A Prise d’Eau : Les catéchumènes adultes de l’ensemble du diocèse ont vécu leur appel décisif


Informations

dimanche 22 février 2026
Diocèse de Guadeloupe

Dimanche 22 février 2026, premier dimanche de Carême a eu lieu, à la paroisse de Prise d’Eau, à Petit-Bourg, l’appel décisif des catéchumènes adultes, qui demandent à être baptisés. Cette année dans le diocèse ils sont 49. Les catéchumènes ados (collégiens et lycéens) vivront cette étape, samedi prochain 28 février, à la Chapelle de Pointe d’Or, aux Abymes. Ils cheminent tous dans des équipes de catéchuménat en paroisses depuis environ 18 mois et témoignent, par leur démarche, de leur rencontre avec le Christ.

Ils étaient donc 49 catéchumènes adultes dimanche matin 22 février 2026, à la salle paroissiale de Prise d’Eau, à Petit-Bourg, où rendez-vous leur avait été donné dès 8h30, pour une journée de récollection qui s’est achevée par leur Appel décisif. 49 adultes qui ont demandé le baptême cette année, c’est 3 de plus que l’an dernier où ce chiffre progressait de 25% par rapport à l’année précédente. Depuis 2024 donc, le nombre de catéchumènes adultes au sein de notre diocèse de Guadeloupe maintient sa dynamique. Rappelons que cette célébration marque une étape sur le chemin catéchuménal de ces futurs chrétiens : ils sont désormais admis à recevoir les sacrements de l’initiation chrétienne aux prochaines fêtes de Pâques.

Chaque année, un nombre de plus en plus élevé d’adultes demande le baptême, et on observe le même phénomène chez les jeunes et adolescents, Lors de cette célébration dite de l’« Appel décisif », chacun de ceux qui vont être baptisés à Pâques a donc été appelé par Mgr Philippe GUIOUGOU, évêque de Guadeloupe. À l’appel de son nom, le catéchumène s’avance et reçoit une étole violette avant d’écrire son identité sur un registre. Cette liturgie rappelle en fait que le Seigneur appelle chacun par son nom (Is 43, 1). Elle permet aussi à chacun de signifier devant toute l’assemblée sa ferme résolution d’être baptisé et invite à mieux prendre conscience que l’Église est un corps, qui appelle de nouveaux membres et les accueille.

Le temps de l’ultime préparation aux sacrements de Pâque

Ce 1er dimanche de Carême donc, à l’instar de tous les diocèses, l’évêque a appelé publiquement par leur nom les catéchumènes adultes et les a invités à répondre personnellement à cet appel. Ils sont ainsi entrés dans ce temps de carême, soutenus par leur communauté, car c’est l’Eglise toute entière qui chemine avec eux vers Pâques à la rencontre du Christ ressuscité. Mais ce temps est aussi pour nous baptisés, un temps où nous pouvons reprendre à notre compte les questions posées dans ce rite de l’appel décisif : sommes-nous, nous aussi fidèles à l’écoute de la parole de Dieu annoncée par l’Eglise ? Vivons-nous dans la présence de Dieu en gardant cette Parole ? Participons-nous à la vie fraternelle et aux prières ? Autant de questions qui peuvent nous permettre chaque jour de répondre, chacun à notre manière : « me voici » (Is 6, 8). Le Carême est par conséquent le temps de l’ultime préparation aux sacrements de Pâques, où les catéchumènes vivent, chacun dans leur paroisse, trois rites pénitentiels que l’on appelle « scrutins ». Le mot évoque le discernement entre la lumière et les ténèbres. Les « appelés » sont invités à la conversion, à se tourner vers le Seigneur pour se voir à sa lumière.

L’appel décisif des adultes du diocèse de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre a donc eu lieu dimanche 22 février à 15h à l’église Sainte-Thérèse de Prise d’Eau, à Petit-Bourg, sous la présidence de l’évêque, Mgr Philippe GUIOUGOU. Celui des adolescents se déroulera le samedi 28 février prochain, au terme d’une récollection identique dans le format c’est-à-dire toute la journée, avec toutefois, des temps d’activités différents. Là aussi sous la présidence de Mgr Philippe.  Ensuite, les scrutins se dérouleront le troisième, quatrième et cinquième dimanche de Carême. Nos communautés sont invitées à porter dans la prière ces catéchumènes pendant tout le temps du carême puis tout le temps pascal jusqu’à la Pentecôte, une fois qu’ils seront devenus néophytes par leur baptême.

Le service diocésain de la communication

POUR ALLER PLUS LOIN

[DOSSIER] - LE SENS DES SCRUTINS DES CATECHUMENES VECUS AU COURS DU CAREME

Les scrutins des catéchumènes sont célébrés les 3e, 4e et 5e dimanches de Carême. Ils sont liés aux trois évangiles que nous entendons lors de l’Année liturgique A, c’est-à-dire l’année saint Matthieu : la Samaritaine (Jn 4), l’aveugle de naissance (Jn 9) et la résurrection de Lazare (Jn 11). Nous voyons se dessiner une progression. Jésus eau vive du salut, lumière du salut, vie en plénitude. Les scrutins sont le dévoilement en Jésus-Christ de la puissance de salut qui opère pleinement dans le baptême, la confirmation et l’eucharistie, sacrements que les catéchumènes vont recevoir dans la grande Vigile pascale, au terme du Carême. Vivre les scrutins en paroisse, en Église, c’est signifier que l’Église se reçoit toujours de son Seigneur. Il est notre source d’eau vive, notre lumière et notre vie. « Je suis le chemin, la vérité, la vie » dit Jésus à ses disciples, la veille de sa Passion (Jn 14, 6).

Les scrutins sont répétés car notre cœur est lent à croire et à se convertir à la grâce qui nous est faite. Les scrutins sont répétés car Dieu est patient, fidèle et miséricordieux. Les scrutins sont répétés trois fois, pour que nous découvrions que nous sommes toujours interrogés, à l’intérieur de nous-mêmes par notre conscience, notre cœur : quel choix de vie dois-je faire aujourd’hui, pour accueillir toujours mieux l’eau vive, la lumière véritable, la vie qui vient de Dieu ?  Les catéchumènes, approchant du point d’orgue de leur initiation chrétienne, la vigile pascale, ont donc besoin d’une proximité spécifique durant les dernières semaines de leur cheminement catéchuménal.

Purification et illumination

La dynamique liturgique, toute tendue vers les sacrements du Christ et le don de l’Esprit, mais aussi vers la renaissance des catéchumènes comme « êtres nouveaux » dans le Christ, est d’ailleurs bien signifiée par l’intitulé de cette période : « le temps de la purification et de l’illumination, et ses rites ». « Illumination » et « purification », deux mots forts dont les scrutins sont les rites principaux, rites permettant aux catéchumènes de se préparer et de s’ajuster intérieurement à la plongée dans la mort et la résurrection du Christ et à la réception de la lumière lors de la vigile pascale.

L’importance de ces étapes liturgiques et de ce qu’elles proposent n’est pas toujours bien perçue. Le mot « scrutin » lui-même rebute parfois les accompagnateurs et les membres des communautés chrétiennes. Il vient du latin scrutinium qui a comme sens « action de fouiller », « action de visiter ». Le verbe « scruter » a quelques occurrences dans la Bible. Par exemple : « Scrute-moi, mon Dieu, tu sauras ma pensée ; éprouve-moi, tu connaîtras mon cœur. » (Ps 138, 23). « Moi, le Seigneur, qui pénètre les cœurs et qui scrute les reins, afin de rendre à chacun selon ses actes, selon les fruits qu’il porte. » (Jr 17, 10). La visée du scrutin est ainsi de mettre à jour, « ce qu’il y a de faible, de malade et de mauvais, pour le guérir, et ce qu’il y a de bien, de bon et de saint, pour l’affermir » dans le cœur des catéchumènes. L’intimité prend alors une grande place : « Il est demandé aux futurs baptisés d’avoir le désir de parvenir à une connaissance intime du Christ et de l’Eglise et (…) de ce qu’ils sont devant Dieu. »

De l’importance de la prière d’exorcisme durant les scrutins

Les scrutins sont au cœur de la démarche des futurs baptisés, à ce moment favorable de leur cheminement, parce qu’ils leur permettent de se placer en vérité devant le Christ. Mais cette mise en questionnement de l’intime n’est pas pure introspection. S’il s’agit de « creuser » en soi-même, de se laisser « fouiller » par la parole de Dieu et par le Christ, c’est pour « faire sortir » ce qui empêche de laisser place en soi aux autres et à l’Autre. La prière est ainsi une prière d’exorcisme qui est en fait un rite très ancien « destiné à délivrer la personne de l’influence du Mauvais et à l’ouvrir à la grâce du Christ ». Certaines paroles des prières d’exorcisme passent difficilement aujourd’hui. Or, s’il s’agit d’être arraché à « toute erreur », à l' « esclavage par le père du mensonge », des « pièges du démon », de la « puissance du Mauvais », c’est pour mieux « convertir son cœur », « s’enraciner dans la vérité », « jouir de la lumière de Dieu », « rester toujours fils de lumière », participer à la gloire de la Résurrection, aller vers « le festin de la vie ».

Les futurs baptisés, eux, ne sont pas gênés par ces évocations. Ils comprennent de manière presque intuitive ce que représente la figure énigmatique du mal que ces prières suggèrent car ils savent ce que représentent comme résistance à la lumière certaines illusions, tentations, séductions … Les prières d’exorcisme les rejoignent davantage qu’on ne penserait spontanément car, si elles n’hésitent pas à les mettre en face du mal, c’est pour les encourager à faire appel à Dieu qui peut les en libérer. Les mots « purification » et « illumination » prennent alors tout leur sens, puisqu’il s’agit de passer des ténèbres à la lumière. Le rôle des scrutins ne doit donc pas être négligé comme préparation pénitentielle au baptême et comme soutien spirituel aux catéchumènes.

Tous appelés à se préparer avec eux, à l’aspersion de Pâques

Les scrutins mettent en œuvre une liturgie simple et dépouillée où la prière prend la première place. D’abord une prière silencieuse de l’assemblée et des catéchumènes qui se sont inclinés ou agenouillés. Suit une prière litanique, les parrains et marraines posant la main droite sur l’épaule de leurs filleuls. Puis une prière d’exorcisme, lors de laquelle les gestes du célébrant sont signifiants : mains jointes pendant la prière à Dieu, puis imposition de la main en silence sur chaque catéchumène, puis les mains étendues sur tous les catéchumènes pendant la prière d’exorcisme adressée à Jésus avec invocation de l’Esprit Saint. La force de ces gestes et de cette prière au Dieu trinitaire - au nom duquel les catéchumènes seront bientôt baptisés -, leur fait prendre conscience que, malgré toutes les inquiétudes et leurs appréhensions, avancer sera toujours possible car ce n’est pas à la force du poignet qu’ils deviennent chrétiens, mais par la force de l’Esprit Saint. Les accompagnateurs et l’assemblée ne restent pas spectateurs, ils sont alors eux-mêmes initiés, se préparant à l’aspersion de Pâques.

Le service diocésain de la communication (avec les ressources de la CEF)

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