À l’église Saint-Pierre et Saint-Paul : émouvante veillée de prière et Eucharistie pour les défunts du CHU en attente de sépulture


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vendredi 15 mai 2026
Diocèse de Guadeloupe

Comme annoncé, une veillée de prière et une célébration eucharistique dédiées ont été organisées vendredi 15 mai 2026, de 18h à 20h30, à l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, à Pointe-à-Pitre, pour les défunts en attente de sépulture au CHU ou dans des chambres funéraires. « Respect et Dignité pour tous : Vivants et Défunts » : tel est le message fort que l’Église catholique en Guadeloupe a souhaité porter à travers cette démarche empreinte de gravité et d’espérance.

"La dignité humaine repose sur le fait que chaque personne a de la valeur et mérite le respect sans conditions : âge, sexe, état de santé physique ou mentale, condition sociale, religion ou origine ethnique. Une personne ne cesse pas d’être même lorsqu’elle décède ; la mort étant la dernière étape de la vie. Et, même si le défunt n’anime plus son corps, il continue tout de même de vivre à travers celui qu’il a été. La contribution d’un individu sur terre perdure après sa mort, au travers des actions et des souvenirs qu’il laisse derrière lui", a-t-il été rappelé à l’entame du temps d’adoration qui a précédé l’Eucharistie.

Dans la même dynamique, la Pastorale diocésaine de la famille, à l’origine de ce temps de recueillement intitulé « Soirée d’Espérance, de Compassion, d’Amour et de Prière pour nos défunts en attente d’inhumation », a exprimé avec gravité : "Pour nous, croyants, la dignité dans l’inhumation est essentielle pour honorer le défunt, pour respecter ses dernières volontés, mais aussi d’avoir un lieu pour se recueillir et prier. La situation de ces personnes, enfants et adultes, non inhumées depuis des années nous interroge et nous interpelle, quelles que soient nos convictions personnelles, et il est impensable que nous restions impassibles devant cette situation". 

Un temps d’adoration marqué par le silence et le pardon

Le programme proposé prévoyait deux moments distincts. De 18h00 à 19h00, un temps d’adoration a été vécu dans le recueillement. Il a débuté par un profond silence, suivi d’une démarche de pardon. Une demande de pardon a été exprimée pour le non-respect de la vie qui conduit à la prolifération de toutes les violences, pour le non-respect du corps humain, demeure de l’Esprit de Dieu, pour les familles blessées par le non-accès à la dépouille de leurs défunts et l’impossibilité de leur rendre un dernier hommage, ainsi que pour les 22 petits enfants innocents, en qui Dieu se reconnaît particulièrement.

De 19h00 à 20h30, l’Eucharistie a été présidée par Philippe GUIOUGOU, évêque de Guadeloupe. Dans son mot d’introduction, le pasteur du diocèse de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre a déclaré : "Frères et sœurs, nous nous rassemblons pour célébrer le Christ Ressuscité, notre espérance. Au cœur de cette Eucharistie, nous nous faisons les veilleurs de nos frères et sœurs défunts dont le parcours terrestre attend encore son accomplissement final. Nous confions particulièrement au Seigneur ceux qui reposent au centre hospitalier ou en chambre funéraire. Dans l’attente de leur sépulture, rappelons-nous qu’aucun d’eux n’est oublié de Dieu : chaque nom est gravé dans sa main. Prions aussi pour leurs familles qui vivent ce deuil suspendu. Que notre prière leur apporte la paix et le courage".

Une liturgie tournée vers les vivants et les défunts

À cet instant, l’évêque invita les fidèles à déposer des bougies au pied de l’autel, signes de mémoire priante et de la lumière du Christ qui ne s’éteint jamais. "Seigneur Jésus, toi qui as reposé au tombeau pour sanctifier la demeure    de tout homme, regarde avec amour ces bougies qui brûlent en mémoire de nos frères et sœurs défunts. Que leur éclat soit pour nous le signe de ta présence victorieuse sur la mort. Accueille-les dès maintenant dans ta paix et accorde à leurs familles la force de l’espérance".

La liturgie de la Parole s’est appuyée sur plusieurs textes bibliques : la lecture du Livre des Actes des Apôtres (18, 9-18), le Psaume 46 (47), puis l’Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (16, 20-23). Après l’homélie de Mgr Philippe GUIOUGOU, la prière universelle a été dédiée à ces défunts oubliés. "Frères et sœurs, en cette célébration où nous portons ensemble le souci de la dignité de chaque personne humaine, tournons-nous avec confiance vers le Père des miséricordes. Élevons notre prière pour les vivants et pour nos défunts, particulièrement pour ceux qui attendent encore, dans le silence des chambres funéraires, le repos de la terre".

Plusieurs intentions ont été formulées : pour l’Église, le pape, les évêques, les prêtres et tous les baptisés, afin qu’ils soient témoins de la tendresse de Dieu ; pour les responsables de la société, appelés à garantir le respect de toute dignité humaine ; pour les défunts en attente de sépulture, confiés à la tendresse de Dieu ; pour la Guadeloupe et les familles éprouvées par le deuil, afin qu’elles trouvent force et consolation.

Un geste de lumière pour prolonger la prière

Avant la bénédiction finale, une prière a été prononcée sur les bougies destinées à être emportées par les fidèles : "Seigneur, Dieu de lumière, bénis ces bougies que tes fidèles vont emporter. En les allumant chez eux, qu’ils se souviennent de leurs frères et sœurs qui attendent la sépulture. Fais de nous des porteurs de ta clarté et des témoins de ton espérance auprès de ceux qui sont dans le deuil".

En cette période pascale, les fidèles avaient été invités, dès le début de la veillée, à acquérir une bougie commémorative pour la rapporter dans leur foyer. Ce geste symbolique visait à témoigner que la Vie est plus forte que la mort, et à soutenir, par la prière et l’intercession, les personnes encore marquées par l’attente, l’oubli ou l’injustice.

Cette veillée d’adoration et cette messe ont été intégralement retransmises sur les réseaux sociaux du diocèse de Guadeloupe, permettant à de nombreux fidèles de s’y associer à distance.

Le service diocésain de la communication.

 

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