La communauté libanaise a fêté saint Maroun, son père fondateur


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jeudi 12 février 2026
Diocèse de Guadeloupe

Dimanche 8 février 2026, c’était jour de fête à la chapelle Saint Charbel située au CPSO, aux Abymes. La paroisse maronite catholique de notre diocèse qui y est installée, a célébré avec joie son père fondateur, saint Maroun, devant une foule de fidèles. C’est le Père Georges CHAMOUN, curé de cette communauté qui présida l’office, en présence de plusieurs prêtres du diocèse, dont Père Gérard FOUCAN, le vicaire général, qui représentait l’évêque.

La communauté maronite libanaise était donc en fête dimanche 8 février 2026, en fin de matinée, à la chapelle saint Charbel, au centre pastoral Siméon OUALLI (CPSO), à Petit-Pérou, Abymes. Les travaux de rénovation de ce lieu de culte sont maintenant terminés grâce au soutien appuyé des fidèles. Il restait en effet la réfection du parvis et la peinture extérieure, pour achever cette réhabilitation réussie. La fête, dans ces conditions, ne pouvait être que magnifique. Et ce fut le cas.

A l’instar de toutes les messes célébrées dans cette église, c’est bien tout le peuple de Dieu qui était rassemblé. La chapelle est fréquentée en effet par les fidèles issus de toutes les composantes de notre population. Des frères et sœurs des paroisses environnantes et même plus lointaines qui viennent régulièrement assister à ces célébrations suivant le rite catholique maronite.

Précisons qu’une messe en rite maronite est une célébration liturgique chrétienne pratiquée par l’Église maronite, qui fait partie de l’Église catholique orientale. Le rite maronite est un des rites antiques qui a ses racines au Liban et dans les régions avoisinantes. Il se distingue par ses traditions liturgiques, ses prières et ses chants, tout en restant fidèle à la doctrine catholique.

Saint Maroun, qui était donc fêté par la communauté libanaise de Guadeloupe, dimanche 8 février, est le saint fondateur de l’Eglise est maronite. Il est célébré chaque année au Liban le 9 février, un jour férié national. Cette journée revêt une importance particulière pour les Libanais, en particulier pour la communauté maronite, dont l'histoire est intrinsèquement liée à celle du pays. Dans son mot d’accueil et d’introduction, le Père Georges CHAMOUN, curé de cette paroisse Saint Charbel précisa en préambule qu’il ne s’agissait pas en cette fête de saint Maroun, de la célébration d’un saint parmi d’autres. « Aujourd’hui, nous célébrons Saint Maron, le père de l’Église maronite : un homme autour duquel — et c’est un fait unique dans l’histoire du christianisme — toute une Église s’est construite, l’Église maronite, qui, au fil des siècles et après de nombreuses persécutions, a trouvé dans les montagnes du Liban le siège de son patriarcat, au point que leurs noms sont devenus indissociables ».

Les maronites de Guadeloupe sont des catholiques bien ancrés dans le pays

Et le Père CHAMOUN d’ajouter que « L’Église maronite repose sur cinq piliers essentiels qui façonnent son identité. Je vais simplement les rappeler : ce sera la seule référence historique que je ferai au cours de cette célébration. Elle est d’abord antiochienne par ses racines apostoliques : Antioche fut l’une des grandes villes fondatrices du christianisme, aux côtés de Rome, Constantinople et Alexandrie, et notre patriarche porte toujours le titre de patriarche d’Antioche et de tout l’Orient. Elle est catholique par sa pleine communion avec l’Église de Rome, vécue dès ses origines sans jamais renoncer à son identité propre. Les papes eux-mêmes l’ont reconnu : cette Église, enracinée dans une terre et ouverte au monde, porte une mission qui dépasse les frontières. Elle est également chalcédonienne, fidèle à la foi de l’Église indivise. Elle est syriaque par sa langue et sa spiritualité : une langue issue de l’araméen, la langue même de Jésus, qui façonne une foi priée avant d’être expliquée. Elle est monastique par son origine et par son esprit, née de la vie d’un moine, marquée par la prière, l’ascèse et la liberté intérieure. Enfin, elle est missionnaire par vocation, appelée à témoigner de l’Évangile partout où ses fidèles sont envoyés ».  

« Aujourd’hui, à l’occasion de la fête de Saint Maron, nous prions pour que l’esprit de son fondateur, son charisme et sa fidélité au Christ demeurent vivants dans la vie de son peuple, au Liban, dans la diaspora, et partout où l’Église maronite est appelée à témoigner. Cette célébration sera vécue en arabe, en français et en syriaque, et cette année, elle portera une saveur particulière, puisque plusieurs intentions et chants seront également en créole » a terminé le Père Georges, avant d’inviter chacun à se lever pour entrer dans cette Eucharistie.

Saint Maroun, une vie radicalement tournée vers Dieu

Pour cette célébration particulière, c’est l’Evangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 12,24) qui fut retenu, « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ». Ce n’est pas par hasard que l’Eglise maronite a choisi pour cette fête ce passage évangélique de saint Jean a insisté Père CHAMOUN dans son homélie. « C’est parce qu’il reflète profondément la vie de Saint Maron. Jésus nous offre une parole difficile, profondément exigeante, mais pleinement vivable. Et il ajoute : mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. En prononçant ces paroles, Jésus parle de la croix, de l’heure de vérité, de l’heure de la gloire, cette heure où l’amour se donne jusqu’au bout. Cette parole n’est pas une image poétique. Elle exprime une loi spirituelle, une manière de vivre, et même une manière d’aimer. C’est ainsi que Jésus lui-même a vécu.  Et c’est dans cette même logique que se sont inscrits Saint Maron, Saint Charbel, et tant d’autres saints du Liban : des vies offertes, souvent cachées, silencieuses, mais devenues profondément fécondes parce qu’elles ont choisi de suivre le Christ jusqu’au don total, en accomplissant la volonté de Dieu le Père, et leur vie est devenue source de vie pour une multitude. Or, dans l’histoire de l’Église, tous les grains de blé n’ont pas fait ce choix. Beaucoup ont préféré rester seuls, se protéger, préserver leur place ou leur sécurité. Ils ont voulu croire, mais sans trop se donner ; suivre Dieu, mais sans risquer leur vie. Et bien souvent, leur histoire s’est arrêtée avec eux. Et, avec eux, c’est une part de la grande histoire de la vie chrétienne qui s’est interrompue. En voulant tout préserver, ils ont fini par tout perdre ».

Face aux persécutions, à l’exil, à la pauvreté, les Maronites n’ont pas cédé, n’ont pas négocié l’essentiel, et surtout n’ont jamais répondu par la violence ou par la haine. Ils ont répondu par la fidélité au Christ, Jésus, le Maître de leur maître

« Aujourd’hui, je voudrais parler de Saint Maron, ce petit grain de blé qui a fait un autre choix. Il a choisi une vie entièrement tournée vers Dieu, simple, mais radicale. Il a quitté la ville de Qorosh pour se retirer dans la montagne et embrasser la vie monastique. Et cette manière de vivre, authentique et évangélique, n’est pas restée sans fruit : elle a d’abord attiré des disciples, prêts à donner leur vie pour la fidélité de la foi, puis, peu à peu, tout un peuple a choisi d’embrasser ce mode de vie. C’est pour cela que les villages maronites au Liban se sont construits autour des monastères, et c’est ainsi qu’est née, dans l’histoire de l’Église, cette belle réalité : un peuple rassemblé autour d’une expérience monastique. Oui, nous sommes un peuple à l’âme monastique. Ce que je voudrais vous dire aujourd’hui, chers fidèles, est simple : cette manière de vivre, ce chemin, cette orientation concrète de la vie, ne doit pas s’arrêter. Elle est devenue notre héritage, que nous voulons garder vivant et transmettre — le transmettre à nos enfants et le transmettre au monde entier. Car c’est là que se trouve le trésor » a poursuivi le curé de la paroisse Saint-Charbel de Guadeloupe.

Une résistance spirituelle enracinée dans la foi

« Mais alors, en quoi se reconnaît cette manière de vivre ? » a questionné Père Georges CHAMOUN. « C’est d’abord une résistance spirituelle, enracinée dans la foi. Face aux persécutions, à l’exil, à la pauvreté, les Maronites n’ont pas cédé, n’ont pas négocié l’essentiel, et surtout n’ont jamais répondu par la violence ou par la haine. Ils ont répondu par la fidélité au Christ, Jésus, le Maître de leur maître. Ils ont tenu bon intérieurement, préférant parfois perdre leurs biens, leur sécurité ou leur confort, plutôt que de perdre leur foi. Cette résistance s’est toujours accompagnée d’une ouverture réelle envers d’autres cultures et d’autres spiritualités, mais sans renoncement à l’essentiel. Vivre avec l’autre, dialoguer, coexister, sans jamais ne se diluer ni abandonner le cœur de la foi, tout en gardant la langue, la liturgie et la manière propre de prier et de croire. C’est ainsi qu’est née cette belle tension spirituelle faite de racines profondes et d’ailes ouvertes. Des racines plongées dans la prière, dans la liturgie syriaque, dans la mémoire des moines et des martyrs, enracinées dans les montagnes libanaises comme le cèdre profondément planté dans la terre. Et des ailes capables de porter la foi dans la diaspora, dans d’autres cultures, sans jamais perdre l’âme » a-t-il expliqué.

Une spiritualité capable de répondre aux défis de chaque époque sans jamais trahir son âme

« À cela s’ajoute une liberté intérieure profonde : la liberté de ne pas être prisonnier de la peur, ni du pouvoir, ni du regard des autres. La liberté de pouvoir perdre beaucoup sans perdre l’essentiel. Car, comme le dit l’Évangile, c’est le Christ qui nous a libérés. Enfin, cette spiritualité s’est toujours exprimée à travers une fidélité créative : fidèle à l’Évangile et à l’Église, mais capable de répondre aux défis de chaque époque sans jamais trahir son âme. Voilà quelques traits de l’héritage spirituel que Saint Maron nous a laissé : un héritage vivant, un héritage fécond, un héritage qui ne demande qu’à être vécu. Chacun de nous est un grain de blé, porteur d’une vie, d’une foi, d’une mission. Et une question simple, mais décisive, nous est posée aujourd’hui : voulons-nous rester un grain de blé solitaire, protégé, préservé, dont cette grande histoire s’arrête avec lui ? Ou bien voulons-nous entrer dans la logique de Jésus, dans la logique de Saint Maron, dans la logique de Saint Charbel, et accepter de nous donner, de faire confiance à Dieu, pour que la vie passe à travers nous ? Car, dans l’Évangile, mourir ne signifie pas disparaître. Cela signifie laisser Dieu agir. Cela signifie accepter que notre foi ne soit pas seulement vécue et gardée, mais transmise. En célébrant aujourd’hui Saint Maron, demandons la grâce de ne pas garder la foi pour nous-mêmes, mais de devenir, à notre tour, des grains de blé féconds, là où le Seigneur nous a placés. Que Saint Maron intercède pour nous tous » a conclu le Père Georges CHAMOUN.

L’évêque de Guadeloupe, Mgr Philippe GUIOUGOU, qui célébrait à la même heure, la messe du dimanche de la santé à la chapelle du CHU, était donc représenté à cette Eucharistie par son vicaire général, le Père Gérard FOUCAN, également curé de Saint-Pierre et Saint-Paul. Mais le Pasteur de notre diocèse qui avait enregistré en amont un message vidéo à l’attention de la communauté libanaise – message diffusé durant la messe -, a pris part ensuite, comme cela était prévu, au temps de partage organisé en toute convivialité dans les jardins du CPSO. Plusieurs prêtres du Doyenné ont également pris part à cette célébration solennelle. A noter enfin que l’association des cuisinières de Guadeloupe, a tenu à témoigner de sa proximité lors de cette fête de saint Maroun, avec la communauté maronite de notre diocèse, dont l’ancrage populaire à Pointe-à-Pitre et Basse-Terre, depuis plusieurs générations, fait merveilleusement écho à la devise épiscopale de notre évêque : « Que tous soient un ».

Le service diocésain de la communication (Avec la paroisse Saint Charbel de Guadeloupe, au CPSO)

POUR EN SAVOIR PLUS

Les jours et horaires des célébrations maronites à la chapelle Saint Charbel au CPSO

La messe dans le rite maronite est célébrée chaque semaine à la chapelle Saint Charbel du CPSO, aux Abymes, le mardi et le jeudi à 19h00, précédée d’un temps d’adoration à 18h. Le dimanche il n’y a qu’une seule célébration à 10h00. Exceptionnellement durant ce week-end de carnaval et des jours gras 2026, il n’y aura pas de messe dimanche matin 15 février, celle-ci est avancée au samedi soir 14 février, où, Saint Valentin oblige, tous les fidèles, surtout les couples, jeunes mariés ou unis depuis de nombreuses années, quelle que soit l’étape de leur chemin conjugal, sont attendus. « Venez déposer votre amour, vos défis et votre situation actuelle entre les mains du Christ, notre Sauveur. Venez communier à Lui et recevoir sa bénédiction, afin que la joie de l’amour ne diminue jamais, mais qu’elle grandisse et s’approfondisse au fil des années » a invité le Père Georges CHAMOUN.

 

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