A la Chapelle Notre-Dame de Grâce : Notre diocèse uni en prière pour la paix au Liban et au Moyen Orient


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dimanche 10 mai 2026
Diocèse de Guadeloupe

Dimanche 10 mai 2026, la chapelle Notre-Dame de Grâce, aux Abymes, a accueilli une messe empreinte d’émotion et de recueillement, présidée par Mgr Philippe GUIOUGOU. Aux côtés de la communauté maronite et de nombreux fidèles, l’Église catholique en Guadeloupe s’est unie dans la prière pour la paix au Liban et dans l’ensemble du Moyen-Orient.

Comme annoncé, Mgr Philippe GUIOUGOU, évêque de Guadeloupe, a célébré une messe pour la paix au Liban et plus largement au Moyen Orient dimanche matin 10 mai 2026, à 10h, à la Chapelle Notre-Dame de Grâce, au centre pastoral Siméon Oualli (CPSO), aux Abymes, avec la communauté maronite de notre diocèse et tous les fidèles qui s’y sont associés. Il s’agissait pour l’Eglise catholique en Guadeloupe de s’unir par la prière au peuple du Liban et de toute cette région, mais aussi d’exprimer sa solidarité et sa compassion à la communauté libanaise présente chez nous depuis des décennies et qui vit avec douleur tous ces évènements.

Cette démarche faisait également suite à l’appel de la conférence des évêques de France, le mois dernier, à répondre à l’invitation du pape Léon XIV à se rassembler pour prier pour la paix après les frappes qui ont endeuillé le Liban le 8 avril 2026, faisant plus de 300 morts et des centaines de blessés. Des victimes qui s’ajoutent aux 1 500 victimes et aux 1,2 millions de personnes déplacées depuis le début de ce conflit entre le Hezbollah et Israël.

C’est dans une chapelle comble, bien avant le début de la célébration, que s’est tenue cette Eucharistie que l’évêque a concélébré avec le Père Georges CHAMOUN, curé de cette paroisse Saint-Charbel au sein de notre diocèse et le Père Jean HAMOT, en pleine convalescence et qu’il a plu à chacun de retrouver après de longs mois d’hospitalisation. Le révérend Père qui a tenu à prendre part à cette célébration.

« Le Liban est plus qu’un pays, c’est un message »

Dès ses premiers mots, Père Georges CHAMOUN a évoqué la profondeur des liens spirituels entre l’Église universelle et le Liban. « Il y a quelques jours le pape Léon a surpris plusieurs prêtres libanais des villages frontaliers du Sud du Liban - ces villages assiégés et plongés au cœur de la guerre -, par un appel vidéo simplement pour leur dire qu'ils ne sont pas seuls et qu'ils sont portés dans sa prière. Et vous ne pouvez pas imaginer la force et l'espérance que cet appel a apporté aux prêtres et à travers eux à tous les habitants de ces villages demeurés debout grâce au courage de leurs habitants alors que 45 villages autour d’eux ont été complètement rasés de la carte géographique » a indiqué le curé de cette paroisse maronite du diocèse de Guadeloupe dans son propos d’introduction.

« Malgré la peur malgré la destruction, malgré les blessures, ils ont choisi de rester sur leurs terres, de tenir debout dans la foi et de résister à la haine selon l'esprit de l'Evangile. Le peuple libanais a toujours vécu de deux grandes forces spirituelles. La première c'est la communion et le soutien de l'Eglise de Rome. L’Eglise maronite fidèle à Rome depuis ses origines a toujours occupé une place particulière dans le cœur de l'Eglise catholique. Saint Jean-Paul II déclarait en 1997 : le Liban est plus qu'un pays, c'est un message. Benoît 16 a visité le Liban et y a signé l'exhortation apostolique ecclésia in medio oriente. Le pape François a porté le Liban dans son cœur jusqu'au dernier jour de sa vie. Et aujourd’hui encore le pape Léon continue ce chemin de proximité et de soutien. Et comment ne pas se souvenir aussi de la canonisation de Saint Charbel au Vatican en 1977. A travers Saint Charbel c'est toute la spiritualité maronite faite le silence, de prière, de liberté et d'espérance qui a été offerte au monde entier » a-t-il rappelé.

Ce Liban mentionné plus de 70 fois dans l'Ancien Testament. Le Liban des cèdres que le Seigneur a planté, ce Liban dont les cèdres élèvent leurs branches vers le ciel comme une prière silencieuse. Cette terre que les prophètes associent à la gloire, à la beauté et à la fidélité

« La deuxième force du Liban c'est la prière de son peuple : la prière des enfants, des mères, des familles, des fidèles anonymes. Une prière transmise de génération en génération nourrie par les monastères les ermites et les saints des montagnes et des vallées du Liban. Pour nous libanais cette communion spirituelle n'est pas secondaire, elle fait partie de notre manière de survivre d'espérer et de continuer. Aujourd'hui plus que jamais, le peuple libanais a besoin de notre soutien spirituel chacun de nous. Nous qui sommes ici présents dans cette église Notre-Dame de grâce au CPSO, libanais guadeloupéens et fidèles de toute nationalité de la paroisse Saint Charbel. Surtout lorsque nous sommes réunis autour de vous notre évêque Mgr Philippe GUIOUGOU » a souligné le Père Georges.

Foi, résilience et persévérance dans l’épreuve

« Monseigneur, votre présence aujourd'hui est d'une importance immense pour nous. Elle est un signe de communion d'amitié, d'espérance et de force. A travers vous, nous sentons que notre prière personnelle et individuelle prend une autre dimension, une autre envergure. Nos voix, nos intentions et nos souffrances sont rassemblées et unifiées par la voix de l'évêque de Basse-Terre et de Pointe-à-Pitre, qui porte le Liban et le Moyen-Orient dans son cœur et dans sa prière. Monseigneur que vos paroles de paix montent jusqu'au cœur de Dieu et portent notre Liban. Ce Liban mentionné plus de 70 fois dans l'Ancien Testament. Le Liban des cèdres que le Seigneur a planté, ce Liban dont les cèdres élèvent leurs branches vers le ciel comme une prière silencieuse. Cette terre que les prophètes associent à la gloire, à la beauté et à la fidélité » a également enseigné le curé de la paroisse maronite de Guadeloupe.

« Ce Liban, qui est devenu au fil des siècles une terre de prière, de témoignages et de sainteté, ce Liban auquel le psalmiste compare le juste : il grandira comme le cèdre du Liban. Et que cette paix redescende ensuite sur notre terre meurtrie jusqu'au cœur des familles blessées, des villages détruits, et de notre capitale Beyrouth dont la démographie et même la géographie semblent se transformer sous le poids de la guerre. Que cette paix apporte consolation au cœur, force aux familles éprouvées, et espérance à ceux qui commencent à perdre courage » a conclue le Père Georges CHAMOUN.

« La paix soit avec vous » : l’appel universel de l’évêque

Dans son homélie, Mgr Philippe GUIOUGOU a livré une méditation profonde sur la paix. « Chers frères et sœurs, chers fidèles de la communauté maronite de Guadeloupe, chers pères, je suis très heureux d'être avec vous malgré le petit décalage horaire que j'ai puisque hier encore j'étais à Rome ; c'est une grande joie, c'est important de se retrouver et c'est la date que nous avons choisie avec le père Georges pour ce temps de prière pour la paix. A travers cette Eucharistie célébrée pour la paix au Liban et dans tout le Moyen-Orient, notre prière rejoint le cri de tant de peuples éprouvés par la guerre, l'insécurité, la peur et l'exil. Mais notre prière rejoint aussi l'espérance que le Seigneur continue de faire naître au cœur même des épreuves. Cette espérance, le récent voyage du pape Léon XIV au Liban l'a rendu visible pour le monde entier. Par sa présence sur cette terre meurtrie le Saint-Père a voulu dire aux libanais aux chrétiens d'Orient et à tout le peuple du Moyen-Orient, vous n'êtes pas oublié. »

Lorsque les nations vacillent et que les équilibres humains semblent fragiles, l’Eglise garde les yeux tournés vers le Christ ressuscité, lui qui demeure le prince de la paix.

« Il n'existe pas d'autres chemins pour l'avenir que celui de la paix. Une paix évidemment fondée sur la justice, le respect et la dignité de chaque personne humaine. Le pape nous a rappelé la folie d'espérer, de croire qu'aucune division n'est irréversible. Jésus ressuscité se tient au milieu d'eux et leur dit la paix soit avec vous… Cette parole résonne aujourd'hui avec une force particulière pour le Liban et pour tout le Moyen-Orient. Et si la paix devenait le plus grand défi de ce vingt-et-unième siècle au regard de la puissance de destruction que détient l'homme. Derrière chaque bombe, derrière chaque coup de fusil, il y a la souffrance de la chair meurtrie et du cœur déchiré » a poursuivi l’évêque.

Une population profondément marquée par les conflits

« Le Christ dans l'Evangile justement que nous venons d'entendre ne vient pas d'abord nous expliquer la souffrance. Il vient apporter sa présence : la paix soit avec vous. Il monte ses plaies non pas pour réouvrir les blessures, mais pour révéler que l'amour est plus fort que la haine. Il nous montre ses plaies pour dire qu’elles n’ont pas arrêté la force de l'amour et que la vie peut renaître même au milieu des ruines. Je pense que vous libanais vous savez bien mieux que moi ce que j'explique dans cette phrase. Oui les choses peuvent renaître même au milieu des ruines, voici profondément la raison d'être de notre présence ici ce matin et donc de la messe que nous célébrons. Le mal est et sera toujours vaincu même si cela peut sembler long et prendre du temps. Mais vous comprendrez bien ce que je dis ‘’bondyé bisoin nou. Nou pé pa fè ayen san Bondyé é Bondyé bisoin nou’’. Il nous apporte sa paix, mais il attend de nous aussi que nous agissions pour que sa paix avance dans le monde » a prêché également Mgr Philippe.  

Saint Paul dans la lettre Romain nous livre aussi une parole bouleversante : le désir de mon cœur et ma prière pour eux c'est qu'ils soient sauvés. Voilà l'attitude du croyant face au drame du monde, porter les peuples dans la prière, sans distinction, sans haine, sans esprit de vengeance

« Le récent voyage du Saint-Père a été précisément cela, un signe de proximité, un signe de consolation, un signe prophétique au milieu des tensions et des divisions. En allant à Beyrouth comme l'a dit en introduction le père Georges CHAMOUN, en rencontrant les responsables des religieux, les familles, les jeunes, les communautés chrétiennes, le pape a voulu encourager tous ceux qui refusent de céder au désespoir. Et je me souviens encore de la joie et de la fierté des Libanais à la télé, mais aussi de votre fierté de ceux que j'ai croisés, tout fiers que le pape ait passé quand même quelques jours au Liban. Oui, la fierté des Libanais de Guadeloupe, des Libanais guadeloupéens. Saint Paul dans la lettre Romain nous livre aussi une parole bouleversante : le désir de mon cœur et ma prière pour eux c'est qu'ils soient sauvés. Voilà l'attitude du croyant face au drame du monde, porter les peuples dans la prière, sans distinction, sans haine, sans esprit de vengeance et avouons-le, c'est certainement la chose la plus difficile à faire : ne pas nous laisser gagner par l'esprit de vengeance, de colère, voire de haine. Parfois oui avouons-le c'est le plus difficile » a ajouté le Pasteur de notre diocèse.

Porter tous les peuples dans la prière

« Nous ne prions pas seulement pour les chrétiens, nous prions pour tous les peuples du Moyen-Orient, pour chaque enfant menacé par la violence, pour chaque famille éprouvée, pour chaque homme et chaque femme qui aspire simplement à vivre dans la dignité et la sécurité. Voilà la raison d'être de notre prière. La parole de Dieu nous invite à fixer notre regard sur Jésus. Lorsque les nations vacillent et que les équilibres humains semblent fragiles, l’Eglise garde les yeux tournés vers le Christ ressuscité, lui qui demeure le prince de la paix. Chers frères et sœurs et de la communauté maronite votre enracinement en Guadeloupe et le lien fort que vous tissez avec le Liban manifestent que l'église est une seule et même famille. Les souffrances des chrétiens d'Orient ne sont pas l'affaire d'un peuple lointain, elle concerne tout le corps du Christ » a insisté Mgr Philippe GUIOUGOU, avant d’évoquer son déplacement à Rome.

Encourager le dialogue entre religions

« J’avoue avoir regretté avec mon anglais un peu hésitant, de n'avoir pas pris la parole devant le pape, puisque nous étions quand même pas mal d'évêques, pour lui dire saint Père, sachez qu'en revenant de Guadeloupe je vais célébrer avec la communauté maronite. Mais nous lui avons posé la question et interpellé sur le fait qu’il y a longtemps qu'un pape n'est pas venu dans la Caraïbe. Et nous avons remarqué qu’il a porté attention à cette réflexion, à cette demande que nous lui avons adressée. Alors espérons et nous pouvons l'espérer car visiblement le pape nous a entendu, quand est-ce on ne sait pas, mais il se pourrait bien et prions pour cela, que le pape vienne nous visiter dans la Caraïbe. Et si cela se fait cela serait une grande joie pour nous » a confié l’évêque de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre.

« La paix soit avec vous, ce furent et ce sont encore et toujours les mots du Christ ressuscité. Aujourd'hui et plus que jamais nous sommes appelés à devenir des artisans de paix, par notre prière fidèle, par nos paroles de réconciliation. La guerre, ce n'est pas qu’à l'extérieur, elle est peut-être aussi proche de nous, dans nos familles, dans nos amitiés, avec nos collègues, dans nos communautés. La guerre n'est jamais très loin. Par le refus de toute haine, nous faisons reculer la guerre. Par le dialogue entre les peuples et les religions, c'est pour cela aussi que nous avons voulu créer un groupe interreligieux en Guadeloupe et qui a pris naissance au-delà de la religion catholique pour se retrouver et dire que la religion ne nous sépare pas. Au contraire elle doit nous unir » a tenu aussi à rappeler Mgr Philippe.

Soutenir les victimes et les déplacés

« Il s'agit aussi pour nous ce matin de confier très concrètement au Seigneur, les victimes innocentes de ces conflits, parce que oui il y a beaucoup de victimes innocentes qui n'avaient rien à voir avec tout cela, de confier de même, les responsables politiques parce qu’ils ont la main pour décider, les familles déplacées, les réfugiés. Quand on sait le nombre de réfugiés qu’il y a au Liban par rapport à la population totale du pays, c'est astronomique. Il s’agit enfin pour nous de confier, durant cette Eucharistie, tous ceux qui œuvrent humblement pour la paix, c'est la raison d'être de notre prière ce matin » a indiqué l’évêque de Guadeloupe.

« N'en doutons pas à notre petite île, ce petit point dans l'océan qui paraît si minuscule, de ce qui est petit, de ce qui peut paraître faible par sa taille, peut aussi changer la face du monde. Tournons notre regard vers la Vierge Marie c'est elle que nous avons priée en début de messe, vers Notre-Dame du Liban, Notre-Dame de Guadeloupe afin que notre belle dame protège tous les peuples du Moyen-Orient et qu'elle soutienne ceux qui gardent vivantes l'espérance. Frères et sœurs, que le Christ ressuscité fasse tomber les murs de la haine, qu'il apaise les cœurs blessés et qu’il donne enfin au Liban et au Moyen-Orient le don précieux de la paix. Amen » a conclue Mgr Philippe GUIOUGOU, dans son homélie.

Une communion qui dépasse les frontières

Par cette célébration, l’Église en Guadeloupe a manifesté une communion profonde avec le Liban et l’ensemble du Moyen-Orient. Une manière de rappeler que, même depuis une île des Caraïbes, la prière et la fraternité peuvent porter un message universel de paix.

Vous pouvez revivre intégralement cette messe pour la Paix au Liban et au Moyen Orient, qui était retransmise en direct sur les réseaux sociaux du diocèse, en cliquant sur ce lien. N’hésitez pas à le partager, de même que cet article. Radio Massabielle a également permis à ses auditeurs de suivre cette célébration sur ses antennes, dimanche matin 10 mai 2026.

Le service diocésain de la communication

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