1019 - Agir pour réussir

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3 € N° 1019 - Septembre 2021 www.guadeloupe.catholique.fr TREMBLEMENT DE TERRE EN HAÏTI pages 12 et 29 A gir pour r ’eussir ! Dossier pages 6 à 9 ORDINATIONS : RÉMY, GINO ET CÉDRIC pages 13-14 DOSSIER : A DIEU PÈRE CHALDER pages 15 à 18

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2 Editorial père Silvère Numa .............2 Le mot de l’administrateur ..............3 A Dieu Jacob Dévarieux ..................4 Ministère des catéchistes ................5 La crise sanitaire chez nous ...........6 à 9 Père P.-A. Bernard à Petit-Canal ........10 Vie des communautés........................11 Eglise dans la Caraïbe : Haïti .............12 Ordinations ...................................13-14 DOSSIER : A Dieu Père Albert Chalder ......15-18 Jubilé du père Gérard Foucan ........19 Eglise diocésaine ........................20-21 Enseignement catholique ................22 Mouvements .......................................23 Spiritualité .....................................24-25 La famille .......................................26 Patrimoine ...........................................27 Paroles entendues .........................28 ,jyi݈œ˜Ã ......................................29 Infos ...............................................30 Mots croisés ...................................30 "vwVˆi� ...........................................31 Bimensuel fondé en 1967 Numéro de CPPAP : 0516 G 88298 EVECHE : place Saint-François 97100 BASSE-TERRE Tél. : 0590 81 36 69 Directeur de la publication et de la rédaction : Père Silvère NUMA Rédacteur en chef : Jean-Marie GAUTHIER Equipe de rédaction : Jean-Marie GAUTHIER Les pères Yves GILLOT, Pierre CHERY, Aurore MONDAIN, Jérémiah CARLTON, Micheline TISBA, Thierry FUNDÉRÉ, Edilène LE PENNEC, Laetitia PÉNAVA, Pascale LOUIS, Dimitri BAJAZET Maquettiste : Marie COLEAU-JULIEN Impression : PrintCaraïbe : 0590 90 90 90 www.guadeloupe.catholique.fr Adressez vos réactions : Pascale LOUIS et Aurore MONDAIN : eveche@catholique-guadeloupe.org SOMMAIRE Une nouvelle année pastorale s’ouvre devant nous, comme une promesse de vie. Agir pour réussir ! Les années se suivent et se res- semblent dit-on. Cette nouvelle année pastorale sera encore particulière. La situation sanitaire demeure préoccupante et la pandémie sans fin. Ce numéro de rentrée du bulletin de notre diocèse reflète les combats que nous aurons à livrer pour chasser ces vieux démons qui fra- gilisent notre société et compromettent notre avenir. La crise sanitaire ressuscite des peurs ancestrales et sème la mort. Nombre de familles sont endeuillées. Covid-19 : nos communautés s’adaptent depuis plus d’une année. « L’espérance ne déçoit pas » dit l’Apôtre Paul (Rs 5, 5). Les signes d’un renouveau sont déjà visibles. Nous donnons la parole à ceux qui livrent le combat contre l’invisible ennemi qu’est ce virus meurtrier. Tous ceux qui sont en premières lignes, les premiers de cordée : les infirmières, les médecins, les familles, les acteurs de la vie associative et des paroisses. La rubrique « la crise sani- taire chez nous » nous convaint que tout ceci n’est bien sur réalisable que par la solidarité. Ces engagements exigeants sont de notre responsabilité commune. Pour nous protéger et protéger les autres, et éviter la propaga- tion du coronavirus COVID-19, respectons les gestes barrières. Le Pape François a déclaré solennellement : « Être vacciné est un acte d’amour ». Pour ou contre, le débat doit rester apaisé et respectueux. Chakmoun lib asiré pa pétèt. Mé moun pa kabrit an savann. Nous commençons une nouvelle année pastorale dans l’attente d’un pasteur. Il nous faudra demeurer en état synodale permanent, marcher ensemble. Nous étions convaincus de cela, lors de la clôture de la précédente année pas- torale. Le redémarrage de la vie paroissiale, la reprise de la catéchèse, la ren- trée scolaire seront difficiles. Nous devrons être attentifs aux « décrocheurs » de tout bord. Les enjeux sont clairement identifiés. Car c’est à partir de ces enjeux que va être définie la pastorale d’ensemble, de laquelle va découler tout notre Agir pour réussir : s,ENOUVEAUMINISTÒRELAÕCDECATÏCHISTE s,ORGANISATIONDELASOLIDARITÏAVEC(AÕTI#ETACCOMPAGNEMENTSEFERADANS la durée. Je vous invite à vous laisser interpeller par la contribution du père Pierre Chéry. ÉDITORIAL “ENSEMBLE MARCHERONS, EGLISE…“ (1) Faite remonter vos réactions par les moyens suivants : Père Silvère NUMA : 0690 53 45 09 Mail : communication@catholique-guadeloupe.org delllloupe.org 3€N° 1019 - Septembre 2021 www.guadeloupe.catholique.fr

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3 N’AYEZ PAS PEUR ! Il y a bien des raisons d’avoir peur... hier, aujourd’hui, demain… la liste est longue… Malgré la situation, je n’ai pas envie de faire l’énumération de nos malheurs pour ce pre- mier rendez-vous d’Église en Guadeloupe. Ce que je sais, ce que je vois, c’est que notre peuple, nos amis, nos familles, nos communautés sont frappés par la mort et nos âmes enva- hies par l’inquiétude, par la peur… Qu’allons nous devenir ? Qu’allons nous faire ? N’ayons pas peur. La peur est mauvaise conseillère. Commençons par nous souvenir que les cyclones, les éruptions, les séismes, les épidémies, ne sont pas une nouveauté pour nous… les MALHEURS DE L(ISTOIRE NE NOUS ONT PAS ÏPARGNÏSx ET POURTANT NOUS sommes là ! Sonjé sa ! Que s’est il passé ? Qui nous a sauvés de l’écrasement ? J’ai envie de retenir les leçons de notre passé. (Je dis bien de Notre passé, au mo- ment où nous cherchons le secours dans les solutions locales interro- geons notre propre histoire). Trois leçons donc : 1 - D’abord, la Foi en Jésus Christ a sauvé nos âmes. Par la pratique, la Bible et la prière, la foi nous a guéris des haines et des hontes dont nos péchés et notre histoire auraient dû nous marquer. L’Esprit-Saint nous a remplis d’espérance et de force lorsque la nature nous accablait. Jésus nous a unis entre nous et avec des frères et des sœurs du monde entier et de toutes couleurs. 2 - Ensuite la Solidarité, le « yon a laut’ » (celui qui est dans toutes les cultures, certes) que nous avons appris de la bouche du Christ lui-même « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». C’est notre richesse, une fortune bien plus puissante que les subventions de l’Etat et les salaires des fonctionnaires. 3 - Enfin, la Joie et les chants... oui à chaque fois que nous avons traversé les ravins de la mort, son bâton et sa houlette nous ont rassurés et notre âme nègre et chrétienne a su chanter et louer... et chaque louange est un chant de victoire. Kouraj’ ! MOT DE L’ADMINISTRATEUR Mgr David Macaire, op Archevêque de Martinique FÊTE À SAINT BARTH Ce 24 août, malgré la crise sanitaire, nous avons pu organiser notre fête patronale qui s’est dé- roulée dans une grande ferveur. s ,A RECONSTRUCTION DES ASSEMBLÏES dominicales mobilisera nos éner- gies. Nous devrons inventer de nou- velles modalités et nous ré-éduquer à vivre ensemble. Si éduquer est tout un sport, (cf l’article de l’UG- SEL), la vie communautaire sera un challenge à relever. Ces événements soutiendront notre marche ensemble et conforteront notre espérance : s ,A FERVEUR ET LESPÏRANCE RÏVEILLÏES par l’ordination presbytérale de Rémy Siouray et les ordinations diaconales de Christopher Jean-Jacques et Gino De La Cruz, le 11 juillet, sont un en- couragement pour l’avenir. s,ESFUNÏRAILLESDU0ÒRE!LBERT#HAL- der, le jeudi 15 juillet suivant, n’ont pas entamé l’espérance de l’assem- blée nombreuse. Car sa vie donnée comme une semence jetée en terre a porté des fruits de vocations. La célébration de ces deux événe- ments à la grande église de St Pierre et St Paul prit alors un caractère pro- phétique. L’un s’en va, trois arrivent, ainsi va la vie. s ,E *UBILÏ LE  JUILLET DES DIX ANS de sacerdoce du Père Gérard Fou- can revêtait la paix et la joie du don de sa vie. s ,E TÏMOIGNAGE DU 0ÒRE 0AUL Antoine, nommé curé pour la pre- mière fois, annonce une marche, ensemble, à la suite du Christ. Autant de signes d’espérances qui sont le gage que nous pouvons Agir pour réussir ! Votre bulletin continuera de vous accompagner, de relater la vie des communautés, des groupes, des mouvements et des services. Cha- cune, chacun doit se l’approprier afin de donner à tous des raisons de croire, d’espérer et d’aimer : « L’espérance dans la vie, d’un jeune, d’une femme, d’un homme, d’un enfant, d’un vieillard. C’est la vie de son âme, de sa conscience, de son for interne, de sa responsa- bilité. » Poésies et slams pour l’édu- cation de Frère Francklin Armand. Père Silvère NUMA, D.E.I., Délégué Épiscopal à l’Information (1) Hymne officiel du synode diocésain de 1995

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4 MÈSI JACOB, MÈSI AN LO’ Comme tant d’hommes et de femmes de notre peuple des An- tilles et d’ailleurs, j’aurais aimé être auprès de vous. Vous, famille et in- times de notre frère Jacob Desva- rieux, pour vous entourer de notre affection au cours de cette célébra- tion d’A-Dieu. Nous aurions tous aimé être auprès de vous pour si- gnifier l’amitié commune que Jacob a chantée et suscitée en nous tous depuis plusieurs générations ! Nous sommes si nombreux qui aurions voulu être auprès de vous, sa fa- mille et ses proches pour montrer à Jacob lui-même, sa famille de Kas- sav’, à Jocelyne, à Jean-Philippe, à Pierre-Edouard, à Georges, à Jean- Claude et à tous les autres, mais aussi à Patrick (+), qu’ils font partie à tout jamais de notre famille ! Oui, la musique de Jacob et de Kassav’ est une partie de l’histoire collective et plus singulièrement de chacune de nos histoires personnelles. Ja- cob c’est une partie de notre cœur. Mèsi Jacob, mèsi an pil, d’avoir su porter la musique antillaise, à un niveau d’expression universelle et d’avoir ainsi contribué à faire rayon- ner le génie de notre culture. Mèsi Jacob, mèsi an chay. Mer- ci à toi, et aux frères et sœurs de la famille Kassav’, d’avoir su faire jaillir de l’âme de notre peuple marqué par une histoire si doulou- reuse, une expression si joyeuse et si sincère qu’elle s’est transmise au monde entier. Une victoire que l’histoire n’oubliera pas et qui nous rend tous fiers. Mèsi Jacob, Mèsi an lo’ d’avoir su faire fructifier les talents que Dieu t’a donnés. Modeste comme d’habitude, tu déclarais, en février dernier, dans un entretien accordé à la chaine catholique KTO : « J’ai reçu un talent, je fais partie des gens qui sont bénis ». Merci pour cette humilité et cette discrétion qui émanaient de ta personne. Mèsi Jacob, mèsi tou bonne- ment d’avoir su mettre ton talent hors-norme au service de l’affirma- tion de ce que nous sommes. La mise en œuvre de ta vie d’artiste et de leader mêlant le génie, la fidélité à nos racines, l’amitié fraternelle et la paternité pour les jeunes talents, est un modèle. Merci pour les pa- roles propres des chants de Kassav’ et la langue créole si pure de vos poésies ! Chère famille de Jacob, chers proches et intimes réunis ce jour, dans un lieu discret pour célébrer ces funérailles particulières en une période si éprouvante, vous perdez aujourd’hui celui à qui des liens in- times et uniques vous unissaient. Cela vous appartient et nous nous contentons de prier le Dieu de toute consolation de vous réconfor- ter par la puissance de son esprit et l’intercession des saints. Mais sentez-vous aussi l’im- mense foule de cœurs et d’âmes qui se presse autour de vous pour s’unir à vos larmes et à votre es- pérance ? Percevez-vous à tra- vers les ondes et internet, jusqu’ au-delà de l’Atlantique et de la mer des Antilles l’immense gratitude qui monte vers Dieu ? L’immense prière pour le repos de l’âme, pour la miséricorde et pour la bé- nédiction de notre frère Jacob ? MESSAGE DE MGR MACAIRE Entendez-vous le cri silencieux d’une profonde émotion populaire qui vous entoure aujourd’hui, non sans tristesse certes mais avec tant de Foi, tant de « yon a lot’ », « yon épi lot ». Tant de « pliss foss » et de « Tchimbé rèd pa moli, nou la épi zot ». En priant depuis l’annonce de son décès, j’ai réécouté ce que Jacob Desvarieux disait lui-même du zouk. Il disait qu’avant d’être une musique qu’il a créée avec ses amis, le zouk était un fait et une fête. Un événement qui ras- semblait… (oui “rassemblait” !) des hommes et des femmes pour fêter et pour danser. Ensemb’ en- semb’ ! Le zouk si j’en crois cette interview de Jacob c’est d’abord et avant tout une manifestation d’unité et de concorde, d’union et non de division. « Zot bel » di- sait Jocelyne Beroard à la foule du stade de France lors des 30 ans du groupe…. « zot bèl pass nou la adan larmonie ». Alors vous me permettrez, pour finir, d’interpréter la pensée de Jacob et de nous redire à tous, à votre famille, aux Guadeloupéens, aux Martiniquais, à tous les antil- lais, à tous les outremers, à tous les hommes, aux croyants, aux non croyants ; que c’est avant tout la communion fraternelle des hommes qui est le médicament de toutes nos maladies. La solu- tion de toutes nos détresses ! En cela, Jacob Desvarieux porte un message universel. C’est le mes- sage de l’Évangile et de la foi. C’est le message du Christ et de l’Eglise : restons unis car notre harmonie est notre force : Aimons-nous les uns les autres ! Que le Seigneur, en ces temps douloureux, où de nouvelles divisions et oppositions nous déchirent et nous affaiblis- sent, accueille aujourd’hui l’âme de notre frère Jacob Desvarieux. [...] Amen.

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5 EGLISE UNIVERSELLE LE NOUVEAU MINISTÈRE LAÏC DE CATÉCHISTE La pape François a institué « le ministère laïc de catéchiste » par le Motu proprio « Antiquum ministerium » - ministère très ancien – signé le 10 mai 2021. Voici les quatre points à retenir. La mission du catéchiste La mission du catéchiste consiste à accompagner toutes les étapes de l’évangélisation, « de la première annonce qui introduit au Kérygme, à l’instruction qui fait prendre conscience de la vie nouvelle dans le Christ […] jusqu’à la formation permanente ». Cette dernière per- met à tout baptisé de « rendre rai- son de l’espérance qui est en lui ». Le catéchiste est « témoin de foi, maître et mystagogue, accompa- gnateur et pédagogue qui instruit au nom de l’Eglise. » Si tous les baptisés sont appelés à être catéchistes, il est désor- mais possible, à la demande de l’évêque, « premier catéchiste de son diocèse », d’instituer ce nou- VEAU MINISTÒRE POUR LES LAÕCS Ì LA manière des ministères institués existants de Lecteur et d’Acolyte. Le pontife met toutefois en garde contre toute forme de cléricalisa- tion de la fonction. Qui est appelé à être catéchiste ? Ce nouveau ministère, à « forte va- leur vocationnelle », concerne « des hommes et des femmes de foi pro- fonde » et humainement mûrs, qui ont « une participation active dans la vie de la communauté chré- tienne ». Ils doivent être « capables d’accueil, de générosité et d’une vie de communion fraternelle ». Un catéchiste doit avoir déjà eu « une expérience préalable de catéchèse » et doit recevoir « une formation biblique, théologique, pastorale et pédagogique ». Nom- més par l’évêque, les catéchistes sont « au service de l’Eglise locale » et se doivent d’être « des fidèles collaborateurs des prêtres et des diacres ». Le pontife souligne enfin qu’ils doivent être animés d’un « vé- ritable enthousiasme apostolique ». D’où vient ce ministère ? Le ministère de catéchiste n’est pas une invention du pape Fran- çois. Le Motu proprio l’indique d’ailleurs dès ses premières lignes. « Le ministère de catéchiste dans l’Eglise est très ancien. Les théo- logiens s’entendent pour dire que les premiers exemples se trouvent déjà dans les écrits du Nouveau Testament ». Le pontife cite plu- sieurs exemples, dont une lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens dans laquelle il est fait mention de « ceux qui ont charge d’enseigner ». Le pape souligne ensuite que cette mission de catéchiste a été portée avec efficacité durant deux mil- lénaires par les évêques, prêtres, diacres et religieux et religieuses. « Nous ne pouvons pas oublier l’in- nombrable multitude de laïcs qui ont pris part directement à la diffu- sion de l’Evangile par l’enseigne- ment catéchistique », précise-t-il immédiatement. Le pape François prend également soin de rappeler que saint Paul VI avait sollicité en 1972 les conférences épiscopales pour qu’elles promeuvent d’autres ministères, « dont celui de caté- chiste ». Une manière, pour le pon- tife argentin, de placer sa décision dans la grande tradition de l’Eglise. Pourquoi créer ce ministère aujourd’hui ? Le pape François l’affirme : « l’apos- tolat laïc possède une indiscutable valeur séculière ». Une valeur dont l’Eglise a rappelé l’importance lors du concile Vatican II durant lequel a été renouvelé le nécessaire en- GAGEMENT DES LAÕCS DANS L“UVRE d’évangélisation. S’appuyant sur le décret Ad Gentes promulgué en 1965, le pape souligne que la fonction des catéchistes « a une très grande importance » au regard des grandes multitudes à évan- géliser et alors qu’il n’y a « qu’un petit nombre de clercs ». Dans un monde globalisé qui « exige une rencontre authentique avec les jeunes générations » la collabora- TIONDESLAÕCSAUSERVICEDELACATÏ- chèse est devenue indispensable. Enfin, le pape insiste pour dire qu’ « aujourd’hui encore l’Esprit ap- pelle des hommes et des femmes à se mettre en chemin pour aller à la rencontre de ceux qui attendent de connaître la beauté, la bonté et la vérité de la foi chrétienne. Ce Motu proprio doit également concourir à éveiller l’enthousiasme personnel de tout baptisé, et ravi- ver la conscience d’être appelé à accomplir sa mission dans la com- munauté ». Concrètement que va-t-il se passer ? Si le ministère de catéchiste est formellement institué par ce Motu proprio, le pape François indique la marche à suivre pour qu’il soit concrètement appliqué. D’abord il demande à la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements de veiller « dans les plus brefs délais » à publier le iRITEDINSTITUTIONDUMINISTÒRELAÕC de catéchiste ». Il invite ensuite les Conférences épiscopales à rendre ce ministère « effectif », en éta- blissant un parcours de formation nécessaire et les critères normatifs pour y accéder. Le texte précise enfin que les Synodes des Eglises orientales pourront recevoir ce Motu proprio sur la base de leur droit particulier. (Source : Eglise en Martinique n°622 du 23.5.21)

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6 MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS Le pape François demande aux croyants de faire un acte d’amour en se faisant vacciner contre la covid-19 et de contribuer pour l’ac- cessibilité des vaccins à tous à travers le monde. « Grâce à Dieu et au travail de beaucoup, nous avons main- tenant des vaccins pour nous protéger contre le Covid-19 », déclare le souverain pontife de 84 ans, ce mercredi 18 août, dans une courte allocution. Cette déclaration, il l’a faite pour soutenir une campagne d’incitation à la vaccination aux Etats-Unis, dans d’autres pays du continent amé- ricain et plus largement partout à travers le monde. Selon le Pape François, « Être vacciné […] est un acte d’amour » et les scien- tifiques qui ont découvert les vaccins, « Ils nous donnent l’espoir d’en finir avec la pan- démie, mais seulement s’ils sont disponibles pour tous et si nous travaillons ensemble ». Le souverain pontife insiste aussi sur l’accessibilité des vaccins à tous, car pour lui, « contribuer à s’assurer que la majorité des gens soit vaccinée est un acte d’amour. Amour pour soi, amour pour sa famille et ses amis, amour pour tout le monde ». Il soutient en outre que, « la vaccination est un moyen simple mais profond de promouvoir le bien commun et de prendre soin les uns des autres, en particulier des plus vulnérables ». Le CHBT subit de plein fouet la déferlante du COVID actuellement, mais semble faire face du mieux qu’il peut pour accueillir les malades et les soulager. Comment dans le concret cela se passe-t-il ? Effectivement cette vague est la plus forte à laquelle nous ayons dû faire face, plutôt un tsunami. Tous les services participent en délaissant certaines activités pour se concentrer sur l’accueil des patients covid. Les services de chirurgie sont intégralement dédiés à l’accueil de patients graves. Le service de réanimation adulte est d’ores et déjà passé de 5 lits à 28 lits et il est envisagé de doubler encore cette capacité. Tout ceci n’est bien sur réalisable que par la solida- rité : le personnel soignant de l’établissement doit s’adapter rapidement, changer d’affectation, changer de mode de prise en charge, revenir de congés… afin d’assurer la prise en charge des patients. Solidarité de la métropole aussi avec un pont aérien de matériel (grand merci aux hôpitaux de Nancy no- tamment qui ayant subi une énorme première vague connaissent nos difficultés et nous envoient énormé- ment de matériel), et pont aérien de personnel soi- gnant car bien sur décupler les lits de réanimation nécessite un très grand nombre de personnels haute- ments spécialisés. Pour la pédiatrie même si nous devons accueillir contrairement aux bouffées épidémiques précé- dentes, des enfants malades voire des bébés ma- lades, la maladie est beaucoup moins sévère chez eux et nous n’avons jusqu’alors pas eu de catastrophes. C’est la grande chance de cette maladie de privilégier les enfants pour le moment. Comme tout le monde nous nous demandons si cette épidémie aura une fin, si un nouveau variant plus agressif encore ne va pas survenir et atteignant les enfants, si l’on devra renoncer à nos libertés pen- dant encore longtemps. Oui en tant que chrétien j’ai la ferme espérance que nous en verrons le bout ! Oui en tant que médecin je fais confiance à la science pour trouver des traitements de plus en plus efficaces. Et encore oui je pense que la solidarité va finir par triompher, que la population va comprendre que nous tous devons être vaccinés car c’est la seule arme ac- tuellement réellement efficace contre cette maladie. Dr Jean-Christophe Hébert, Neuropédiatre LA CRISE SANITAIRE CHEZ NOUS “ A g ir p our réussir ” T émoignages

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7 L’épreuve du covid ébranle beaucoup de monde. Comment dans le concret cela se passe-t-il dans ton domaine particulier ? Au niveau de la santé mentale, nous proposons la vaccination contre la Covid-19 à tous les patients hos- pitalisés. Grâce aux centres médico-psychologiques (et la possibilité d’une consultation aux urgences avec un psychiatre, le soir et le week-end), toute personne en souffrance psychique peut être prise en charge rapidement. Avec le confinement, les équipes des CMPs ont augmenté les visites à domiciles, les entre- tiens téléphoniques... Il semble que la contamination atteigne de plus en plus des personnes jeunes. Nous le savons, la situation est grave. Elle est ca- tastrophique, en réalité. Dans ce contexte, la cellule d’urgence médico-psychologique (CUMP) de Gua- deloupe, composée de psychologues, psychiatres et infirmiers, a été activée début août. Nous avons pu compter sur le renfort de 3 CUMPs du sud de la &RANCE!INSI AUXURGENCESDU#(5ETDU#("4 H après le déclenchement de la CUMP, une centaine de personnes souffrant de la Covid, leurs proches, et d’autres Guadeloupéens avaient déjà été pris en charge. L’objectif étant d’aider à gérer au mieux le stress lié aux conséquences de cette nouvelle vague qui frappe notamment les plus jeunes. Malgré la surcharge de travail le corps médical fait preuve d’un vrai esprit d’équipe et de don de soi. Qu’est-ce qui lui permet de tenir ? Une grande partie des soignants sont épuisés. Nous avons des valeurs communes qui nous animent au quotidien et nous permettent de tenir. Les renforts de l’hexagone nous aident également beaucoup. Certains ont pu prendre quelques jours de congés afin d’affron- ter les conséquences à venir de la vague actuelle. Un mot d’espoir et un conseil pour conclure Nous sommes un peuple solidaire Nous aimons nos familles. Nous sommes face à un choix de société : individualiste ? ou solidaire ? Je veux donc croire que ces valeurs familiales nous permettront de protéger nos proches. C’est notre responsabilité commune. Nous sommes en train d’écrire une page de notre (ISTOIRE 4OUT EN CONTINUANT Ì UTILISER NOS PLANTES LO- cales, nous avons la possibilité de diminuer le risque de transmission du virus ainsi que les formes graves chez les personnes à risque (notamment chez les femmes enceintes). J’invite chaque Guadloupéen à utiliser sa liberté et à choisir la vaccination pour proté- ger les plus fragiles. Dr Dimitri COCOYER, Psychiatre Mon apostolat est de visiter et secourir les malades, tous les malades indifféremment, et d’encourager le personnel soignant. Si le patient ou sa famille le de- mande, je fais tout ce qu’il faut : prière sacrement, avec la grâce de Dieu. Je suis vacciné et je n’ai pas peur du contact avec les gens, le personnel soignant comme les malades. Oui la période présente est une grande épreuve, je peux témoigner de trois expériences : s 5NE MALADE ÊGÏE ORIGINAIRE DE 4ROIS 2IVIÒRES ÏTAIT entourée de la petite communauté venue la visiter à l’hôpital. On m’a fait venir, nous avons prié tous en- semble et je lui ai donné le sacrement des malades. Cela lui a fait grand bien, elle a ouvert les yeux et reconnu les personnes autour d’elle. On a conversé paisiblement et le lendemain elle s’en est retournée à Dieu. s5NEAUTREFOIS JAIÏTÏAPPELÏPRÒSDUNPATIENTÊGÏ à l’extrémité de sa vie. Il respirait encore, nous avons prié avec la famille présente. Juste après l’absolu- tion son cœur tout d’un coup s’est arrêté de battre. Et dans la paix en souriant il rejoignait son Seigneur. Quelqu’un m’a soufflé à l’oreille : « oh comme il attendait ce moment visiblement ! »s2ÏCEMMENTJAIÏTÏAPPELÏENURGENCEPARLACCUEIL de l’hôpital auprès d’un monsieur d’une soixantaine d’années atteint du covid et contraint à l’isolement. La famille n’avait pas été autorisée à être là sauf une personne. J’ai revêtu la tenue médicale exigée (gants, masque, blouse, etc.) avant d’entrer près de lui, il ne pouvait que me sourire mais ses yeux reflétaient sa confiance et sa prière. Je lui ai donné le sacrement qui soulage et fait du bien au malade. Aujourd’hui après trois mois de rééducation il est debout. Quel est le plus gros chagrin que tu portes aujourd’hui, père Joseph ? « C’est vraiment terrible ce qui arrive en Afghanistan, il n’y a pas d’humanité qui transparaît là, on impose par les diktats et les armes. Et les pe- tites gens, nombreux, comme en parle si bien pape François, ceux de la périphérie, sont délaissés et su- bissent une violence qu’ils ne méritent pas, surtout dans les campagnes. Des chrétiens et des prêtres indiens présents-là qui font du bien autour d’eux de- puis toujours vont devoir s’arrêter ou seront tués ou expulsés. » Père Joseph AMBROSE, aumônier des hôpitaux du sud Basse-Terre

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8 LA CRISE SANITAIRE CHEZ NOUS Les sapeurs-pompiers ont tou- jours été et seront toujours le fer de lance de la réponse de la Sécurité Civile dans les grandes crises. C’est dans leur ADN d’être en première ligne pour soulager, secourir, encou- rager les populations menacées et parfois écrasées par la souf- france. Depuis janvier 2020, la crise sanitaire du Coronavirus montre le dévouement des sol- dats du feu qui doivent, au péril de leur propre santé, aller au domicile des malades, les prendre en charge, les transporter en milieu hospitalier, poser des actes de soins et des paroles de réconfort. De plus, la prise en charge de victimes «classiques» (accidents, ma- laises, etc.) est entourée d’une suspicion de Covid qui oblige les pompiers à se protéger. Dans la pratique, les sauveteurs observent des protocoles de protection maximale en toutes circonstances (port de masques, gants, lunettes, blouses, et désinfection systématique des matériels secouristes et des véhicules de se- cours). C’est bien entendu très contraignant mais ef- ficace puisque l’on ne comptabilise à ce jour aucune contamination Covid de sapeurs-pompiers en opé- rations de secours. Cela n’empêche pas pour autant une augmentation du stress opérationnel auquel les agents font face avec abnégation selon notre devise «courage et dévouement» qui ne se dément pas. La contamination atteint de plus en plus des personnes jeunes Les pompiers sont en général témoins de détresses plus ou moins graves qui touchent toutes les couches de la population sans distinction. Ils ont le «cœur bien accroché» et ont recours aux psychologues lorsque le traumatisme est important. La crise du Coronavirus ne nous épargne pas en situations choquantes, ag- gravées par la multiplication catastrophique des cas graves (désaturations, suffocations, malaises cardio- vasculaires, ...) qui touche également une partie de la jeunesse. Ces derniers jours, les interventions ont quasiment doublé, ce qui entraîne une sur-sollicita- tion des équipes alors que les effectifs sont en baisse puisque plusieurs dizaines de pompiers sont à l’isole- ment pour motif de Covid ou de contact avéré avec un malade, essentiellement en milieu familial. La fatigue et l’usure se font sentir même si la motivation et l’en- gagement restent intacts. La venue de renforts hexa-gonaux depuis 15 jours apporte un soulagement appréciable et sacralise la solidarité légendaire qui caractérise la grande famille des sapeurs-pompiers. Vrai esprit d’équipe et de don de soi permettent de tenir Tout cela démontre l’existence d’un véritable esprit de don de soi chez les pompiers profes- sionnels et volontaires. Les sol- dats du feu ont le feu de l’amour du prochain au fond de leur cœur. On ne peut pas faire longtemps un tel métier sans cette disposition surnaturelle qu’on appelle la Charité. Les pompiers ont une espérance indéfectible dans la puissance de l’amour et de l’en- gagement qui sont capables de vaincre toutes les dé- tresses et les menaces moyennant la mise en œuvre d’une évidente technicité. Dans le même temps, nous restons humbles face à la tournure des événements dont nous n’avons pas toujours la maîtrise. Cepen- dant il faut savoir que cet engagement doit être sécu- risé car les pompiers n’ont pas vocation à s’exposer inutilement au risque de devenir à leur tour des vic- times. A cet effet, les prises de risques sont calculées ; le port des équipements de sécurité est obligatoire ; les procédures sont régulièrement revisitées à l’entraî- nement ; la condition physique est contrôlée annuel- lement. Un mot d’espoir Les sauveteurs ne feront pas de miracles si les ci- toyens ne prennent pas soin de leur propre sécurité en limitant les expositions aux risques. Malheureuse- ment, nous observons avec une relative impuissance, un accroissement des comportements risqués qui dégénèrent en situations de détresse : accidents de la route, accidents domestiques, transmission de la Covid-19, malaises cardiovasculaires, ...Autant de si- nistres qui pourraient être évités grâce aux mesures de prévention et à la prise de conscience individuelle et collective de la fragilité de la vie. Les sapeurs-pom- piers sont engagés dans de nombreuses actions de prévention et invitent à ce titre les citoyens à devenir les acteurs de leur sécurité. « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple du Saint-Esprit ? » (1 Corinthiens 3, 16). Jean-Paul LEVIF, Diacre permanent Sapeurs Pompiers : courage et dévouement !

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9 Pwan vaksen oben pa pwan ? Chakmoun lib asiré pa pétèt. Mé moun pa kabrit an savann. Sé konsi ou adan on match foutbòl, fo ou jwè èvè sé lézòt jouè-la. Kanmensi ou sé on majò, (menmsi ou fò kon Messi oben Thuram), ou oblijé ka suiv jé-la sansa, sa pé ké maché. Monségnè Macaire, administratè Légliz Gwadloup, i woupwan sa Pap François (limenm fè-yo vaksiné-y) , ka di : « lè ou ka pwotéjé-w, ou ka pwotéjé lézòt ! » Sé sa yo ka kriyé charité krétyen o pli ba nivo ! Si nou ka suiv baz-lasa nou pa ka mété libèté an- nou an danjé lè nou ka admèt lanmou nou ni pou toutmoun i pré nou. Ni moun ka di : - Tini lésèz, yo vaksiné, mé yo trapé kovid-la kanmensa ! - Sa pé, é mwenmenm an konnèt adan-yo, mé yo pa ka trapé-y fò épi yo ka résisté plibyen atoupannan yo pé rété akaz a-yo, dòktè pé suiv-yo akaz a-yo, san yo ay foulé lopital ; èstatistik ka montré sa vré. Nou pa oblijé atann tout fanmi Gwadloup ni on moun mò, pou nou konpwann i plis ki lè pou nou pwan vaksen-la. Ni dot moun ka di : - Zafè vaksen-lasa ka sèvi sé laboratwa-la ka gangné on pakyé lajan ! - sa pé, é malérèzsò sa ka fè mal, mé a pa pou sa nou pa kay woulé adan on lékonomi ola toutmoun lyan- né-yonnalòt. Alòs, fòs é kouraj pou noutout, an-nou kenbé, épi asiré nou sav Bondyé ké véyé asi nou ! 6AKSEN ONDIMIKUIYÒ6IRAPIKCHAKBONMATEN-ÒSI$ÛKTÒ(ENRY*OSEPH RÒSPÒTÏSÏKONSIGNSANTÏ LA Ï sé konsa nou ké kenbé lontan -lontan ! Annou alé ! Jean-Marie GAUTHIER et Hector POULLET )NlRMIÒRE DEPUIS  AU #ENTRE (OSPITALIER ,OUIS Constant Fleming à Saint-Martin, je n’ai jamais vécu de moments aussi difficiles, même pas après le pas- sage d’Irma qui a ravagé l’île en 2017. COVID. : 5 lettres qui ont fait irruption dans mon environnement en début 2020 et jamais, je n’aurais pensé que plus d’un an après, on en parlerait encore et que ce sata- né virus aurait causé tant de désolation, de tristesse, de morts sur sa route. […] Au début de la pandé- mie tests PCR à tout va… équipement obligatoire (surchaussures, pantalon, blouse, masque, charlotte, gants, visière…), réorganisation des services, il a fallu s’adapter à la hâte…Que de malades soignés en 2020 que nous avons essayés d’accompagner avec le plus de bienveillance possible alors que tout est compliqué ! Que de décès aussi qui entraînent forcément une grande culpabi- lité dans les familles, dans les entourages, dans les services ! […] Nous n’avons pas flanché mais la crise s’est aggravée… les vaccins sont là maintenant, et le Pass sanitaire qui suit, tout cela à cause de COVID ! […] ce qui me permet de tenir malgré la souffrance, les épreuves et les décès alentours : « J’ai foi en Dieu pour tenir spirituellement ». Nadia AGAPÉ Depuis mars 2020 nous sommes sous le joug du Covid 19, notre Guadeloupe avait plutôt bien résis- té à ses premières “vagues”, peut-être trop confiante en espérant passer entre les gouttes. Nous savons aujourd’hui que cette grippe Covid 19 peut entraî- ner une insuffisance respiratoire avec la formation de caillots dans les poumons et pour les plus faibles contraint à la réanimation… ,(OMMENEPEUTPASPORTERLEMASQUEETRESPECTER les gestes barrières indéfiniment, il en va de nos rela- tions humaines et sociales. Mais avec toutes les res- sources qui le caractérise, il nous a fabriqué un vaccin. Vaccin miracle pour certains, pas assez de recul pour d’autres, les gestes barrières et le masque pouvant suffire. L’humanité a de grande difficulté à gérer cette épi- démie, avec son lot d’information et désinformation au fur et à mesure de l’évolution de la maladie. Au- jourd’hui il y a 4 milliards de personnes vaccinées dans le monde. « N’ayez pas peur ! », parole du tout nouveau pape Jean-Paul II, place Saint-Pierre. Certainement que le vaccin est une des solutions les plus rapides pour sortir de cette crise majeure, sans vouloir négliger d’autres moyens pour se soigner. Marie-Christine Julien (Gosier)

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10 INTERVIEW Père Paul-Antoine Bernard, tu as été ordonné prêtre il y a 19 ans, que retiens-tu de ton ministère jusqu’à ce jour, de quoi es-tu fier ? Devenir prêtre pour le service de Dieu en étant au service de son peuple en Guadeloupe, et parti- culièrement en tissant une amitié avec les plus pauvres a été une grâce inattendue pour moi. Et, je suis rempli de reconnaissance en- vers Dieu qui m’a choisi pour vivre une telle vie de service et de ren- contre. Ma fierté tient au moins en deux points très clairs : 1 - Dieu m’a fait grâce, et je ne me suis jamais senti, jusqu’à ce jour, à la hauteur de cette grâce qui me dépasse. 2 - Etre témoin de ce que Dieu fait dans la vie de jeunes, de familles, de pauvres, c’est un don qui nour- rit ma vie de prière et de disciple du Christ… Après tes premières expériences de prêtre, comment vois-tu ta mission de curé ? Voilà ce qu’il y a de palpitant dans le fait d’être disciple du Christ : il y a toujours de la nouveauté ! En 19 ans, j’en ai déjà vu ! Devenir responsable de communauté avec d’autres chrétiens responsables de la mission, voilà une nouveau- té devant laquelle je m’agenouille pour me laisser surprendre par l’Es- prit-Saint. Avec les jeunes, les fa- milles, les adultes engagés, il s’agit pour moi d’être fidèle dans le ser- vice de la vie des personnes… et avec ces personnes qui sont de la famille de Dieu, je vois la mission comme une marche, ensemble, à la suite du Christ… Quelles sont tes attentes par rapport aux paroisses Saint Philippe et Saint Jacques et du Christ Roi de Petit-Canal ? Découvrir et accompagner toute cette richesse de vie qu’il y a dans ces paroisses, et ces villes… Etre témoin du Christ en vivant en com- munauté dans la communion… Etre ouvert aux appels de l’Esprit-Saint pour répondre aux défis de la mis- sion. Il y a une chose qui me tient UNE MARCHE, ENSEMBLE, À LA SUITE DU CHRIST… à cœur : ce sont les vocations à la vie sacerdotale et religieuse… Etre attentif aux familles et aux jeunes pour les aider à rencontrer le Christ, l’aimer pour le servir… Ce sont là quelques attentes qui me travaillent le cœur… mais il s’agira pour moi d’écouter d’abord les attentes de chaque pierre vivante des commu- nautés sur le chemin de la mission. Paix et Joie aux jeunes, aux familles dans les 2 communautés parois- siales, et à chaque citoyen quelle que soit leur religion, de cette ville de Petit-Canal. Et la moto ? « J’ai commencé à faire de la moto au début de cette mission que m’avait confié l’évêque « misyon lari ». Il me semblait que c’était un moyen de plus pour rejoindre les jeunes qui sont dans la rue. De fait cela m’a permis d’entrer même en contact avec des jeunes incarcé- rés à la prison… et de rouler avec d’autres motards. » Propos recueillis par père Silvère NUMA HISTORIQUE DES PAROISSES DE PETIT-CANAL La paroisse Saint Philippe et Saint Jacques. Avant 1843, nous manquons d’informations concernant cette paroisse. Cela est dû à la suite d’un grand incendie en 1793 où tous les archives et parchemins de la paroisse furent détruits. L’église actuelle, située près du littoral fut construite en 1843 et détruite cette même année à la suite d’un grand tremblement de terre. L’église de même que le presbytère ont toujours été les cibles de violents ouragans qui ont frappé la Guadeloupe. D’après les notes du père Camille Fabre dans son livre intitulé « De clochers en clochers ». La paroisse du Christ-Roi aux Mangles a été fondée en 1933 par l’évêque Mgr Pierre Genoud. Elle est dédiée au Christ-Roi. Sa fondation s’explique par la rencontre de deux évènements : en 1928, un cyclone violent s’abat sur la Guadeloupe, fait près de 2000 victimes. Le Pape Pie XI, pour rappeler la place et la fonction du Christ dans la foi, institue la fête du Christ-Roi en 1933. La tâche de construire la nouvelle église est confiée au père Segundo Adriani, italien d’origine, religieux spiritain. Le terrain est donné par madame Gauchet. Les paroissiens, tout contents d’avoir leur église apportent un concours efficace et tenace.

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11 VIE DES COMMUNAUTÉS C’est à cette question que les Sœurs de Saint Joseph de Cluny, accompagnées d’une DIZAINE DE LAÕQUES ENGAGÏES étaient invitées à réfléchir lors de leur retraite annuelle qui a eu lieu à Versailles du 28 juillet au 4 août. Temps de prière, de silence, d’écoute, d’adoration du Saint Sacrement pour ten- ter de comprendre le sens à donner à une vie consacrée à Dieu et aux Autres. La conviction que le dessein de Dieu pour l’homme est Amour car Lui même est Amour, permet alors de dire avec certitude que la mis- sion d’une vie religieuse consacrée est de sauver des âmes. C’est ce qu’a voulu démontrer la fonda- trice des Sœurs de Saint Joseph, Anne-Marie Javouhey, en créant ses nombreuses œuvres d’Education. Mais comment vivre pleinement cette mission, comment rester saint dans un monde de perversi- té, de souillure ? Le père Alain Ran- say qui accompagne les réflexions du groupe et dont la foi profonde rayonne, donne les armes qui per- mettent d’affronter les obstacles de la mission : ce sont les armes de Lumière que sont : la Parole qui permet par une lecture assi-due des évangiles de nourrir la foi et les prières ; L’eucharistie, Dieu réellement présent dans l’hostie consacrée ; Les sacre- ments qui concrétisent le lien avec Dieu ; Le jeûne exercice spirituel qui permet au corps et à l’esprit de se purifier. Cette mission n’est pas seule- ment donnée aux religieuses consacrées, elle est ouverte Ì TOUS LES LAÕQUES QUI VEULENT suivre le Christ car la vie religieuse, au fond, c’est la vie avec Dieu ; elle est exigeante, exaltante car elle appelle à une conversion perma- nente des cœurs. Sauver des âmes est peut-être le difficile combat de la vie religieuse mais le Christ ne cesse de rappeler : “ N’ayez pas peur car j’ai vaincu le monde…” Aimée R. QU’EST-CE QU’UNE VIE RELIGIEUSE ? EN TOI LA SOURCE DE VIE, PAR TA LUMIÈRE NOUS VOYONS LA LUMIÈRE La session-retraite du 19 juillet au 24 juillet qui s’est déroulée à 6ERSAILLESÏTAITANIMÏEPARUNEÏQUIPEDELAÕCS COMPOSÏEDUN diacre et deux membres de la communauté des Béatitudes de Guyane, de deux membres de la Communauté Jésus Sauveur, d’un membre du groupe charismatique Espérance, de deux reli- gieuses de Saint Joseph de Cluny. Les retraitants de divers âges étaient au nombre de 50. Contempler Contempler le Père source de la vie. L’Esprit ordonne tout, insuffle le souffle de vie qui en fait un être vivant. Contempler Jésus la vie et la lumière. Sa parole, sa personne, son œuvre est lumière. Contempler l’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie. Recevoir la vie et la lumière divine Par la tradition apostolique avec l’aide de l’Esprit Saint, l’Eglise transmet la vie sacramentelle. Par les sacrements nous avons une identité en Christ, nous devenons fils et fille de Dieu. Devenir Fils et fille de lumière Devenir Lumière : C’est renoncer aux ténèbres pour vivre en Christ, rentrer dans le combat spirituel. Marcher dans la lumière Accomplir les œuvres de la Lumière. Vivre en Christ par la foi et la charité.

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12 SÉISME EN HAÏTI : L’ÉGLISE SE MOBILISE Après le violent séisme qui a fait des milliers de morts ET BLESSÏS EN (AÕTI L¡GLISE SORGANISE POUR RÏCOLTER des dons à l’intention des victimes. « L’Église est une des rares institutions en Haïti qui a une couverture nationale, assure le père Jean-Hervé François, direc- teur de Caritas Haïti. Les curés des paroisses mo- bilisent les fidèles pour développer la solidarité. » Dans le sud-ouest de l’île, près de l’épicentre, 70 % des églises ont été détruites. Dans la commune des Anglais, l’église de l’Immaculée Conception s’est écroulée, alors que des fidèles célébraient un bap- tême. Dix-sept d’entre eux ont péri. Aux Cayes, troi- sième ville du pays, très durement touchée par le séisme, l’archevêché s’est effondré. (source C.E.H.) ÉGLISE DANS LA CARAÏBE « Ces dernières heures, un fort tremblement de terre s’est pro- duit en Haïti, faisant de nom- breux morts et blessés et des dégâts matériels importants. Je tiens à exprimer ma proximité avec ces personnes chères qui ont été durement touchées par le tremblement de terre. Tout en élevant mes prières au Seigneur pour les victimes, j’offre mes paroles d’encouragement aux survivants, dans l’espoir que la communauté internationale leur témoigne un intérêt partagé et que la solidarité de tous puisse atténuer les conséquences de la tragédie », a déclaré le pape François au terme de la prière de l’Angélus en la Solennité de l’As- somption. TREMBLEMENT DE TERRE EN HAÏTI Mgr Launay SATURN É, président de la C.E.H.

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13 ORDINATIONS Les règles sanitaires ont sans doute contraint beaucoup de gens à rester chez eux et suivre la cérémonie à radio Massa- bielle ou à la T.V. Il n’empêche c’est une belle foule recueil- lie, respectueuse de la distan- ciation, qui a pu participer à l’ordination présidée par Mgr David Macaire ce dimanche 11 juillet en la cathédrale St Pierre et St Paul de Pointe-à- Pitre. La chorale majestueuse et l’orchestre ont su donner le ton de la ferveur et de la joie partagée. « Peuple de prêtres, peuple de rois, assemblée des saints, peuple de Dieu, chante ton Seigneur ! »Mgr Riocreux, évêque émérite, pouvait introduire la cérémonie avec force et conviction en souhai- tant la bienvenue à Mgr Macaire, administrateur apostolique, aux ordinands et à leurs familles, aux prêtres et aux diacres présents en nombre, et à tout le peuple chré- tien : « c’est jour de joie pour notre diocèse de Guadeloupe ». Et de rappeler : il y a bien longtemps qu’on n’avait pas vu pareille célé- bration dans notre grande église diocésaine, et de remémorer la messe d’ordination en 1964 des pères Cabo, Chalder et Colbac. Après l’appel des ordinands, on passait à la liturgie de la Parole. Amos : « va, tu seras prophète pour mon peuple ! ». Ps 84 : « fais nous voir, Seigneur ton amour, et donne nous ton salut ». St Paul aux Eph. 1, 3-14 : « Il nous a choisis dans le Christ ! ». L’Evangile (Marc 6, 7-13) proclamée par diacre Jean-Paul Le- vif : « Il commença à les envoyer en mission ». Occasion pour Mgr Macaire, dans son homélie, de dé- ployer avec un souci pédagogique certain l’aujourd’hui de ces paroles fortes entendues : « Partir, procla- mer, expulser, oindre, guérir. Votre route, chers ordinands, notre route à tous est bien tracée par cet Evan- gile : partir : la mission. Procla- mer même quand les temps sont plus difficiles comme aujourd’hui. Expulser les démons, c’est-à-dire FERVEUR ET ESPÉRANCE POUR L’ORDINATION DE RÉMY, GINO ET CHRISTOPHER

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14 ORDINATIONS dire du bien et bénir autour de nous pour repousser le mal. Assurer les sacrements et par les onctions d’huile guérir les malades et réconforter toutes celles et tous ceux qui en ont besoin…. Le Seigneur m’a saisi : pourquoi moi ? La réponse n’est pas au passé. Et elle concerne tous les chrétiens, comme les jeunes mariés que j’ai eu l’occasion de bénir hier ici même, avec le père Bonel. Comme Norbert Constant qui a eu cent ans et que l’on a fêté ce matin à Ste Berna- dette des Grands Fonds. Comme le Père Chalder qui s’en est retourné à Dieu après un si beau passage chez nous… Il nous a prédestinés. Il nous a prédis- posés. […] » Nous entrions dans la liturgie d’ordination propre- ment dite avec le chant du Veni Creator soutenu magnifiquement à l’orgue, puis la prostration des ordinands pendant la litanie des saints. Moment de grande émotion et de ferveur pour tous les fidèles. S’en suivaient l’imposition des mains et la prière de consécration. Pour Remy, qui reçoit l’ordination pres- bytérale, ce sont tous les prêtres présents qui lui ont imposé les mains à la suite des évêques… dans un vrai silence de prière et de communion de tous les fidèles. Pour la vêture, Père Paul-Antoine Bernard revêtait la dalmatique à Christopher, tandis que Diacre Frantz Dessout la remettait à Gino. Et c’est Père Gérard Fou- can qui, en tant que responsable des vocations et des séminaristes dans le diocèse, remettait la chasuble à Rémy. « Croire à la Parole qu’on lit ; Enseigner ce en quoi on croit ; et vivre ce que nous enseignons ! ». La messe pouvait se poursuivre dans un climat de jubilation « laudate Dominum…. Omnes gentes »… et de joie partagée. Père Rémy prenant place à côté de l’évêque pour la liturgie eucharistique. « Annou separe pen à Bondyé si tab à limanite »… « ko a Jezikri resisite »… Magnifique chant à Marie : « Nous te saluons, Notre-Dame, Nous te bénissons Mère de miséricorde ! » Père Remy remerciait tout le monde à la fin dans un grand sourire et évoquait sa famille présente tout devant. Ainsi que la chorale : « vous êtes le poumon de nos célébrations ! » Avant que Mgr Macaire et Mgr Riocreux ne l’invitent à accomplir son premier devoir de prêtre en lui demandant de les bénir ! « Emouvant et plein d’enseignement pour moi ! » disait un jeune chargé du service d’ordre au fond de l’église. « Allons par toute la terre, annonçons l’Evangile aux nations ! » chant final accompagnant les applaudisse- ments. Jean-Marie GAUTHIER

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15 A DIEU PÈRE ALBERT CHALDER Bio g raphie du père A lber t CHALDE R 1935-202 1 25 décembre 1935 : Naissance à Baie-Maha ult 9 Ao ût 1964 : Or dination sacer dota le 196 4-1 974 : Ensei gnant au séminaire - collè ge de Blanchet Vicaire à Morne-à-L ’ea u 1974-1 976 : Prêtre-étudiant à l’Institut Supérieur de Liturgie de la « Catho » à Pari s 1976-2 000 : Curé de Ca pesterre Belle-Eau 198 4-2 00 1 : Vicaire Général de Mgr Ca bo 2000 -2 011 : Curé de Basse-Ter re 2011-2021 : Administrateur de la paroisse Sainte Berna dette des Gran ds-Fon ds à Sainte-An ne Aumônier du scoutisme en Gua delou pe, responsable du diaconat permanent et de la formation da ns l e diocè se 7 Jui llet 2021 : Décès du Père C hald er à Pointe-à-Pitr e Basse-Terre, le 8 juillet 2021 - Mgr David Macaire, arche- vêque de Martinique et administrateur aposto- lique du diocèse de Guadeloupe a appris avec tristesse le décès du père Albert Chalder survenu le mercredi 7 JUILLET  AU #(5 DE Pointe-à-Pitre à l’âge de 86 ans. En union avec l’évêque émérite, il s’associe à la douleur de l’ensemble du presbyterium du diocèse et des nombreux fidèles qui ont pu côtoyer le pasteur engagé qu’incarnait le père Chalder, singulièrement ceux de la paroisse 3AINT (YACINTHEDE#APESTERRE"ELLE %AUOáILFUTCURÏ durant vingt-cinq ans et fondateur dans cette com- mune, du Mouvement de la Jeunesse Chrétienne. Avec l’ensemble du Peuple de Dieu en Guadeloupe, l’archevêque rend hommage également au père Chalder, qu’il a par ailleurs bien connu, pour la dis- ponibilité dont il a su faire preuve durant toutes ses années de sacerdoce auprès des jeunes et des étu- diants, aujourd’hui adultes et pour lesquels il a été un véritable père spirituel. Mgr Macaire rappelle enfin le rôle essentiel du père Chalder auprès de Mgr Cabo et AVECTANTDAUTRESlDÒLESPRÐTRESETLAÕCS POURLAP- plication du synode diocésain de 1993 dans la ligne du concile Vatican II, notamment son action et ses recherches en liturgie concernant l’usage du créole ou la mise en œuvre d’un art sacré local conforme à l’esprit de la Liturgie de l’Eglise. Au nom du diocèse de Guadeloupe et plus largement de la province ecclésiale des Antilles-Guyane, Mgr Da- vid Macaire adresse ses condoléances à la famille du père Chalder, à ses proches, et à l’ensemble des fi- dèles. Avec eux, il rend grâce pour la vie de ce fils de l’Eglise en Guadeloupe, serviteur de Dieu, pasteur et père. Requiescat in Pace !

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16 Je voudrais d’abord dire merci à notre administrateur apostolique Mgr David Macaire. Lorsque j’ai appris le départ du Père Chalder, notre confrère dans le sacerdoce, j’ai pensé tout simplement à notre Archevêque, je me suis dis « la seule personne qui devait faire l’homélie c’est lui ». Mais lorsque notre administrateur apostolique David me demande de la faire, je n’ai pas hésité. Je n’ai rien de- mandé, j’ai accepté car le père a beaucoup fait pour moi et pour l’Eglise : « Pè Chaldè fè twop biten banmwen, bannou, pou légliz-la ».Chers confrères dans le sacerdoce, chers parents du père Chalder, frères et sœurs chrétiens de notre assemblée, comment ne pas être triste et bouleversé dans cette situation que vous et moi nous vivons ? C’est normal que nous le soyons car Albert qui a tant cher- A DIEU PÈRE ALBERT CHALDER La « messe d’A Dieu » au père Albert Chalder, ce jeudi 15 juillet en la grande église St Pierre et St Paul de Pointe- à-Pitre peinait à contenir les nombreux fidèles accourus de tous les coins du diocèse venus entourer la cinquan- taine de prêtres et diacres permanents, tous unis dans la prière en pensant au père Chalder qui s’en est retour- né à Dieu, dans la discrétion qu’on lui connaissait. La veille déjà dans la chapelle Sainte Bernadette des Grands Fonds, la communau- té des chrétiens de cette section, avait magnifiquement organisé la veillée funèbre, et les chrétiens de toute la Guadeloupe n’avaient pas manqué ce rendez-vous de prière, de témoignage et de fraternité au- tour du père Chalder. Ce matin la cérémonie a commencé par deux témoignages très évocateurs et pleins de sensibilité. L’un de Pau- lo, membre de la famille : « Nadir nous a tant appris. Depuis enfant il avait le sens de l’organisation, le sens de l’humour et de la famille. De son instituteur à Baie-Mahault il avait appris le travail et la curio- sité intellectuelle qui ne l’ont ja- mais lâché, jusqu’à ces dernières années les visio-conférences qu’il n’hésitait pas à donner pour aider les chrétiens et les former comme il faut (ainsi que les familles de Ste Bernadette peuvent en rendre compte). » Puis une chrétienne reprenait le parcours de pas- teur exemplaire du père Chalder « qui conduisait toujours avec mé- thode vers le but à atteindre ». Il arrive à Ste Bernadette en 2010 : il était l’homme aux multiples ta- lents : des défis et du renouveau, botaniste, artiste décorateur, or- ganisateur, théologien, ayant un grand sens de la liturgie. « Son mentor était St Paul VI ». Des ja- lons : « il faut connaître la Parole de Dieu » ; « on peut dire que la formation était sa vocation » ; « impossible n’est pas chrétien » ; « aujourd’hui l’architecte est par- ti, mais les ouvriers sont toujours à l’œuvre »… La messe pouvait commencer présidée par Mgr Da- vid Macaire, administrateur aposto- lique du diocèse qui a lui-même bien connu le père Chalder. Il passait vite la parole au père Yves Gillot pour quelques mots d’accueil chaleureux. « On s’est connu au séminaire d’Allex dans la Drôme, et on ne s’est plus quitté. Tes qua- lités sont innombrables, mais je retiens tes grandes compé- tences en liturgie et ton souci de faire appliquer le concile Vatican II. La formation tout au long de la vie était ton leitmotiv ». Après le chant d’entrée « peuple de baptisés marche vers ta lumière » magnifiquement entraîné par la chorale et les instruments, c’était le moment émouvant de déposer la lumière près du cercueil, ainsi que les vêtements signes du prêtre (aube et étole) sur le cercueil par les pères Paul-Antoine Bernard et Rémy Siouray ordonné trois jours auparavant. Père André Denecy assurait l’homé- lie. En fils spirituel du père Chalder il sut trouver les mots justes pour surmonter l’épreuve. Père Dénécy invitait les scouts à chanter avec lui l’hymne « Seigneur Jésus apprenez moi à être généreux »… émou- vant moment d’intense prière par- tagée… La messe pouvait se pour- suivre dans une grande ferveur et une belle unité des cœurs. J.-M. GAUTHIER FERVEUR AUX FUNÉRAILLES DU PÈRE CHALDER HOMÉLIE DU PÈRE DENECY

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17 ché avec nous, travaillé avec nous, avancé avec nous ; il ne sera plus là pour continuer à chercher, à faire vivre l’Eglise, accompagner, ensei- gner, annoncer Jésus Christ. Il ne sera plus là. Ou plutôt, il travaillera autrement maintenant qu’il entre dans la Pâques du Seigneur. C’est sa Pâques aujourd’hui ! Vous et moi c’est dans la foi que nous avons à vivre cette situation et comme lui-même disait « c’est le après qui est important ». Souvent il se posait la question : « Après la première communion, après la confirmation ». Notre tristesse, notre angoisse, notre peine le Sei- gneur les connaît et les accueille. Je crois que le Ressuscité nous a déjà accueillis par notre frère David en nous disant « La Paix soit avec vous » Jn 20,21. C’est exactement ce qu’a fait le Ressuscité pour ses disciples enfermés dans la peur « La paix soit avec vous ». La situa- tion que nous vivons, nous avons à la vivre dans la foi et dans l’espé- rance, c’est pour cela que le Christ dit à ses disciples : « Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi, dans la maison de mon Père il y a beau- coup de demeures » Jn 14,1-2. Si le Seigneur pose cette question et nous fait cette invitation c’est parce que trop souvent beaucoup croient en Dieu, sans accepter Celui qu’il a envoyé Jésus Christ. Ce n’est pas suffisant de croire en Dieu si on n’a pas accepté son Fils Jésus dans notre vie. Ça ne va pas de soi, d’ail- leurs à l’époque ça n’allait pas de soi puisque les grands prêtres qui croyaient en Dieu ont rejeté celui qui est l’envoyé de Dieu. Croire en Dieu, croire en Jésus Christ c’est accueillir dans la foi, celui qui nous dit : « Je suis le Chemin, la véri- té et la vie, personne ne va vers le Père sans passer par moi » Jn 14,6. Alors je me suis dit par quel chemin passer pour faire cette homélie et j’ai compris qu’il y a un seul chemin. C’est de regarder Jésus Christ, d’annoncer Jésus Christ, vivre de Jésus Christ. C’est bien ce qui est dit dans la première lecture, réconfortez-vous les uns les autres dans le Christ : « S’il est vrai que dans le Christ on se ré- conforte les uns les autres, si l’on s’encourage avec amour, si l’on est en communion dans l’Esprit, si on a de la tendresse et de la com- passion alors pour que ma joie soit complète, ayez les mêmes dispositions, le même amour, re- cherchez l’unité » Ph 2,1-2 Père Chalder s’est laissé habiter par le Christ, il a laissé la Parole du Christ habiter en lui, c’est ce qui lui a permis d’accueillir, de réconforter les frères et les sœurs, les encou- rager avec autant d’amour. Oui voi- la ce qu’il a fait, il l’a fait au nom de Jésus Christ. Il y a une exigence pour vivre tout cela : s’abaisser au rang de servi- teur, c’est ce que le Père Chalder a accepté en devenant prêtre de Jésus Christ. Que retenir d’Albert ? Un homme de prière : qui a foi en Dieu, qui cherche à connaître ce que le Seigneur attend de lui. Autrement dit un baptisé comme vous et moi qui est devenu un homme de prière, fidèle à la Parole de Dieu, fidèle à l’Eglise, aux pères de l’Eglise aux textes de l’Eglise, au Concile Vatican II. Un témoin de Jésus Christ, té- moin de l’amour de Dieu dans sa façon de vivre son sacerdoce : les différentes communautés (de Ca- pesterre, de Basse-Terre, de Sainte Bernadette…) ont rendu témoi- gnage de la qualité d’écoute de ce frère, sa rigueur intellectuelle, son respect des personnes, sa patience pour accompagner. Cela ne s’est pas fait tout seul, c’est parce qu’il a accepté l’exigence de l’Evangile, il s’est laissé habiter par le Christ et a médité sans cesse ces paroles de Paul aux Philippiens : « ayez les mêmes dispositions, les mêmes sentiments, le même amour ».Un pasteur qui prend soin de ses brebis : qui va à la rencontre des jeunes, des familles, des com- munautés, il était ouvert à tous comme le Christ. Autrement dit, il a vécu son ministère en laissant le Christ habiter en lui. Ce que cha- cun de vous a reçu comme don de la grâce, mettez-le au service des autres comme un bon gérant de la grâce de Dieu. Père Chalder a été un bon gérant de la grâce de Dieu sous toutes ses formes. Un bon pasteur dont le projet pastoral était important pour lui. Car sans projet pastoral comment le pasteur va-t- il avancer avec ses fidèles ? Mar- cher ensemble, c’est faire synode, c’était important pour lui, d’ailleurs à la rencontre du presbytérium, dans un groupe de travail les déci- sions du synode ont été rappelées : je savais que cela venait du Père Chalder. Les vocations : voilà un homme qui savait où il allait car les vocations étaient essentielles pour lui. Et lorsqu’il parlait de 2035, il nous invitait à travailler entre autres pour les vocations. Il a ac- cueilli, accompagné et formé bien des jeunes qui sont des hommes et des femmes aujourd’hui. Si je suis prêtre aujourd’hui c’est grâce au père Chalder qui a compris que j’avais en moi cet appel à servir, à être utile, à prendre soin des autres. Il m’a fait découvrir le scou- tisme, m’a proposé de travailler au presbytère pour avoir mon bac, a respecté ma liberté en me disant « si c’est ta vocation tu restes si ce n’est pas ta vocation tu t’en vas ». Respect de la liberté de tous, res- pect de la liberté de chacun. Le père Chalder a accompagné et for- mé chaque communauté à porter le souci des vocations. Il a accueilli des séminaristes, aidé chacun à trouver sa voie, à répondre à l’ap- pel de son baptême. Je retiens enfin que cet homme de prière, ce témoin, ce pasteur, prêtre de Jésus Christ a vécu

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18 A DIEU PÈRE ALBERT CHALDER jusqu’au bout sa mission. Sou- vent quand quelqu’un s’en va nous disons que nous l’avons perdu, la famille peut dire qu’elle l’a perdu. Nous ne pouvons pas dire que nous l’avons perdu. La vraie question qu’il faut se poser : Est-ce que nous avons profité de son enseignement, est-ce que nous avons profité des richesses de cet homme ? Chaque fois qu’on allait le voir, on revenait différemment, preuve qu’il nous avait marqués. Un confrère disait : « quand je l’ai rencontré je suis devenu un prêtre différent ». Ce qui veut dire qu’il était habité par l’Esprit de Jésus Christ, donc nous ne l’avons pas perdu, il a été don- né à l’Eglise et maintenant c’est à nous de continuer le « après ». « Annou mèt nou ansanm », « cherchez l’unité dit Saint Paul aux Philippiens ». « Annou mèt nou ansanm pou twavay pou Jé- zikri ki sé chimen, vérité é la vi ». Je rends grâce à Dieu de nous avoir donné un tel pasteur, un vrai papa, exigeant envers lui-même mais ouvert, rempli d’humilité et de respect envers les autres pour aider chacun à trouver sa voie et répondre à sa vocation de bapti- sé dans la société comme dans l’Eglise. Mon accompagnateur spirituel, lorsque je confessais ma misère et mon péché dans le sacrement du pardon, ce qui me marquait chez lui, il me de- mandait de le confesser lui aussi. Quelle humilité, quelle grandeur ! 57 ans de vie sacerdotale bien remplie, la grâce du baptême, de la confirmation et de l’ordination, autrement dit la grâce de Dieu n’a pas été stérile en lui. Béni soit Dieu pour cela, « serviteur bon et fidèle entre dans la joie de ton Maître », avec joie et humilité, prends la place que le Seigneur a préparée pour toi et comme a dit la com- munauté de Ste Bernadette « di bonjou pou nou a Monsényè Cabo ». Zòt mèt nou o travay, (puisque le père chalder a été vicaire général d’Ernest Cabo) Zòt tra- vay pou mèt Légliz-la doubout, avè Jézikri é adan Lespwi a Jézikri. En ce temps de prière et de préparation pour accueillir un nouvel évêque, en commu-nion avec le Père Cabo qui a été un grand pasteur, avec le père Chalder qui a été aumônier des scouts, levons-nous et disons tous ensemble la prière scoute. Nous qui sommes tous baptisés, une conviction nous habite : « Nou sé Légliz a Jézikri » é sé adan Lespwi a Jézikri pou nou vansé. Annou lévé doubout pou nou chanté : « Nou sé Légliz a Jézikri ». Elève du père Chalder, je retiens sa rigueur dans l’amour et dans l’humilité. Que le Seigneur m’aide et nous aide à vivre et à grandir dans cet amour pour porter du fruit, pour annoncer Jésus Christ et vivre Jésus Christ. Prends ta place dans le Royaume et accom- pagne-nous dans la prière. Amen. TÉMOIGNAGES AU SÉMINAIRE. En 1957, j’entrais en formation au séminaire des saints Apôtres à Montréal avec le père Claude Blain, et on s’est retrouvé là avec le père Albert Chalder qui terminait son parcours. Je garde un souvenir émouvant de ce prêtre qui, à l’époque dé- ployait toujours une grande rigueur dans une empathie naturelle qui nous encourageait beaucoup. Albert Chalder était très affable et par son accueil il nous mettait à l’aise pour qu’on s’habitue dans ce contexte si différent du nôtre. Il savait mettre entre nous un esprit de corps pour nous permettre de tenir bon et faire face à l’adversité. Je me suis marié après et j’ai fondé une famille, mais je ne l’ai jamais oublié. Aujourd’hui retiré en Martinique avec les miens, je suis dans la peine même si je sais que du haut du ciel il saura jeter sur nous un regard aiguisé et bienveillant. Serge CÉSARUS ENSEIGNEMENT. Beaucoup ignorent peut-être que le père Chalder a enseigné au séminaire collège. C’était un excellent professeur, il m’a enseigné le français, rigoureux mais juste et sympathique. Très communicatif, nous n’avions aucune difficulté à adhérer à ses recommandations. Toutes celles et ceux qui l’ont connu retrouvent certainement ses traits de caractère. Il nous disait souvent : si j’avais un fils il serait droit en joignant les doigts et tendant la main. J’en garde un très bon souvenir et si je suis devenu enseignant en mécanique bateau par la suite je lui dois cette vocation en partie. Je prie Dieu de lui accorder toute sa miséricorde. Albert DOLOIR DIACONAT PERMANENT. Père Albert Chalder a été pour beaucoup d’entre nous diacres permanents à la proue du navire de la Diaconie dans le diocèse. Un souci de pasteur attentif puisqu’il avait la charge de notre formation. Il a toujours été et depuis le début en grande proximité avec nous tous, soucieux de nos vies de famille, soucieux de nos missions respectives, soucieux de notre forma- tion spirituelle à toujours solidifier. Nous lui devons beaucoup. A Dieu, cher père Chalder, nous n’oublierons rien de ce que tu nous a donné. Jacky RAMASSAMY, Diacre permanent

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19 JUBILÉ Père Gérard Foucan, le 3 juillet vous fêtiez votre jubilé, grande joie pour vous mais aussi pour la communauté de Basse-Terre et tous les jeunes que vous sui- vez au service des vocations ! Quel sentiment vous anime à l’occasion de ce jubilé ? Le sentiment est celui de la paix, de la joie d’avoir pu célébrer ce jubilé avec des membres de ma famille, des anciens et actuels paroissiens. Paix et joie d’avoir une cathédrale autant remplie. Paix et joie de voir qu’en dix ans, le Seigneur a agi à travers moi, auprès des jeunes et des moins jeunes en particulier auprès des servants d’autel, des jeunes en discernement et des sé- minaristes. Aider l’autre à grandir dans la foi et le voir grandir, s’épa- nouir est pour moi source de paix et de joie. Paix et joie pour les pas que j’ai franchis de façon humaine et pastorale. Paix et joie pour les responsabilités diocésaines que m’a confiées Mgr Riocreux notamment les célébrations de Confirmation. Quels sont les points d’appui pour avancer dans l’Eglise ? Les points d’appui sont pour moi avant tout la docilité à l’Esprit-Saint, la méditation de la Parole de Dieu qui suscite en moi des réflexions pour faire grandir l’autre. « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux ». Je n’hésite pas à partager ces idées avec des confrères (des paroisses de Basse- 4ERREOUDU$OYENNÏ AVECLESLAÕCS du Conseil pastoral entres autres. C’est vraiment un va-et-vient, car les LAÕCS ONT BEAUCOUP Ì APPORTER AUX prêtres quant aux idées nouvelles à mettre en place pour que la trans- mission de la foi se passe mieux. Bien qu’étant très rigoureux, je ne conçois pas mon ministère sans l’ap- PUIDESlDÒLESLAÕCS DESPRÐTRESETDE l’évêque. J’apprécie la collaboration PRÐTRES lDÒLES LAÕCS QUAND ELLE EST faite de façon sincère. A mon sens, les familles peuvent aller plus loin si elles mettent Dieu au cœur de leur vie. « Une famille qui prie ensemble reste ensemble » (Mère Térésa). « Les parents doivent donner à leurs enfants des racines et des ailes ». (Paul Claudel). Comment aider à discerner l’appel de Dieu dans sa vie ? Prêtre depuis 2011, cela fait aus- si dix ans que je suis membre du SDV. Il faudrait que les jeunes ren- contrent des adultes de confiance, des ministres ordonnés ou des reli- gieuses à qui ils peuvent se confier. Il faudrait que l’accompagnement 10 ANS DE SACERDOCE : PAIX ET JOIE ! spirituel des jeunes soit renforcé dans les paroisses et aussi dans les écoles catholiques. Car la vocation est l’affaire de tous les catholiques, de toutes les familles, de toutes les communautés religieuses, de toutes les paroisses en Guadeloupe. Quelles sont les valeurs qu’il nous faut promouvoir ? Les jeunes croiront en demain, s’ils ont autour d’eux des adultes qui croient en eux. Les épreuves ren- contrées font que nous ne sommes pas suffisamment porteurs d’espé- rance pour les jeunes. Un évêque a dit : « Le présent appartient aux jeunes ». Avons-nous le souci de leur donner leur place et de les écouter dans nos communautés paroissiales ? Avons-nous le souci d’encourager les jeunes en leur di- sant : « Tu as du potentiel, j’espère en toi, tu ne te résumes pas aux bêtises, aux faux-pas que tu fais ». Comment un jeune peut croire en demain quand il se sent dévalorisé : « Ou pa vo ayen, ou pé ké jen rivé ». Nos paroles peuvent être blessantes. Message pour les jeunes Chers jeunes, je suis très heureux en tant que prêtre. Après 10 ans de prêtrise, je ne regrette rien de ce que je suis devenu. Je vous assure : Cela vaut le coup de réfléchir à cette voie de bonheur et d’épanouisse- ment. « N’aie pas peur, laisse-toi re- garder par le Christ ». Comment ne pas redire cette phrase découverte lors de ma formation au séminaire de Toulouse « Dieu n’appelle pas des gens capables mais il rend ca- pables ceux qu’Il appelle ». Le Service Diocésain des Vocations t’accompa- gnera pas à pas pour mieux décou- vrir ta vocation. N’hésite pas, ose l’aventure avec le Christ ! Contacte moi si tu as entendu « cette petite voix » au fond de ton cœur te disant : « Viens, suis-moi… J’ai besoin de toi en tant que prêtre, en tant que reli- gieuse… » Propos recueillis par J.-M. G. Père Gérard : 0690 95 53 42 pgerardfoucan@gmail.com

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20 ÉGLISE DIOCÉSAINE En ce 16 ème dimanche ordinaire, dont l’Evangile nous invitait au re- pos à l’écart, j’ai concélébré avec une vingtaine de prêtres la messe d’action de grâces en la cathédrale ND de Guadeloupe. Cette ultime célébration a été belle, émouvante et remplie de tant de souvenirs, comme j’ai pu l’évoquer dans la longue homélie. D’abord le sou- venir de la messe d’intronisation dans le diocèse le 30 Septembre 2012. Il y a 9 ans. Evêques, prêtres et peuple de Dieu étaient là pour cette célébration solennelle. En ce dimanche 18 juillet, ce fut simple et fort, avec les fidèles essentiellement de Basse-Terre, et deux préfets ayant pris place discrètement dans l’assemblée, la guadeloupéenne Marcelle Pierrot et le préfet en exercice Alexandre Rochatte. Moment essentiel que celui de l’homélie à partir des lec- tures du jour, avec le thème du Ber- ger dans Jérémie, le psaume 22 et l’Evangile. J’ai tout d’abord rappelé les textes du dimanche précédent parfaitement adaptés à la célébra- tion de la triple ordination présidée par Mgr Macaire. Occasion de sa- luer le Père Rémy et les diacres Gino et Christopher présents au- jourd’hui. Puis, le pasteur, Jésus le Bon Pasteur (cf Jn 10) en rappe- lant le bâton pastoral de l’évêque reçu le jour de son ordination épiscopale. Occasion de rappeler le 29 Juin 2003 à Pontoise, avec les questions posées lors d’une ordination épiscopale. Explication théologique de la collégialité au- tour du pape, en mentionnant mes trois papes que j’ai eu le pri- vilège de rencontrer : Jean-Paul II, le pape émérite Benoit XVI et notre pape François. Et la conclusion la plus appropriée avec le sermon de Saint Augustin sur les pasteurs avec la phrase connue, « Chrétien avec vous et Evêque pour vous ». J’ai aussi mentionné des pasteurs Cardinal Lustiger qui m’a ordonné évêque, le grand cardinal Béninois Gantin et le cardinal Etchegaray qui m‘a lancé la phrase : « Il faut tou- jours regarder devant ». Mission accomplie certes. Mais aussi sur- tout la mission d’aller vers Dieu, en pensant à l’éternité. Après la com- munion de cette messe fervente, avec la chorale accompagnée par ACTION DE GRÂCE À LA CATHÉDRALE DE BASSE-TERRE NEUVAINE À NOTRE-DAME DU MONT CARMEL Ferveur et prière intense de tous les chrétiens du diocèse en cette fête si chère au cœur de tous les Guadeloupéens, malgré la crise sanitaire qui a contraint aux règles sanitaires rigoureuses pour que tout se passe bien. Merci à la pastorale des hommes toujours aussi active et dévouée afin de faire en sorte que tout se déroule au mieux. Merci aux chorales qui ont animé toutes les liturgies. Merci aux pères Denis Avimadjenon et Isadan Kouka-Mbemba pour leurs prédications et enseignements sur le thème si réconfortant « Marie, Mère de l’Eglise et notre Mère ». Merci au père Gerard et à tous les prêtres de Basse-Terre pour leur disponi- bilité. Merci aux mille petites mains de l’association du Carmel pour la décoration et les gestes d’attention quotidiens pour permettre aux pèlerins d’être bien. Merci aux sœurs Carmélites enfin dont la prière fidèle nous permet à tous de tenir debout. J.-M. P. l’orgue neuf, discours et cadeau. Père Silène, curé de Pointe-à-Pitre et Vicaire général a dit au nom de tous d’une manière délicate et respectueuse la gratitude du diocèse. Les cadeaux, multiples et chargés d’affection, présentés par le Père Gérard Foucan. Tel ce livre d’or avec des dizaines de té- moignages ainsi qu’une superbe chasuble inculturée à l’Antillaise. Applaudissements et salutations sur le parvis de la cathédrale ain- si qu’à l’évêché ont prolongé ce grand moment liturgique. La vie de l’Eglise continue. J’ai mention- né que Mgr Macaire avait pris la cathèdre symboliquement comme « évêque intérimaire ». En attendant et priant pour le successeur. J’ai pu aussi rappeler la succession apos- tolique, en indiquant les évêques depuis 1850 enterrés dans la ca- thédrale, tel Mgr Cabo inhumé en décembre 2019. En conclusion, un dimanche ordinaire devenu par cette circonstance extraordinaire. Le bonheur d’avoir été et d’être en Eglise ! Cette belle Eglise en Gua- deloupe. + Jean-Yves RIOCREUX

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21 BRÈVES PASTORALE DES MIGRANTS AVEC L’AUMÔNERIE DES HAÏTIENS Ce 1 er août à la chapelle de Pointe d’Or aux Abymes, comme tous les premiers dimanches du mois, avait lieu la rencontre DELAUMÙNERIEDES(AÕTIENSDE'UADELOUPE#ETTERENCONTRE de partage et d’amitié qui a été lancée en janvier dernier in- clut toujours l’eucharistie. Et en cette fête de saint Alphonse de Liguori, il revenait au père Josué Joseph, curé de Pointe Noire, de présider cette messe en l’honneur du fondateur des Rédemptoristes. Père Josué dans son homélie faisait le lien avec notre vie d’aujourd’hui : la problématique terrible et INJUSTEDELAVIOLENCEEN(AÕTILACRISESANITAIREAVECLESTEN- sions liées au vaccin chez nous (il faut pourtant bien que l’on se protège pour mieux protéger les autres) ; la mort de Jacob Desvarieux qui endeuille le monde artistique mais pas seule- ment lui tant le talent de ce grand musicien et compositeur aura marqué son époque ; les jeux olympiques de Tokyo qui montrent le talent de la jeunesse du monde entier… La messe, concélébrée par les pères Jonas et Wilner, pou- vait se poursuivre dans une grande ferveur animée par une chorale dynamique et très harmonieuse… on sent le travail régulier qui se réalise là ! COURAGE ET ESPÉRANCE EN HAÏTI Père Daniel Romulus vient d’arriver en Guadeloupe pour un mois et demi afin de subir LADEUXIÒMEOPÏRATIONNÏCESSAIREÌLASANTÏDESESYEUX3%$(!&3ANTÏ%DUCATION $ÏVELOPPEMENT !IDE AUX &EMMES EN (AÕTI EST LASSOCIATION QUI SOUTIENT SON ACTION Ì Petit-Boucan dans la région de Gressier. Père Daniel Romulus, prêtre du Prado, bien qu’incardiné dans le diocèse de Guadeloupe, y œuvre courageusement depuis plus de douze ans. Responsable de la paroisse du secteur qu’il a fondée de toutes pièces, avec l’approbation de son évêque, et qui est toujours en cours d’agrandissement, il y a monté une école, un centre de formation dans l’agro-écologie, des pôles d’artisanat local pour aider les gens à subvenir à leurs besoins… Il fait preuve d’un courage à toute ÏPREUVEETDUNEFOIÌTRANSPORTERLESMONTAGNES,EJUILLET3%$(!&ATENUSARÏUNIONÌLAPAROISSEDU2AIZETPOURFAIRELEPOINTET voir comment dans le concret continuer d’aider père Daniel. Le 7 août il venait chez les Carmélites de Basse-Terre témoigner auprès du groupe Famille Fraternité de l’Incarnation. Comme Frère Francklin Armand à travers le pays, père Daniel Romulus essaie dans son oasis de solidarité et de bienfaisance d’aider les gens au plus près. Mais c’est un vrai combat, qu’il mène résolument et dans la confiance envers et contre tout. Question : comment arrives-tu à tenir dans ce climat de violence ? « Seule la foi, et la confiance en Jésus-Christ me permettent de garder l’espérance. » Le 17 août, père Daniel disait dans un mail : « je vais vite rentrer en Haïti retrouver ma paroisse qui d’après les nouvelles n’a pas été trop secouée. Mgr Willy Romélus est vivant Dieu soit loué mais sa petite maison à Cható près des Cayes a été toute fissurée. J’ai perdu plusieurs amis prêtres qui ont été ensevelis ». « La maison des petits frères de l’incarnation à Jérémie a été écrasée, heureusement ils ont pu en sortir à temps » écrit Fr Ralph dans un SMS. PAPE FRANÇOIS À CAPESTERRE BELLE-EAU ! Il fallait la hardiesse et la joie des enfants et des jeunes pour mettre en scène le pape François et Mgr Macaire ainsi que des cardinaux et des évêques entourés de religieux et reli- gieuses, à travers une évocation de Saint Joseph : « Le monde a besoin d’un père, saint Joseph est un bel exemple ! »… Cette belle scénette construite en droite ligne de « patris corde » a été jouée le 26 juin après-midi dans l’église par les grands jeunes servants d’autel, les « Semeurs d’accords » (groupe de la pastorale des enfants et des jeunes), et des en- fants de la catéchèse, et une belle chorale de jeunes… sous la houlette des sœurs dominicaines, des dames catéchistes, de personnes dévouées de la paroisse, du groupe de Ma- RIE *EANNE5RSULE ETDUPÒRE+AZECURÏDE3AINT(YACINTHE « Pape François, bienvenue chez nous, dans l’île aux belles eaux, oh ! En ce jour béni, Dame d’Estramadure vous salue ! Guadeloupe, réveille-toi, sors de ton sommeil, viens et suis- moi ! Guadeloupe, réveille-toi, debout, viens et suis moi ! ». Le Relvoc (Relais Vocationnel de la paroisse de Capesterre) avait bien préparé le déroulement de cette belle présentation et offrait une image de prière pour les vocations à tous les gens venus assister à la représentation et participer à ce beau moment de prière. Jean-Mar ieGAUTHIE R

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22 ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE Comme l’année dernière, la crise sanitaire va impac- ter inévitablement le fonc- tionnement du monde éducatif dont l’école ca- tholique fait partie. Les collectivités départemen- tale et régionale et l’asso- ciation des maires de la Guadeloupe ont deman- dé le report de la rentrée scolaire prévue initialement le 1 er Septembre 2021. Demande qui a été agréée puisque la rentrée scolaire est effectivement reportée au 13 septembre tandis que le confinement est pro- longé au 19 septembre. Le report de la rentrée et le prolongement du confi- nement signifient que tous espèrent une amélioration de la crise sanitaire dans les semaines ou les mois à venir. Ce qui mettrait tous les secteurs en confiance et permettrait ainsi aux enfants et aux jeunes de re- prendre sereinement le chemin de l’école. Mais d’où VIENDRA CETTE AMÏLIORATION  $U 4RÒS (AUT CERTES #AR)LESTLE-AÔTREDUTEMPSETDEL(ISTOIRE)LSERÏ- vèle comme le Tout-Puissant, l’Omniscient, l’Alpha et l’Omega. Il est le Dieu de l’impossible. Il est le Père qui accompagne ses enfants dans les moments les plus difficiles, les plus chaotiques. Cependant, ce Dieu ne peut rien faire sans notre apport, sans notre partici- pation active dans la recherche de cette amélioration tant souhaitée. Il veut passer par et à travers nous pour montrer sa toute puissance. En d’autres termes, nous pouvons le rendre impuissant si nous n’écou- tons pas la voix de la raison, de l’intelligence, du cœur, de la conscience, de la foi et de l’espérance qu’Il a déposés en chacun de nous. Quels sont les moyens préconisés pour espérer un retour à la normale ? En premier lieu : Les gestes barrières (distan- ciation physique, port du masque et lavage régu- lier des mains). Et en se- cond lieu : la vaccination qui empêche d’avoir la forme grave de la mala- die du coronavirus à 95% d’après la santé publique de France et ailleurs. Et le Pape François, la semaine dernière, a invité tous les fidèles à se faire vacciner car, dit-il : « se faire vacciner est un acte d’amour ». L’Enseignement catholique espère grandement ce re- tour à la normale pour pouvoir continuer sa mission qui consiste à accompagner les familles dans l’éduca- tion de leurs enfants. Il encourage tous ses acteurs : parents d’élèves, enseignants, personnels d’OGEC, enfants et jeunes scolarisés à prendre conscience de la gravité de la situation et à pratiquer les gestes utiles et responsables pour un retour rapide à la normale. Notre pensée se tourne vers les familles qui ont per- du un ou plusieurs membres de leurs fratries à cause du covid-19. Qu’elles soient ici assurées de notre soutien et de nos prières. Dans cette situation inédite que connaît notre monde, L’Enseignement Catholique continue à croire avec Saint Paul que : « L’espérance ne déçoit pas ». Il y a des portes qui se ferment, mais ces difficultés doivent retentir pour nous comme au- tant de sources d’audace. L’Esprit souffle… A nous de L’accueillir, à nous de nous sentir convoqués à l’audace. Chaque danger, chaque épreuve ou difficulté présente toujours des opportuni- tés. Quelles sont les opportunités qui se présentent à nous aujourd’hui durant cette crise sanitaire inédite ? Père Thierry ST-CLAIR, Directeur Diocésain RENTRÉE SCOLAIRE : « L’ESPÉRANCE NE DÉÇOIT PAS ! » FORMATION PERMANENTE DANS LE DIOCÈSE Concernant la Formation des Catéchistes en paroisses et mouvements, et la Formation des A.P.S. Animateurs et Animatrices en Pastorale Scolaire dans les Eta- blissements d’Enseignement Catholique. Les inscriptions sont ouvertes. Cette formation a été mise en place en septembre 2020 par la Direction Diocésaine de l’Enseignement Catholique et l’IFAGEC (institut de Formation qui y est relié) sous la houlette du père Thierry St-Clair, directeur diocésain de l’enseignement CATHOLIQUEETRESPONSABLEDELAFORMATIONPERMANENTEDANSLEDIOCÒSEET-ADAME.ICOLE3OÕMEDIRECTRICEDEL)&!'%# Deux groupes fonctionneront à partir d’octobre 2021 au C.P.S.O. : s5NEDEUXIÒMEANNÏEPOURCELLESETCEUXQUIONTDÏJÌCHEMINÏCETTEANNÏE  s5NEPREMIÒREANNÏEPOURCELLESETCEUXQUISONTINTÏRESSÏSÌENTRERDANSLEMOUVEMENTETÌVENIRSEFORMER Inscrivez-vous dès à présent : à la D.D.E.C. Père Thierry St-Clair 0690 67 22 83 ou à l’I.F.A.G.E.C. Nicole Soïme 0690 76 55 20 « Il ne faut pas oublier que le concile Vatican II nous a appris que la Formation devait faire partie intégrante de la vie du chrétien. Nous devons tous en avoir le souci ! » Père Albert Chalder Laarrretrtréeée ddsccheheffddd’é’é’éttbb LLLaaLa rrrereeerrreenennenenntrtrtnntttrréétrtrrrréeéeéérrréééeeeéeéeé ddddddeeeeeeddeeesseses ccchehehcchheeeeheheeefsfsfsfsfeeefffssssfsfsfsdddddd’’’é’é’éddd’’’’é’é’é’étt’éééétatattéééttttatataaatatataaaaabbbbaaaabbbblblblblbbl meett isisisillliiissssssisissssesessssseeeeeseseseeememmemeeeemmeememeeenneennntttttsntntttttsssstttssss

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23 L’UGSEL est bien à la proue du navire de l’Éducation, car « éduquer c’est tout un sport ». La crise sanitaire a empêché de mener bien des activités jusqu’ici, mais les JO de Tokyo ont pu se réaliser malgré tout et on a vu de belles perfor- mances, vécu un vrai fair-play, admiré le comportement de nos champions caribéens. Si nous regardons en détail, les sportifs antillais cumulent énormé- ment de médailles. Nous sommes « terre de champions » et cela grâce au dévouement des asso- ciations sportives. L’UGSEL est un pionnier et depuis 30 ans, l’Union Générale et Sportive de l’Enseigne- ment Libre aide, soutient et encou- rage les élèves de l’enseignement catholique dans la pratique d’acti- vités sportives. Chaque année un panel d’activités est proposé aux établissements afin de découvrir de nouvelles pratiques sportives. La rentrée se profile et l’UGSEL va pouvoir déployer tout son génie. Peux-tu en tant que pré- sident nous en baliser la route ? Malgré une situation sanitaire qui continue et s’aggrave, le sport est présent et bien présent. L’UGSEL Guadeloupe, qui a réussi à s’adap- ter aux contraintes continuera cette année 2021/2022 à mener ses activités aussi bien que pos- sible car le SPORT est l’éducation de l’esprit et les bienfaits sont im- menses. De plus notre ministre M. Blanquer souhaite instaurer 30 mn d’EPS chaque jour. Cela renforce l’importance de l’activité physique au sein de nos établissements scolaires. L’UGSEL sera présente encore et toujours pour les élèves de l’enseignement privé catholique et ce contre vents et marées. Un programme en bé- ton sous le signe des traditions sera proposé à la rentrée : Ma rentrée avec l’UGSEL, le cricket, la carte passerelle, le téléthon, la biguine, le KA et les 30 ans de l’UGSEL Guadeloupe Motifs d’espérance Dieu est présent et nous soutient dans les moments difficiles. Mais souvent, après la tempête le beau temps revient et il faut y croire chaque jour. La vie est faite de hauts et de bas. Les difficultés font partie de la vie. Espérer et aller de l’avant, c’est le meilleur exemple que l’on peut donner en matière d’éducation. Continuons à trans- mettre le positif à nos enfants et nos élèves afin que demain puisse être meilleur. L’UGSEL Guade- loupe et toutes son équipe vous souhaite une belle année scolaire 2021/2022. Gwenaël GIRAUD Président UGSEL Guadeloupe 0696 70 24 91 MOUVEMENTS L’UGSEL : ÉDUQUER C’EST TOUT UN SPORT FÊTE DE L’ASSOMPTION DE MARIE À GRAND-BOURG L’Assomption, Marie monte au ciel corps et âme, est un vrai mystère d’espérance dont notre monde a tant besoin actuellement. Les paroissiens de Marie-Galante ont pu se préparer à cette grande fête en méditant la vie de Marie, en priant et en chantant Marie, à domicile ou à l’église durant neuf jours à l’aide d’un petit livret. A l’église Im- maculée Conception, avant l’eucharistie du jour, les différents groupes ont animé ce moment de réflexion et de prières avec enthousiasme. Le 15 août 2021, fête patro- nale de la commune, la solennité de l’Assomption de Marie a été célébrée par père Vincent de Paul en présence d’une petite délégation municipale, et d’une commu- nauté très restreinte, dans le respect des gestes barrières. C’est dans le recueillement et la joie du Christ que nous avons rendu grâce à Dieu sous le regard de Marie, Mère de l’Eglise et de l’humanité. Odile SENE-KANY

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24 SPIRITUALITÉ Durant le mois de septembre, sera fêté Saint Vincent de Paul. Mois important pour notre diocèse puisque le 19 septembre marque- ra la 100 ème année de fondation de la Conférence Notre Dame de Guadeloupe. Ces 100 ans d’existence seront marqués par une Messe Anniver- saire qui se déroulera le dimanche 19 septembre 2021. Cette célé- bration sera l’occasion pour les Vincentiens de remercier Dieu de nous permettre d’être aujourd’hui encore présents aux côtés de nos frères qui souffrent. C’est aussi le moment de remettre notre Confé- rence entre les mains de notre Père céleste afin qu’il puisse nous éclairer dans nos projets et nous aider à répondre au mieux aux be- soins de ceux qui nous sollicitent. Durant cette messe, il nous tiendra aussi à cœur de mettre à l’honneur ceux qui servent la Société Saint Vincent de Paul depuis des années en leur décernant un présent. Ce dernier symbolisera toute la re- connaissance et le respect qu’a la SSVP pour leur engagement bé- névole durable et dévoué à une cause solidaire qui demande sou- vent nombre d’efforts. Un moment que nous espérons partager avec l’ensemble des fidèles qui nous soutiennent depuis des années, en participant à nos actions par leur don financier. En cette période de crise sanitaire, la Conférence est souvent sollici- tée. Nous voulons demeurer au plus proches des gens et les ac- compagner pour leur venir en aide. Même si pour l’instant, la Confé- rence Notre Dame de Guadeloupe a des moyens modestes, nous essayons de répondre aux de- mandes qui nous sont formulées dès que cela nous est possible. Les demandes que nous traitons viennent de particuliers ou d’as- sistantes sociales du territoire. La charité n’est pas un vain mot pour nous, nous ne voulons jamais lais- ser une personne sur le carreau. Rodrigue ERSINE AVEC SAINT VINCENT DE PAUL Il y a 9 conférences St Vincent de Paul en Guadeloupe. Et nous es- pérons pouvoir en monter une dixième prochainement. La situation sanitaire nous oblige à faire très attention, en même temps la charité n’est pas facultative et nous essayons de porter secours aux per- sonnes nécessitant de l’aide matérielle ou morale malgré nos petits moyens : c’est ainsi que pour le mois de juillet à Baillif il y a eu une distribution de soupe ; à Basse-Terre il y a une distribution d’un petit déjeuner le dimanche ma- tin ; à Gourbeyre nous avons donné des vêtements à des familles grande- ment démunies ; à Saint- Claude nous avons porté secours à une famille qui vivait dans une maison insalubre. Nous portons des projets solidaires sur le nord Grande Terre : Port-Louis et Anse-Bertrand (épicerie solidaire) pour lesquels nous sollicitons des aides et des appuis des instances. LA LÉGION DE MARIE : PRENDRE À TÉMOIN L’EVANGILE Ce temps de crise sanitaire qui nous éprouve tous depuis de trop longs mois, nous oblige à prendre l’Evangile à témoin. Nous appuyer sur la Parole de Dieu qui seule peut nous aider à tenir, à ne pas nous décourager… En ce temps où nous vivons, sommes-nous prêts à agir comme le Maître, selon la Parole : devenir des disciples humbles et fidèles serviteurs ? Quel bonheur si nous savons contempler, adorer, aimer, servir notre prochain pour regarder l’avenir avec force et espérance, malgré les entraves de la distanciation et le confinement qui ne nous épargne guère. Nous sommes tous logés à la même enseigne, soyons fidèles à l’Eglise en deman- dant à maman Marie de nous prendre en mains en la remerciant à l’avance. […] Après réflexion je constate que je me suis trop laissée happer par les engrenages de la société actuelle : les distrac- tions, les festivités souvent éphémères … je me questionne, que dois-je faire ? Mon examen de conscience réguliè- rement, je ne dois pas le négliger et je m’aperçois alors que je n’ai pas visité les malades aussi bien que je le devais, je n’ai pas vu les parents à temps, les personnes âgées isolées, le danger est de rester dans son confort facile… Seigneur aide-moi très sincèrement à abandonner tout ce qui fait obstacle à ma vie spirituelle, en te demandant mille fois pardon. Je suis ton enfant, je veux te suivre. […] Je prie mon ange gardien de me libérer de tout sentiment qui ne me conduit vers Toi. […] Après une confession, j’ai tout remis en question. Et me voilà aujourd’hui faisant partie de la Légion de Marie : merci Seigneur de m’avoir pris en mains. Maintenant c’est à moi de créer l’harmonie autour de moi, et grâce à Toi et Marie je puis avancer en paix avec mes frères et soeurs dans la confiance, la fidélité et l’es- pérance. […] La vie c’est l’amour, si nous n’avons pas l’amour, nous ne sommes rien ! […] La récente visite du père $ANIEL2OMULUSMAMONTRÏCOMBIENLAMITIÏPEUTÐTRERÏCONFORTANTE ILSEDONNETANTDEMALÌ0ETIT "OUCANEN(AÕTI son témoignage est véridique comme dans l’Evangile, il porte Jésus partout où il est même si la vie est dure. Merci Marie Notre-Dame du Perpétuel Secours d’être toujours à ses côtés, à nos côtés. Suzette MERLO (Morne-à-l’Eau)

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25 PRIONS Saint Alphonse-Marie de Liguori nait en septembre 1696 à Naples, d’une famille noble, fortunée et chrétienne ; fils ainé, il reçoit son éducation à domicile, auprès des meilleurs maîtres. Il apprend la phi- losophie, les sciences, la musique et la peinture. Il entre à l’université à 12 ans ; et devient avocat à l’âge de 16 ans, docteur en droit civil et ecclésiastique. Il a surtout été éduqué et accompagné dans la foi ca- tholique par sa mère. Avocat très doué, il ne perd qu’un procès injus- tement, à Naples, en juillet 1723. Dégoûté et humilié, il abandonne les tribunaux définitivement en disant : « Monde je te connais », puis il dépose son épée de chevalier aux pieds de Notre Dame de la Merci. Après une rencontre troublante avec le Christ qui lui dit : « Une seule chose te manque : Va, vends tout ce que tu as. Donne- le aux pauvres… Et puis viens, suis-moi. » Contrairement au jeune riche de l’Evangile, il répond oui. Un « oui » qui marqua profondé- ment le XVIII e siècle et qui retentit encore jusqu’à nos jours. Il décide d’embrasser la vie sacerdotale en entrant au séminaire pour se former en conséquence. Il est ordonné prêtre le 21 septembre 1726. Il se distingue du clergé de l’époque. Il devient tellement fatigué qu’il décide d’al- ler se reposer à Scala. En arrivant, il découvre la situation alar- mante de ces campagnards : la pauvreté matérielle et humaine ; l’abandon spirituel. Ils sont abandonnés de l’Eglise, et par les auto- rités civiles. Le 9 novembre 1932, il fonde la Congrégation du Très Saint Rédempteur dans le but d’annoncer l’Évangile de l’espérance du Christ aux plus abandonné(e)s et reculé(e)s de la société, aux plus démunis de secours spirituels. Il apporte, avec une prédication efficace, beaucoup à l’édification de la mission de l’Église dans le monde : contenu substantiel, style simple et orientation pratique, confession, morale, écrits spirituels. Il exerce la charge épiscopale pour annoncer l’amour du Christ. « C’est sa deuxième conversion. » Il faut dire que nous sommes en présence d’un homme au tem- pérament fort et à la personnalité fascinante, un homme doué de talents variés, il puise sa force dans la fidélité à la foi vécue quoti- diennement. Il prie avec assiduité, médite la Parole de Dieu chaque jour et entretient une grande dévotion envers la Vierge Marie. Pour Alphonse de Liguori, « vie de prière et vie missionnaire vont de pair. » (OMME DE LA 0AROLE VIVANTE ANNONCÏE IL EST ÏGALEMENT HOMME du Pardon. Alphonse de Liguori, le noble, le prêtre, le fondateur, le mystique, le missionnaire, le prédicateur, le confesseur, l’homme des médias, l’homme de lettres, le peintre, le musicien, l’évêque et l’ami des pauvres, n’a cherché qu’une seule chose tout au long de sa vie : accomplir la volonté de Dieu. L’homme de miséricorde a vécu quatre- vingt-onze ans, observant le vœu de ne pas perdre une minute de son temps. Il est parti vers le Père des Cieux le 1er août 1787. En 1839, Alphonse de Liguori est canonisé. Il devient Docteur de l’Église en 1871, et Patron des Confesseurs et des Moralistes en 1950. Père Josué JOSEPH HOMMAGE À MARIE-MADELEINE, APÔTRE Dis-nous Marie-Madeleine, Toi qui as mené une vie de péché, Dis-nous où as-tu trouvé cette pureté de cœur ? Dis-nous où as-tu trouvé cette Tendresse universelle ? Je vous le dis, c’est aux pieds de Jésus de Nazareth. Dis-nous Marie, Toi qui as été mal vu par tes contemporains, Dis-nous où as-tu trouvé ce regard amoureux ? Dis-nous où as-tu trouvé ce cœur brûlant d’amour ? Je vous le dis, c’est aux pieds de mon Seigneur. Dis-nous Marie, Toi que la société avait mis au ban, Dis-nous, où as-tu trouvé cette audace, Pour pénétrer la maison de Simon, le pharisien ? Dis-nous pourquoi as-tu versé toutes ces larmes aux pieds du Prophète ? Je vous le dis, c’est en signe de mon repentir. Dis-nous Marie, Toi qui t’enivrais de parfum pour plaire aux hommes, Dis-nous, pourquoi as-tu versé ce parfum de GRANDPRIXSURLESPIEDSDEL(OMMEDE.AZARETH Dis-nous quelle preuve d’amour as-tu voulu montrer ? Je vous le dis, mon geste est justement une réponse à son grand Amour pour moi. Dis-nous Marie, Toi qui as vécu des moments cachés dans la peur, Dis-nous, où as-tu trouvé cette force pour aller au tombeau au matin de Pâques ? Dis-nous pourquoi étais-tu en pleurs ? Je vous le dis, c’est en vertu de mon attachement à mon Divin Maître. Dis-nous Marie, Toi qui as voulu toucher le Ressuscité, Dis-nous, as-tu eu des doutes comme Thomas ? Eh bien ! Dis-nous pourquoi as-tu voulu Le retenir ? Je vous le dis, je n’ai aucun doute ; je ne conçois plus ma vie sans Lui. C’est pourquoi Il (le Seigneur) a dit à mon sujet : « Partout où l’Évangile sera proclamé – dans le monde entier – on racontera, en souvenir [de moi] ce que [je viens] de faire. » Celui/celle qui rencontre Jésus et l’épouse de tout son cœur, Devient à son tour, « Amour comme Lui » Car l’Amour est contagieux et éternel. Je vous le dis, l’Amour nous rend vivants et immortels. Alors : aimer et servir... P. Norbert TIBEAU, smm curé de Goyave ST ALPHONSE-MARIE DE LIGUORI, ÉVÊQUE ET DOCTEUR DE L’ÉGLISE

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26 PATRIMOINE Pendant trois semaines au mois de juillet, une vaste opération de res- tauration d’orfèvrerie a été menée sur les collections qui constituent la réserve de l’espace muséal « Trésor de Guadeloupe ». Attributaire d’un marché public lancé par la DAC Guadeloupe en  CEST LA 3OCIÏTÏ !ÕNU QUI A mené le chantier. Celui-ci concernait une quarantaine d’objets, de nature différente : calices, ciboires, ostensoirs, mais aussi plateaux, clochettes et croix reliquaires. Autant de diversité d’objets que de travaux à réaliser. Pour la plupart des objets, souf- frant d’oxydation causée par les sulfures de l’air sur le métal, le travail consistait au dépoussiérage puis nettoyage doux. Pour cela, les objets ont dû être démontés afin que chaque élément puisse être nettoyé. Enfin, une protection a été apportée à chaque objet, grâce à une couche de vernis protecteur et une opération de marquage des objets avec numéro d’inventaire a été menée, afin d’assurer une identification précise et une traça- bilité des objets. D’autres objets avaient subi au fil du temps des tentatives de protec- tion abusives à l’aide de couches multiples de vernis appliquées qui ont fini par provoquer des détério- rations et qui ont dû être retirées avant de pouvoir nettoyer et pro- téger l’objet de manière adéquate. Quelques réparations de reprises structurelles ont été également faites pour des objets déformés ou tordus par des chocs ou mau- vaises manipulations, et des objets cassés ont pu être réassemblés après nettoyage. Ces opérations techniques minu- tieuses représentent parfois pour un seul objet plusieurs jours de travail. Une croix d’autel reliquaire doit néanmoins rejoindre quelques se- MAINESLESATELIERSPARISIENSD!ÕNU pour y subir une reprise structu- relle qui nécessite un démontage entier de l’objet et de nouvelles soudures, impossibles à réaliser sur site. Les objets nouvellement restaurés ont été soigneusement conditionnés, pour être protégés en attendant leur présentation au public dans l’espace muséal. A cette occasion, une campagne photographique a été menée dans le cadre du projet d’édition du catalogue du Trésor, mené par le Diocèse avec le soutien de la Di- rection des Affaires Culturelles de Guadeloupe. Le public pourra y découvrir la collection entière d’or- fèvrerie (exposition permanente et réserve) commentée et contextua- lisée, ainsi que les textes du Trésor. Aurore Mondain, Archiviste RESTAURATION D’ORFÈVRERIE À L’ÉVÊCHÉ AINU : AU SERVICE DU PATRIMOINE !ÕNU ENTREPRISE INTERNATIONALE DE SERVICES MUSÏOGRAPHIQUES DÏDIÏE AU PATRIMOINE CULTUREL A ÏTÏ FONDÏE EN  par Stéphane Pennec. Archéologue, restaurateur d’œuvres d’art, photographe, il a été durant 15 années responsable DE LA RESTAURATION ET DES EXPOSITIONS DES OBJETS DU 4ITANIC (ABITUÏS DES GRANDS MUSÏES CETTE ENTREPRISE RÏALISE LES installations d’exposition, (Le Louvre Abu Dhabi, Musée des Confluences, Musée Carnavalet…), elle a fait du soclage des objets sa spécialité. Le socle permet de supporter l’objet s’il ne peut tenir seul, tout en l’offrant aux yeux du public DANSUNESCÏNOGRAPHIE$USQUELETTEDEBALEINEAUBIJOU6AN#LEEFAND!RPELS !ÕNUSILLUSTREDANSLADIVERSITÏDESES CHANTIERS-AÔTRISANTÏGALEMENTLACONSERVATIONETLARESTAURATION !ÕNUAAPPORTÏSONSAVOIR FAIREETSONEXPERTISESUR les pièces du Trésor de Guadeloupe en répondant à l’appel d’offre lancé par la Direction des Affaires Culturelles en 2020.

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27 LA FAMILLE Lydia et Charlie Porrier, mariés de- puis 40 ans, membres des END depuis 20 ans et missionnés comme Foyer Informateur par le Foyer Responsable de Secteur Ta- nia et Eddy Magdeleine, nous font découvrir son fonctionnement et comment c’est une chance pour les couples pour vivre leur spiritua- lité et leur « OUI » dans la foi. Un mouvement de spiritualité conjugal, créé en France en 1939, PARLEPÒRE(ENRI#AFFARELETQUATRE couples désireux de vivre toutes les richesses de leur sacrement de mariage. Placées sous la protection de la Vierge Marie, d’où l’appella- tion « Notre-Dame », les Équipes Notre-Dame, aujourd’hui, sont pré- sentes dans 70 pays. Chez nous, notre Secteur Guade- loupe est composé de 10 équipes formées de 4 à 6 couples unis par le sacrement du mariage, ac- compagnées chacune d’un prêtre conseiller spirituel. Chaque équipe se réunit une fois par mois dans un foyer, sous le regard de Dieu. Le jour de leur réunion, les membres de l’équipe : prient, par- tagent un repas, mettent en com- mun leurs efforts de progression, présentent les évènements les plus marquants du mois, échangent sur un thème religieux à partir duquel ils ont réfléchi pendant le mois. Pour progresser dans la foi, chaque équipier s’efforce de respecter six points concrets d’efforts indivi- duellement, en couple et avec le soutien du conjoint et de l’équipe. Ces points concrets d’efforts (PCE) sont : L’écoute de la Parole : Écouter avec assiduité chaque jour la Pa- role de Dieu. L’Oraison : Prendre chaque jour le temps d’une véritable rencontre avec le Seigneur. La prière conjugale : Prier en- semble, mari et femme, chaque jour dans une « Prière conjugale », et si possible familiale. Le Devoir de s’Asseoir (DSA) : Se réserver chaque mois le temps nécessaire pour un véritable dia- logue conjugal, sous le regard de Dieu. La règle de vie : Se fixer une règle de vie qui est une invitation à travailler à l’unification de tous les aspects de notre vie, sous le regard du Seigneur. La retraite annuelle : Prendre chaque année un temps de « Re- traite » en couple, pour se mettre devant le Seigneur, et nous per- mettre de réfléchir sur notre vie en Sa présence. 2 parcours d’accompagnement Les équipes Tandem pour vous qui vivez en couple et pour vous jeunes mariés, un parcours de deux ans pour prendre du temps et dialoguer en couple et avec d’autres couples. Les équipes Reliances pour vous qui êtes un couple de chré- tiens vivant une nouvelle union. Vivez en couple et en équipe votre chemin de foi sous le regard bien- veillant du Christ. Notre mission de couples au sein de l’Église est de témoigner de la beauté du sacrement de mariage, un sacrement pour un chemin de sainteté, un sacrement au service de la famille et de l’Église. Vous êtes un couple uni par le sa- crement de mariage et vous avez le désir de progresser spirituelle- ment en couple, avec le soutien d’une équipe, et d’une pédagogie propre, alors les Équipes Notre- Dame vous attendent. Les Équipes Notre-Dame sont un mouvement structuré et parmi les nombreuses missions en son sein, aux services des équipiers, il y a un Foyer Res- ponsable de Secteur, nommé tous les trois ans et aujourd’hui, nous avons cette joie de glorifier Dieu pour celui qu’Il a appelé à la suite du couple Tania et Eddy Magde- leine. Amélie et Joseph NAGAU QUI SONT LES ÉQUIPES NOTRE-DAME ? VIVE LA COMMUNAUTÉ DU CHEMIN NEUF Le récollection du Juillet a réuni plusieurs familles à Duzer. Fer- veur et amitié étaient au ren- drez-vous.

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28 AILLEURS, QU’EST-CE À DIRE ? « J’en ai marre de ce confinement ! J’ai envie d’aller ailleurs ! » Je suis fatiguée, « allons en pèlerinage » me disait une paroissienne. Com- me chacun le sait, ce qu’on appelle « pèlerinage » ne date pas d’au- jourd’hui. Dans l’histoire ancienne, on trouve quantité de récits de gens qui voyagent en groupe, qui se déplacent d’un pays à un autre, pas forcément dans une recherche spirituelle, mais tout simplement dans un but commercial, intellec- tuel ou culturel. Pour ne citer que l’histoire de Jésus de Nazareth, l’Evangile nous dit que selon la coutume, à l’âge de douze ans, il est monté avec ses parents en pè- lerinage pour la fête de la Pâque (Lc 2:41). « Selon la coutume », ce qui veut dire qu’il ne s’agissait sans doute pas de la première fois. Nous connaissons tous aussi, par exemple le célèbre et fameux pè- lerinage de st. Jacques de Com- postelle, qui conduit tout au long de l’année des milliers de gens ve- nant du Nord de l’Europe, jusqu’en terre d’Espagne, en quête de spi- ritualité. Beaucoup de familles re- ligieuses, de la même manière, comme les musulmans et les boudhistes, connaissent elles aus- si cette pratique qui consiste dans tous les cas à quitter chez soi pour aller ailleurs. Mais « aller ailleurs » pourquoi, et dans quel but ? Ailleurs, ce n’est pas une maladie Il y a en effet dans cette volonté et ce désir « d’aller ailleurs » (pas toujours très facile, il est vrai, parce que ça coûte cher) une curiosité, une volonté de connaître, d’ap- prendre et par le fait même une occasion d’évoluer. On nous a d’ail- leurs souvent fait la remarque et le reproche, à savoir que nous les Antillais de langue française nous restons trop enfermés sur nous- mêmes. Et pourquoi ? Parce que nous n’avons même pas l’audace d’aller dans les îles et autres pays qui nous environnent. L’« ailleurs » en tous cas nous fait toujours voir et rencontrer d’autres gens, d’autres cultures, d’autres coutumes, et, s’il s’agit de sanctuaires ou de commu- nautés religieuses, d’autres formes de pratiques religieuses. Cette ren- contre avec des personnes dans leur milieu de vie, en tous cas, fait tomber bien de préjugés. S’enrichir en allant ailleurs ? Et alors oui, pourquoi je m’arrête sur cette question « aller ailleurs » et notamment « de pèlerinages » ? Il arrive en effet qu’à l’occasion de ces voyages, on rencontre souvent des gens importants tels que savants et historiens. Ceux-ci invitent sou- vent des voyageurs à découvrir et à partager leurs expériences et leurs découvertes. Voici par exemple l’histoire d’une de nos rencontres avec un archéologue. Celui-ci, au cours d’une conférence avait ra- conté, comment il était entré dans l’enceinte d’une pyramide d’Egypte, parce qu’il voulait savoir comment autrefois les Pharaons avaient été enterrés. On croyait à l’époque des Pharaons d’Egypte que ceux- ci avaient une nouvelle vie d’en l’au-delà après leur mort, et que par conséquent, ils allaient avoir besoin PAROLES ENTENDUES de leurs armes, de leurs épées, de leurs lances, de leurs boucliers etc... Et donc, on y avait déposé auprès de leur sarcophage, outre des col- liers et de nombreux ustensiles en or, des vases remplis de grains, DORGES ET MAÕS #ES GRAINES SONT restées là intactes, et inviolées du- rant plusieurs siècles. Nous avons eu alors l’idée, raconte cet archéo- logue, de jeter en terre quelques GRAINS DE CE BLÏ ET MAÕS DE LES AR- roser, alors ces grains-là ont fini par germer et donner une plante. Il a fallu que nos mains jettent en terre ces semences pour qu’elles ger- ment, grandissent et donnent des fruits. Dieu a besoin de nos mains En peu de mots, nous pèlerins, nous avons compris aussi que le Dieu, le Tout-Puissant a voulu de la même manière avoir besoin de nos mains (mains de prêtres, de catéchistes, de servantes et de serviteurs..) Car Dieu qui prend l’initiative de répandre sa Parole, telle une semence, bien qu’il soit le Tout-Puissant, il ne fait pas tout, tout seul ! Il n’a pas vou- lu faire tout, tout seul !... Si la terre est ingrate, si la terre est remplie de pierres et couverte d’épines, le grain ne pourra se lever. Le grain de blé ou DEMAÕSABESOINÌLAFOISDELAMAIN du semeur et de la bonne terre. De la même manière, il m’est arrivé de dire, aux parents qui demandent à baptiser leurs enfants, et aux couples qui demandent le sacrement de mariage, que le sacrement reçu est un don de Dieu accordé sous forme d’une semence. Si on ne la cultive pas, si on ne fait pas ce qu’il faut pour qu’elle grandisse, elle restera à l’état d’une semence stérile comme celle que l’archéologue avait décou- verte dans le tombeau du Pharaon. Le Pape Pie XII disait à ce sujet : « Il y a des chrétiens qui sont des géants en matière intellectuelle et scienti- fique, mais qui demeurent à l’état de pygmée sur le plan spirituel ». Père Yves GILLOT

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29 HAÏTI : PAYS MAUDIT ? Les catastrophes naturelles et hu- manitaires à répétition qui frappent (AÕTI POUSSENT BEAUCOUP DE PER- sonnes à se demander si ce pays n’est pas maudit, en ce sens qu’il y aurait une espèce de malédiction ou de damnation qui tiendrait sa population dans un état permanent de toutes sortes de souffrances. 3E DEMANDER SI (AÕTI NEST PAS un pays maudit, c’est oublier que depuis plus de cinq siècles l’intel- ligence humaine a fini par tracer le chemin de la compréhension des choses qui nous entourent à travers une formulation simple et irrévocable : « A chaque effet correspond une cause. » Cela signifie que tout ce qui arrive s’ex- plique par ce qui est à l’origine de ce qui est arrivé. En ce sens, (AÕTI NEST PAS UN PAYS MAUDIT ET il n’existe pas non plus de pays maudit ! Les calamités qui frappent ce pays s’expliquent par : Son positionnement géogra- phique : comme la Guadeloupe, (AÕTI SE TROUVE DANS UNE ZONE EX- posée aux tempêtes tropicales, cyclones ou ouragans et tremble- ments de terre. On peut même ajouter qu’il est moins exposé que la Guadeloupe aux catastrophes naturelles : il n’y a pas de volcan ! Sa mauvaise gouvernance : on DIT SOUVENT QU(AÕTI EST UN PAYS martyrisé par ses dirigeants. Le mot Etat dans sa conception mo- derne n’a pas encore trouvé sa PLACE DANS LESPACE PUBLIC HAÕTIEN Ce qu’on appelle les trois pouvoirs d’un Etat démocratique (Exécutif, Législatif, Judiciaire) dans leur co- hésion et leur indépendance reste encore dans le domaine littéraire. Un fait d’actualité pour illustrer : après l’assassinat de l’ancien pré-sident du pays, le mois dernier, le seul juge qui a voulu instruire le dossier a désisté sous la pression des groupes mafieux qui profitent du vide institutionnel. Les failles suivantes dans la gouvernance du pays peuvent aider à mieux cerner la gravité du problème : Corruption et impunité : 2 ème pays le plus corrompu des régions Ca- RAÕBEET!MÏRIQUE,ATINEET ème place sur 180 dans la bonne ges- tion des affaires publiques (Trans- parency International, rapport de 2018). Le pays est ‘gangstérisé’ jusqu’au cou, car les malfaiteurs ne sont jamais inquiétés et sont mêmes financés par des gens du pouvoir politique ou économique. Absence d’urbanisme et déboise- ment : pas de permis de construire. Les gens construisent n’importe où, n’importe comment. Selon les esti- mations les plus fiables, 95 % de la population utilisent le charbon de bois pour cuire les aliments. Or, le pays n’en importe pas. D’où le dé- boisement inévitable des espaces verts. L’ONU prévoit un déboise- ment total du pays d’ici 20 ans, si aucune solution n’est trouvée dans ce domaine. Les sols sont fragili- sés. A la moindre inondation les dégâts sont inévitables. Absence de moyens de prévention : pas d’abri en cas de catastrophes naturelles. La majorité des gens ne savent pas quel comportement adopté en cas de secousse tellu- rique. Par exemple, des personnes qui se trouvaient dans la rue se sont empressées d’entrer dans leur maison dès les premières se- cousses. La télévision d’Etat sert à faire l’éloge des gens au pouvoir. Aucune des villes du pays ne pos- sède un centre d’hébergement d’urgence en cas de cyclones ou RÉFLEXIONS de séisme. On a pu voir les sinis- trés du dernier séisme de la ville des Cayes sur un terrain vague, co- pieusement arrosés par le coup de grâce de la tempête Grâce… Fracture et déséquilibre social : pas d’assurance-maladie. Pour les plus démunis, il faut ne pas pou- voir tenir debout pour essayer d’aller voir un médecin, si on a de l’argent pour se faire ausculter par un médecin. Par ailleurs, seules les familles aisées arrivent à donner une éducation payante à leurs en- fants. Le fossé s’élargit entre ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien ou presque, d’autant plus qu’il n’y a pas un système fiscal fiable pou- vant équilibrer les interactions so- ciales : les riches s’arrangent pour ne pas payer d’impôts en faisant jouer leurs relations politiques ou en soudoyant les agents du fisc. #EUX QUI DISENT QU(AÕTI EST UN PAYS MAUDIT FONT PREUVE DE NAÕ- veté, d’un manque de connais- sance de ce qui se passe sur place et s’inscrivent dans un rapport magico-religieux avec le réel qui date des temps anciens. Il est vrai qu’aujourd’hui la plupart des gens pleurent sur les malheurs de la Sy- rie, l’Afghanistan et d’autres pays en guerre, en essayant de justifier ces états de fait par le surnaturel, sans jamais poser une seule ques- tion sur la provenance des armes avec lesquelles on sème le deuil et la désolation dans des dizaines de milliers de familles. Père Pierre CHÉRY

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30 Notre radio diocésaine retransmet la messe quotidienne à 6h30 et les Vêpres le dimanche à 17h45 suivis de la messe dominicale à 18h15. Le chapelet de Lourdes à 5h30, 15 h et 21h30 Nouvelles : L’Eglise et le monde avec Radio Vatican Nombreuses infos sur le site ! Retrouvez de nombreuses informations : les horaires de messe et de nombreux articles sur la vie des paroisses, du diocèse et du monde. www.guadeloupe.catholique.fr HORIZONTALEMENT 1 - Miliations. 2 - Vol. 3 - Passe-temps favori des jeunes. Nouvelle-Calédonie. Boudeur. 4 - Elément chimique N o 118. Montagne russe. 5 - Etude des phénomènes de vieillissement. 6 - Existes. Titre du Pape. Sigle de l’Union Européenne du Yoga. Polynésie française. 7 - Unité de puissance d’un moteur. Agence européenne des produits chimiques. 8 - Refuge. Aéroport indonésien. Fin de loi. 9 - Couvrirent de salpêtre. 10 - Violes. VERTICALEMENT 1 - Attribuerons. 2 - Gaffes. Nécessaire à la vie. 3 - Symbole chimique. Richesse. Visa pour entrer aux USA. 4 - Atome. Obstacles. Iran. 5 - Marques sur la peau. Situé. 6 - Symbole chimique. Note. Guyane française. 7 - Pousser légèrement. 8 - Pronom. Bière anglaise. Est grand ouvert. 9 - Patrons. 10 - Nouveau. Spécialité. 11 - Remplace la télé analogique. Smartphone de haute gamme. 12 - Etonnés. P. CHERY, cssp (Solution dans le prochain numéro) M OTS CROISÉS N O 81 M OTS CROISÉS N O 80 ( SOLUTION )

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31 OFFICIEL Nous assurons aux familles notre communion dans la prière et l’espérance ! -ARIE ,UCIE*OSEPH MÒREDUPÒRE!NTONY%TIENNE CURÏDE0RISE D%AU ESTDÏCÏDÏELEAOßTEN(AÕTI *EANNE!NIA'UERRIER*OSEPH MÒREDUPÒRE,UCIEN*OSEPH ÏTUDIANTÌ2OME ESTDÏCÏDÏELEJUILLETEN(AÕTI - Nomam Isaa Kouraogo, père du père Lucien Kouraogo, curé de Saint-Claude, est décédé le 14 août au Burkina Faso. Nos défunts A DIEU PÈRE OLIVIER MAIRE P rovincial des Montfortains, il est décédé à Saint Laurent sur Sévre en Vendée. Vive émo- tion pour toute l’Eglise. En effet, le choc de la nouvelle frappant un homme de Dieu, connu pour sa générosité et son esprit missionnaire, est d’autant plus fort que l’auteur de cet assassinat est un homme psychologiquement dérangé. Emmanuel avait été accueilli à Nantes et en Vendée. Il a tué le prêtre qui lui avait donné l’hospitalité ! « Nous sommes au côté de tous les Montfortains à travers le monde » comme l’a précisé le pape François. A DIEU SŒUR MONIQUE BONHEUR L e Diocèse de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre a le regret de vous annoncer le décès de sœur Monique Bonheur de la Congrégation des sœurs de Saint Joseph de Cluny sur- venu à l’écluse Le Moule dans la communauté de Béthanie où elle était depuis quelque temps. Sœur Monique a été infirmière à Versailles. Les funérailles chrétiennes ont été cé- lébrées le vendredi 27 août, fête de Ste Monique, à la chapelle de l’Ecluse au Moule. Nous prions avec sa famille et sa communauté religieuse. QUESTION : QU’EST-CE QU’UN CHANCELIER ? Beaucoup de personnes posent la question : « Qu’est-ce qu’un chancelier, quelles sont ses fonc- tions ? » Voici ce que dit le Code de Droit canonique au canon 482. §1 : Dans chaque curie sera constitué un chancelier dont la fonction principale… est de veiller à ce que les actes de la curie soient rédigés et expédiés, et conservés aux archives de la curie. § 2 : Si cela paraît nécessaire, un adjoint peut être donné au chancelier qui portera le nom de vice-chancelier. § 3 : Le chancelier comme le vice-chancelier sont par le fait même notaires et secrétaires de la curie. Le canon 484 détaille les responsabilités du chancelier et du vice-chancelier : rédiger les actes et les documents juridiques concernant les décrets, les ordonnances, les nominations etc., fournir les actes ou les documents tirés des registres et légitimement réclamés, et de déclarer la conformité de leurs copies à l’original. Concrètement, il s’agit de veiller à ce que les registres de baptêmes, de mariage, etc. soient bien conservés et tenus à jour en y ajoutant les notifications de confirmation, de mariage, d’ordination de diacres et prêtres et autres notifications canoniques. L’évêque délègue habituellement au chancelier la transmission des dossiers et les dérogations pour les autorisations de mariages mixtes et les dispenses de l’empêchement de disparité de culte. Le chancelier doit aussi veiller à ce que les registres des paroisses soient tenus à jour et conservés dans les meilleures conditions de sécurité. 6OILÌ BRIÒVEMENT LAFONCTIONDUPÒRE*ACQUES(IVON CHANCELIERETDESONADJOINT PÒRE3ILVÒRE.UMA Père J. HIVON

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3 789561 703007 L’Espérance L’espérance dans la vie d’un enfant, d’un jeune, d’une femme, d’un homme, d’un vieillard C’est la vie de son âme, de sa conscience, de son for interne, de sa responsabilité. C’est le levier de sa foi et de son humilité devant Dieu. L’espoir est le moteur de son esprit, de sa mémoire et de tous les labeurs et les passions créatives qui peuvent en découler. L’espérance authentique, saine, équilibrée fait vibrer le cœur, elle entraîne le désir de l’épanouissement vrai et la joie de sa réalisation. L’espérance c’est la solidarité au quotidien. L’espoir est l’élan de la charité en action. Pas d’amour sans espérance Pas d’espoir sans ardeur Pas d’espérance sans confiance Pas de désir sans pureté Car l’espérance est source de liberté. Quand on a l’espérance en point de mire, on est sûr d’arriver au bout car le courage en est le bras ! L’espérance est au cœur de la famille, elle en est sa respiration ! L’espérance est la seule mission qui compte dans la vie et que nous donne Jésus-Christ ! Frère Francklin ARMAND « Poésies et slams pour l’éducation » Ed. Les lacs collinaires

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