Le diacre José OBERTAN a réveillé la conscience du public en ces termes : « En prenant le temps de décortiquer le thème de cette conférence, on est d’accord pour dire, qu’il n’y a pas de point d’interrogation, donc ce n’est pas une question. Il n’y a pas de point d’exclamation comme pour donner plus d’intensité. Il n’y a pas de trois points de suspension comme pour marquer quelque chose d’inachevée. Et pour terminer, il n’y a pas de point comme pour marquer la fin d’une phrase, la fin d’une idée.
Alors, qu’est-ce qu’il y a ? La place de l’homme dans l’Eglise, ce n’est pas une question, ni une affirmation, ni un achèvement, ni une fin en soi : c’est l’histoire de l’homme dans l’Eglise qui est à la fois ancienne et toujours nouvelle. Depuis les origines du christianisme jusqu’aux défis contemporains, Elle n’a cessé de réfléchir à la dignité de la personne humaine, à sa vocation, à sa responsabilité et à sa mission dans le monde et au sein de la communauté croyante.
Voilà un sujet délicat présenté par le Diacre José Obertan, qui a orienté le débat autour de deux axes. D’abord, les Fondements bibliques de la place de l’homme dans l’Eglise et ensuite, la gent masculine aux Antilles.
Ce que dit la Bible à propos de la place de l’homme dans l’Eglise
Dès les premières pages de la Bible, l’homme est présenté comme une créature unique, créé à l’image de Dieu, faisant qu’il soit « le maître des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, des bestiaux, de toutes les bêtes sauvages et de toutes les bestioles qui vont et viennent sur la terre. A l’image de Dieu il le créa » (Gn 1, 26-27). Cette affirmation fonde la dignité inaliénable de toute personne humaine. Être à l’image de Dieu signifie être capable de relation, de liberté, de responsabilité et d’amour. Cette dignité ne dépend ni de la fonction, ni du mérite, ni de la reconnaissance sociale. Elle est donnée par Dieu lui-même. Ainsi, aucun être humain ne peut être considéré comme secondaire ou inutile. Chaque personne a une valeur propre et une vocation particulière.
L’homme appelé à l’Alliance. Tout au long de l’Ancien Testament, Dieu entre en alliance avec l’humanité à travers la figure de l’homme. Cette alliance n’est pas imposée. Elle suppose un appel suivi d’une rencontre. Cela s’est vérifié pour Adam qui symbolise l’Humanité entière, à travers l’alliance de la création (Gn 1-3). Avec Noé, c’est l’alliance après le déluge qui se concrétise (Gn 9). Noé agit comme nouvel ancêtre de l’humanité. Il y a aussi le récit d’Abraham qui marque l’alliance de la promesse (Gn 12, 15-17). Dieu promet à Abraham, une descendance nombreuse, une terre, une bénédiction pour toutes les nations.
Le Christ, l'Homme accompli
Le Diacre José OBERTAN a cité également Moïse, bien entendu, en référence à l’alliance de la Loi (Ex 19-24), avec les des Dix commandements. Le peuple devient alors « peuple de Dieu », Moïse le médiateur entre Dieu et l’Humanité. Concernant David, c’est l’alliance royale qui est affirmé (2 Samuel 1,7). Dieu promet à David une dynastie éternelle. Abraham, Moïse, les prophètes, sont autant de figures qui montrent que Dieu fait confiance à l’homme et l’associe à son dessein de salut. L’alliance révèle que l’homme n’est pas seulement une créature, mais aussi un interlocuteur de Dieu. Cette dynamique se prolonge dans l’Eglise, qui est le peuple de la Nouvelle alliance. Le Christ, lui, se révèle comme le nouvel Adam. Dans le Nouveau Testament, Jésus-Christ apparait comme l’homme accompli. En lui, l’humanité trouve son sens plénier. Le Christ assume la condition humaine, partage les joies et les souffrances des hommes, et les conduits vers la vie divine.
Tous appelés
Le Diacre José a insisté sur l’un des fondements essentiels de la vie du chrétien. Le Seigneur ne cesse jamais d’appeler les hommes. Cet appel prend plusieurs formes. Il est personnel : Le Christ appelle chacun par son nom. Il est aussi universel : Tous sont appelés sans distinction à la sainteté, à la conversion et à l’amour. Jésus appel mais respecte la liberté de chacun, il ne contraint pas. La réponse humaine est libre. A travers la Bible, le Christ nous appelle de même à la transformation. « Suis-moi » implique un changement de regard, de priorité et de vie. Son appel peut également concerner la mission. Être appelé, c’est aussi être envoyé (pour témoigner, participer, servir, aimer). C’est ainsi que Jésus a appelé les disciples à le suivre. Plusieurs récits bibliques nous l’enseignent (Mt 4,19 – Mc1,17 - Lc 5,10-11 - Jn 1,43). Cet appel continu du Christ invite surtout à la conversion et à la repentance (Mt 11, 28-30 – Lc 9, 23 - Marc 6,10). Enfin, dernier exemple mentionné par le Diacre José, l’appel de Jésus à l’enseignement et à l’action spirituelle (Mt 28,19-20 et Jn 12, 32). Cette conférence dispensée à la salle paroissiale de Sainte-Anne par cet homme d’Eglise en route vers le sacerdoce, en est l’une des illustrations.
Quel message pour la gent masculine aux Antilles ?
« Le Concile Vatican II a profondément renouvelé la compréhension de l’Eglise, en la présentant d’abord comme le « peuple de Dieu », cette vision met en avant la dimension communautaire et relationnelle de l’Eglise. L’homme n’est pas extérieur à l’Eglise, par le baptême, il devient membre à part entière. Il participe à la même dignité fondamentale que tous les baptisés, même si les ministères et les fonctions sont divers. Nous dévons continuer à appeler des jeunes hommes à s’engager pour devenir prêtres et des hommes matures (célibataires ou mariés avec des enfants) au ministère diaconal. Tous les baptisés partagent une même vocation à la sainteté. Cette égalité ne supprime pas les différences de rôles, mais elle rappelle que personne n’est supérieur en dignité. La hiérarchie existe pour le service, non pour la domination, incompatible avec l’humilité » a-t-il rappelé.
« L’Esprit Saint distribue ses dons à chacun pour le bien de tous (1 Co 12). L’homme reçoit des charismes variés : enseignement, service, prière, créativité, engagement social etc. La reconnaissance et la mise en valeur de ces charismes sont essentielles pour une Eglise vivante. Lorsque l’homme est réduit à un rôle passif, l’Eglise s’appauvrit » a en outre souligné José OBERTAN dans cet enseignement, rappelant la vocation de l’homme à la sainteté, une vocation universelle.
« La sainteté n’est pas réservée à une élite spirituelle, elle est l’appel adressé à tout homme. Vivre saintement signifie vivre pleinement selon l’Evangile, dans les réalités concrètes de la vie quotidienne. La majorité des hommes vivent leur vocation chrétienne dans le monde : famille, travail, société. L’Eglise reconnaît que ces lieux sont des espaces authentiques de sanctification. L’homme est ainsi appelé à être témoin du Christ là où il se trouve, en incarnant les valeurs évangéliques » a-t-il ajouté.
Evoquant enfin l’homme et les ministères dans l’Eglise, le Diacre José a précisé que « l’Eglise distingue les ministères ordonnés (diacres, prêtres, évêques) et les ministères laïcs. Cette distinction ne doit pas être comprise comme une opposition, mais comme une complémentarité. Les laïcs ont une mission propre : transformer le monde de l’intérieur selon l’Evangile. Leur présence dans la société est essentielle ».
Il appartient à chacun d’entendre et d’accueillir l’appel du Seigneur
Tout au long de cette conférence, le Diacre José OBERTAN, s’est employé avec talent et l'éloquence qu'on lui connait, à montrer que la place de l’homme dans l’Eglise reste centrale. Créé à l’image de Dieu, appelé à la communion, envoyé en mission, l’homme est à la fois bénéficiaire et acteur de la vie ecclésiale. L’avenir de l’Eglise dépend en grande partie de la capacité des hommes et des femmes – car tout est lié - à assumer pleinement leur vocation baptismale. Redécouvrir cette place, c’est permettre à l’Eglise d’être plus fidèle à l’Evangile et plus proche de l’humanité à laquelle auprès de laquelle elle est envoyée, partout dans le monde et nous concernant, dans toutes les périphéries de notre diocèse.
Cette conférence très interactive a permis une large participation du public, conquis par ce thème. Un temps de prière, un chant à l’Esprit Saint, la lecture de l’Evangile du dimanche 8 février 2026, suivi d’un temps de silence, ont précédé l’exposé du Diacre José afin de se laisser habiter par la Parole de Dieu. Félicitations à l’Association familiales Catholique de Sainte-Anne pour cette belle initiative.
Jeremiah CARLTON (Avec le service diocésain de la communication)
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