise pendant de nombreuses années par les Arabes, et donc du coup, on retrouve des mots en arabe dans la langue, le mélange de l'arabe et de l'espagnol ou de l'andalou. Et donc Guadalupe veut dire « rivière cachée » en arabe, rivière cachée, d'où l'eau jaillit. C'est incroyable que Christophe Colomb donne ce nom et quand nous savons l'eau qu’il y a en Guadeloupe, même si on a des problèmes d'eau. Et aussi Karukéra qui veut dire l'île aux belles eaux. Tout gouverne à ce que l'eau soit quelque chose qui nous entoure » a prêché Mgr Philippe.

« Allons à la source qu’est le Christ »

L’évêque de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre a alors établi un parallèle spirituel avec l’eau jaillissant du côté transpercé du Christ. « Je ne me suis pas empêché de faire le parallèle aussi en méditant ce que je pouvais vous dire aujourd'hui avec aussi cette eau qui jaillit du côté transpercé du Christ, l'eau jaillissante. Marie a vu cette eau jaillissante du Christ, cette eau qui vient nous abreuver. Alors, frères et sœurs, en ce lundi de Pentecôte, Marie que nous accueillons comme Mère du Christ et Mère de l'Église. Le Christ qui est celui qui guérit, qui est celui qui soigne, allons à la source, allons à la source qu'est le Christ. Chaque fois qu'on voudrait nous conduire quelque part qui n'est pas le Christ, fuyons, fuyons. Seul le Christ est la source d'eau vive. Alors accueillons sa présence en nous en ce lundi de Pentecôte » a conclue Mgr Philippe GUIOUGOU dans son homélie.

La célébration s’est achevée dans une belle ferveur et une de joie partagée, alors que les centaines de pèlerins présents poursuivaient cette journée de prière et de fraternité portée par « Les Amis de Saint‑Michel ».

Entre enseignements, chants, échanges fraternels et moments de communion, ce lundi de Pentecôte 2026 aura une nouvelle fois confirmé l’importance de ce rendez‑vous spirituel devenu incontournable pour de nombreux fidèles de Guadeloupe.

Le service diocésain de la communication

 

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