Visite Ad-Limina : En union de prière avec Mgr Philippe au Vatican


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mercredi 29 avril 2026
Diocèse de Guadeloupe

Mgr Philippe GUIOUGOU évêque de Guadeloupe a entamé lundi 27 avril avec ses collègues de la Conférence Episcopale des Antilles, la visite Ad-Limina des Pasteurs de l’Eglise catholique de notre région, au Vatican. Ce déplacement s’achèvera le 2 mai, avec comme point d’orgue, la rencontre des évêques avec le pape Léon XIV.

Durant toute cette semaine de visite Ad-Limina, nos évêques des Antilles devaient faire le tour des grands services de la Curie romaine à la Cité du Vatican. Lundi ils se sont rendus auprès du Dicastère pour les laïcs et les familles, puis de la Commission Amérique Latine, avant d’être reçu par le Dicastère pour la cause des saints, puis celui dédié à la Communication, et enfin Le Dicastère chargé du dialogue interreligieux. 

La journée du mardi 28 avril a débuté par la célébration de la Sainte Messe à la Basilique de Latran. Ensuite, le programme prévoyait des séances de travail avec les Dicastères suivants : Culture et Education, Culte Divin et Discipline Sacramentelle, Clergé, Promotion de l’unité des chrétiens.

Un programme très dense

Cette tournée des Dicastères s’est poursuivie mercredi 29 avril. Là, les évêques ont échangé avec ceux en charge respectivement des instituts de Vie Consacrée et des Sociétés de Vie Apostolique, de la Doctrine de la Foi, de l’Evangélisation. Une séance de travail était prévue aussi avec la Commission Pontificale pour la protection des mineurs, avant la célébration de la Sainte-Messe en fin de journée à la Basilique Saint-Paul.

Le clou de la visite sera le jeudi 30 avril, avec la messe à la Basilique Saint-Pierre suivie de l’Audience avec le Saint-Père. Un grand moment en perspective pour notre évêque Mgr Philippe GUIOUGOU et ses confrères de la Conférence Episcopale des Antilles qui s'entretiendront ainsi pour la première fois avec le pape Léon XIV depuis son élection. L’après-midi de cette journée du jeudi sera destinée au Dicastère pour le service du développement humain intégral, le Secrétariat d’Etat. 

Le programme du 1er mai est allégé, jour férié oblige, avec comme seul rendez-vous à l’agenda, la Messe à la Basilique Santa Maria Maggiore.

Des demandes présentées au Vatican par nos évêques des Antilles

La visite Ad-Limina des évêques des Antilles s’achèvera le samedi 2 mai par une rencontre avec le Tribunal suprême de la Signature apostolique et le Secrétariat général du Synode. Durant ce déplacement, Mgr Philippe GUIOUGOU, évêque de Guadeloupe devrait soumettre au Vatican une demande visant à ériger l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, à Pointe-à-Pitre, comme co-cathédrale de notre diocèse. Affaire à suivre.

Lors de la rencontre des évêques avec le Dicastère pour la cause des saints, Mgr Charles Jason Gordon, Président de la Conférence Episcopale des Antilles a présenté un point d’étape sur la Cause du Serviteur de Dieu, Anthony Pantin, premier archevêque local de Port of Spain et pasteur bien-aimé de l’Église des Caraïbes, dont la procédure de demande de sa béatification et de sa canonisation a officiellement débuté en 2013 (Voir ci-dessous le texte intégral de son allocution).

Thierry FUNDERE, service diocésain de la communication (Avec la Conférence Episcopale des Antilles)

POUR ALLER PLUS LOIN

L’allocution de Mgr Charles Jason Gordon, Président, Conférence épiscopale des Antilles, à l’adresse du Préfet du Dicastère pour les Causes des Saints, à l’occasion de la visite Ad Limina des évêques à Rome, du 27 avril au 2 mai 2026.

Votre Éminence,

Nous sommes les évêques de la Conférence épiscopale des Antilles :

PROVINCE DE PORT OF SPAIN :
Archevêque Charles Jason Gordon, Port of Spain, Trinité-et-Tobago & Administrateur apostolique de Willemstad, Curaçao, Président
Évêque Francis Alleyne, Georgetown, Guyana
Évêque Karel Choennie, Paramaribo, Suriname
Évêque Neil Scantlebury, Bridgetown, Barbade

PROVINCE DE CASTRIES :
Archevêque Gabriel Malzaire, Castries, Sainte-Lucie
Évêque Robert Llanos, Saint John’s-Basseterre, Trésorier de la Conférence
Évêque Clyde Harvey, Saint George’s, Grenade
Évêque Gerard County, Kingstown, Saint-Vincent-et-les-Grenadines
Évêque Kenderick Forbes, Roseau, Dominique

PROVINCE DE NASSAU :
Archevêque Patrick Pinder, Nassau, Bahamas
Évêque Wieslaw Spiewak, Hamilton, Bermudes

PROVINCE DE KINGSTON :
Archevêque Kenneth Richards, Kingston, Jamaïque
Évêque John D. Persaud, Mandeville & Administrateur apostolique de Montego Bay, Jamaïque, Vice-président
P. Jordan Gongora, Administrateur diocésain, Belize City & Belmopan, Belize

PROVINCE DE FORT-DE-FRANCE & SAINT-PIERRE :
Archevêque David Macaire, O.P., Fort-de-France & Saint-Pierre, Martinique
Évêque Philippe Guiougou, Basse-Terre et Pointe-à-Pitre, Guadeloupe
Évêque Alain Ransay, Cayenne, Guyane française

Je vous salue avec un respect fraternel et une profonde gratitude au nom des évêques de la Conférence épiscopale des Antilles, réunis ici à l’occasion de notre visite Ad Limina. Je vous remercie pour votre service attentif à l’Église, dans le discernement, avec grand soin, des témoins authentiques de sainteté que Dieu suscite en tout temps et en tout lieu. C’est dans cet esprit que je souhaite vous présenter un point d’étape sur la Cause du Serviteur de Dieu, Anthony Pantin, premier archevêque local de Port of Spain et pasteur bien-aimé de l’Église des Caraïbes.

L’archevêque Pantin est né le 27 août 1929 à Port of Spain, à Trinité, deuxième d’une famille de dix enfants. Dès sa jeunesse, se manifestaient clairement un profond amour de Dieu et une conscience vocationnelle à la fois discrète et ferme. À l’âge de dix-sept ans, il discerna son appel au sacerdoce et entra en formation chez les Pères du Saint-Esprit, pour être finalement ordonné prêtre en 1955. Son ministère initial, que ce soit dans la formation des séminaristes, l’éducation ou la pastorale, révéla un prêtre discipliné, humble et animé d’un zèle missionnaire.

En 1968, il fut consacré premier archevêque local de Port of Spain, choisissant comme devise épiscopale la formule paulinienne : Omnia omnibus, « Tout à tous ». Ce n’était pas un slogan, mais une réalité vécue. Il devint, pour le peuple de Trinité-et-Tobago et de toute la Caraïbe, un pasteur incarnant la disponibilité, la simplicité et une profonde confiance dans la Providence divine. Il était connu pour attendre l’accomplissement de la volonté de Dieu plutôt que de s’empresser d’imposer son propre jugement — une attitude qui a façonné la croissance des communautés ecclésiales sous sa conduite.

La Cause de sa béatification et de sa canonisation a officiellement débuté en 2013, à la suite d’une réputation de sainteté forte et durable parmi les fidèles. Le nihil obstat a été accordé en 2014, et depuis lors, l’enquête diocésaine a progressé avec diligence et soin. Le tribunal a mené plus de 55 entretiens, recueillant des témoignages qui convergent vers une vie de vertus héroïques.

Nous avons entrepris un vaste travail de documentation : examen de tous ses écrits, collecte de ce qui a été écrit à son sujet, et conservation des témoignages tant de son vivant qu’après sa mort. La Commission historique a achevé ses travaux, et des censeurs théologiens ont examiné ses écrits. Le Secrétariat a également recueilli de nombreux récits de faveurs et de grâces obtenues par son intercession, renforçant encore le sentiment de sa présence spirituelle durable parmi le peuple.

Au-delà des procédures formelles, je souhaite évoquer brièvement l’homme tel qu’il demeure dans le cœur de nos fidèles. L’archevêque Pantin était un confesseur profondément attaché à la vie sacramentelle de l’Église. Il se rendait disponible pour la confession avec une régularité remarquable, offrant un accompagnement spirituel à d’innombrables fidèles. Sa dévotion à la Vierge Marie occupait une place centrale dans sa spiritualité, et sous sa direction, le sanctuaire national de Notre-Dame de Laventille a prospéré comme lieu de pèlerinage et d’espérance.

Il possédait une humilité rare et un sens de l’humour désarmant, qui le rendaient accessible à tous — des plus pauvres et marginalisés aux responsables politiques. Il portait une attention particulière aux personnes en périphérie de la société, notamment les prisonniers et les pauvres, qu’il servait non seulement à travers des institutions mais aussi personnellement. Sa vie témoignait d’une conviction profonde : l’Évangile doit être vécu concrètement parmi les plus petits.

Il fut également un pasteur courageux en temps de bouleversements sociaux. Lors de périodes d’agitation politique, notamment durant le mouvement Black Power et la tentative de coup d’État à Trinité-et-Tobago, sa voix fut celle du calme, de la foi et d’une clarté prophétique. Il consacra la nation à la Vierge Marie, confiant le peuple à sa sollicitude maternelle. Ses chroniques hebdomadaires dans le Catholic News témoignaient à la fois d’une profondeur intellectuelle et d’une grande sensibilité pastorale, abordant avec clarté et conviction les questions et les difficultés des fidèles.

Votre Éminence, le cheminement de cette Cause n’a pas été sans défis. Les changements dans la direction ecclésiale, les ajustements au sein du tribunal et les perturbations causées par la pandémie de COVID-19 ont tous exigé patience et persévérance. Pourtant, à travers tout cela, nous avons fait l’expérience de ce que l’on peut seulement décrire comme la conduite providentielle de Dieu. Ceux qui sont chargés de cette Cause ont eux-mêmes affronté des épreuves personnelles — problèmes de santé, charges familiales et ressources limitées — mais ils sont restés fidèles, soutenus par la prière et un sens partagé de la mission.

À ce stade, nous approchons de l’achèvement de l’enquête diocésaine. Les dernières sessions sont prévues dans les mois à venir, après quoi la documentation sera finalisée, reliée et préparée pour transmission. Bien qu’il soit difficile de fixer un calendrier précis, nous espérons parvenir à la clôture formelle de cette phase dans un délai de six mois.

Nous sommes profondément reconnaissants pour le soutien et les orientations reçus de la part de ceux qui sont expérimentés dans cette œuvre sacrée, notamment grâce à la collaboration avec le Postulateur général des Spiritains et aux consultations menées avec les responsables de votre Dicastère. Cela a permis à la Cause de progresser avec la rigueur et la fidélité requises par l’Église.

Sur un plan plus personnel, beaucoup d’entre nous engagés dans ce processus ont éprouvé un profond sentiment de la proximité de l’archevêque Pantin. C’est comme s’il marchait à nos côtés, encourageant et bénissant discrètement notre travail. Cette intuition spirituelle, bien qu’elle ne constitue pas une preuve formelle, rejoint profondément le sensus fidelium qui a donné naissance à cette Cause.

Votre Éminence, l’Église dans la Caraïbe est jeune à bien des égards, mais riche de foi et de résilience. Le témoignage de l’archevêque Pantin se présente comme un exemple lumineux de sainteté inculturée — un pasteur qui a incarné l’Évangile dans le contexte social, culturel et historique propre à notre région. Sa vie parle non seulement à notre peuple, mais à l’Église universelle : une vie de confiance en Dieu, de service humble, de dévotion mariale et de courage pastoral.

Nous recommandons cette Cause à votre prière et à votre discernement, et sollicitons la poursuite de votre accompagnement. Nous demandons que l’Église puisse, en temps voulu, reconnaître officiellement ce que les fidèles croient déjà : que dans la vie du Serviteur de Dieu Anthony Pantin, nous voyons un véritable témoin de la sainteté à laquelle tous sont appelés.

Avec gratitude pour votre service et en vous assurant de nos prières, je vous prie d’agréer, Votre Éminence, l’expression de ma profonde reconnaissance.

Charles Jason Gordon
Président, Conférence épiscopale des Antilles

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