Fondé le 8 septembre 1946, pour répondre à la pauvreté d’après-guerre, lutter contre les causes des inégalités, défendre la dignité de chacun et construire une société plus fraternelle, 80 ans plus tard, le Secours Catholique-Caritas France c’est : 58.000 bénévoles, 2500 lieux d’accueils (accueils café, ateliers créatifs, épiceries solidaires, jardins partagés, atelier de réparation de vélos, cuisines solidaires), et une présence dans 48 pays. En 2026, le Secours Catholique fête 80 ans d’engagement au service des personnes en situation de précarité à travers toute la France. « Cette fraternité que nous défendons n’est pas juste un mot gravé sur des édifices. C’est un engagement que nous vivons au quotidien. Une force qui transforme les vies », tels sont les mots prononcés par Didier Duriez, président national du Secours Catholique Caritas France. Des mots forts pour introduire ce grand événement qu’est l’anniversaire de ses 80 ans. En Guadeloupe aussi, on fête non pas 80 ans, mais 63 ans d’existence, l’occasion de revenir sur l’implantation et l’évolution du Secours Catholique en Guadeloupe.
63 ans d’engagement au service de la fraternité en Guadeloupe
Le Secours Catholique a été créé en 1963 par Monseigneur Gay, Evêque de l’époque, pour répondre aux besoins des agriculteurs, artisans et pêcheurs durement touchés par les crises climatiques. Au fil des années, cette association a développé son réseau à tel point, qu’aujourd’hui, elle est présente dans 22 communes, y compris Marie-Galante et Saint-Martin. Elle s’appuie sur l’engagement de 470 bénévoles, mobilisés quotidiennement au service des plus fragiles. Face à l’évolution de la précarité et à la diversification des besoins des familles, le Secours Catholique a su adapter ses actions. Au-delà de l’aide d’urgence, il déploie désormais des dispositifs d’accompagnement durables, incarnant pleinement sa mission de fraternité.

Parmi ses actions phares, nous citerons : l’épicerie solidaire « Epi Soleil », présente sur 5 communes – « On pannyé pou rété gaya », une initiative favorisant la consommation de fruits et légumes locaux, tout en soutenant l’économie du territoire – Le Fraternibus, un dispositif itinérant facilitant l’accès aux droits dans les quartiers prioritaires et les zones rurales – Deux jardins solidaires, véritables espaces d’échange et de valorisation des compétences – Un accompagnement au départ en vacances, permettant aux familles de concrétiser un projet souvent perçu comme inaccessible - L’Equipe maraude qui accompagne les personnes en errance et en très grande précarité – l’Equipe Prison, qui facilite le lien entre les personnes incarcérées et leur famille. A travers toutes ces actions, le Secours Catholique de Guadeloupe poursuit son engagement, à savoir, agir aux cotés des personnes en difficulté, révéler leur capacité et construire avec elles des solutions durables et structurantes.
L’homme porte en lui une dignité sacrée, une dignité inaliénable
Monseigneur Philippe GUIOUGOU, dans son homélie, a brossé un portrait réaliste de notre société. Il s’est arrêté sur la situation de l’homme dans la société guadeloupéenne, cet homme blessé, rongé par la précarité, les difficultés de la vie, écrasé par le poids de l’injustice, à tel point qu’il vit en marge de cette société. « Depuis 80 ans et 63 ans en Guadeloupe, le Secours Catholique ne se contente pas de distribuer une aide matérielle, le Secours Catholique accompagne ces personnes, marche avec ces personnes. Prendre le temps d’écouter, prendre le temps de relever, d’encourager, bien souvent, un mot, des paroles bien plus importantes qu’un geste matériel » a indiqué l’évêque de Guadeloupe.
« En effet, le Secours Catholique croit que chaque personne, même blessée par la pauvreté, par la solitude ou l’exclusion, porte en elle une dignité sacrée, la dignité de la personne. Cette dignité, personne ne peut nous l’enlever même si les soucis, les tracas, les difficultés de la vie peuvent nous faire penser quelque fois, que nous ne sommes pas dignes. En cela, le Secours Catholique est pleinement catholique, car c’est bien à l’image et à la suite du Christ qui justement, a passé son temps sur terre à relever les autres. C’est bien à la suite de Jésus que cette façon d’être et de faire est inscrite si j’ose dire dans l’ADN, ce qui constitue le Secours Catholique : venir en aide à la suite du Christ » a-t-il ajouté.
La précarité, elle est là, elle est réelle, si nous ne la regardons pas en face, nous pouvons passer à côté.
« Il ne s’agit pas d’aider pour aider, mais de donner du sens, de relever et faire de chacun un être dignement restauré. Dans notre société marquée par les difficultés économiques, notamment la société guadeloupéenne, on ne peut pas se le cacher, les fractures sociales, les violences, les dépendances et parfois le découragement, votre présence, Secours Catholique, est un signe de la tendresse de Dieu. Souvent, quand on fait une retraite, quand on fait une recollection autour du secours Catholique, on peut prendre l’image du Bon Samaritain, celui qui finalement va s’arrêter pour venir en aide à celui qui est couché par terre, alors que bien d’autres sont passés, prêtres, Lévites, savants, ils connaissent la parole de Dieu et ils sont passés sans s’arrêter ».
« Le Bon Samaritain s’est arrêté parce que cela a touché son cœur. Si quelqu’un est en difficulté et notre cœur n’est pas touché, eh bien on passe à côté. Oui, notre société est quelque fois marquée par l’indifférence. Depuis 3 ans, j’ai eu à rencontrer les différents acteurs sociaux économiques, politiques, acteurs de santé. Nous constatons que beaucoup de voyants de précarité sont au rouge, si j’ose dire. Oui, beaucoup d’indicateurs nous montrent que la précarité est là, bien réelle dans notre société » a insisté Mgr Philippe.
Le Père lui-même nous aime, alors nous aussi nous devons aimer ceux que le Père aime.
« L’Evangile aujourd’hui, veut nous rappeler la source profonde de cette mission : le Père lui-même vous aime. Si le Père lui-même nous aime, alors nous aussi nous devons aimer ceux que le Père aime et nous devons d’abord nous considérer, aidants ou pas aidants, comme aimés par Dieu. Nous ne recevons pas les personnes en difficulté par simple philanthropie, nous le faisons parce que Dieu aime chaque être humain, c’est l’amour qui régit et qui pousse notre action. Nous croyons qu’aucune vie n’est inutile, aucune souffrance n’est invisible aux yeux du Seigneur. Alors quelques fois, on se demande pourquoi il ne vient pas à notre secours, alors qu’il voit notre malheur, mais le Seigneur, même s’il peut nous paraître distant, est là avec nous. Quand une équipe du Secours Catholique visite une personne isolée, accompagne une famille en difficulté, soutient un jeune sans repère, aide une personne migrante ou partage simplement un repas avec quelqu’un qui souffre, c’est l’amour même du Père qui se rend visible. Ce qui peut être invisible, ce qui peut être caché, l’amour peut le rendre visible » a prêché également l’évêque de Guadeloupe.
Demandez, vous recevrez
« Jésus ajoute dans l’Evangile : « demandez, vous recevrez, ainsi votre joie sera parfaite ». Qui d’entre-nous n’a pas demandé au cours d’une détresse ? Qui d’entre-nous n’a pas crié : « Oti Bondyié ? » mais le Seigneur nous invite à nous déplacer, la joie chrétienne ne vient pas de la richesse ou du pouvoir, mais du don de soi. La vie nous montre que, si je suis, heureux dans ce que je fais, dans ce que je vis, il y a une richesse en moi que je peux partager. Si je suis riche matériellement et que je ne suis pas heureux, cela ne sert à rien. Alors je ne suis pas en train de faire l’apologie de la pauvreté et de la misère, je suis au contraire en train de faire l’apologie de la joie, de la joie profonde » a conclue Mgr Philippe GUIOUGOU dans son homélie de cette messe solennelle des 63 ans de présence du Secours Catholique en Guadeloupe.

Cette Eucharistie partagée avec les chrétiens présents au complexe sportif Joseph et Patrick Céligny e samedi 16 mai, a mis du baume et de l’espoir au cœur de tout le monde. Une très belle messe qui a lancé comme il se devait les festivités marquant les 63 ans de la Délégation du Secours Catholique de Guadeloupe et les 80 ans de création de l’institution caritative. La journée s’est poursuivi avec le déjeuner en Grande Tablée comme annoncé, avant les animations de l’après-midi, dans une belle fraternité et une convivialité qui fut le fil conducteur de la journée, en plus des témoignages, des récits qui sont venus chacun nourrir l’espérance. De quoi poursuivre avec une énergie renouvelée, cette mission d’Eglise au cœur de notre société guadeloupéenne en soutien aux plus démunis, avec comme défi de relever chacun et de le rétablir dans sa dignité.
Jeremiah CARLTON (Avec le service diocésain de la communication)
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