Le Carême est un chemin de joie, d’amour et d’espérance. Dans notre montée vers Pâques, nous célébrons aujourd’hui ce cinquième et dernier dimanche du temps quadragésimal. Les textes de ce jour nous laissent déjà entrevoir la lumière pascale : la victoire éclatante de la vie sur la mort. La résurrection de Lazare demeure, en ce sens, le « miracle des miracles », le signe suprême de la puissance divine et la merveille des merveilles.
L'espérance qui redonne vie
Dans la première lecture, le Seigneur accomplit la promesse faite à Israël par le prophète Ézéchiel. Alors que le peuple, exilé et meurtri, sombre dans le désespoir, la parole prophétique vient raviver la flamme de l'espérance. En ramenant son peuple vers la terre d’Israël, Dieu manifeste déjà le triomphe de la vie. À travers ce récit, nous comprenons que le salut n'est plus l'apanage d'un seul peuple, mais qu'il est offert à tout homme qui accepte d'ouvrir son cœur à l’Esprit Saint.
L'appel à sortir de nos tombeaux
En rappelant Lazare à la vie, Jésus manifeste son autorité absolue sur la mort. Cet Évangile n'est pas qu'un récit historique ; il est l'annonce prophétique de la propre Résurrection de Jésus et de la nôtre. C'est avec cette autorité souveraine que le Christ déclare : « Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ».
Face à cette promesse, la réponse de Marthe — « Oui, Seigneur, je crois » — doit devenir la nôtre. Car, au-delà de Lazare, c’est l’humanité tout entière que le Christ vient délivrer. Nous portons tous en nous des zones d'ombre, des "tombeaux" faits d'égoïsme, d'indifférence, de péché ou de manque d’amour. À chacun de nous, le Seigneur crie aujourd'hui avec force : « Viens dehors ! ».
Une mission de libération
Sortir de ce qui nous entrave, c'est choisir de faire la volonté de Dieu et d'entrer dans une vie nouvelle. Ce Carême nous invite à un passage : devenir plus justes, plus solidaires, plus ouverts à Dieu et à nos frères. Avec le Christ, nous pouvons triompher de nos peurs et retrouver le courage de repartir de l'avant. Ressusciter avec Lui est un effort de chaque instant.
Aujourd’hui, le Christ compte sur nous pour poursuivre cette œuvre de libération. Tant de nos frères et sœurs vivent comme "enfermés" : opprimés par la précarité, le chômage, la faim ou la maladie. Le Seigneur veut ouvrir ces tombeaux, mais il a besoin de nos mains, de nos yeux et de nos cœurs. Les bandelettes qui entravaient Lazare symbolisent notre froideur et nos replis sur soi ; Jésus veut nous en délier pour nous rendre à la liberté.
En appelant Lazare par son nom, Jésus s'adresse personnellement à chacun de nous. Avec Lui, la mort n'a jamais le dernier mot ; elle devient un passage, une porte ouverte sur l'éternité. En ce jour, faisons nôtre la profession de foi de Marthe : « Je crois, Seigneur ; tu es le Fils de Dieu qui vient sauver le monde. »
Père Roland KINKOUNI,
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