[EN IMAGES] – Désacralisation de l’ancienne église de Goyave avant sa destruction


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dimanche 8 février 2026
Diocèse de Guadeloupe

Samedi 7 février 2026, Mgr Philippe GUIOUGOU, évêque de Guadeloupe a procédé à la désacralisation de l’ancienne église de Goyave, avant que la municipalité ne lance le chantier de la destruction partielle du site. Démolition partielle, car le cœur sera préservé pour continuer à faire mémoire de ce lieu de culte fréquenté par plusieurs générations de paroissiennes et paroissiens de cette localité, des années durant.

Il est de ces instants particuliers, uniques, dans la vie d’un diocèse. Le rite de désacralisation d’une église en fait partie. La communauté paroissiale de Goyave l’a vécu samedi soir 7 février 2026, autour de l’évêque Mgr Philippe GUIOUGOU, du Père Norbert TIBEAU et de ses vicaires, du Père Roland KINKOUNI, également, en sa qualité de responsable de la Pastorale Liturgique et Sacramentelle. Vers 18h, comme annoncé, le peuple de Dieu s’est donc retrouvé devant l’ancienne église fermée définitivement en 2016, car menacée d’effondrement. Quelques dizaines de chapelet ont précédé l’ouverture du rite par Mgr Philippe. Après le mot d’introduction et la prière de l’évêque, la désacralisation du lieu de culte pouvait alors débuter. 

« Chers frères et sœurs, nous voici rassemblés pour un moment de transition important. Nous quittons cette église avec émotion, en rendant grâce pour toutes les prières et les sacrements qui ont habité ces murs. Mais l’Eglise de Dieu n’est pas faite de pierres. Elle est faite de votre foi. En fermant cette porte, nous ne quittons pas le Seigneur. Au contraire, nous nous mettons en marche à sa suite. Partons maintenant dans la paix et l’espérance vers notre nouvelle église. C’est là que nous continuerons, ensemble, à faire vivre l’Evangile » a déclaré Mgr Philippe GUIOUGOU au début de ce rite sur le parvis de l’ancienne église.

Puis, l’évêque s’est approché du mur de la façade principale de l’édifice, marteau à la main et a prononcé ce qui suit. « En signe de la fin de l’usage sacré de cet édifice, et parce que nous savons que la véritable demeure de Dieu est désormais dans nos cœurs, je pose ce geste de rupture. L’évêque frappe alors trois coups de marteau. Ce n’est pas la fin de notre communauté, mais le début d’un nouveau chapitre. Les pierres s’effacent, mais notre foi demeure. Levons maintenant et dans l’espérance, marchons vers notre nouvelle église ».

A l’aide de ce marteau, le Pasteur de notre diocèse frappa d’abord, en plusieurs points, les murs extérieurs de l’église, avant d’entrer dans l’édifice en compagnie du maire de la commune, M. Ferdy LOUISY et des prêtres présents.

L’on ne revivra pas cela de sitôt

Les fidèles pour des raisons de sécurité restèrent à l’extérieur. Là, ce sont les pans de murs de l’intérieur de l’église qui résonnaient des coups de marteau de l’évêque, avant que Mgr Philippe ne procède à leur bénédiction finale par l’aspersion, clôturant ainsi, cette désacralisation de l’ancienne église de Goyave. De retour sur le parvis, Mgr Philippe GUIOUGOU, prononça la prière conclusive du rite. Après quoi, les fidèles furent invités à se rendre en procession vers la nouvelle église toute proche, avançant derrière la croix et les servants d’autel, les prêtres et l’évêque fermant la marche. Images symboliques du peuple de Dieu de cette localité quittant l’ancien lieu de culte pour se rendre dans l’édifice qui l’a remplacé et où l’Eucharistie a été célébrée dans la foulée, ce samedi soir. 

En ouverture de la célébration, dans la nouvelle église de Goyave, avant les témoignages, l’évêque de Guadeloupe poursuivit ainsi. « En signe de la fin de l’usage sacré de l’ancienne église de Goyave, par trois coups de marteau j’ai posé ce geste de rupture. L’Eglise n’est pas faite de pierres mortes, mais de pierres vivantes, vous, la communauté. Si ce bâtiment ferme ses portes, la mission, elle, se poursuit. En quittant ce lieu, nous ne laissons pas Dieu derrière nous, nous marchons avec Lui vers une nouvelle demeure, symbole du renouveau de notre foi et de notre élan missionnaire. Que cette transition nous rappelle que nous sommes un peuple de pèlerins, toujours en route vers la Jérusalem céleste »

De très beaux et émouvants témoignages

Moment d’émotion ensuite, à l'écoute des quatre témoignages (voir nos encadrés ci-dessous) qui furent rendus. Une paroissienne qui a vécu tous ses sacrements dans l’ancienne église et qui aujourd’hui est pleinement engagée dans la vie de la paroisse, un couple qui s’y est marié il y a 20 ans, et une religieuse, Sœur Joseph Marie, de la congrégation des sœurs de Saint-Joseph de Cluny, originaire de la commune et qui a grandi avec l’ancienne église. Ces témoignages permirent de prendre encore plus la mesure du caractère très singulier de ce qui était partagé en communauté. Rappelons que la nouvelle église de Goyave a été consacrée par Mgr David MACAIRE, alors administrateur apostolique de notre diocèse, début août 2022. Avant cela, durant 6 ans, entre la fermeture définitive de l’ancienne église et l’édification du nouveau lieu de culte de la commune, les célébrations avaient lieu à la salle paroissiale ou à la Maison des Aînés.

Puis, vint le rite pénitentiel, la bénédiction de l’eau et l’aspersion des fidèles, pierres vivantes de l’église, avant que l’évêque ne prononce cette prière : « Que Dieu, le Père de miséricordes, soit présent dans cette maison de prière, et, par la grâce de l’Esprit Saint ; qu’il purifie notre cœur, temple vivant dont il fait sa demeure ». La suite de la célébration se déroula conformément à la liturgie de la messe dominicale habituelle, avec les textes de la Parole de Dieu du 5ème dimanche du Temps Ordinaire (Année A). 

« Frères et sœurs bien-aimés, nous vivons aujourd'hui un moment particulier, forcément chargé d'émotion et de sens. Nous célébrons cette messe de la nouvelle église, dans la nouvelle église Sainte-Anne de Goyave, après la désacralisation et la fermeture, nous dirons officiel, en tout cas au niveau ecclésial, de l'Église du même nom. Une église qui était donc fragilisée et qui menaçait de s'écrouler. C'est une page qui se tourne et qui sera encore plus significative lorsque l'on entamera sa destruction. Sûrement, quelques larmes couleront, et c'est normal, elles seront aussi la résultante de toutes ces années de sacrements vécues. Cela remontera dans notre mémoire parce qu’une église, ce n'est pas quelque chose d'anodin dans une ville » a dit Mgr Philippe GUIOUGOU, à l’entame de son homélie.

Prendre conscience que nous sommes tous des pierres vivantes de l'Eglise

« D'ailleurs, lorsque des architectes construisent une église, on voit leurs yeux qui pétillent, parce qu'ils sont conscients de faire quelque chose qui va durer très longtemps. Donc généralement, un architecte est très attaché et très fier d'avoir contribué à la construction, à l'édification d'une église. Mais nous pouvons en ce jour nous rappeler une vérité essentielle. L'Église n'est pas d'abord faite de pierres, mais de personnes vivantes. Voilà la chose essentielle que cette désacralisation me permet de rappeler et de dire. L'Église est d'abord faite de pierres vivantes, comme dans l'Ancien Testament. Même si le temple est détruit, même si nous serions éventuellement déportés, là où nous sommes, nous sommes capables de reconstruire une église parce que ce sont nous, les hommes et femmes, les pierres vivantes. Une église peut être détruite, mais si la communauté demeure, si la foi demeure, si l'amour demeure, alors Dieu est toujours là. Et l'Église avec un grand E demeure. Vous connaissez la distinction, petit e, le bâtiment, grand E, la communauté que nous formons aujourd'hui » a poursuivi l’évêque de Guadeloupe.

Vous pouvez revivre en images la cérémonie de désacralisation de l’ancienne église de Goyave, sur la chaîne YouTube « Eglise catholique en Guadeloupe » en cliquant ici, mais aussi la messe dominicale anticipée célébrée ensuite par Mgr Philippe GUIOUGOU, évêque de Guadeloupe, via ce lien.

Le service diocésain de la communication

POUR ALLER PLUS LOIN

LES TEMOIGNAGES

Isabelle DANICAN

Julienne et Benoit ZIGAULT

Sr Joseph-Marie, Congrégation des Sœurs de Saint Joseph de Cluny

Le mot de remerciement de Père Norbert TIBEAU, administrateur de la paroisse de Goyave et curé de la paroisse de Capesterre Belle-Eau

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