Des pèlerins dominiquais en Guadeloupe : une démarche spirituelle pleine de sens pour toute la Caraïbe


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samedi 9 mai 2026
Diocèse de Guadeloupe

Venus de la Dominique, quarante-huit pèlerins ont parcouru neuf églises de Guadeloupe en une seule journée. À travers cette démarche spirituelle exigeante et profondément enracinée dans la tradition caribéenne, ils témoignent d’une foi vivante et d’un désir d’unité entre les peuples de la région.

Quarante-huit pèlerins de la paroisse Saint Patrick de Grand-Baie, sur l’île de Dominique, étaient en pèlerinage samedi 9 mai 2026 dans le diocèse de Guadeloupe. Arrivée la veille, la délégation venue de l’île sœur du sud de notre archipel avait choisi notre diocèse pour son déplacement annuel intitulé « Nine Church Novena », une démarche spirituelle consistant à parcourir neuf églises en une seule journée de prière et de méditation.

Un signe fort de communion pour l’Église caribéenne

Cette initiative revêt une portée particulière au moment même où les archevêques et évêques des Antilles viennent d’achever leur visite ad limina à Rome auprès du pape Léon XIV. Dans un contexte où l’Église caribéenne réfléchit à la communion entre ses peuples, ce pèlerinage apparaît comme un signe concret de fraternité, d’unité et de foi partagée entre les îles de notre région.

Un parcours spirituel à travers neuf églises

Dès 5 heures du matin, les pèlerins ont entamé leur long parcours à l’église Saint-Louis du Gosier, première étape consacrée aux prières du matin. Leur itinéraire les a ensuite conduits à l’église Saint-Pierre et Saint-Paul pour la méditation des mystères joyeux du Rosaire, puis au Sacré-Cœur de Jésus où étaient proposées des intercessions avec réponses chantées.

Les pèlerins se sont ensuite rendus à l’église Saint-Jean-Baptiste pour un temps d’adoration du Saint-Sacrement, avant de poursuivre vers Notre-Dame de Bon Port où furent récités le chapelet pour la protection ainsi que l’Angelus (Regina Caeli). Une halte durant laquelle, le Père Claver ANANU, curé de la paroisse, a réservé un accueil des plus chaleureux à la délégation.

L’étape suivante les mena à l’église Sainte-Anne de Goyave pour un chemin de croix, suivi d’un moment de convivialité autour du déjeuner.

Dans l’après-midi, le groupe a poursuivi son pèlerinage à l’église Saint-Hyacinthe de Capesterre Belle-Eau où fut médité le chapelet de la Divine Miséricorde. Puis direction la cathédrale Notre-Dame de Guadeloupe pour un temps de louange et d’adoration, avant l’ultime étape à l’église Notre-Dame du Mont Carmel, où les pèlerins ont participé à l’Eucharistie anticipée du sixième dimanche de Pâques.

« Karayib la ansanm » : une foi partagée au-delà des îles

La délégation dominiquaise était conduite par Brancker John, membre de la paroisse Saint-Patrick de Grand-Baie, qui a expliqué le sens profond de cette démarche. « Tou lé lannè nou ka fè on pèlerinage konsa. Nèf légliz adan on sèl jou. Nou ja fè sa an dominik pliziè fwa. Nou fèy Martinik ni dè lanné. Lanné tala nou décidé vini gwadloup. Nou ni fanmi isi. Manman mwen minm ka resté lapwent. Nèf légliz adan on sèl jouné, an anglé nou ka di on novila. Nou ka méné tout’ la priyè an nou, pou fanmi an nou, pou péyi an nou, pou karaïb-là, pou légliz-la. Adan chak légliz nou ka fè on diféran la priyè. Dènié la priyè la sé lanmess o Carmel à Bastè. Gwadloup tou pré Dominik, tou lé lanné nou ni mizik kréyol festival, nou ka fè tout’ kalté bagay, nou ka amisé kô nou, fo nou sa osi vini priyé Dié. Sa nou ka fè la impowtan pou nou, pou tout karayib-la. Sé la priyè ki ké rouvè la pot’ syel, méné bénédiksyon pou nou davwa ni telman bagay ka fèt an lè latè. Moun ka mô, inosan ka mô alos nou ni pou priyé Dié. Karayib la ansanm, Dominik, Gwadloup ansanm nou tout sé fanmi. Nou ka di Bishop an nou mèsi et nou ka di Bishop a zot, Mgr Philippe mèsi »

Un pèlerinage porteur d’espérance pour la région

Dimanche matin 10 mai 2026, la cinquantaine de pèlerins de la Dominique devait participer à une dernière célébration eucharistique à l’église du Gosier avant d’embarquer pour le retour vers Roseau.

Au-delà du simple déplacement religieux, cette initiative témoigne d’une foi vivante enracinée dans la culture caribéenne et d’une volonté de porter dans la prière les familles, les peuples et l’avenir de notre région. Une démarche spirituelle inspirante qui pourrait trouver un écho dans bien des communautés de Guadeloupe.

Thierry FUNDERE (Avec Luiguy FOUMANN)

 

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