1020 - Pasteur en attente, cheminons ensemble !

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3 € N° 1020 - Octobre 2021 www.guadeloupe.catholique.fr OCTOBRE, MOIS DU ROSAIRE page 18 P asteur en attente, cheminons ensemble ! Page 5, 6-7 DOSSIER : TRAVERSER LE DEUIL pages 11-14 POUR UNE ÉGLISE SYNODALE page 4

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2 Editorial père Silvère Numa .............2 Le mot de l’administrateur ..............3 Eglise universelle .............................4 Rentrée pastorale du presbytérium .5 Pastorale d’ensemble ........................6-7 La famille ............................................8-9 La crise sanitaire chez nous (suite) .....10 DOSSIER : Traverser le deuil ........................11-14 Les jeunes ....................................15-16 Mouvements : les scouts ....................17 Mois du Rosaire ................................18 Patrimoine ..........................................19 Communication ..................................20 Mots croisés ...................................21 Infos ...............................................23 "vwVˆi� ...........................................23 Bimensuel fondé en 1967 Numéro de CPPAP : 0516 G 88298 EVECHE : place Saint-François 97100 BASSE-TERRE Tél. : 0590 81 36 69 Directeur de la publication et de la rédaction : Père Silvère NUMA Rédacteur en chef : Jean-Marie GAUTHIER Equipe de rédaction : Jean-Marie GAUTHIER Les pères Yves GILLOT, Pierre CHERY, Aurore MONDAIN, Jérémiah CARLTON, Micheline TISBA, Thierry FUNDÉRÉ, Edilène LE PENNEC, Laetitia PÉNAVA, Pascale LOUIS, Dimitri BAJAZET Maquettiste : Marie COLEAU-JULIEN Impression : PrintCaraïbe : 0590 90 90 90 www.guadeloupe.catholique.fr Adressez vos courriers : Jean-Marie GAUTHIER agnes.jean-marie.gauthier.haiti@wanadoo.fr SOMMAIRE Nous voulons vivre ! « Mort, où est ta victoire ? » (1 CO 15, 55). La pandémie a révélé la fragilité des corps et la finitude des vies. Toutes les familles ont été frappées par le deuil. La dispari- tion d’un où plusieurs proches nous a ra- menés à l’essentiel. La vie est précieuse et fragile, à la fois. Comment collectivement pouvons-nous traverser l’épreuve du deuil ? C’est le thème du dossier de ce mois. Le Diocèse proposera, en novembre une démarche mémorielle, à l’ensemble des chrétiens. La crise sanitaire et ses mesures barrières a distendu les liens fami- liaux et sociaux. L’économie locale est plongée dans une léthargie inquiétante. Malgré tout, la rentrée, toutes les rentrées : scolaire et universitaire, professionnelle et culturelle, cultuelle et pastorale, s’organisent. Oui nous voulons Vivre ! Prenons le bon cap, encouragés par les témoignages des jeunes et des adultes. La vie est dans l’être et le mouvement. La volonté de prendre soin les uns des autres s’affirme dans la confiance à préparer la rentrée. Nous aurons à communiquer l’espérance. Cette espérance chré- tienne qui consiste à croire dans la vie et la justice de Dieu pour tous. Pour cela, nous devrons élargir notre regard et voir le bien et le po- sitif, réconcilier et nous convertir. Le thème de l’année pastorale est en phase avec notre état d’esprit : « nou ka atann on pastè, annou vansé ansanm. » « L’espérance n’est pas morte, Vivre ! » Père Silvère NUMA, D.E.I., Délégué Épiscopal à l’Information ÉDITORIAL “VIVRE !“ Faite remonter vos réactions par les moyens suivants : Père Silvère NUMA : 0690 53 45 09 Mail : communication@catholique-guadeloupe.org 3€N° 1019 - Septembre 2021 www.guadeloupe.catholique.fr

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3 UNE ANNÉE SYNODALE... UNE ATTENTE ACTIVE ! Cette année, après le départ de Mgr Riocreux et « en attendant un nouveau pasteur », on aurait pu croire que notre vie diocésaine au- rait un « encéphalogramme plat » et que nous nous contenterions d’attendre passivement les évènements en expédiant les affaires courantes… Mais la Provi- dence en a décidé autrement. Les événements du monde, eux, n’attendent pas l’arrivée du nouveau pasteur… La quatrième vague du Covid si dévastatrice chez nous, a mis la Guadeloupe au cœur de l’actualité nationale et des polémiques autour du vaccin, des personnages importants, de l’Eglise, de la culture ou de la politique sont partis, le Saint-Père nous demande d’entamer une démarche synodale… En effet, le 16 Octobre prochain, à la demande du pape Francois, nous allons ouvrir solennellement, en diocèse, le processus du synode ro- main qui s’achèvera en 2023. Nous ne serons pas seuls. Ce sont tous les diocèses du monde ( près de 6000 !) qui prendront cette route. Ensemble nous allons réfléchir à la communion au sein de nos com- munautés. Marchons nous ensemble !? Le résultat de cette démarche mondiale sera compilée au Vatican par le Secrétariat pour le Synode qui intégrera nos réflexions au document préparatoire de l’assemblée des évêques. Mais, cette réflexion sera aussi pour nous-mêmes, elle orientera la vie de notre diocèse dans les prochaines années. Qui plus est, le clergé avait déjà choisi de préparer l’arrivée du pro- chain évêque en lui offrant le plus beau des cadeaux : une réflexion communautaire comprenant un bilan sur les forces, les faiblesses, les projets et les obstacles de notre vie ecclésiale... Déjà, le synode de 1995 a marqué l’Église en Guadeloupe (Ansam’ Ansam’ nou sé legliz a Jezi Kri) : les TKL, la responsabilisation des fidèles laïcs, la formation du pep’ Gwadloup dans l’Église et la société, la famille... etc... ce projet qui guide notre mission et notre vie en Eglise depuis une génération n’est pas achevé. Mais au bout de 25 ans, il convient de lui donner un dynamisme renouvelé. Au-delà des orientations qui seront prises, ce qui est essentiel c’est la synodalité elle-même. C’est le fait de mettre en marche tous les membres de la famille catholique, jeunes et vieux, pratiquants et non pratiquants, riches et pauvres, fidèles et pasteurs. Décidément lanné la sa, sé synod’ ki ni ! LE MOT DE L’ADMINISTRATEUR Mgr David Macaire, op Archevêque de Martinique FOCUS LA MAISON COMMUNE Le GIEC (Groupe d’Experts Intergouverne- mental sur l’Evolution du Climat), dans son sixième rapport scientifique affirme que « Toutes les régions du monde sont déjà touchées par des événements climatiques extrêmes, cette année un peu plus que la précédente. Ces catastrophes favorisées par le réchauffement se multiplient et atteignent désormais des zones jusqu’ici relativement épargnées ». Mgr Bruno-Ma- rie Duffé, secrétaire du dicastère pour le développement humain intégrale au Vati- can, s’appuyant sur ce rapport important tire la sonnette d’alarme et demande ins- tamment à toutes les communautés chré- tiennes de s’approprier Laudato’si. LE LYCÉE CARNOT FAIT SON SHOW La section supérieure de musicologie du lycée Carnot à Pointe-à-Pitre a, dans un même élan, clôturé l’année universitaire et préparé sa rentrée de septembre à travers un spectacle : du grand art et un idéal vrai ! On comprend aisément que cette section soit désormais bien ancrée en Guadeloupe tant les jeunes artistes ont fait preuve d’une vraie cohésion fruit d’un travail persévérant et harmonieux, sous la baguette désor- mais incontournable de Christine Chalcol. « J’étais aux JMJ de Rio et c’est là que la belle musique a commencé à me captiver » témoignait une jeune chanteuse. L’année scolaire 2021/2022 s’ouvre sous les meil- leurs auspices malgré la crise sanitaire. AU CŒUR DE DIEU Pour prier en couple, en famille voilà un recueil proposé par la Pastorale Familiale du diocèse. Myrna et Félix Darin font un bout de chemin avec nous et nous per- mettent de réfléchir et prier dans toutes les circonstances et les situations de nos vies… Vraiment « Prières et confidences de nos familles au cœur de Dieu » est un livre de chevet indispensable à nos familles. QUEL SOUFFLE CETTE NEUVAINE À SAINT MICHEL DU RAIZET ! C’est là que je viens recharger mes batteries, s’exclame Jean-Claude P. chef d’en- treprise à Jarry, qui essaie de tenir bon malgré la crise sanitaire qui nous met dans une terrible épreuve. Je suis membre du groupe des dirigeants chrétiens et je fais en sorte qu’aucun des mes salariés ne perde son emploi. C’est un peu vertigineux mais ça doit le faire, et avec le secours des anges, comme Mgr Macaire nous a enseigné ce soir, on ne doit pas perdre courage ! » St Michel va bien finir par terrasser ce diable de covid ! Et comme on y met tous du nôtre aussi, la fraternité fera le reste. J.-M. G.

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4 EGLISE UNIVERSELLE L’ÉGLISE SYNODALE EST CELLE DU 3 ème MILLÉNAIRE Le 10 septembre, le cardinal Mario Grech et Sœur Nathalie Becquart, secrétaire et sous- secrétaire du prochain Synode des évêques sur la synodalité, dont la première phase s’ouvrira les 9 et 10 octobre, étaient les invités de la conférence de rentrée de l’Insti- tut Catholique de Paris. « La synodalité est une autre ma- nière d’être et de penser l’Église. Il s’agit de retrouver la nature même de l’Église dans les pre- miers siècles, pour mieux rejoindre nos contemporains. C’est la seule manière de transmettre la foi. » Sr Nathalie Becquart a ainsi posé des mots sur ce qui est amené à être bien plus qu’un concept. La pre-mière phase de ce synode, intitulé « Pour une Église synodale : com- munion, participation et mission », sera lancée officiellement à Rome les 9 et 10 octobre prochains, et la phase diocésaine débutera le 17 octobre partout dans le monde, avec consultation et participation du « peuple de Dieu », pour se dé- rouler jusqu’à la tenue de l’assem- blée générale ordinaire qui réunira les évêques à Rome, en octobre 2023 autour du pape François. « Je veux partager mon espoir (…) que les historiens considé- reront l’Église du troisième millé- naire comme caractérisée par la synodalité », a souligné le cardi- nal Mario Grech qui a pu donner une explication ecclésiologique et théologique au processus que l’Église s’apprête à vivre. Chargé de mettre en place ce synode, il a in- sisté sur la nécessité de dialoguer au sein même de l’Église « peuple de Dieu », mais également de se mettre à l’écoute d’un monde en souffrance. Pour accompagner et coordonner ce chemin synodal, tous les dio- cèses sont invités à lancer une grande consultation auprès de tous les chrétiens, mais aussi au- près de toutes les personnes de bonne volonté qui voudraient loya- lement apporter leur concours (cf. La Croix). Chez nous en Guadede- loupe, à l’initiative de Mgr Macaire administrateur apostolique, une équipe va se mettre en place ra- pidement pour baliser la route et permettre aux groupes, mouve- ments, communautés et paroisses de pouvoir s’exprimer. J.-M. GAUTHIER SEMAINE MISSIONNAIRE MONDIALE DU 17 AU 24 OCTOBRE Message du pape François (extrait) Journée mondiale des missions : la liberté et l’audace nécessaires pour se tenir debout. Ainsi, pour nous aussi : le moment actuel de notre histoire n’est pas facile non plus. La pandémie a mis en évidence et amplifié la douleur, la solitude, la pauvreté et les injustices dont tant de personnes souffraient déjà, et a démasqué nos fausses sécurités, les divisions et polarisations qui nous déchirent silencieusement. Les plus fragiles et les plus vulnérables ont expérimenté encore plus leur vulnérabilité et leur fragilité. Nous avons vécu le découragement, le désenchantement, la fatigue ; et même l’amertume conformiste qui ôte l’espérance a pu s’emparer de nos regards. Mais nous, « ce que nous proclamons, ce n’est pas nous-mêmes ; c’est ceci : Jésus Christ est le Seigneur ; et nous sommes vos servi- teurs, à cause de Jésus » (cf. 2 Co 4, 5). Trois pistes proposées par la Conférence Episcopale Française : sNous vous encourageons à inscrire votre diocèse (votre doyenné, votre paroisse, votre mouvement) à la chaîne de prière continue pour la mission qui est organisée pendant tout le mois d’octobre : https://doodle.com/poll/zhuxk9hyizbrnuqq sS’appuyer sur la Parole de Dieu (à partir du livret qui est à disposition sur le site de la Semaine Missionnaire Mondiale 2021)… et réciter la prière des Œuvres Pontificales Missionnaires. sPour les enfants missionnaires, un jeu sous forme d’une grande enquête à mener pour prendre conscience qu’à la suite des premiers chrétiens, nous sommes des témoins de l’Amour de Dieu. A télécharger sur le site ou à feuille- ter là : Animation Enfance Missionnaire SMM 2021. PRIÈRE DES ŒUVRES PONTIFICALES MISSIONNAIRES Dieu notre Père, Tu as donné à Pierre et aux autres apôtres Le courage de témoigner de ton Fils, mort et ressuscité pour Révéler ton Amour. Ils ne pouvaient pas taire ce qu’ils avaient vu et entendu. Nous te prions d’envoyer de nombreux missionnaires, Afin que Jésus-Christ soit connu, aimé et servi dans le monde entier. Répands sur nous ton Esprit, qu’il fasse de nous des témoins de ta Parole, Joyeux et audacieux. Amen.

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5 DIOCÈS-LA KA ATANN ON PASTÈ ANNOU VANSÉ ASI CHIMEN-LA Tous les prêtres et les diacres permanents du diocèse étaient réunis ce 23 septembre pour la rentrée pastorale autour de Mgr David Macaire à St Luc de Baimbridge. Père Edouard Si- lène revient pour nous sur ce grand moment d’Eglise. Comment s’est déroulée cette rencontre malgré les contraintes sanitaires ? Je suis sûr que cela a été un beau moment d’Eglise pour tous les par- ticipants. Dès 9 h, la prière ouvrait notre rencontre. Puis Mgr Macaire a introduit d’emblée l’enjeu impor- tant de cette année qui s’ouvre pour toute l’Eglise : il s’agit purement et simplement, mais résolument, de nous mettre en marche avec le Synode. Toute notre attention sera retenue autour du thème choisi par l’Eglise : « Pour une Eglise synodale : communion, partici- pation, mission ». Dans son ex- posé aussi dynamique que concis, j’ai retenu les points suivants : notre première mission est de faire fonc- tionner les structures synodales : marcher ensemble en paroisse, en diocèse, dans l’Eglise Universelle. La synodalité c’est avancer ensemble dans une volonté d’unité, et même avec ceux qui ne marcheraient plus avec nous. La bonne ambiance et une vraie convivialité a régné entre tous. C’est la première condition pour faire Eglise. Et dans la prière nous n’avons pas oublié ceux qui sont dans la peine : on pense à Diacre Georges Bervin qui vient de perdre sa maman de 103 ans, à sœur Solange Bacoul de St Joseph de Cluny qui vient de nous quitter. Des pistes pour le Synode Père Gérard Foucan a posé quelques jalons à travers un exposé très expli- cite, et des pistes ont été presentées sur lesquelles il sera très intéressant pour tous les chrétiens de revenir au fur et à mesure du cheminement. Objectif général du synode : donner des pistes de réflexion pour répondre adéquatement aux changements so- ciaux, politiques, culturels et cultuels profonds qui affectent la communion et la participation du peuple de Dieu dans la réponse à donner pour adhé- rer ensemble à la mission de l’Eglise. Dix pôles thématiques essentiels se- ront à approfondir : s ,ES COMPAGNONS DE VOYAGE  dans l’Eglise et dans la société nous SOMMES CÙTE Ì CÙTE s %COUTER EST le premier pas. sPrendre la parole dans la liberté, la vérité et la charité. s#ÏLÏBRERÏCOUTECOMMUNAUTAIRE de la Parole et partage de l’Eucha- RISTIE s #ORESPONSABILITÏ DANS LA MISSION s $IALOGUER DANS L%GLISE ETDANSLASOCIÏTÏs!VECLESAUTRES CONFESSIONS CHRÏTIENNES s !UTORITÏ ETPARTICIPATIONs$ISCERNERETDÏCI- DERs3EFORMERÌLA3YNODALITÏ Une démarche double est mise en place qui concernera tous les mou- vements et tous les groupes : Le Synode Romain (avec Père Kaze Eugène) ; le Projet Pastoral d’En- semble (avec Père Gérard Foucan). C’est dans la prière que nous se- rons bons dans tout ce chemine- ment d’Eglise. RENTRÉE PASTORALE La crise du covid et son cortège de décès et de souffrances chez nous doivent déboucher sur une « démarche diocésaine de Mémoire ». Dans ce but, le diocèse prévoit de célébrer les défunts du covid et dont on a du mal à faire le deuil le Vendredi 5novembre. Des préci- sions seront données à temps. Un mot d’espoir pour conclure Il nous faut réapprendre à ancrer la foi et la confiance en nous. Le Sei- gneur n’est pas l’auteur de tous nos malheurs. Bien au contraire, Il nous rejoint dans notre peine profonde et nous aide à vivre tout cela. Propos recueillis par Jean-Marie GAUTHIER DES DATES : sSamedi 16 octobre à 9 h : ouverture officielle du Synode diocésain à St Pierre/ St Paul Pointe-à-Pitre (constitution des commissions. Cérémonie solennelle avec l’évêque et les délégués. Célébrations par les prêtres en paroisse avec un message de l’Evêque à lire. sDu 17 octobre au 24 décembre, dans toutes les paroisses : Temps de l’Avent. Thème : le Synode, la Synodalité (pour une Eglise Synodale : communion, participation et mission sJeudi 4 novembre : dans toutes les pa- roisses, à 17 h Chapelet suivi de la Messe en l’honneur de Notre-Dame de Guadeloupe. sSamedi 20 novembre : week-end du Christ-Roi. Deux sites : Basse Terre et Grande Terre. Thématique « la communion » (le gouvernement dans l’Eglise). Participants : « les ambassadeurs de la Synodalité » sDu lundi 3 au Vendredi 7 janvier 2022 : retraite spirituelle des prêtres à St Jean Bosco sDimanche 9 janvier : fête du Baptême du Seigneur. Message : Message synodal de l’Evêque aux baptisés. Carte de Vœux à distribuer ce week-end là dans toutes les pa- roisses. sDimanche 13 février 2022 à l’Eglise St Pierre et St Paul de Pointe-à-Pitre. Messe et rencontre avec Mgr Macaire pour tous les futurs mariés et « just maried ». sMardi 1 er Mars : Mardi Gras - Webinaire - Thématique : « la participation » - Participants : « les Ambassadeurs de la synodalité ».

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6 MISE EN PLACE D’UNE PASTORALE D’ENSEMBLE Le vendredi 10 septembre s’est te- nue en visioconférence avec l’appli- cation « zoom », la première assem- blée plénière des divers groupes, associations et mouvements de notre diocèse, afin de coordonner une pastorale d’ensemble... Après la Prière à l’Esprit Saint, j’ai rappelé le thème du projet pastoral de notre Diocèse de Guadeloupe 2021-2022 : « Dans l’attente d’un pasteur, nous cheminons ensemble et voulons répondre à l’appel du Seigneur qui nous envoie ». Après la Prière d’ouverture et l’annonce du thème annuel, la parole était donnée à chacun. Divers groupes, associations et mouvements sont intervenus. Voici quelques échos. Des joies ont été exprimées Joie d’avoir pu fonctionner malgré la pandémie ; Joie d’avoir pu aider des frères et des sœurs à grandir dans la foi ; Joie d’avoir pu faire « Mysion lari » ; Joie d’avoir pu évangéliser, louer le Seigneur en vidéo-conférence ; Joie d’avoir pu réaliser des conférences avec les 25-45 ans ; Joie de la messe men- suelle des étudiants à la paroisse de Sainte Anne ; Joie d’avoir pu mettre en place la Pastorale des Migrants avec notamment l’aumônerie des Haïtiens ; Joie de la grande moti- vation des jeunes malgré la situa- tion actuelle ; Joie d’avoir fait une session sur le scoutisme avec les prêtres du diocèse ; Moments de grande fraternité avec les familles du groupe CANA et les jeunes du foyer d’étudiants (Communauté Chemin Neuf) ; Actions fortes du Secours Catholique (Vacances en famille en numérique) ; Formation théologique assurée par l’enseigne- ment catholique etc. Des difficultés ont été exprimées Difficulté à trouver un aumônier pour tel ou tel groupe ; Manque d’adhésion du prêtre à tel ou tel mouvement ; Difficulté de se ras- sembler en grand groupe ; Report des JDJ (Journées Diocésaines de la Jeunesse). De beaux projets ont été évoqués Mise en place de la Pastorale des servants d’autel ; Restructuration de la Commission liturgique ; Groupe de paroles sur le vécu des jeunes lors de la pandémie ; Conférences sur des sujets de société ; Ren- contre spécial hommes, spécial femmes, spécial jeunes avec le Re- nouveau Charismatique. Voici au moins 2 échos reçus « Cette rencontre était très bien. On découvre que divers groupes ou mouvements qui ne se connaissent pas ou qui ne se côtoient pas font les mêmes actions ». « Je viens te dire que j’ai trouvé la réunion d’hier soir très sym- pathique, il y a bien des groupes dont je n’avais pas connaissance de l’existence, c’était une bonne idée, cela n’est pas évident pour la connexion quand on n’est pas habi- tué, cependant c’est un bon moyen ÉGLISE DIOCÉSAINE pour rester en contact, quand on ne peut faire autrement. Félicitations. » Après 2h30 d’échanges et en regrettant l’absence de certains (pour notamment des difficultés de connexion), notre Administrateur apostolique, Mgr Macaire a conclu en ces termes : « Vous représen- tez les différents charismes de l’Eglise, tous les charismes que l’Es- prit Saint nous donne. Il convient surtout d’œuvrer afin que le Sa- cerdoce soit valorisé et que nous ayons des Prêtres. Nous réclamons des Prêtres, mais que faisons-nous pour qu’il y ait des Prêtres issus des familles en Guadeloupe ? » L’Evêque suggère donc que dans chaque paroisse une personne soit responsable d’un mouvement, afin d’œuvrer pour dynamiser le mou- vement qu’elle représente. Mgr Macaire conseille enfin d’éviter la dispersion des charismes, la disper- sion des groupes et mouvements. « Travaillons à l’unité : Ensemble, Ensemble pou nou vansé ». Avant la bénédiction faite par Mon- seigneur, nous avons fait la prière suivante pour la nomination d’un nouvel évêque. Tout prochainement, ces groupes, mouvements et associations auront à travailler le questionnaire relatif au Synode romain. Merci à chacun ! Merci au Père Silvère Numa qui s’engage à aller à la rencontre de chacun de ces groupes, mouve- ments et associations afin qu’ils se présentent dans notre revue diocé- saine ! Préparez-vous à continuer à rendre compte de l’espérance qui est et doit demeurer en vous mal- gré la pandémie. « Ensemble nous irons, ensemble nous marcherons, Eglise, Eglise ». Père Gérard FOUCAN, Vicaire épiscopal PRIÈRE POUR LA NOMINATION D’UN NOUVEL ÉVÊQUE Dieu notre Père, ton Fils Jésus a choisi les Apôtres pour sanctifier ton peuple, le conduire et lui annoncer l’Evangile. Nous t’en prions, accorde à notre Eglise diocésaine un pasteur selon ton cœur qui saura nous guider et nous accom- pagner dans notre mission. Rends-nous ouverts et accueillants à celui que l’Esprit Saint choisira comme évêque de Guadeloupe. Confiants que tu exauces la prière de tes enfants, nous te le demandons et te rendons grâce par Jésus le Christ, notre Seigneur. Amen.

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7 GROUPES ET MOUVEMENTS Commission Pastorale de la Famille : - Centre de Préparation au Mariage Chrétien - Equipes Notre-Dame - Pastorale des Hommes… Commission Pastorale des Jeunes et des Etudiants Commission Liturgie et Arts sacrés Commission Pastorale des Servants d’Autel Commission Vocations Commission Catéchèse et Catéchuménat Commission Diaconat Permanent Commission Formation Permanente Commission Pastorale de la Santé Commission T.K.L. Commission Justice et Paix Commission Chrétiens & Sida Commission Pastorale de la Charité : - Secours Catholique - Conférence Saint Vincent de Paul- Maison Saint Vincent de Paul - Aumôneries des prisons de Baie-Mahault et de Basse-Terre Commission Enseignement Catholique Commission Mouvements Action Catholique : - Action Catholique de l’Enfance (ACE) - Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) - Mouvement des travailleurs chrétiens (MTC) - Mouvement Rural de la Jeunesse chrétienne (MRJC) Commission Pastorale des Migrants Commission Mouvements de Spiritualité : - Communauté de l’Emmanuel - Communauté du Chemin Neuf - Légion de Marie - Equipes du Rosaire - Renouveau Charismatique Diocésain - Association Jésus Sauveur - Vie et Partage - Famille Fraternité de l’Incarnation Commission Médias et Communication Commission Pèlerinages ÉGLISE DIOCÉSAINE ANSE BERTRAND : INSTALLATION DU PÈRE JULIEN DOSSOU Le 19 septembre, c’est avec une assemblée importante de paroissiens qu’a eu lieu la messe d’installation du nouveau curé de la paroisse Saint-Denis. En respectant l’exigence des mesures sanitaires, notre communauté a su porter en prière et en- courager celui qui va maintenant être son berger. La célébration a débuté par le mot d’accueil du Président du Conseil Paroissial Pastoral. Il a souhaité la bienvenue aux deux délégués épiscopaux, le père Édouard Silène, le Père Gérard Foucan et le doyen de la zone, le père Daniel Kouatouka. Des mains du maire de la commune, notre curé a reçu les clés de la paroisse. Avec de chaleureux applaudissements, il a été encouragé à avoir un fructueux ministère parmi nous. F. P. SAINT-CLAUDE : EN FAMILLE, EN PEUPLE, EN ÉGLISE… Ce 10 septembre à 6h30, Mgr David Macaire, administrateur apostolique, a fait la surprise à la paroisse St Augustin de venir célébrer l’eucharistie pour toute la communauté dans l’église du bourg afin d’installer le nouveau curé : père Lucien Kouraogo. Alain Nanor, en maître de chapelle averti, souhaitait la bienvenue à tous et disait la joie de toute la communauté de Saint-Claude de se retrouver là. Diacre Léandre pouvait lire ensuite la lettre épiscopale de nomination du nouveau curé. Instant solennel et émouvant. Puis Mgr Macaire, dans un mot d’introduction laissait éclater sa joie d’être présent « ce matin aux pieds de la Soufrière pour ce moment d’Eglise si réconfortant tandis que notre pays continue de vivre ce contexte particulier de pandémie qui fait souffrir tout le monde ». Mme Lucie Weck première adjointe représentait la municipalité. Et dans un grand sourire il introduisait le père Lucien Kouraogo dans son nouveau rôle de pasteur : « l’horaire de notre rencontre est matinal et inhabituel, mais c’est l’heure des braves et de toutes celles et ceux qui ont confiance en Dieu : La paix soit avec vous ».

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8 LA FAMILLE AVEC LES ÉQUIPES NOTRE-DAME « Le foyer chrétien est une prédication sans pa- roles mais étonnamment persuasive » disait le père Henri Caffarel, fondateur des équipes N.-D. Marie- Annick et Patrice nous donnent leur témoignage. M.-A., comment Patrice et toi êtes devenus équipiers aux E.N.D. ? Mon histoire avant le mariage commence comme cela : née d’une famille chrétienne non pratiquante, baptisée à deux mois, je commence le catéchisme en classe de CE1, qui s’achève très vite puisque mes parents entament une reconversion spirituelle en tant qu’évangélistes. Nous participions tous les di- manches à l’assemblée jusqu’en classe de CM2, où tout s’arrête, sans explication. Je retiens une chanson « éclate de joie oh ! mon âme... » de l’assemblée que je chante tous les soirs au lit pour oublier mes peurs et une prière dont je ne me rappelle plus. Alors as-tu abandonné l’Église suite à leur décision de quitter l’Église catholique ? Non car j’ai voulu continuer à aller à l’Église catho- lique. Durant mes dernières années au lycée, j’ac- compagne ma grande sœur à la messe du matin à l’église du Sacré Cœur ; je ne comprenais rien mais j’étais impressionnée par la foule et la ferveur. Arrivée à l’université, la deuxième année, je me rends compte que mes amies ont un rituel que je ne connais pas, chaque samedi soir, ils vont à la messe à Saint-Pierre et Saint-Paul, avant d’aller s’amuser. Cela suscite en moi une très grosse envie de les imiter, elle semblait être différente de moi. Pourquoi ? De quoi ? Je ne sais pas. J’ai commencé à y aller timidement. J’adorais la foule. Avec ma voisine, non pratiquante, je partage mon manque de savoirs spirituels. Elle rebondit aussi- tôt lorsque je lui dis ne pas connaître le « Notre Père », naturellement elle essaie ce soir-là de me le faire apprendre et puis me demande de la recopier et de la réciter chaque jour. « C’est le minimum de la foi », me disait-elle. Cela me rend triste et joyeuse : triste car j’avais raté quelque chose, mais joyeuse j’allais apprendre une prière. Je continue d’aller à la messe le samedi soir et commence à suivre et mieux respecter les mouvements et les réponses de l’assemblée. Petit à petit, je m’intéresse à ce qui se dit lors des messes. Je suis telle- ment bien que je demande à Dieu de me permettre d’y être le dimanche suivant. Célibataire, tu pouvais tout faire, mais dans ton parcours tu as rencontré Patrice et vous vous êtes mariés, a-t’il adhéré tout de suite à ton désir de pro- gresser dans la foi ? Était-il chrétien ? Patrice, mon amoureux a en revanche reçu une éducation chrétienne, jusqu’au sa- crement de l’initiation, mais a cessé progressivement d’aller à la messe. Puis il y est retourné quand nous avons décidé de vivre ensemble. Un an après notre mariage, je termine mes sacrements d’initiation chré- tienne avec mon mari comme parrain. Ainsi continue pour nous un riche cheminement vers la connais- sance de Jésus Christ et de l’Eglise. J’ai toujours eu un grand besoin d’accompagnement de l’Église pour notre couple, qui d’année en année se jonchait de tristesse à cause de beaucoup de moments que nous ne savions pas gérer. Alors devant vos souffrances pour approfondir votre foi, le Seigneur a-t’Il entendu votre appel ? Oui. Un dimanche matin à la paroisse de Notre Dame de la visitation, lors des annonces, un mouvement chrétien invite les couples à la journée du secteur à la paroisse de Petit-Bourg, il s’agit des Équipes Notre- Dame. Nous devenons alors équipiers en 2014 et apprenons les démarches spirituelles proposées par les END qui réunissent Dieu et les époux. C’est magique puisqu’on doit simplement s’obliger à faire la prière conjugale, la prière en famille, la lecture de la Parole du jour, le Devoir de s’Asseoir. Ce dernier est le moment où les conjoints se réunissent pour dire les choses que l’on n’arrive pas à dire à l’autre de peur de le blesser mais aussi les belles choses que l’on ne dit pas systématiquement, afin que l’on puisse s’ajuster l’un à l’autre pour que l’amour prime et perdure. Nos sujets de conversation s’enrichissent

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9 et nous reprenons confiance, nous reprenons goût à continuer ensemble. Certes le couple vit des joies et des peines mais ces peines sont surmontables, c’est normal, alors quotidiennement nous prenons soin de notre couple en mettant en pratique les démarches proposées par les Équipes Notre Dame. Le plus agréable est la rencontre mensuelle des couples pour partager nos joies et nos peines et nous encou- rager à poursuivre nos efforts dans la pratique des démarches. Mon mari était réticent au début, il disait n’avoir besoin de rien pour notre couple : « Tout va bien », « Sé pou vou an kay la » disait-il. Au fur et à mesure des rencontres il adhère, il trouve ça bien et il com- mence à prendre des initiatives comme proposer des temps de prières, donner des idées, préparer les ré- unions. Il est même plus sérieux lors des Devoir de s’Asseoir et parle des END à d’autres couples autour de lui. Et les enfants devant tout ce que vous réalisez aux Équipes Notre Dame comment ils réagissent ? Les enfants sont également acteurs, l’aîné nous dit toujours « c’est grâce aux Équipes que vous vous com- prenez ». Sept ans aux Équipes Notre Dame, en effet cela fait du bien, nous sommes heureux, contents d’être ensemble. Les enfants nous apportent beau- coup de joie et nous avons amélioré notre relation fa- miliale. Ils sont épanouis et ont un bon cheminement chrétien. Patrice et moi sommes équipiers et trois de nos enfants sont servants d’autel. Aujourd’hui vous êtes plus que déterminés à pour- suivre cette belle expérience ? Oui, nous faisons partie de l’équipe Baie-Mahault-3, comptant six couples d’âges différents, chaque couple s’efforce d’accueillir l’autre avec ses qualités et ses dé- fauts suivant les recommandations du père fondateur des END, en lui donnant l’occasion de l’écouter et de partager ses joies et peines en l’accompagnant sur la réalisation des points concrets d’efforts (l’écoute de la Parole, l’oraison, la prière conjugale, le Devoir de s’Asseoir, la règle de vie, la retraite annuelle). Ainsi, le couple Marie-Annick et Patrice Inamo et leurs enfants servants d’autel sont très heureux d’être aux Équipes Notre Dame depuis l’année 2014 et partage une expérience merveilleuse en groupe avec le Seigneur. Propos recueillis par Amélie et joseph NAGAU ÊTRE LE SERVITEUR DE TOUS ! Le 19 octobre, au cours de la messe dominicale du soir à la chapelle de St Jean Bosco, père Jacques Hivon, chan- celier du diocèse, nous a donné une vraie feuille de route pour que nous nous mettions véritablement en marche à l’orée de cette rentrée pastorale : « d’où viennent les guerres, dit St Jacques… posons-nous la question… il poursuit : « vous n’arrivez pas à vos fins »… posez-vous la question pourquoi… car c’est aujourd’hui que ces mêmes questions se posent véritablement… vous n’obtenez rien, mais est-ce que aujourd’hui même nous prions et demandons dans la vérité… et Jésus en cette rentrée scolaire un peu compliquée du fait de la crise sanitaire qui ne nous laisse pas tranquilles, nous donne malgré tout la réponse : « celui qui accueille un enfant comme celui-ci, c’est Moi qu’il accueille ! » Il nous faut absolument accueillir Jésus dans notre vie. Le pape va nous proposer de travailler en Synode ; impli- quons-nous dans la prière, dans la réflexion, dans l’entraide ; le presbytérium du diocèse va se réunir cette semaine avec Mgr Macaire pour nous mettre tous en marche ; dès à présent mettons nous en prière pour que l’Esprit nous éclaire et nous encourage à aller de l’avant ensemble ! » Et la chorale de la chapelle de saint Jean Bosco a su se mettre au diapason dans une joie chaleureuse et une ferveur contaminante : Cynthia Lebreton accompagnant au steel-band son papa à l’orgue dans une belle harmonie ! Merci pour la fidélité de cette petite chorale pleine d’espérance qui regroupe les gens du quartier et qui prend soin par ailleurs de fleurir tous les dimanches ce petit sanctuaire si cher au cœur des Guadeloupéens ! « J’aime la simplicité et l’ambiance familiale de cette chapelle, témoignait mamie Sonia à la sortie, et comme j’habite à côté et que je ne peux me déplacer qu’à pieds, c’est plus facile pour moi. Il ne faut plus avoir peur de nous retrouver en communauté, en famille pour prier. La messe à la télé ou la radio, ça va bien un peu, mais rien ne vaut l’élan de la fraternité en communauté comme aime nous rappeler souvent Fr Francklin Armand ». Et le jeune Rémy de témoigner aussi : « à la veille de reprendre mes études à la fac, je suis content d’avoir vécu cette messe où mon amie m’a incité à aller, le steel-drum a donné une touche harmonique très soft et apaisante ! » Allons à la rencontre du Seigneur, comme le chant d’envoi nous y invitait ! Jean-Marie G.

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10 LA CRISE SANITAIRE CHEZ NOUS “ A g ir p our réussir ” Suite de nos témoignages “Eg lise 1019 ” Mon métier d’assistante à la personne je l’ai toujours fait avec joie et plaisir, mais j’avoue qu’actuellement c’est éprouvant, car les gens nous demandent beau- coup plus… plus que les soins immédiats à leur prodiguer comme à l’habitude. Ils veulent parler, ils veulent être surtout réconfortés, car cette période sa- nitaire est très insécurisante pour eux ; comme pour nous d’ailleurs. Mais nous n’avons pas le droit de nous plaindre quand on voit ce qui se passe par exemple en Haïti. J’ai tardé à me faire vacciner car ça me fai- sait peur, mais finalement pour pouvoir exercer mon métier moins stressée j’y ai consenti. Je vais mieux, mais il n’empêche, j’ai beaucoup de travail et de kilo- mètres à parcourir car de plus en plus de gens âgés ou isolés me demandent de passer chez eux pour les aider, pour passer un moment. Heureusement je ne suis pas la seule, je vois de jeunes médecins ou in- firmières très gentils mouiller leur chemise pour aller au-devant et soigner et apaiser les personnes. Mon idéal pour tenir dans l’adversité ? Cette belle parole du bienheureux Antoine Chevrier « Je me suis décidé à suivre Jésus Christ de plus près ». Elle me permet de tenir ! Voilà tout. Arlette V. (Grands-Fonds) Je suis assistant social et éducateur en nord-Basse-Terre. Je trouve qu’on rame beaucoup actuellement avec cette crise sanitaire qui semble ne pas en finir… je vois beau- coup de jeunes qui ont du mal dans les quartiers ou les sections, le confinement ne leur va pas. Souvent oisifs, et c’est dangereux, ils s’ennuient en plus beaucoup ac- tuellement tout est fermé, pas de sport (ils n’aiment pas courir individuellement par exemple), pas de rassem- blement … quelle issue pour eux qui sont en recherche de travail ou de formation adaptée pour la plupart ? Se faire vacciner, ils en ont peur et n’ont pas confiance, et comme souvent la plupart du temps ils ne portent pas de masque j’essaie de les convaincre de prendre soin d’eux pour prendre soin des autres. Je ne me décourage pas, ça commence à faire son chemin, et inlassablement tous les jours je viens les saluer et échanger quelques mots, on parle de Bob Marley, Kassav, etc. quoi qu’on en dise bien souvent, ils n’ont pas de méchanceté même si des addictions les guettent. Je viens de leur mon- trer sur mon portable cette parole de Michel Aupetit : « la Fraternité est une décision à prendre » et celui-ci continue en déployant comment selon lui il faut faire ; loin de me repousser ils ont tous pris le lien sur leur por- table. Je leur ai promis qu’on en reparlerait s’ils étaient d’accord. Entendu, m’ont-ils dit, mais il ne faudra pas seulement dire de belles paroles, il faudra prendre effec- tivement des décisions et surtout proposer des actions. Oui bien sûr ! Ludovic C. En tant que jeune brancardier, on est toujours beau- coup sollicité, on fait de notre mieux mais on n’a pas toujours le temps d’être suffisamment bienveillant avec les patients. Par contre je trouve vraiment que la période actuelle est éprouvante… heureusement que j’ai foi en Dieu, ça m’empêche de craquer ; il m’arrive même en poussant le brancard vers la radiologie par exemple de prier à voix basse avec le patient quand je sens que ça l’apaise. Comment je tiens ? Je fais mienne cette parole : dans le film « ad astra », James Gray fait dire à Brad Pitt : « Je me concentre sur l’es- sentiel et j’exclus tout le reste ; j’ignore ce que l’avenir me réserve, mais je ne suis pas inquiet, je pourrai compter sur les gens proches de moi, et je partagerai leur fardeau comme eux le mien, je vais vivre et je vais aimer. » Voilà l’idéal que nous devrions cultiver en nous, surtout les jeunes. Cédric D. (Abymes) Aujourd’hui, j’ai écouté religieusement le discours d’une connaissance qui a enterré sa mère et se de- mande comment annoncer à son père, qui lutte pour sa survie qu’il ne reverra plus son épouse car elle est déjà enterrée ? Pour l’instant, elle a fait le choix de gar- der le secret même si elle se sent dans une situation inconfortable et a demandé au personnel soignant de ne rien dire. Comme elle dit : « A chaque jour suffit sa peine… » Elle me dit n’avoir rien vu venir, sa mère, toujours active, ne se plaignant jamais, a été empor- tée en moins d’une semaine, ce virus vous attaquant de manières tellement différentes, le scanner, exa- men de référence, n’avait rien laissé voir. Mon amie s’en veut terriblement car sa mère vivait avec elle de- puis plus de 10 ans. Pas moyen de la consoler… Nadia AGAPÉ, infirmière à Saint-Martin

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11 TRAVERSER LE DEUIL Diacre Freddy Algou, père de famille, cadre responsable du recrutement à l’école de la deu- xième chance à Guadeloupe Formation, et accompagnateur des équipes funérailles dans sa paroisse, vient de traverser une zone de turbulence terrible avec ce covid qui a atteint à tour de rôle les membres de sa fa- mille… une épreuve dont il se remet aujourd’hui doucement ; de retour dans sa maison depuis peu il continue courageusement sa convalescence et s’apprête à reprendre la mission dès que tout ira mieux. « C’est l’épreuve du feu cette maladie, je puis en témoigner, mais grâce à Dieu je suis toujours resté lucide même au plus profond de la douleur… demandant à Dieu ce qu’il vou- lait de moi en vérité ! » Le covid a commencé par toucher ma famille : mes en- fants, mon épouse à tour de rôle, et pourtant on faisait at- tention bien-sûr. Grâce à Dieu ils ont tous été atteints certes mais pas aussi fortement que moi, et j’ai pu m’occuper des miens dans un premier temps, les soutenir, les soigner, et pa- rallèlement continuer la mission comme diacre dans l’accompa- gnement des nombreux décès qu’il y a eu sur la paroisse de Cadet Sainte-Rose et ailleurs. Les familles sont tellement éprouvées dans ces moments-là qu’elles ont l’impression de perdre tous les repères. Il nous faut humble- ment répondre présent, accompa- gner, trouver les mots de réconfort, et je m’y suis toujours appliqué avec la grâce de Dieu et le soutien du père Antoine Bourguignon et des équipes funérailles. Puis vint mon tour d’être contaminé, comme je suis dia- bétique, je devais être extrême- ment vigilant. Mon fils médecin veillait sur moi aussi. Malgré les médicaments pour me permettre de faire face, le mal m’a terrassé et le 12 août, je n’en pouvais plus : je ne dormais plus, j’étais épuisé, essoufflé en permanence… ma famille priait avec moi suppliant Dieu de m’éclairer, de me venir en aide, je peux témoigner que leur présence m’a permis de garder la tête hors de l’eau. Mais j’ai dû me résoudre à aller au CHU. Là j’ai été mis à l’isolement dans une salle du sous-sol où étaient admis en urgence tous les premiers arri- vés : j’ai beaucoup prié, beaucoup pleuré aussi je puis vous le dire, d’autant que la connexion portable en sous-sol ne passait pas. J’étais donc tout seul, mais grâce à Dieu je ne suis jamais tombé dans le coma. Mais je n’en pouvais plus. Appareil respiratoire, oxygène… vérification multiple autour de moi… piqûres… scanner… je puis témoigner que le personnel du CHU a toujours été très bienveil- lant, aux petits soins de moi, attentif à mes moindres gestes, moindres besoins. Mais je me sentais perdu, je priais beaucoup, je me sentais très faible, au bout, et on conti- nuait autour de moi les batteries d’examen. « Seigneur si c’est la fin, dis-le-moi. Mais si ce n’est pas la fin fais-moi signe ». Mes poumons très atteints crépitaient, le taux de glycémie était élevé. Ma prière s’est faite plus insistante et je savais que mon épouse, mes enfants, mes amis, ma communauté priaient en GRÂCE À DIEU ET À L’AMOUR DES MIENS, JE M’EN SUIS SORTI ! Il y a eu tellement de décès et de souffrances autour de nous dans les familles, par-delà cette crise sanitaire qui nous oblige à la distance, « seule la foi en Dieu nous permet de tenir et de faire face » disait une mère de famille qui venait d’enterrer sa maman à Saint-Claude. Nous y sommes, la foi, l’entraide et la fraternité sont le trépied sur lequel nous pouvons nous appuyer pour garder l’espoir. Les témoignages qui suivent en sont la preuve.

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12 TRAVERSER LE DEUIL même temps avec moi. Très tard dans la soirée, on m’a fait monter au sixième étage du CHU. J’allais un peu mieux et la connexion por- table pouvait passer, les paroles réconfortantes des miens étaient un baume d’apaisement pour moi. Même si je demeurais en isole- ment, on pouvait prier ensemble. J’ai mesuré l’amour de ma famille et de tous les miens. Dieu m’a fait signe qu’il m’aiderait à remonter la pente. La volonté a suivi, la foi l’avait précédée. Et me voilà à l’hôpital de Capesterre-Belle-Eau, les soins sont toujours intensifs, il ne faut pas baisser la garde. Séances de kiné alternent avec les petites marches, et les soins toujours contraignants ; tout cela me de- mande de très gros efforts. Même si on ne peut recevoir de visite, tous les gens sont gentils et atten- tifs autour de moi, la mer est belle, le site est agréable, la respiration de la prière permet de tenir. Paroles et prière au long de l’épreuve pour tenir bon. Au CHU : Épouse chérie, merci pour ton message. Continue de prier pour moi. Prends soin des enfants et des autres. La vie est un combat qu’il faut mener. Je vous aime tous. Passez une bonne jour- née. Nous devons vivre l’amour et donner de l’amour autour de nous. A Capesterre : Merci Seigneur de me faire sentir ta présence, même si j’ai toujours un peu peur et que je fatigue vite. J’ai toujours les aé- rosols mais tu me donnes ta force pour acquérir au fur et à mesure cette autonomie indispensable. Quand je n’arrive pas à dormir tu viens par la prière me réconforter. Mon diabète est là, mais je vais me faire vacciner. La faim heureu- sement revient progressivement. Que Dieu vous bénisse tous. L’accompagnement des familles dans le deuil, ce n’est pas évident, il faut changer les gestes du fait des précautions sanitaires mais de- meurer proches. Par des paroles, des regards et une communion authentique dans la douleur. Comme chrétiens, c’est la bien- veillance qu’il nous faut absolu- ment cultiver, et repousser loin les attitudes craintives et les gestes machinaux. Il est indispensable que nous assurions si je peux dire un « service après-vente », le mot n’est pas joli mais signifie bien que nous devons être proches des familles avant la cérémonie mais aussi et surtout après les funé-railles. Pour cela on peut se servir de WhatsApp pour demeurer en lien, promouvoir les groupes de prière et les petites communautés qui aident tellement dans les quar- tiers. Durant les cérémonies nous pouvons mettre en valeur le rite de la lumière qui a beaucoup de sens pour les gens : la mémoire, la transmission c’est quelque chose pour garder l’espérance. Les « leviers » indispensables pour s’en sortir Je dis souvent à mon entourage, il faut vivre le présent comme nous y encourage tellement pape Fran- çois. Aimer authentiquement son prochain, n’avoir pas peur de té- moigner de sa foi. Le Père nous ouvre toujours le ciel, chacun a sa place et sur terre on doit pour- suivre la mission coûte que coûte. C’est cette fraternité-là qui nous permettra de tenir dans l’adver- sité. Je reviens de loin, Dieu m’a montré tout son amour non seu- lement pour moi, mais pour ma famille, pour tous les hommes. Malgré la pandémie il nous faut accompagner les familles, les souffrants, les mourants. C’est un vrai chemin d’espérance et de courage qu’il nous faut cultiver autour de nous. PRIONS POUR LES SŒURS AINÉES DE ST JOSEPH DE CLUNY ! A l’écluse du Moule, la communauté Marie de Béthanie des sœurs âgées de St Joseph de Cluny traverse une zone de turbulence du fait de la grande fatigue et de la maladie pour certaines : « nous expérimentons ce bien si doux que nous devons préférer à tout autre bien », comme disait Bienheureuse Anne-Marie Javouhey à ses sœurs : « conservez la paix qui est le bien le plus précieux que nous puissions posséder en ce monde... ». Avec beaucoup de foi et de courage elles s’entraident les unes les autres et se réconfortent. « Plusieurs ont été hospitalisées et sont de retour depuis heureusement », affirme Sr Joseph-Marie, provin- ciale Antilles-Guyane. Prions pour elles chaque jour, qui ont donné leur vie au Christ et au service des autres. L. P.

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13 Durant cette pandémie, beau- coup de familles de Grand-Bourg se trouvent en difficulté pour plu- sieurs raisons : la baisse ou la perte de revenu, la maladie, le dé- cès d’un proche. C’est vers l’Eglise que certaines familles s’adressent et reçoivent un appui d’ordre spiri- tuel et matériel. Depuis la rentrée, elles sont nombreuses, celles qui passent à l’église ou au presby- tère pour prier ou recevoir une bénédiction du prêtre pour bien passer l’année scolaire.Malgré la crise sanitaire, en res- pectant les gestes barrières, je rends visite à nombre d’entre elles pour échanger et aussi pour le sacrement des malades si né- cessaire. Souvent, je les trouve en train d’écouter radio Massabielle ou regarder Kto. Pour rester en contact avec les fa- milles, les légionnaires de Marie, porteurs de communion à domi- cile, ne pouvant pas se rendre chez les malades, mènent des actions à distance. Ainsi, régulièrement, par téléphone, ils s’entretiennent avec eux. Une fois par mois, de préférence le premier vendredi, à la même heure, avec les familles des malades, ils prient. Ils récitent la prière du pape pour une com- munion spirituelle, la prière pour éradiquer la maladie liée au covid, suivie d’une dizaine de chapelet et de la prière à Marie. Les membres du Secours Catho- lique et d’autres paroissiens ap- portent à certaines dans le besoin une aide matérielle et adminis- trative. Beaucoup de parents s’impa- tientent de voir la reprise du ca- téchisme se réaliser. C’est bien aussi notre préoccupation, mais nous sommes obligés d’avan- cer avec beaucoup de prudence pour éviter que les rencontres de catéchisme soient des lieux de propagation du virus. Chaque jour, avec les paroissiens, nous re- levons le défi d’être proches des familles en leur apportant un sou- tien et un réconfort, tout en étant vigilant et en respectant les gestes barrières. Pour conclure, cette belle pensée du saint curé d’Ars : « Le bon Dieu est toujours disposé à nous rece- voir. Sa patience nous attend ! » ; et cette autre de Saint Vincent de Paul : « La grâce de la persévé- rance est la plus importante de toutes, elle couronne toutes les grâces. » Père Vincent de Paul SAWADOGO Oui, cette période pandémique est une grande épreuve pour nous, mais surtout pour les familles qui perdent un être cher, souvent bru- talement ; et nous « services des métiers dans le funéraire » devons faire preuve d’empathie pour ac- compagner les gens et être au plus près pour leur faciliter les choses. On est en effet parfois les premiers de cordée dans ce cheminement. Cette période est aussi une vraie interrogation pour nous qui devons être à la hauteur dans la bienveillance, la sollicitude, l’attention. Dans la discrétion, il nous faut toujours devancer les problèmes, les difficultés afin de permettre aux personnes dans le besoin de se sentir comprises en vérité et épaulées. Et donc quand il y a de nombreux décès, nous ne devons pas perdre pied. La vertu essentielle, me semble-t-il, c’est de faire preuve de beaucoup d’hu- manité… et de promouvoir l’har- monie en soi pour la répandre comme un baume. C’est un travail, une disposition, une application ; et nous faisons de notre mieux en cultivant en nous l’intériorité (cette disposition spirituelle si es- sentielle dans l’équilibre humain) afin de l’irradier au mieux autour de nous ! Quand il n’y a pas d’ac- compagnement religieux proposé ou que leurs services sont débor- dés il nous faut pallier au mieux en proposant un parcours fait de textes, de poèmes, de chants, de musiques, de réflexions pour aider les familles et les consoler. Parfois d’ailleurs, et je l’ai vu récemment au cimetière de Baie-Mahault, des membres de la famille de la per- sonne défunte viennent s’exprimer spontanément, témoigner et dire leur cœur, c’est alors très beau et plein de dignité aussi, surtout quand ce sont des jeunes l Voilà le travail que nous vivons comme un service, croyez le bien ! » Armise D. Conseillère funéraire (Grande-Terre) ACCOMPAGNEMENT DES FAMILLES À GD-BOURG QUAND LA MORT FRAPPE À NOTRE PORTE !

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14 LÈ LÈSPRI BÈLTÉ-LAVI ANCHOUKÉ ANDIDAN-NOU ! Si nou vlé sòti adan labou-dalo ola zatrap-lavi vlé kyenbé-nou toulongalé, fo nou sav asiré-sèten : - Dabòpouyonn penga jen pè ! - Epi osi, sé yenki èvè fòs é kouraj nou ké rivé fè-y. Mé, pou sa rivé fèt, fo prensipalman nou rété zyé gran-wouvè ka gadé tèt a syèl : - Fo nou ni kè an-nou plen ka débòdé lèspwa èvè lannmou. - Fo lèspri an-nou toujou véyatif ka konpwann kijan lanati ka vlopé-nou adan jolivans a lékoloji. Sansa, anni gadé jan sosyété-la yé alantou an-nou. Ka nou ka vwè ? Nou ka vwè : Onlo moun ka chèché bonnè anni adan légoyisité a yomenm-yomenm a-yo, adan vorasité-lajan, adan chakmoun-chakmoun. Nou ka vwè : Onlo moun pa vlé konprann nou pa asi latè pou nou anni adan on lagyè i pa ka janmé bout, ola vyo- lans ka anjandré hayisans si hayisans. Nou ka vwè : Onlo moun pa vlé konprann nou asi latè pou nou goumé èvè tout fòs é kouraj an-nou, pou nou trapé plis égalité ant nou, pou adan lavi tini plis jistis ba tout moun. Mé ka sé moun-la i pa vlé konprann sa la ka chèché ? Ay sav ! Mandé-yo menm ! Edouard Glissant maké : “ Fè sa ou ni pou fè la ou ka viv, mé fè lèspri a-w travay èvè tout larèstan moun asi latè” Eben mi nou rivé la nou té vlé : Silon on bèl pawòl a Dom Helder Camara sé : « Lè nou ka viv yonnalòt, sé yenki konsa, an jan-lasa, nou pé rivé sové nanm an-nou » Charles de Foucauld, on frè-anlinivèrsalité, toujou mandé Bondyé a Jézikri ba-y fòs libèté é lafwa pou i rivé pratiké rèli- jyon a « labonté », asèlfen i wouvè dé bra a-y gran pou fè travay touléjou vini akwèdi on longan pou kalmé soufwans a toulésèz ka touvé-yo alantou a-y. Sé adan lèspri bèlté-lavi lasa pou nou gadévwè mété douvan, atoutfòs, pou nou vwè rivé janbé tout bayè ka sépa- ré-nou, janbé tout vyé modèl-anmortalité, tout vyé fo-lidé orasòl. Mi sé travay-lasa nou ni pou nou mété an pratik, toupatou asi latè, adan chak péyi, chak kawtyé, chak kominoté, chak fanmi, chak fanm é chak nonm, asèlfen sa vini on mannyè priyédyé nou ka simé toulongalé. Kifèwvwè, asi douvan-kaz an-nou, moun ké pé li on pawòl a Bondyé silon Charles Péguy : « Sa ka lèstonmaké-mwen plis adan sa, sé lèspérans. An ka rété èstébé- kwè. On ti lèspérans-ayenditou, on tifi-lèspwa ». Mé ahak ni ayen pa gran pasé-y si nou vlé rivé touvé sa yo ka kriyé bonnè anvérasité. Frère Francklin ARMAND (Méditasyon Juillet 2018) S sa v asi ré -Da bò po uy on npe ng ajen 2 MÓ 4 PAWOL Dr Henr y Joseph, frère Francklin et Hector Poulle t Dossier réalisé par J.-M. GAUTHIE R TRAVERSER LE DEUIL Papi, tu nous disais toujours quand tu arrivais à la maison : « bonjour mes petits-enfants, timou anmwen bien bonjou, je viens vous faire une surprise ! » et nous aimions ça : c’était soit une blague, une gâterie, une histoire drôle. On attendait tes surprises toujours avec impatience. Et puis tu es tombé malade, vite, trop vite, on a eu beaucoup de peine et quand on a pu aller te voir tu as dit dans un beau sourire, même s’il était fatigué, « c’est vous qui me faites la surprise de venir. Merci. » Le lendemain papi n’était plus là. Parti auprès de Dieu dans le ciel, a dit maman qui nous a rapporté les derniers mots de papi : « tu leur diras que je leur ferai toujours la surprise de leur sourire depuis le ciel ! ». Soleen (onze ans), Saint-François Un passage obligé. La mort de mon copain, fauché bêtement dans un accident de moto, je ne m’y ferai jamais, m’étais-je dit devant son cercueil. J’ai été comme sidéré à ses obsèques. Depuis, le temps a passé et quand je repense à lui, je redouble d’efforts dans ma conduite, dans ma passion sportive, dans mon comportement en société (pour éviter les abus). Je considère ainsi qu’il continue de me conseiller et de m’éclairer par-delà sa disparition. C’est sans doute ça l’amitié vraie et l’espoir en fin de compte. Merci à toi l’ami ! Jordan V., Marie-Galante PAROLES D’ENFANT ET DE JEUNE

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15 LES JEUNES Cécile. P, étudiante en 2 ème an- née de Licence SVT, Université des Antilles (Fouillole) Aborder positivement la rentrée Pour ma part, je suis rentrée de- puis le 4 septembre. Je reconnais que l’idée de débuter une nou- velle année scolaire, en distanciel, m’inquiétait beaucoup. « Le distan- ciel » nécessite de faire preuve de deux fois plus de volonté et d’une grande motivation pour réussir. Il est surtout important d’être très or- ganisé pour équilibrer son temps de travail et son temps libre. Ce sont deux temps nécessaires. Très inquiète, j’ai décidé d’anticiper la rentrée dès la fin de mes examens. Entre autres, dès le mois de mai, j’ai : réorganisé ma chambre ; fait mes courses de rentrée ; commen- cé à élaborer un emploi du temps type, d’une semaine en distanciel. Mon but était d’être la mieux pré- parée à une potentielle rentrée en distanciel. Et je me suis tenue à ce programme. Comment s’organisent mes journées ? Cette année, j’ai opté pour une méthode que j’appellerais mé-thode de « conditionnement ». Elle consiste à me préparer comme si je me rendais sur le campus. Je me réveille, entre 5h30 et 6h00, avant le début de mes cours, ce qui me permet de me préparer, manger, écouter un peu de musique ou ré- viser. J’en profite aussi pour faire ma prière du matin. Mes emplois du temps sont très variables : ma semaine est parfois très chargée. Pour anticiper mes révisions, j’imprime mes emplois du temps et je divise mon temps libre en plusieurs planches ho- raires. Par la suite, en fonction de mes objectifs du jour, je complète les planches horaires. Je ne res- pecte pas toujours mon planning ; simplement, j’ai une idée de ce que je veux faire chaque jour. Comment as-tu vécu les précédents confinements ? Cela n’a pas était facile, surtout sur le plan scolaire. En général, j’aime bien les vacances parce qu’on a moins de travail. Les précédents confinements, surtout le premier, ressemblaient beaucoup aux va- cances : j’étais à la maison, j’al- lumais l’ordinateur pour suivre le cours mais finissais par prendre sommeil devant. Je m’organisais au jour le jour : la catastrophe pour une étudiante. Autant dire le confinement ne m’a pas très bien réussi. « J’ai l’impression de plus connaître mon ordinateur, que mes amis. », disait un étudiant. Oui, c’est vrai. Même, s’il y a les réseaux sociaux : whatsapp…, on PRENDRE LE BON CAP ! se voit moins. Avant, à la pause dé- jeunée, je profitais pour manger et « blaguer » avec mes amies. Lorsque nous avions des pauses en commun, nous révisions en- semble. Actuellement, je mange seule devant mon ordinateur, je révise seule et surtout à la fin de la journée je suis saturée des écrans. Comment « aller de l’avant », en situation de crise, que conseilles-tu à ceux qui seront tentés de décrocher, pour les motiver ? Décrocher, nous tente tous, mêmes les meilleurs. C’est facile ! On commence, par tout remettre à demain, puis à après-demain… etc… Sauf que, cela peut nous conduire à abandonner nos études voir nos rêves. Mon conseil, sache pourquoi tu fais tes études, quel est ton but et accroche toi à ça. Tu fais des études de langues parce tu veux voyager dans le monde entier, ne l’oublie pas. Chaque ma- tin, rappelle-toi que les sacrifices que tu fais, sont pour tel ou tel ob- jectif. Si malgré tout tu décroches, ce n’est pas grave. Réorganise tes journées, fais du sport ou une pro- menade chaque semaine pour décompresser ; surtout remets toi au travail. Une dernière chose, dans mes prières et à la messe, je confie toujours à Dieu ma scolarité et mon travail. Je sais que même si c’est dur, il est avec moi. Aie confiance, il est aussi avec toi. Ta vie spirituelle, intérieure, est- elle aussi confinée ? Comment se confronte et s’affermit ta foi face à cette pandémie ? Je ne pourrais pas dire si ma vie spirituelle est confinée ou pas. Ce- pendant, je fais et faisais l’effort de me rendre à la messe, avec mon attestation, dès que je le pouvais. J’ai, également pris conscience de l’importance de confier sa journée à Dieu, chaque matin. En faisant ça, même si l’année a été dure, grâce à Dieu j’ai réussi. Cette belle pensée d’Antoine de Saint-Exupéry est le levier de beau- coup d’étudiants pour reprendre le chemin de l’université en cette période de pandémie : « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible. » Ainsi deux jeunes nous partagent leur témoignage.

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16 Agnès.P, diplômée d’un BTS Gestion Comptabilité, étudiante en Bachelor Ressource Admi- nistrative Financière Cette rentrée de Septembre est pour moi, un nouveau challenge. En effet, je suis en alternance et j’appréhende beaucoup car avec le virus j’ai peur de me retrouver en télétravail dans un domaine où l’accompagnement est très impor- tant au début. J’essaie d’organiser mes journées de la façon suivante : 1/3 en cours et 2/3 en entreprise. Il me faut trouver du temps pour l’apprentissage des cours afin de mieux les réinvestir en entreprise. Les précédents confinements étaient plutôt difficiles. En effet j’ai dû rester à la maison avec un débit internet très mauvais à parta- ger avec mon frère et mes sœurs que je devais également aider lors des connexions. Cependant ils ont très vite appris à faire. De plus j’ai été cas contact en février puis en avril toute ma famille a donc été confinée et je m’endormais dans certains cours où je décrochais très vite donc j’ai eu une moyenne qui m’a fait me sentir impuissante face à cette pandémie qui agissait sur ma scolarité. Cependant avec les réseaux sociaux, j’ai toujours gardé le contact avec mes amis, le seul souci c’est que l’on ne peut pas se voir mais nous pouvons toujours nous soutenir face à la situation. Lors du premier confinement j’ai très vite décroché, de plus l’année de mon diplôme j’ai été confi- née deux fois donc ma moyenne n’était pas parfaite. Ma tante m’a dit « mets ta confiance en Dieu », j’ai révisé à fond, j’ai mis ma confiance en Dieu et j’ai eu mon diplôme. Alors je dirai pareil aux jeunes qui décrochent, fais de ton mieux, accroche-toi et mets toute ta confiance en Dieu. Je peux témoigner que durant le premier confinement ma vie spi- rituelle a été elle-même “confi- née” Et j’ai très vite ressenti le manque d’aller à la messe. Même actuellement avec les restrictions à respecter partout dans les lieux de culte, c’est parfois compliqué, mais je m’arrange pour y aller une fois dans la semaine quand le dimanche j’en suis empêchée. D’ailleurs j’ai découvert grâce à la ténacité de ma maman la messe en semaine, et aussi à d’autres moments la messe dans d’autres églises du monde : Haïti, la France, la Martinique et bien d’autres lieux grâce à YouTube. Propos recueillis par père Silvère NUMA BÉNÉDICTION DU L.E.P. DE BLANCHET Mardi 31 août, pour marquer la rentrée de tous au lycée professionnel de Blanchet à Gourbeyre, Père Silvère Numa, délégué épiscopal à l’in- formation, représentant Mgr Macaire, est venu présider un temps de prière et de bénédiction pour encourager tous les personnels du lycée, et en même temps il a pris soin de bénir tous les bâtiments, les parties qui ont été réhabilitées si efficacement, ainsi que tous les ateliers. Après le mot de bienvenue et d’introduction du directeur, M. Fritz Landres, le temps de prière et de recueillement a regroupé les représentants de toute la communauté scolaire, des enseignants et de tout le personnel. Le chant d’entrée « Rassemblés dans ton amour, Seigneur, unis par la même foi, Tu nous montres le chemin, Seigneur, qui conduit vers Toi » mettait tous les cœurs au diapason. Diacre Jacky Ramassamy, animateur en pastorale scolaire, proclamait l’Evangile du jour : « En ce temps-là, Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait ». Dans son homélie pleine de zèle et de conviction, père Numa encourageait tout le monde à s’engager pour mettre l’enseignement de Jésus dans sa vie, afin que tous les jeunes qui viendront au lycée trouvent de vraies raisons d’espérer malgré la crise sanitaire qui nous barre le chemin. « Mais l’Esprit de Dieu est plus fort pour nous per- mettre d’aller de l’avant et de ne pas nous décourager » concluait-il. La prière du Notre Père et les intentions de prière universelle ne voulaient oublier personne, surtout les familles éprouvées durant les vacances. Père Numa concluait ce beau temps de prière par ce mot fort : « que Dieu achève en nous ce qu’Il a commencé ». Le verre de l’amitié permettait à tous de beaux échanges réconfortants. Mehdi SAINTE-LUCE, CPE LES JEUNES

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17 SCOUTS TOUJOURS PRÊTS ET EN TENUE DE SERVICE Les Scouts et Guides étaient pré- sents lors des funérailles de Père Chalder, ils ont mis tout leur cœur et toute leur reconnaissance pour le travail accompli au sein de notre mouvement. Il fait partie de notre histoire et chacun de nous en garde quelque chose de pro- fond. Marielle Werter répond à nos questions. On est Scout et engagé Ce mot engagé n’est pas dans une demi-mesure chez les scouts et guides de France. Donc pandémie, Covid, restrictions, nous avons tout fait pour faire vivre le scoutisme à Basse-Terre. Comme partout en Guadeloupe. Chez les louveteaux et les jeannettes, les 8-11 ans ce sont les enfants qui choisissent l’univers qu’ils veulent explorer et nous le vivons avec eux. La pandé- mie n’a pas changé cette part de la pédagogie, au contraire, elle nous a permis de mieux nous y concen- trer pour faire vivre aux enfants des aventures extraordinaires et leur permettre de s’évader. Le groupe Mgr Magloire qui œuvre à Basse-Terre vit actuellement sa rentrée… En décembre les scouts rece- vront la lumière de Bethléem, une flamme transportée par une chaîne de bénévoles depuis Israël jusqu’en Guadeloupe et la trans- mettront à leur tour en Basse-Terre. Dans le cadre des 100 ans du scoutisme, ils intègreront une dé- marche pèlerine dans leurs activi- tés : cheminement vers des lieux spirituels de Guadeloupe, service et observation de la création. Les temps de promesses seront l’occa- sion pour les jeunes de s’engager personnellement pour les autres, sous le regard de Dieu. Enfin, pour les enfants qui en ont le désir et en fonction de leur parcours person- nel, un accompagnement vers les sacrements peut également être proposé avec la pédagogie des SGDF. Certains enfants rêvent au- jourd’hui de faire leur baptême en chemise scoute ! Du côté des far- fadets, nous allons continuer d’em- mener les 6-8 ans à découvrir le scoutisme à travers un imaginaire très fort et les emmener en voyage. Justement plus que jamais nos jeunes ont besoin de cela : rêver, imaginer, être ensemble. Comme chaque année, nous vivrons avec les louveteaux l’imaginaire souhai- té par les enfants. Après le Moyen- âge, les super-héros et le monde magique, nous avons hâte de débuter de nouvelles escapades. Nous n’avons pas peur de nous déguiser et de prendre un rôle ; le plus important est de s’amuser ensemble. Bien sûr, nous allons camper et, si la situation sanitaire le permet, nous ferons des activi- tés en dehors du local. Et s’il y a un nouveau confinement et qu’on ne peut plus se voir physiquement ? On se lancera des défis à distance et on s’organisera quelques web- cams délirantes. MOUVEMENTS Quelles sont les clés pour être un scout aujourd’hui ? Être fidèle à sa promesse et avoir conscience que ce n’est ni la ri- chesse, ni le succès, ni la satis- faction égoïste de nos appétits qui créent le bonheur. On est de bons scouts, heureux, en deve- nant dès l’enfance, des êtres sains et forts qui pourront plus tard se rendre utiles lorsqu’ils seront des hommes et des femmes. Que ce soit à cause de la pandémie ou d’autres problèmes, les scouts sont une des meilleures réponses à l’isolement. Les portes sont ou- vertes à tous, que l’on soit timide, extraverti, doué, maladroit, discret, turbulent… Vous avez forcément des talents que vous pourrez parta- ger avec d’autres. Nos jeunes sont frappés de plein fouet ici en Gua- deloupe pour cette rentrée, pas d’école, un confinement durant les grandes vacances scolaires, les scouts sont là pour balayer cette morosité et permettre aux jeunes de vivre ensemble. Les clés sont là : « le vivre ensemble » à travers des projets menés tout au long de l’an- née. Réaliser des actions simples à travers son unité et vivre des temps forts en groupe. Aux scouts, on ne choisit pas ses amis, ni ses compa- gnons de route et c’est une force ! car nous devons composer tous ensemble. Les enfants deviennent amis avec des jeunes avec qui ils ne seraient pas devenus amis dans la cour d’école et ça c’est beau à vivre. Et bien les scouts, c’est le grand air, c’est la tente, le feu, la li- berté. Tout cela est une expérience incroyable à vivre. De 6 ans à 18 ans chaque jeune a sa place dans le mouvement. Nous avons besoin de forces vives pour encadrer tous ces jeunes, à partir de 17 ans et jusqu’à pas d’âge limite, rejoignez-nous. Nous for- mons une formidable équipe pleine de bonne humeur et sachant garder son âme d’enfant. J.-M. G.

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18 SPIRITUALITÉ OCTOBRE, MOIS DU ROSAIRE L’année pastorale commence timidement avec les difficultés que nous connaissons tous. J’ose espérer que le climat de la pandémie ambiant n’altère en rien votre foi en Dieu et votre dévouement à l’égard de notre maman du ciel que nous nous apprêtons à ho- norer avec ferveur durant ce mois, consacré particu- lièrement à elle. Qu’est-ce que le Rosaire ? C’est le nom d’une prière composée de quatre cha- pelets d’oraison, consacrée à Marie. En 1883, le pape Léon XIII décrétait que le mois d’octobre de cette an- née-là serait entièrement consacré à la Sainte Reine du Rosaire. Depuis, octobre est traditionnellement resté le mois de Marie. « Le Rosaire de la Vierge Ma- rie, qui s’est développé progressivement au cours du deuxième millénaire sous l’inspiration de l’Esprit de Dieu, est une prière aimée de nombreux saints et en- couragée par le Magistère. » Saint Jean-Paul II à plu- sieurs reprises a redit la richesse du Rosaire, déclarant que c’était sa prière préférée. Autrement, le Rosaire c’est vivre l’Évangile avec Marie. Les Équipes du Rosaire Elles sont un mouvement d’Apostolat des laïcs recon- nu en 1967 par les Évêques de France et en 1972 par l’ordre des prêcheurs (Dominicains). En 1955, le Père Joseph Eyquem, religieux Dominicain, pro- pose aux membres des ‘Confréries du Rosaire’ de sa région de Toulouse un nouvel élan missionnaire. Il le confie à l’intercession de sainte Thérèse de l’En- fant Jésus : les Équipes du Rosaire vont naître et se développer rapidement. Donc c’est un mouvement missionnaire, Diocésain, National et International qui, de par ses membres, transmet à d’autres l’espérance apportée par l’Évangile en la proclamant avec Marie. Les membres des équipes du Rosaire sont à l’image du Peuple de Dieu, tous sont invités : Pratiquants, ou non pratiquants, Femmes, Hommes. Il suffit de 3 ou 4 personnes pour commencer une équipe. Le mou- vement est réparti en responsable : de secteurs, de paroisses et d’équipes. Les Équipes du Rosaire se définissent Par le logo, et le Tabouret à trois pieds ; qui symbo- lisent : le feuillet, le calendrier et le foulard pour la mission. (Cf. image) Une Équipe du Rosaire est un petit groupe de per- sonnes qui se retrouve en deux temps : Chaque jour, la prière personnelle : méditation d’un mystère de la vie de Jésus-Christ en lien avec les autres membres des Équipes au niveau : Diocésain, Natio- nal et International grâce à un calendrier d’Équipe. Chaque mois : la prière en commun (à la mai- son) pour méditer la pa- role de Dieu en s’appuyant sur un feuillet mensuel. Aujourd’hui dans notre diocèse de Guadeloupe, il y a plus de 2 450 membres, répartis en petites équipes, qui sont au nombre de 296. Un mouvement missionnaire, comment ? Par invitation personnelle, on invite : son voisin, ses amis, les personnes de son quartier ou bien de son immeuble. La situation sanitaire actuelle ne nous per- mettant pas de nous rassembler en grand groupe, ce- pendant nous nous rencontrerons en trois temps forts au cours du mois d’octobre : dont le 7 octobre, fête de Notre Dame du Rosaire, célébrée dans toutes les paroisses avec la communauté. Le 23 octobre, ren- contre avec les équipes de la Grande-Terre et le 30 octobre, rencontre avec les équipes de la Basse-Terre. Tout au long du mois d’octobre, nous sommes invités à nous mettre à l’école de la Vierge Marie qui nous conduit à Jésus en priant seul ou bien en famille ou avec des amis le Rosaire ou une dizaine de chapelet, tous les jours notamment, pour notre archipel Gua- deloupe frappé durement par la Covid, en pensant aux familles endeuillées. Notre pensée se tourne éga- lement vers ceux et celles qui vivent dans la peur et l’angoisse. Vous savez bien que la peur est l’une des choses qui peut nous effondrer jusqu’à perdre totale- ment la joie de vivre. Donc elle est mauvaise conseil- lère ! N’oubliez pas que, de toute éternité, Dieu a créé l’homme pour le combler de sa joie, de cette joie qui jaillit dans la relation intime du Père et du Fils, joie infinie d’aimer et d’être aimé. Nous devons donc lutter sans relâche contre la peur, l’angoisse, toutes les forces de mort qui nous guettent, notamment de ce fameux virus puisque Dieu nous a fait pour le bonheur et la vie. Cette lutte n’est possible que par la foi et la persévérance. « Rien n’est impos- sible à celui qui croit en Dieu ». Chers (es) amis (es), en ce temps de pandémie le Seigneur vient nous dire : « Je suis venu pour que vous ayez la vie en abon- dance…Je vous donne ma joie et ma joie rien ne pourra vous la ravir ». Père Anson DACINÉ, aumônier des EdR

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19 Rendez-vous incontournable des passionnés d’histoire et du patrimoine, les journées européennes du patrimoine initialement prévues les 18 et 19 septembre 2021 sur le thème « Patrimoine pour tous » sont adaptées sur notre territoire. En effet, en raison du contexte sanitaire, ces journées sont reportées et auront lieu les 16 et 17 oc- tobre prochain, au cours d’une édition adaptée intitulée « Journées Antillaises du Patrimoine et de l’Architecture ». Le programme de ces journées sera édité dans la presse locale début octobre. Pour toute information sur la programmation : 0590 80.91.15 (Archives Diocésaines). L’orgue se fait une beauté Le facteur d’orgue Bertand Cattiaux, qui a réalisé l’orgue de la Cathédrale, inauguré en 2019, est venu pendant trois jours en juillet afin d’assurer le chantier de mise en lumière de l’orgue. Cet éclai- rage travaillé permettra de valoriser et sublimer l’instrument lors des concerts ou de l’office. PATRIMOINE 16 ET 17 OCTOBRE : PATRIMOINE POUR TOUS LA CHRONIQUE DES ORGANISTES L’objectif de cette chronique régulière sera de familiariser l’ensemble des parties présentes lors des offices au rôle de l’orgue et de l’organiste qui favorisent la rencontre du peuple rassemblé avec Dieu. Elle permettra également d’ac- compagner les organistes du diocèse vers une meilleure pratique de l’instrument, au service du culte divin. Elle est donc principalement dédiée aux organistes, chefs de chœurs, célébrants, psalmodistes et choristes, instrumentistes, ainsi qu’à l’ensemble des fidèles. Différentes thématiques seront abordées au fil des mois dans la revue : s 2ÙLES DE LORGANISTE  PRÏSENTATION DES RÙLES FONCTIONS ET POSTURES DE LORGANISTE TOUT AU LONG DUNE CÏLÏBRATION liturgique. s #ONSEILSTECHNIQUESAUXORGANISTESPRÏSENTATIONDESUJETSPLUSPOINTUSTELSQUELAREGISTRATION LINTERPRÏTATION ETC s/RGANISTESDE'UADELOUPEPRÏSENTATIONDECESFEMMESETHOMMESPARUNPORTRAITSOBREAXÏSURLERAPPORTÌLA musique et au divin. s /RGUESDE'UADELOUPEPRÏSENTATIONDESINSTRUMENTSDUDIOCÒSEETDELEURSHISTOIRES s #ULTUREMUSICALEPRÏSENTATIOND“UVRESMUSICALESETDECOMPOSITEURSMAJEURSAYANTÏCRITPOURLORGUE s /UVERTUREÌLACULTUREMUSICALECARIBÏENNEETPOSSIBILITÏSD“UVRERDECONCERTQUANDCELAESTPOSSIBLEETSUIVANTLES directives ecclésiales en matière de liturgie. s ºTREUNEPLATEFORMEPOURQUEDESJEUNESETMOINSJEUNES QUISINTÏRESSENTÌLAMUSIQUEETÌLORGUEENPARTICULIER se forment pour accompagner le chant dans nos églises. « La Nature, trésor inépuisable des couleurs et des sons, des formes et des rythmes, modèle inégalé de développe- ment total et de variation perpétuelle, la Nature est la suprême ressource ! » Olivier Messiaen, compositeur, musicien, pianiste, organiste, pédagogue (1908 – 1992). Jean-Michel LESDEL et Joël GUSTAVE-DIT-DUFLO Aurore MONDAIN, arc hiviste diocésaine PhPhPhoPhoPhoPhoPhoPho togtogtogtogtogtoggtogtogograprapraprapraprapraprrappphiehiehiehiehieehiehie DADDADAADACC C C C C GGGGGGCCC CCGGCCCC uadduadduadaduadudeloeloeeloeloeloeloupeupupeupeupeupee

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20 COMMUNICATION Radio Massabielle poursuit sa mu- tation et vous proposera à comp- ter du 4 octobre 2021, sa nouvelle de grille de programmes. Celle-ci va bien entendu conforter les ren- dez-vous emblématiques de la station. Au rang desquels la messe du matin du lundi au vendredi de- puis l’église Saint-Michel du Raizet. Mais pour cette nouvelle saison, votre radio se déplacera davantage au plus près des fidèles. Ainsi, tous les 3 èmes dimanches du mois, Ra- dio Massabielle retransmettra la messe en direct d’une paroisse de l’archipel. Sur nos antennes, dès le lundi précédent cet évènement mensuel, nous monterons vers di- manche, en vous proposant toute une série de pastilles sur la vie de la paroisse où nous nous rendrons, à travers des reportages et des in- terviews. Cette messe mensuelle en commune sera également re- transmise via Facebook, en plus de la diffusion radio. Autre nouveauté, un dispositif de retransmission comme celui ins- tallé au Raizet, sera également positionné à la cathédrale Notre- Dame de Guadeloupe à Basse- Terre de manière pérenne. De sorte que nous puissions égale- ment faire vivre à nos auditeurs les célébrations du chef-lieu. Cette nouvelle saison sera aussi celle d’une plus grande interactivité sur nos antennes, avec davantage d’espaces d’écoute de nos audi- teurs. Une large place pourra être faite de même, aux mouvements engagés dans la vie de l’Eglise. Sur le plan purement technique, il est à noter en outre que depuis quelques semaines, la liaison avec TDF pour la diffusion de nos pro- grammes se fait directement par IP depuis les installations de notre station situées au CPSO, sans pas- ser par les faisceaux des anciens studios de Pointe-à-Pitre. C’est un gage de sécurité et de fiabilité. La présidente de Radio Massabielle, Mme Jacqueline Cachemire-Thôle, son conseil d’administration, la di- rection, le personnel et l’ensemble des bénévoles comptent enfin sur votre soutien et votre générosité en ces temps de crise, pour per- mettre à notre station de remplir pleinement sa mission d’évangé- lisation, d’aide à la prière, d’an- nonce de la Bonne Nouvelle, de diffusion d’enseignements, et d’ac- compagnement des fidèles. Sans oublier de faire connaître la vitalité de l’Eglise catholique en Guade- loupe, ses initiatives, ses joies et ses espérances. Th. FUNDÉRÉ RADIO MASSABIELLE FAIT SA RENTRÉE RENCONTRE A.N.A.G. Aumônerie Nationale Antilles-Guyane Il y a quelques jours, j’ai donc déposé mes valises à Paris ! Dans les bagages, les souvenirs de Guadeloupe, avec les multiples messages pour la mission accomplie pendant 9 années au service du diocèse de Basse-Terre. Avant l’installation dans la capitale pour coordonner l’Aumônerie Nationale Antilles-Guyane, j’ai pu sillonner la France, de Lourdes à la Bretagne, de la Loire à la Corrèze, de la Rochelle à Ars. En ces lieux, des célébrations et de nombreuses rencontres antillaises ! Il m’a été donné de saluer et d’échanger avec des Guadeloupéens et des Martiniquais heureux d’apprendre que l’évêque émérite succédait au Père Marcel Crepin nommé curé du Lamentin en Martinique ! Je prolongerai ainsi le travail accompli par le Père Marcel au siège de l’aumônerie à l’église Saint Fran- çois d’Assise, près des Buttes Chaumont dans le 19 ème . Ce lieu est relativement proche de l’église Sainte Marthe des 4 chemins à Pantin, près d’Aubervilliers, désormais lieu de ma résidence. En effet, l’évêque de Saint-Denis, Mgr Pascal Delannoy m’a invité à résider dans son diocèse au nord-est de Paris. J’ai répondu positivement pour rendre quelques services dans différentes paroisses où il y a de nombreux Antillais. Ainsi, dimanche 12 septembre, à Clichy-sous-bois, j’ai participé au pèlerinage annuel dans un sanctuaire ancien, Notre-Dame des Anges. L’évêque du lieu rassemble chaque année les forces vives du diocèse, notamment les jeunes nombreux venant à pied dans une démarche spirituelle. Surprise en rencontrant des Antillais, à commencer par le Père Philippe Guiougou et des fidèles qui me donnaient tous le nom de leurs paroisses. La rentrée marque aussi le début de la mission de l’ANAG qui prépare le grand rendez-vous du 11 Novembre en l’église Saint Sulpice à Paris. Enfin, près des Invalides, se trouve le siège de la C.E.F. Ce lieu moderne et bien organisé est propice aux ren- contres. Ainsi, j’ai pu rencontrer les Pères Thierry et Silvère venus à Paris pour des réunions de l’enseignement catholique et pour la communication. Mgr J.-Y. RIOCREUX

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21 HORIZONTALEMENT 1 - Hors de toute agitation. 2 - Classée par ordre d’importance. 3 - Se rendra. Paresseux. Société de transport. 4 - Démonstratif. Islande. Patrie d’Abraham. 5 - Intolérable. 6 - Favorables. 7 - Maladie de Charcot. Voltige. 8 - Surveille. Deux. Type d’Iphone. 9 - Contestés. Groupe de rock japonais. 10 - Africaines. VERTICALEMENT 1 - Destinataires d’une lettre paulinienne. 2 - Nécessaire au maintien de la vie. Quotidien régional français. Oiseau bavarde. 3 - Agence internationale de l’Energie. Volant. 4 - Titre de noblesse. Type de contrat. Est sud-est. 5 - Intelligence artificielle. Diffusé. 6 - Capitale d’un pays de l’UE. 7 - Chaine d’info française. Bain à remous. Aluminium. 8 - Interjection. Préfixe d’égalité. Confident (inversé). 9 - Fleuve des USA. 10 - Direction. Bureau d’enquêtes et d’analyses. Réservé au Pape. 11 - Nuageux. 12 - En lien avec notre espace vital. P. CHERY, cssp (Solution dans le prochain numéro) M OTS CROISÉS N O 82 M OTS CROISÉS N O 81 ( SOLUTION ) H umour ! 1) Quel évêque célèbre a dit : « S’il y avait une quatrième vertu théologale, ce serait l’hu- mour ! » (Père Numa est passé dans sa ville pendant le congrès récent sur la communi- cation organisé par la C.E.F.) 2) Ki péyi Lafrik, nou ka manjé kapital a-y ? 3) Quel est l’auteur de cette pensée pleine de sagesse : « le monde a cru s’enrichir alors qu’il s’appauvrissait de tout ce qui le faisait riche » ? 4) Anagramme renversante. Si cette force de la nature avait été différente de ce qu’elle est, même très légèrement, les processus ayant cours au sein des étoiles en auraient été tout chamboulés. La plupart des atomes qui constituent nos corps ne s’y seraient pas formés et la vie telle que nous la connaissons n’aurait jamais pu émerger. Loi vitale régnant sur la vie. Quelle est-elle ? 5) Il est à la fois Martiniquais, Dominicain, et Guadeloupéen. Qui est-ce ? Donner vos réponses à : communication@catholique-guadeloupe.org Les premier(e)s qui trouvent les cinq réponses justes gagnent le magnifique livre « Danser avec la vie ! » de Mireille Nicolas aux éditions Nestor !

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22 Tél. : 0590 83 10 45 Sacré-Cœur - Pointe-à-Pitre Evêché de Basse-Terre - Marie-Galante Nouveaux horaires à Pointe-à-Pitre : Tous les jours de 7h30 à 14h3 0 LA SOCIÉTÉ DU BIEN COMMUN N°4 Puissance de la vulnérabilité (Edition écologie humaine) Nos vulnérabilités sont des portes qui peuvent s’ouvrir sur la joie de la rencontre, l’exaltation de l’échange, la douceur du soin donné ou reçu. C’est ce dont témoignent ici des acteurs du bien commun qui se sont consacrés aux personnes âgées ou en situation de handicap, aux malades du cancer, aux leadeurs en burn out ou à notre vitale biodiversité… La conscience de notre vulnérabilité commune nourrit ainsi la seule ambition qui vaille : celle d’agir ensemble là où nous sommes enracinés pour adapter, réparer, voire embellir notre monde, et accéder à l’espérance. Les idées pour humaniser le monde se trouvent dans la vie de tous les jours ! J.-M. G. SAINTE MARGUERITE-MARIE ET MOI Rien ne prédisposait Clémentine, agnostique non baptisée, féministe 2.0, écolo végétarienne, à enquê- ter sur sainte Marguerite-Marie Ala- coque, mystique du XVII e siècle, apôtre du Sacré Cœur. Mais voilà : selon la légende familiale, la reli- gieuse serait une aïeule. Dans ce récit véridique, admirable- ment écrit, Clémentine nous narre avec un humour aussi bienveillant que ravageur sa découverte du monde catho ; et nous offre, surtout, une véritable rencontre, puissante et dé- calée, avec la voyante de Paray-le-Monial. L. P. INFOS — Bulletin d’abonnement — Nom : (M., Mme, Mlle) : .............................................................................................................................................................. Prénom : ....................................................................................................................................................................................... Adresse : ........................................................................................................................................................................................ S’abonne / Se réabonne pour un an. Ci-joint paiement à l’ordre de : Association Diocésaine de Guadeloupe – BP 243 – 97168 Pointe-à-Pitre Cedex - CCP 200 50 S Basse-Terre COMMENT S’ABONNER • Tarifs • L’abonnement est annuel et il peut se contracter à tout moment dans l’année. GUADELOUPE : 31 euros • AUTRES TERRITOIRES FRANÇAIS : 37 euros • CARAIBE : 37 euros • AUTRES PAYS : 46 euros. En dehors de la Guadeloupe, toutes les expéditions sont faites PAR AVION. Il va de soi que ces tarifs sont ceux de l’abonnement « ordinaire » et que tout abonnement DE SOUTIEN est le bienvenu et sans limite de montant ! MERCI. Notre radio diocésaine retransmet la messe quotidienne à 6h30 et les Vêpres le dimanche à 17h45 suivis de la messe dominicale à 18h15. Le chapelet de Lourdes à 5h30, 15 h et 21h30 Nouvelles : L’Eglise et le monde avec Radio Vatican Nombreuses infos sur le site ! Retrouvez de nombreuses informations : les horaires de messe et de nombreux articles sur la vie des paroisses, du diocèse et du monde. www.guadeloupe.catholique.fr

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23 CALENDRIER Jeudi 7 Octobre 2021 17h Messe à l’Eglise de Cadet Ste-Rose Vendredi 8 Octobre 2021 6h30 Messe à Vieux-Fort 11h Conseil Episcopal 18h Messe aux Abymes Jeudi 14 Octobre 2021 18h Messe à Prise d’Eau Vendredi 15 Octobre 2021 7h Messe chez les Carmélites 11h Conseil Episcopal Samedi 16 Octobre 9h Ouverture du Synode Romain 11h Messe d’envoi à Saint-Pierre et Saint-Paul Jeudi 21 Octobre 2021 18h Messe au Lamentin Vendredi 22 Octobre 2021 11h Conseil épiscopal 6h30 Messe à Vieux-Habitants Samedi 23 Octobre 2021 8h Rencontre avec les diacres permanents 9h Vocation : Animation rencontre des 25-45 ans 17h30 Messe au Moule Dimanche 24 Octobre 8h30 Messe à Petit-Bourg Nominations Promulguées par Mgr David Macaire, administrateur apostolique. Sont nommés à partir du 1 er septembre 2021 Père Jean Serge MATOLA, curé de Terre-de-Haut et de Terre-de-Bas, Les Saintes Père Merlin BABAKILA, curé de Saint-Louis de Marie-Galante Père Miguel DOLCE, administrateur de la paroisse Sainte-Bernadette, Grands Fonds, Sainte-Anne Père Gilles-Aimé MAVOUNGOU, doyen du doyenné de Basse-Terre Père Jonas SAINT-PAUL, doyen du doyenné de Pointe-à-Pitre En outre sont nommés : Père Edouard SILENE, délégué général de l’Administrateur Père Gérard FOUCAN, délégué épiscopal pour la pastorale d’ensemble Père Silvère NUMA (D.E.I.), délégué épiscopal à l’information IN MEMORIAM A DIEU MAN LUCETTE T out a été dit sur Mme Lucette Michaux-Chevry. Ses obsèques ont été empreintes d’une grande humanité et d’une vraie profondeur spirituelle. Elle aura marqué nos mémoires à tous qui que nous soyons. Je retiens, entre autres, son souci permanent de la formation des jeunes Guadeloupéens : elle était bien présente lors de l’inauguration du centre de formation maritime à Blanchet, et elle a procédé à la restauration de l’évêché ! Merci Manman Lucette ! Albert DOLOIR GEORGE MODESTE ENGAGÉE DANS L’ÉGLISE G eorge Modeste, nous a quittés à l’âge de 87 ans le jeudi 16 septembre. Passionnée d’éducation, elle faisait partie des Équipes de la Martinique et a toujours cherché à dé- velopper chez les jeunes comme chez les moins jeunes des compétences intellectuelles, mais aussi spirituelles. Elle résidait depuis 2 ans à la communauté de Béthanie à l’Ecluse. Laïque as- sociée des sœurs de Cluny, elle a été longtemps professeur d’histoire géographie à Versailles, et animatrice de nos radios chrétiennes. Sr Joseph-Marie, Provinciale OFFICIEL

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3 789561 703007 Espérer dans ce monde révolu L’homme fait des projets, l’homme se fait du souci. Dieu nous fait un avenir. L’espérance, c’est un pied dans la porte. C’est même l’écroulement des murs. Avec les miroirs dessus. Tu n’es pas ton échec. Tu n’es pas tes maladies. Tu n’es pas ces malentendus. Tu n’es pas l’échec de ce monde alentour ni son effondrement. Tu n’es pas ton chagrin d’amour car tu es plus que ce couple en miettes. Tu es comme Job, plus grand que son malheur, qui est pourtant immense (c’est cela que lui dit Dieu en lui dévoilant l’ampleur de la création). Tu es plus que l’épreuve actuelle et qu’il faudra traverser car tu tiens à un appel, et que cet appel provient, comme tout appel, d’un endroit qui se trouve au-devant de toi. Tu es ces pas que tu faisais quand, ton père ou ta mère t’appelant, tu lâchais les points d’appui et tentais, pour la première fois, de marcher, perte d’équilibre sur perte d’équilibre construisant une marche. Ce qui est bien, avec la situation actuelle, c’est que nous sommes tous pauvres. Nous sommes tous tout nus, dépouillés, économiquement, socialement, spirituellement. Nous sommes redevenus mortels et, comme Adam après le péché, tous un peu ”couillons”. Par-là, nous sommes tous configurés à l’espérance. Dieu n’est plus que jamais notre maître en espérance. Qu’est-elle, finalement, cette espérance ? Elle est Dieu. Martin STEFFENS Philosophe, écrivain, et chroniqueur à La Croix et à La Vie. Ce texte est extrait de « Et maintenant ? 7 vertus pour traverser la crise », Éditions de l’Emmanuel, février 2021.

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