Page 1
3 € N° 1011 - Décembre 2020
www.guadeloupe.catholique.fr
AVENT : JÉSUS VIENT POUR TOUT SAUVER
pages 6 et 10-11
CONFIRMATIONS DANS LE DIOCÈSE
pages 2-3
MMororMoMororne enee nene ne eRouRououRouoouRo gegegeegegeg MoMMooooororrorrrrrnnennne RRoRRRoougugegegegege Saiainnnt ntnt nFraFraFraannçnçççççooo SaSaaaininntnnt FrFraraanç oooççnçoçooooisis
Page 2
2
“L’Edito” de Mgr Riocreux ...............3
Eglise dans la Caraibe ...................4-5
L’Avent .............................................6
Les jeunes ........................................7
Les îles du Nord.................................8-9
Evêques de France réunis
en visio-conférence ..................10-11
Pastorale de la Santé .....................12
Aumônerie des prisons ..................13
Horaires des messes .................14-15
Brèves ............................................15
Paroles entendues .........................16
Mots croisés ...................................17
Infos ..........................................18-19
Bimensuel fondé en 1967
Numéro de CPPAP : 0516 G 88298
EVECHE : place Saint-François
97100 BASSE-TERRE
Tél. : 0590 81 36 69
Directeur de la publication
et de la rédaction : Mgr Jean-Yves RIOCREUX
Rédacteur en chef : Jean-Marie GAUTHIER
Equipe de rédaction : Jean-Marie GAUTHIER
Les pères Yves GILLOT,, Pierre CHERY.
Aurore MONDAIN, Jérémiah CARLTON,
Micheline TISBA, Thierry FUNDÉRÉ,
Edilène LE PENNEC
Maquettiste : Marie COLEAU-JULIEN
Impression : PrintCaraïbe : 0590 90 90 90
www.guadeloupe.catholique.fr
Adressez vos réactions :
Pascale LOUIS et Aurore MONDAIN :
eveche@catholique-guadeloupe.org
SOMMAIRE
NOMBREUSES CONFIRMATIONS
DANS LES PAROISSES
Depuis le mois de juin, et particulièrement depuis septembre, les pa-
roisses accueillent les jeunes pour leur confirmation. Moments de joie et
de ferveur pour ces confirmés et leurs familles.
Mor eRou MoMoorrnene RoRRoRoouougggguugegegege
PiPiPiPPiePPiePie reereretttttettettetStStPPPPPPPP SSSSSSSSt StStSt PPPPPieiPiePiPiieieeieeeeeeeerrrrrrrrrrrerrrrrrerererereeeeeeeetetetetttSSSSSSSStSttStStttPaPPPPPPaPaPaaPaaaauuuuuuuulululullul
Page 3
3
Décembre, dernier mois de 2020. Le temps de l’Avent.
Cette année qui s’achève fut singulière !
Pourtant, nous nous souvenons des souhaits et des projets
début 2020. Notamment pour notre Eglise, celui d’un
grand rassemblement diocésain à la Pentecôte !
En mars dernier, tout a été bousculé. Plus de deux mois
sans messe publique. Le confinement strict pour la semaine
sainte et l’utilisation très large des moyens de transmission :
radio, TV et réseaux sociaux. Avouons-le, ce n’est pas la
même chose.
Des mots ignorés sont devenus familiers et ont envahi
notre quotidien. Covid 19. Télé travail. Visio-conférence. En
présentiel. Bref, nous avons vécu un temps que nous ne
pouvions même pas imaginer en janvier.
Au terme de 2020, vous voici peut-être las, fatigués. Pire
encore inquiets. Cependant, ce temps peut être favorable
d’une vie autrement et en espérance. N’est-ce pas ce que
les croyants du temps de l’Exil vivaient ? Six siècles avant
le Christ, ils espéraient, sûrs du Seigneur qui n’abandonne
pas son peuple. Et les prophètes de l’Ancien Testament
exprimaient cette espérance, comme nous l’entendrons en
ce temps d’Avent.
Permettez une confidence. En ce temps de multiples
confirmations, je lis avec attention les lettres des jeunes.
Ils s’expriment simplement en parlant de leurs familles, de
leurs enthousiasmes, du métier qu’ils envisagent. Ils men-
tionnent aussi ce temps particulier, « avec le covid 19…
avec la pandémie »… Bref, ils disent leur espérance, et ce,
malgré les difficultés du confinement. Ils disent aussi leur
joie de la famille, avec pour certains, la prière commune et
la méditation de la Parole de Dieu.
Voici justement le temps de l’Avent, au cours duquel nous
lisons Isaïe. « Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu.
Il vient lui-même et va vous sauver. » Oui, le salut nous
vient par un enfant qui va naître.
Entrons joyeusement dans cet heureux temps de l’Avent.
« Voici, mes bien-aimés, ce temps célébré avec tant de
ferveur, temps de la faveur divine, période de salut, de
paix et de réconciliation. Puisqu’il a toujours été célébré
par l’Eglise avec tant de ferveur, nous-même devons aussi
le passer religieusement dans les louanges et les actions
de grâce adressées au Père pour la miséricorde qu’il a
manifestée. » (St Charles Borromée, évêque de Milan au
16
ème siècle).
L’ÉDITO de Mgr Jean-Yves Riocreux
AVENT 2020 !
MASSABIELLE
Comme au Cénacle, autour de Marie, les pa-
roissiens de la communauté de Massabielle
se sont réunis en novembre pour implorer
la venue de l’Esprit-Saint sur 18 jeunes et 2
adultes. Les catéchistes avaient méticuleuse-
ment préparé la cérémonie sous la houlette
du curé le Père Isadan. Dans les cœurs bien
disposés, après la retraite préparatoire et la
confession, le message du Père Edouard
Silène, vicaire général, était attendu : Chers
confirmands, la confirmation est le sacre-
ment de l’engagement à aimer comme le
proclame Jésus dans l’évangile par ce double
commandement : « Tu aimeras le Seigneur
ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme
et de tout ton Esprit. Et tu aimeras ton pro-
chain comme toi-même ».
Annick PATCHÉ
eB dddddddddddddddddd SSaSaSaSSSaSSSSSSaaSaSaSaSaSaSaaaaiaiaiaiaiiiiiiiiiinnnnnnnnnnnnnnntntnttetenttntnnnntnneteteeBeBeBBBBeBBBBeBBBBBBeeeeeeBeeeeBeBeeeeeeeerrrrrrnrnnrnnnnnnnnnnnnaaaaaaaaaanaaanaanananaaaadedddddddddddeeeeedeeeedeeeeeettettetetetetetttttttetteetetee
Page 4
4
ÉGLISE DANS LA CARAÏBE
VERS QUELLE SOCIÉTÉ ?
L’ÉGLISE A LA CLÉ !
Fin novembre, Mgr David
Macaire, archevêque de Fort-
de-France, était en Guade-
loupe pour une rencontre avec
Mgr Riocreux. Entretien.
La crise sanitaire est planétaire.
Quel regard portez-vous sur
cette réalité ici dans la Caraïbe
et dans le monde ?
Cette crise s’est montrée révéla-
trice d’un grand malaise sociétal
et de l’individualisme à tous les ni-
veaux : entreprises, groupes civils,
diocèses, maisons, personnes. Le
diviseur doit se réjouir de nous di-
viser, de nous isoler, de nous sclé-
roser : n’allez plus voir ni ceux qui
nous aiment, ni ceux qu’on n’aime
pas, ni nous regrouper pour prier.
Plus de vie culturelle, cultuelle.
Calme plat partout. Même la soli-
darité d’habitude si active chez les
chrétiens est atteinte. On a peur.
Ici, nous le savons, les Caribéens
sont résilients en face des cata-
clysmes par les volcans, raz-de-
marée, séismes ou les ouragans.
Nous avons toujours su relever
la tête. Du coup, si une nouvelle
société peut jaillir, on n’aura pas
perdu notre temps. Qu’en est-il de
la solidarité antillaise ? On s’est mis à construire des maisons avec des
clôtures partout, on a pris l’habi-
tude depuis quelques décennies
de construire dans l’isolement. Il
nous faut bâtir un nouveau projet
de société basé sur la fraternité
qui va retenir nos jeunes. De plus,
l’Eglise a la clé pour libérer le vivre
ensemble.
Vous avez dit récemment que
cette « crise sanitaire ne doit en
aucun cas devenir pour les chré-
tiens une crise de l’espérance »
en vous appuyant sur les pa-
roles actuelles du Pape François.
Donnez-nous quelques jalons.
De grandes interrogations se
posent en effet. Les chrétiens en
Martinique doivent se prendre en
mains, et nous y travaillons, car
toutes ces questions de solidarité,
engagement envers les pauvres,
constructions de projets doivent
être remises sur le tapis. Rebâtis-
sons une vraie solidarité. Sait-on
gérer un conflit aujourd’hui dans
cette société du zapping perma-
nent où on s’isole de plus en plus ?
Quelle est la relation à la terre ?
Laudato’Si est une question de vie
ou de mort pour le monde. Chez
nous dans la Caraïbe nous devons
prendre à bras le corps la question
éminemment politique du vivre
ensemble. Il me plaît de remé-
morer ici ce que le pape François
nous avait dit à nous Caribéens qui
étions en pèlerinage à Rome en
octobre 2019, tandis qu’il s’adres-
sait après son audience générale,
il s’est tourné vers nous nous
Martiniquais : « C’est le Christ qui
libère, mais je vous encourage à
briser les barrières pour libérer la
joie du vivre ensemble ! » Il y a un vrai projet sociétal à promouvoir, et
les chrétiens, je vous assure, ont
en mains les clés du cadenas. Le
pape n’hésite pas à parler de l’im-
périalisme culturel occidental.
Pour les jeunes depuis les en-
fants jusqu’aux étudiants et
jeunes travailleurs ou en quête
d’emploi, la situation est quand
même porteuse d’inquiétude et
on les comprend. Un jeune ré-
cemment me disait « le virtuel à
tout bout de champs me donne
le vertige ». Qu’en pense-vous ?
On sait maintenant que portables
et réseaux sociaux ont pour consé-
quence l’isolement social de beau-
coup de jeunes ainsi victimes de
manipulations de toutes sortes
(culturelle, idéologique…), et cela
entraîne une transformation du
psychisme et du cerveau. Dans
les hautes sphères de la planète
on commence à suggérer “pas de
portable avant seize ans”. Du coup
les pauvres sont réduits à une ad-
diction culturelle, et les riches sont
privilégiés. On le constate partout :
les enfants, les jeunes ne savent
plus jouer… quand on sait que le
vrai jeu est si vital pour l’éducation,
tous les psychologues et les péda-
gogues l’ont affirmé ! Il y a donc
danger. On détruit la vraie capacité
de libération. On le sait chez nous,
les anciens esclaves ont pu se libé-
rer par l’instruction, ils devenaient
leadeurs car avaient accès aux sa-
voirs appris, compris, intégrés. Des
évêques africains me disaient der-
nièrement que l’émigration de leur
peuple était due non pas tant à la
famine ou la guerre, mais les jeunes
sont téléguidés par les réseaux so-
ciaux et ils fuient leur contrée, leur
terre où ils pourraient pourtant
continuer d’œuvrer malgré tout,
pour l’illusion d’un avenir factice et
surfait ailleurs loin de chez eux. Le
cardinal Sarah a dit avec justesse :
« Dieu aime les migrants, mais il
est contre l’immigration. » Or chez
nous aux Antilles, ceux qui ont
Page 5
5
réussi s’en vont. Et il y a ainsi beau-
coup de jeunes qui ne sont pas en
quête d’emploi mais qui ne voient
pas le monde réel et subissent
une culture superficielle et mon-
dialisée qui n’est pas la leur vérita-
blement. Oui l’Eglise doit offrir aux
jeunes des SAS : temps forts, mou-
vements, retraites, camps… Que
propose-t-on à nos jeunes confir-
més bien souvent ? Que la messe !
Et la pandémie n’arrange rien. Les
chrétiens doivent être audacieux et
proposer quelque chose de nou-
veau. Chez nous en Martinique on
propose aux jeunes en recherche
de vocation de laisser leur portable
pour un temps bien structuré de
ressourcement. C’est dur au début.
Mais après ils sont contents. Il faut
que les familles s’investissent et
réfléchissent : quelle société elles
veulent pour leurs jeunes ? Il y a
dix ans on ne savait pas. Mais au-
jourd’hui on sait les dangers, les
addictions, les périls. Là encore
notre Eglise a la clé.
Le « voir - juger - agir » de l’ac-
tion catholique, semble être une
belle méthode d’approche pour
retrouver l’élan et la liberté. N’est-ce pas à travers elle que
les familles peuvent trouver de
vraies raisons d’espérer ?
L’avantage de la méthode c’est
qu’elle a été éprouvée depuis des
décennies dans l’Eglise et les com-
munautés chrétiennes. Elle paraît
neuve aujourd’hui, comme re-
nouvelée après un passage qu’on
pourrait appeler difficile. Mais elle
prône des valeurs et des vertus
qui sont intéressantes pour les
jeunes. Je le remarque dans mes
rencontres avec les 25-50 ans qui
semblent aujourd’hui les grands
oubliés du moment. Les autres
sont là sont un peu perdus et se
sentent comme jugés.
Après les plantations des années
50, les parents sont devenus
fonctionnaires. Or aujourd’hui ils
se retrouvent dans la société pri-
vée, difficile, souvent aléatoire avec
l’instabilité et les changements
d’emploi. C’est une lutte pour sur-
vivre. Ils ne sont pas compris par les
anciens : situation matrimoniale ou
professionnelle incertaine. Ils sont
plus isolés que leurs parents dans
une société moins cohérente. Oui
ces jeunes demandent un SAS pour discerner, être écoutés. Ce
qu’ils demandent aux prêtres ce
n’est pas que la messe, ils veulent
être entendus et recevoir un éclai-
rage à la lumière de l’Evangile. Je
le vois bien en parlant avec eux,
ils sont unanimes dans cette quête
d’identité vraie. Ils veulent sortir
de cette loi de la jungle, de cette
société qui semble leur dire : tu
ne lèves pas les yeux, on réfléchit
pour toi ! Dans notre diocèse, oui
nous commençons à promouvoir
l’idée qu’après chaque activité me-
née il y ait une évaluation, un peu
comme une feuille de route. Et la
relecture du voir-juger-agir est un
beau prisme. La « Fiche SWOT »,
en anglais “Strengths, Weaknesses,
Opportunities and Threats”, cela se
traduit par forces, faiblesses, pro-
jets, freins. Ce programme bien en
place dans la société doit pouvoir
s’adapter dans l’Eglise. Chaque an-
née pour chaque groupe, chaque
projet peut faire l’objet d’une relec-
ture constructive de ce qui a été
mené pour avancer dans le bon
sens.
(Propos recueillis par J.-M. GAUTHIER)
MGR LAFONT, RETRAITÉ ET MISSIONNAIRE
Mgr Emmanuel Lafont évêque de Guyane depuis 2004 est désormais « évêque émérite
de Cayenne ». En effet, le jour de ses 75 ans, le 26 Octobre dernier, le pape François a
accepté sa démission. Il a marqué son immense diocèse par son ardeur missionnaire et il
reste une figure de l’épiscopat français.
Né à Paris, il a été formé au séminaire français de Rome pendant le Concile. Titulaire d’une
licence en Ecriture Sainte, il insistait toujours pour approfondir la Parole de Dieu. Ordonné
prêtre le 2 août 1970 pour le diocèse de Tours, il a exercé son ministère sacerdotal dans
sa région, notamment comme aumônier de la JOC. En 1983, il devient missionnaire en
Afrique du Sud. Curé de paroisse à Soweto, il sera dans ce pays au cœur des événements
historiques ayant mené à la fin de l’apartheid et à l’élection présidentielle de Nelson Man-
dela en 1994. Il participera aux obsèques nationales de Mandela le 5 Décembre 2013.
De retour en France en 1997, il deviendra directeur des Œuvres Pontificales Missionnaires, puis curé de Langeais en
Touraine. Fort de ces expériences en Eglise, il est nommé par Jean Paul II évêque de Cayenne le 18 Juin 2004.
Ses années d’épiscopat ont été marquées par une intense activité déployée au service des populations les plus recu-
lées, notamment les Amérindiens, dont il sera un porte-voix remarqué lors du Synode sur l’Amazonie en octobre 2019.
C’est à ce moment qu’il manifeste son souhait pour une retraite et ainsi quitter sa responsabilité, tout en restant dans
le diocèse à Camopi au milieu de villages amérindiens. Venu souvent en Guadeloupe, il était présent lors des grands
événements de l’Eglise ou lors de rencontres de la province Antilles-Guyane. Comme prévu par le droit canon, dans
l’attente d’un nouvel évêque, un prêtre du diocèse, le Père Alain Diedhou jusqu’alors vicaire général, a été élu par
le collège des consulteurs administrateur diocésain de Cayenne.
Cyprien VIET
Page 6
6
Qu’est-ce que l’Avent
pour l’Eglise ?
L’Avent, du latin adventus : avè-
nement, arrivée du Messie, est la
période qui couvre les quatre se-
maines précédant Noël. C’est un
temps de préparation à Noël. C’est
un temps d’attente qui comporte
plusieurs formes : il nous fait revivre
d’une part l’attente du peuple juif
de la venue du Messie, l’attente de
la naissance de Jésus ,l’attente de
l’avènement du Christ à la fin des
temps. L’Avent marque le début de
l’année liturgique.
Depuis plusieurs semaines, tout le
monde parle de Noël. Certains, se
demandent comment vivre le temps
de l’Avent ? Comment allons-nous
fêter Noël en cette période de crise
sanitaire ? D’autres, comme les
chrétiens, avec le prophète Isaïe, se
tournent vers le Seigneur : « Pour-
quoi, Seigneur, nous laisses-tu er-
rer hors de tes chemins ? Pourquoi
laisser nos cœurs s’endurcir et ne
plus te craindre ? Reviens, à cause
de tes serviteurs. » (Isaïe 63, 17, 1
er
dimanche de l’Avent B).
A chacun de vivre
ce temps de l’Avent
Avant le premier dimanche de
l’Avent, certaines radios nous
mettent déjà dans une ambiance
de fête. La publicité vient nous rap-
peler que Noël est proche : « Noël
approche à grand pas… » Ces ra-
dios diffusent les chants de Noël
dans un esprit commercial.
L’Avent nous est offert, à nous
chrétiens, pour commémorer la
première venue du Fils de Dieu en
notre monde et orienter notre Es-
pérance vers le retour du Seigneur,
c’est-à-dire la seconde venue du
Seigneur. L’Eglise a pris les moyens
pour rappeler ces facettes essen-
tielles de la foi chrétienne.
Ce temps de l’Avent est exception-
nel. Il se vit dans un contexte de
crise sanitaire difficile. La pandé-
mie de la Covid-19 nous fait voir
comment les inégalités sociales
entrainent bien des souffrances :
souffrance économique, souffrance
spirituelle. Suite à cela, une cer-
taine peur s’installe en nous Mais,
en tant que croyants, avons-nous
L’AVENT
ESPÉRER CONTRE
TOUTE ESPERANCE
EN AVENT !
Noël, c’est la grande Espérance
Pour tous les hommes d’aujourd’hui
L’avent est temps de l’endurance
Jésus vient nous donner la vie !
Nous vivons un temps de souffrance
De privations et de dénis
Ne cédons pas à la violence
La crèche est signe d’harmonie !
Nos aïeux cherchent la récompense
Pour leurs familles, pour leurs amis
Les enfants entrent dans la danse
Vers un destin plus réussi !
Noël, c’est la grande Espérance
Nos efforts produiront du fruit
L’avent est temps de la croissance
Jésus vient nous donner la vie !
Sœur Emmanuelle Victor
(« Petits poèmes pour l’éducation »
Ed. des lacs collinaires)
raison d’avoir peur ? En lisant la
2
ème lecture du 2 ème dimanche de
l’Avent une certaine lueur pointe
à l’horizon. Dieu promet « un ciel
nouveau et une terre nouvelle ».
Découvrir les signes
d’espérance
Nous vivons dans un monde où
la religion n’est plus une priorité.
Tout ce qui se fait de beau et de
bon ne reflète pas nécessairement
un agir chrétien. Il revient à chaque
baptisé le devoir de faire ressortir
le message apporté par la Parole
de Dieu. Et pour y arriver, il faut
premièrement rendre compte de
notre foi. Il faut redécouvrir la joie
de l’attente du Messie, notre Sau-
veur.
Les uns et les autres ne pourront
se retrouver pour les « chanter
Noël » comme veut la tradition.
Mais, en famille ils peuvent se re-
trouver pour réfléchir à leur mis-
sion. Qu’est-ce que Dieu attend de
nous aujourd’hui ? Comment ap-
porter un regard plein d’espérance
devant un avenir qui paraît incer-
tain ? L’Espérance ne déçoit pas.
P. Edouard SILÈNE
Page 7
7
Accompagnés du curé, père St-Clair
et les accompagnateurs Vincent,
Patricia et Laetitia, une trentaine de
jeunes de chœur et les jeunes de
la « pastorale des jeunes » du Raizet
ont fait leur rentrée pastorale sur le
beau site du Jardin d’eau à Goyave
mi-novembre. La journée a été
lancée par un temps de prière et
un mot d’accueil prononcés par le
curé pour situer l’objectif et l’orga-nisation de ce temps de réflexion,
de décision et de détente. Dans
un contexte de crise sanitaire qui
fait naître un sentiment de peur et
d’anxiété, il a été convenu que le fil
rouge de cette journée soit l’inter-
vention d’un professionnel en coa-
ching qui pourrait aider les jeunes
à exprimer leur vécu et à redécou-
vrir les potentialités qui les habitent
et qui pourraient être source de
confiance en soi.
C’est ainsi que Mme Christiana
Fraiderik, Coach, a accepté de
mener cette Conférence-débat
interactive intitulée : « Comprendre
les mécanismes émotionnels pour
sortir des peurs persistantes et pré-
server sa santé »
Après avoir établi les règles du jeu, Début novembre, en dépit de la
crise sanitaire, les accompagna-
teurs de la Pastorale des jeunes se
sont réunis à la Paroisse de Saint
Luc de Baimbridge. Le Père Chris-
tian, curé de la paroisse, Salésien
de Don Bosco « était au milieu de
nous comme celui qui sert ». De
nombreux groupes étaient repré-
sentés par les 40 animateurs de la
pastorale.
Cette rencontre avait pour but de
partager sur les contacts avec les
jeunes en période de confinement,
faire un état des lieux et échanger
sur les perspectives pour l’année
2020-2021. Occasion de la mise
en place pour sauvegarder le lien
avec les jeunes et garder la dyna-
mique dans la paroisse.Durant ce temps, la Parole a été
donnée aux accompagnateurs, cha-
cun a pu exprimer la situation dans la
paroisse, les attentes et affirmer leur
volonté de poursuivre la mission.
Dans certaines paroisses, les acti-
vités ont démarré soit en présen-
tiel, soit en distantiel. Pour d’autres
elles sont en phase de réorgani-
sation suite au départ des jeunes
pour les études. Cependant, après
les différentes confirmations, on
observe un bourgeonnement de la
Pastorale des jeunes.
Nous avons pu retenir qu’il y a un
besoin d’accompagnement, de
soutien mutuel et l’importance de
faire un travail en profondeur afin
d’enraciner les jeunes dans la vie
des paroisses.
LES JEUNES
JEUNES DU RAIZET
RENTRÉE PASTORALE LES ACCOMPAGNATEURS
SE SONT RÉUNIS
Quelles perspectives pour
l’année 2020-2021 ?
La dynamique paroissiale sera pri-
vilégiée au vu de la situation sani-
taire actuelle. Tout au long de cette
année, dans l’élan du Christus Vivit,
pour approfondir le sens de notre
engagement, nous découvrirons
et porterons une réflexion autour
de la récente encyclique du Pape
François : Fratelli tutti. Les accom-
pagnateurs feront l’écho auprès
des jeunes.
Chaque groupe est invité en plus
de l’engagement des jeunes dans
les différents services de paroisse
à faire découvrir la vie du jeune
« Carlo Acutis comme modèle de
sainteté » , « La Sainteté à travers le
numérique » et réinventer d’autres
manières de proposer la Foi aux
jeunes afin de garder la flamme
allumée.
Sœur Marietta
effectué le tour de table, Mme Frai-
derik fait réagir les jeunes par ses
interventions percutantes. Débat
très animé avec des prises de pa-
role pertinentes, drôles, réfléchies
et sérieuses. Ce qui a mis une am-
biance joyeuse. Après un temps
d’échanges et d’enseignement, les
jeunes se retrouvaient en atelier
où ils devaient réfléchir et trou-
ver les lieux de leur peur et dire
concrètement comment ils gèrent
ces situations anxiogènes. Les re-
montées de ces ateliers ont laissé
apparaître un grand besoin de sé-
curité. D’après les jeunes, les lieux
qui font naître plus de peur sont
les réseaux sociaux. L’après-midi
était réservé pour les activités
ludiques. Les jeunes ont exprimé
leur satisfaction d’avoir vécu un
temps si fort pour lancer l’année
pastorale.
Vincent CARVIGAN
Page 8
8
LES ÎLES DU NORD
SAINT MARTIN
LA RECONSTRUCTION
Rénovation des églises
catholiques
Saint-Martin se distingue par sa
population et son multilinguisme.
Il en va de même pour les reli-
gions. Une situation due aux popu-
lations qui ont peuplé l’île dans un
premier temps (anglaises, hollan-
daises, françaises…) puis dans un
second temps aux nouveaux arri-
vants de toute la Caraïbe. La liberté
de culte est de mise sur la Friendly
Island qui compte près d’une tren-
taine de lieux officiels, de toutes
confessions.
L’île compte six églises catholiques,
trois en partie hollandaise et trois
en partie française : l’église saint
Martin de Tours à Marigot ; l’église
catholique Mary Star of the Sea à
Grand-Case et la chapelle Saint
Joseph au Quartier d’Orléans.
A Saint-Martin, l’église de Marigot et
celle de Grand-Case sont pro-
priétés de la Collectivité de Saint-
Martin. La chapelle de Quartier
d’Orléans appartient au diocèse de
Guadeloupe et vient d’être restau-
rée. Mais à Marigot la salle parois-
siale est aussi propriété de l’Eglise,
car elle a été construite sur un petit bout de terrain, entre l’église et le
presbytère, acheté par le diocèse. Après Irma,
Où en sommes-nous ?
La chapelle du Quartier d’Orléans
avait bénéficié d’une première ré-
paration de fortune grâce à l’inter-
vention des militaires venus prêter
main forte. Les offices avaient pu
reprendre temporairement. Mais
la toiture devant être refaite, les
travaux ont débuté à la rentrée
dernière et sont en voie d’achève-
ment. Ces travaux ont été financés
par le diocèse en coopération avec
des entrepreneurs locaux et l’appui
financier de donateurs.
Les deux autres chantiers restent à
réaliser par la Collectivité, à moins
qu’elle ne donne l’autorisation à
l’Eglise d’entreprendre les travaux.
Le Père Blot, nouveau curé, espère
obtenir l’autorisation de la Collec-
tivité afin que l’Eglise puisse dès
à présent intervenir afin de rouvrir
ces deux lieux de culte aux chré-
tiens.
Espérance et objectifs
du nouveau curé
Depuis toujours le Père Louis-
Gabriel Blot se partage entre la pastorale et les activités sacramen-
telles d’une part, et l’enseignement
d’autre part « car pour moi seule
l’éducation rend possible le chan-
gement et le développement »
affirme-t-il. En éternel optimiste
il poursuit : « j’espère bien obte-
nir des instances de la Collectivité
l’autorisation de commencer avec
toutes les bonnes volontés la réha-
bilitation des deux églises de Mari-
got et Grand-Case. Je veux me re-
trousser les manches dans ce but.
Ce n’est pas la réhabilitation des
églises qui est le plus important
mais le fait que les fidèles puissent
à nouveau disposer de ces lieux.
Car sans lieux, l’église perd ses fi-
dèles. » Il y a aussi la nécessité de
la création d’une école catholique.
Il n’y en a pas à Saint-Martin, « et
chaque fois que je parle avec les
gens c’est la première chose qu’ils
me demandent : “pour prendre
soin de nos enfants donnez-nous
une petite école !” Les Sœurs sa-
lésiennes présentes n’attendent
que cela pour instruire les élèves
en plus de l’excellent travail pas-
toral et d’attention aux plus dému-
nis qu’elle font déjà. Il y a un petit
terrain en vue, Dieu fasse que les
choses avancent ! On va prier et
œuvrer dans ce sens. »
J.-M. GAUTHIER
ChaChaChaChChChaChahaChaCha pelpelpelpelpelpelpepepel lelelle le lelele St StStStSSt St St StJosJJosJJosJosJosJosJ hephhephephephephephpp rererererestastastastastauréurééuréuréuré e e -e -e -e - QQuQuQuQu tartartartartierierierieries ds ds ds d’Or’Or’Or’OrOléaléaléaléaéééansnsnsns
Eglise St Martin de Tours - Marigo t
Page 9
9
CONFIRMATION À ST BARTH
Le week-end du 15 Novembre a été un week-end excep-
tionnel pour moi !
Joie d’aller pour la première fois de ma vie sur l’île de
Saint-Barthélémy !
Joie de présider une messe de Confirmation à l’église de
Lorient en tant que délégué de notre évêque !
Joie de revoir le nouveau curé de l’île, Père Evariste avec qui
j’étais au Séminaire d’Orléans l’année 2003-2004 !
Joie d’aller saluer un confrère en retraite sur l’île : Père Robert Blanchard !
Parmi les merveilles lues dans les lettres, celle-ci : « Je souhaite être confirmé pour
poursuivre la route dans la continuité de mon bap-
tême et de ma première communion »… « Je sou-
haite sceller mon baptême, recevoir l’Esprit-Saint et ses dons afin qu’il
m’éclaire, me rassure et me guide tout au long de ma vie. »
Le chant final de la messe de Confirmation exprimait bien ce à quoi
ces jeunes sont appelés : « Va au grand large au vent de l’Esprit faire
équipage avec Jésus-Christ. Va au grand large au vent de l’Esprit faire
équipage avec Dieu dans ta vie ».
Père Gérard FOUCAN
EGLISE RESTAURÉE À SAINT MARTIN
En septembre 2017, le cyclone Irma a lourdement endom-
magé la chapelle Saint-Joseph dans le quartier d’Orléans. Des
travaux d’urgence avaient été réalisés, mais une restauration
complète de l’intérieur était nécessaire. Depuis plusieurs mois,
l’entreprise GTM assure ce travail pour la toiture, le plafond,
de nouvelles portes et fenêtres. Les bancs ont été remis en
place et les messes pourront être prochainement célébrées,
notamment chaque dimanche à 7 H. La réouverture officielle
aura lieu le dimanche 6 décembre avec une messe présidée
par Mgr Riocreux.
Par ailleurs, la maison paroissiale en face de l’église a été
très endommagée. En 2021, la paroisse pourra retrouver ce
presbytère fort utile dans ce quartier proche de la partie hol-
landaise.
Ces travaux ont pu être financés par les assurances et par les
nombreux dons reçus par le diocèse en 2017. Qu’ils soient
ainsi remerciés pour cette participation à cette restauration.
Le Père Marcin Karwot, actif curé de Saint Martin était arrivé
peu après Irma en 2017. Il avait initié les travaux de restaura-
tion des églises. Appelé à une autre mission, il a quitté Saint
Martin pour sa Pologne natale. Le Père Blot lui a succédé en
septembre dernier.
TOUSSAINT
AVEC LA PREMIÈRE COMMUNION !
En cette belle fête de Toussaint, 22 enfants, préparés avec
beaucoup de sérieux ont pu faire leur Première Communion !
Joie dans les cœurs ! Joie dans les familles ! Joie dans la
communauté chrétienne de Saint-Martin ! Les parents, les ca-
téchistes encouragés par le père Blot, leur nouveau curé, et
accompagnés par les sœurs Salésiennes qui continuent de
faire un travail de proximité et apprécié de tous, ont chanté et
prié de tout leur cœur en cette fête de tous les saints !
Belle étape d’encouragement pour tout le monde en cette
période si difficile de pandémie ! « Aimer Jésus-Christ de tout
notre coeur et resserrer les liens entre nous ! C’est indispen-
sable pour aller de l’avant » comme l’a si bien expliqué père
Blot, qui n’a pas manqué de promouvoir la dernière encycli-
que du pape François « Fratelli Tutti » « Tous Frères ».
Sœur Emilienne
Page 10
10
Début novembre, comme
chaque année, les 105 évêques
de France étaient réunis. Cette
assemblée devait se faire à
Lourdes. Faute d’être en « pré-
sentiel », les évêques étaient
dans leurs évêchés en visio-
conférence. Dimanche 8 No-
vembre, le président de la
conférence, Mgr de Moulins-
Beaufort a conclu cette assem-
blée par un texte dense avec
comme fil directeur, l’Eucha-
ristie. Extraits.
Au fil des dernières années, la cé-
lébration eucharistique commune
est devenue le coeur des assem-
blées plénières de la Conférence
des évêques de France. Elle a lieu
dans la basilique basilique Notre-
Dame-du-Rosaire. Les pèlerins
présents constituent une assem-
blée dont la seule vue rappelle
concrètement aux évêques que
leur ministère est un ministère
pour l’Église catholique entière. Les Laudes le matin, les Vêpres
au milieu de l’après-midi, l’Angé-
lus, déploient en quelque sorte la
célébration du mystère de la foi
concentrée dans la liturgie eucha-
ristique. Serrés dans les stalles de
la basilique, les évêques éprouvent
physiquement leur appartenance à
un collège au service du Corps du
Christ entier.
Notre assemblée de cette année,
tenue par visio-conférences, épi-
démie oblige, ne nous a pas per-
mis cette expérience singulière de
la proximité les uns aux autres qui
se vit dans le rite eucharistique
et qui est nourrie par l’Eucharis-
tie elle-même. Les prodiges de
la technologie nous ont été plus
qu’utiles : grâce à eux, au-delà de
ce que nous aurions imaginé, je
crois, nous avons éprouvé la joie
de nous voir les uns les autres, à
tout le moins de nous apercevoir
dans les vignettes de nos écrans,
parfois de parler à quelques-uns
dans un groupe réuni dans une
salle numérique.
Le vrai culte
Certes, le vrai culte, le véritable
sacrifice, est le sacrifice spirituel,
par lequel chacun fait de tout lui-
même une offrande à la gloire du
Père (Rm12, 1). L’Apôtre Paul écrit :
« Offrez votre corps en sacrifice spi-
rituel, capable de plaire à Dieu ».
Le corps, ici, désigne le tout de
l’être humain, celui qui agit grâce
à ses membres, celui qui imprime
sa marque en ce monde, dans le
cosmos, en y introduisant une in-
tention. La moindre de nos actions
peut ainsi devenir un acte « pour
la gloire de Dieu et le salut du monde ». Tout le culte liturgique,
toute la vie sacramentelle, sont
orientés à cette fin.
La technique nous a permis d’être
rassemblés sans l’être physique-
ment et par là, de surmonter les dif-
férents plus ou moins importants,
les quiproquos et les agacements
qui s’exacerbent lorsque l’on ne se
voit pas et que l’on oublie ou que
l’on surmonte lorsque, soudain, se
retrouvant, on éprouve à nouveau
la joie que l’autre nous apporte
par ce que sa présence physique
traduit de la qualité de son coeur
et porte de promesse de se com-
prendre pleinement un jour. Mais
la technique n’a pas remplacé ce
en quoi la célébration commune
nous replonge, la joie de l’Épouse
du Christ suscitée par son Époux,
qui tressaille à sa voix et vibre à
sa venue, à quoi le dialogue des
évêques, prêtres et diacres avec
l’assemblée eucharistique nous
donne part.
Quel culte sera possible ?
Jadis et même naguère, la messe
célébrée dans chaque village offrait
un temps de prière de louange et
de prière de supplication, d’élé-
vation au-dessus ou au-delà des
soucis du moment, de rencontre
avec Dieu et avec les autres. Le
travail de la semaine était tour-
né presque aussitôt vers la gloire
de Dieu et offert pour le salut du
monde. Nous ne pouvons plus le
vivre ainsi dans notre pays. Nous
célébrons chaque dimanche et
même chaque jour un culte qui
n’exerce sur le cosmos qu’un pré-
lèvement minime : un peu de
pain et un peu de vin suffisent ;
EGLISE DE FRANCE
EVÊQUES DE FRANCE RÉUNIS…
EN VISIO-CONFÉRENCE !
Page 11
11
il y faut cependant aussi un prêtre
et encore quelques fidèles. Dans
notre séquence intitulée « Territoire
et paroisse » nous avons réfléchi,
sous la conduite du groupe de tra-
vail, à cette thématique. Le défi est
grand : avec moins de forces sa-
cerdotales, soutenir l’élan spirituel
de tous, dispersés dans le monde
rural ou regroupés en ville. Bien
des initiatives se prennent, des ex-
périences se cherchent. L’Eucharis-
tie n’en est pas le tout, mais toute
vie chrétienne ne trouve son sens
plein qu’en se reliant à l’acte du
Christ. Comment pouvons-nous
assurer ce lien vivant, offrir, dans la
dispersion, la possibilité concrète
pour chacun de devenir de plus 6
en plus un « adorateur en esprit et
vérité » ? Ces questions ont habi-
té notre travail sur la future ratio,
c’est-à-dire le futur cadre expli-
quant et décrivant ce que doit être
la formation des prêtres, initiale et
continue. Ces mêmes questions
rendent pressantes les décisions
que nous avons à prendre devant
la fragilisation de nos diocèses,
y compris sur le plan financier, et
la solidarité entre diocèses que
nous devons renforcer. Le service
fraternel est aussi le vrai sacrifice,
le sacrifice spirituel.
La catholicité de notre adoration
Le vrai culte, en esprit et vérité,
ne se fait pas sur telle montagne
plus que sur telle autre. Il monte
de toute liberté, de tout coeur,
qui, reconnaissant son Créateur
dans l’action de grâce, accepte de
se découvrir pécheur et d’accueil-
lir le pardon qui lui est donné, à
quelque race ou nation ou culture
qu’un être humain appartienne. Il
procure la paix entre les hommes,
il demande la paix et la grâce d’un coeur pacifié et pacifique, nourri de
la grâce de Celui qui est mort en
intercédant pour ses bourreaux. Il
aspire à vivre ainsi, non seulement
dans le secret de son âme, ni dans
le cercle de ses proches, mais avec
tous les humains, tous appelés à
devenir des fils et des filles du Père
dans l’Unique Fils bien-aimé.
C’est pourquoi, réunis en assem-
blée, nous avons porté dans notre
prière les personnes assassinées
à Nice parce qu’elles priaient ou
travaillaient dans une église. Nous
avons regardé avec inquiétude la
situation de nombreux pays où
la paix est menacée ou bien où
la guerre a repris : en Afrique no-
tamment, mais aussi aux confins
de notre Europe, dans le Cau-
case. Nous avons voulu exprimer
notre solidarité avec les popula-
tions du Haut-Karabagh, et aussi
de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan
qui se trouvent engagés dans une
guerre que l’on aurait pu espérer
oubliée. Nous pensons aussi au
Liban, tellement fragilisé par la
terrible explosion du début août :
son renouveau politique, écono-
mique et social est indispensable
à l’équilibre du monde, face aux
tensions dans les pays voisins. Les
chrétiens, dans leur diversité, y
jouent un rôle capital. Puissent-ils
être encouragés par notre amitié
fraternelle et notre communion !
La gloire du Créateur
Nous avons renouvelé notre joie de
pouvoir contempler Dieu comme
Créateur. Il est le principe de tout
être, celui par qui tout être, le plus
humble et le plus élevé, trouve la
garantie de son existence. Rien ne
vient du hasard, rien n’est que le
résultat de la nécessité ; tout est
porteur de la libre et bienveillante volonté de Dieu, tout signale sa
bonté pour nous. Il est celui qui
nous rend capables d’agir, celui qui
nous confie, à nous les humains,
son oeuvre, non pour que nous la
saccagions, non pour que chacun
lutte contre les autres afin de s’en
approprier la meilleure part, mais
pour que nous y reconnaissions
un appel à l’entraide, au respect, à
l’émerveillement, à la fraternité, à la
communion. Il veut que chaque être
humain puisse vivre pour toujours
dans la communion intime qu’il est.
Bientôt, l’Avènement
Nous célébrons confinés, et dans un
confinement maintenu par le juge :
que cela soit un encouragement à
élargir notre coeur à la dimension
du cosmos pour rendre grâce à ce-
lui qui nous le donne et unir notre
regard sur tout être au regard du
Créateur. Nous vivrons peut-être
encore le temps de l’Avent avec
des limitations de déplacement,
des magasins fermés, des restric-
tions de rassemblement. Chaque
année nous nous plaignons, en
arrivant à Noël, que cette fête, si
chère à notre cœur, soit réduite à
un temps de consommation effré-
née. Le premier confinement nous
a permis de vivre un Carême et une
Semaine Sainte intenses. Certains
vivront ce temps avec de l’inquié-
tude pour leur métier ou pour leur
situation économique et sociale.
Puissions-nous vivre pleinement
la grâce de l’Avent ! Confinés ou
pas, il nous suffit de contempler le
grand mystère : le Créateur devient
créature. Il vient si discrètement,
comme pour ne rien troubler, mais
pour tout renouveler.
Mgr Éric DE MOULINS-BEAUFORT,
Président de la Conférence des évêques de France,
archevêque de Reims
Page 12
12
UNE QUESTION :
LES IVG EN GUADELOUPE
La Guadeloupe est le 2 ème dé-
partement d’outre-mer en ma-
tière de recours à l’IVG. Cette
situation interpelle la pasto-
rale de la santé du diocèse de
Guadeloupe. Nous publions la
réflexion du Père Jean Hamot
sur ce sujet sensible.
En pleine crise sanitaire, une infor-
mation vient encore nous ques-
tionner, nous secouer. La Guade-
loupe se situe parmi les régions
de France où le recours à l’inter-
ruption volontaire de grossesse
est le plus élevé. Cela donne à
réfléchir et provoque la pastorale
de la santé.
Ainsi, en 2019, 3.26I IVG ont
été pratiquées en Guadeloupe.
Notre département est le 2
ème
dans les outre-mer après la Réu-
nion. (4.800). Le taux d’interrup-
tion volontaire de grossesse chez
les mineures âgées de 15 à 17
ans, s’établit dans notre archipel
à 12,50 pour mille femmes. C’est
l’un des plus élevés au plan natio-
nal. Donner la vie ou la supprimer.
Une question qui engage leur au-
teur !« Je suis venu pour qu’ils aient
la vie et qu’ils l’aient en abon-
dance ».
Si le Christ a épousé toute notre
nature humaine, c’est bien pour
nous dire l’importance de la vie.
Et lui-même l’a prouvé en accueil-
lant les malades, les déshérités,
les plus pauvres. La vie est pré-
cieuse, elle doit être respectée et
protégée depuis le moment de la
conception. Dès le premier instant
de son existence, l’être humain
doit se voir reconnaître les droits
de la personne parmi lesquels,
le droit inviolable de tout être
innocent à la vie. L’avortement
est considéré comme étant « un
désordre moral particulièrement
grave. » (Paul VI).
Dans son encyclique « Laudato Si »,
le pape François dit : « tout est
lié, la défense de la nature n’est
pas compatible avec la justifica-
tion de l’avortement…la protec-
tion de l’enfant à naître s’inscrit
dans cette écologie intégrale qui
respecte tout homme et tout
l’homme ».
En effet, chaque personne est
unique aux yeux de Dieu. L’enga-
gement résolu des chrétiens n’est
pas d’abord dicté par une morale
mais par l’amour de la vie que ni
la maladie, ni l’âge ne peut amoin-
drir. L’avortement ne peut en au-
cun cas être présenté comme
une solution pour les mères
en difficulté. Ne devons-nous
pas veiller, en tant que « dis-
ciples missionnaires du Christ »,
à ce que la société consacre de
grands efforts pour l’accueil de la
Vie, agisse sur les causes sociales
qui poussent à poser cet acte ?Qui se soucie de celles qui sont
passées par ce chemin de mort ?
Le témoignage de nombreux psy-
chologues, éducateurs, prêtres
soulignent la détresse de celles
qui ont connu l’IVG : violences
physiques, violences psycholo-
giques. Elles se retrouvent seules
face à leur conscience, rongée par
le regret, la culpabilité, le remords.
Elles se sentent complétement
rejetées, car les « conseilleurs ne
sont pas les payeurs ». Elles ont
beaucoup de mal à retrouver la
sérénité… le goût de vivre. Des
« pères » tout aussi perturbés…
« Seigneur ouvre nos yeux que
nous voyons ces misères, ces
blessures » !
Qu’est-ce que nous allons en-
treprendre pour faire baisser le
nombre de victimes de l’IVG ? Où
en sommes-nous d’une éduca-
tion pour un développement har-
monieux de la personne pour le
respect de sa dignité ?
Père Jean HAMOT
PASTORALE DE LA SANTÉ
Page 13
13
MOI SI J’AVAIS COMMIS
TOUS LES CRIMES POSSIBLES
Moi, si j’avais commis, tous les crimes possibles,
Je garderais toujours la même confiance,
Car je sais bien que cette multitude d’offenses,
N’est qu’une goutte d’eau dans un brasier ardent.
Oui, j’ai besoin d’un cœur, tout brûlant de tendresse,
Qui reste mon appui, et sans aucun retour,
Qui aime tout en moi, et même ma faiblesse
Et ne me quitte pas, ni la nuit ni le jour.
Non, je n’ai pu trouver, nulle autre créature,
Qui m’aimât à ce point, et sans jamais mourir
Car il me faut un Dieu qui prenne ma nature
Qui devienne mon frère et qui puisse souffrir.
Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus
MAINTENIR LE LIEN
AVEC LES DÉTENUS
Dans l’impossibilité de visi-
ter les détenus pour cause
de covid-19, les membres
de l’aumônerie des prisons,
s’adressent régulièrement à
eux à travers les ondes de Ra-
dio Massabielle. La première
émission s’est déroulée du-
rant le week-end de la Tous-
saint.
« Rédemption »
C’est l’intitulé de cette nouvelle
émission qui sera diffusée mensuellement sur Radio
Massabielle. Une initiative de l’aumônerie catholique
des prisons en mission au sein de notre diocèse
de Guadeloupe. Voilà plusieurs semaines que ses
membres travaillent à renouer les liens avec les dé-
tenus(es) qu’ils visitaient jusqu’alors régulièrement.
Mais ils sont dans l’impossibilité de se voir depuis
le début de la crise sanitaire liée au covid-19. D’où
cette idée suggérée par l’Esprit Saint, de créer ce
rendez-vous, chaque mois, sur Radio Massabielle,
pour annoncer l’Evangile et accompagner spirituel-
lement ceux et celles qui sont privés de liberté au
centre pénitentiaire de Baie-Mahault et à la Maison
d’arrêt de Basse-Terre.
De puissants témoignages
La première de « Rédemption » a été enregistrée fin
octobre dernier dans une des salles du CPSO. Cette
émission était animée par le diacre Jean-Paul Levif
et plusieurs membres de l’aumônerie des prisons.
Leurs témoignages poignants sont autant d’illustra-
tions de la portée et de la nécessité de cette mis-
sion. Successivement se sont exprimés, le diacre
Freddy Algou, le père Paul-Antoine Bernard au-
mônier des prisons, Marie-Laure, Georges, Serge,
Armand, Dominique. Mais aussi et surtout Alex,
la doyenne de l’aumônerie qui visite les déte-
nus(es) en Guadeloupe depuis 35 ans et dont le
récit, auprès des personnes privées de liberté, est
une véritable exhortation à l’amour du prochain. L’au-
mônerie compte aussi au rang de ses membres bé-
névoles, Christian, Rudia, Julienne, Lise, Marie-Ange,
David, Inès, Fabienne et José.Ces émissions seront l’occasion
de rappeler en outre les missions
dévolues à l’aumônerie catholique
des prisons en Guadeloupe. A sa-
voir célébrer les offices religieux
catholiques au sein du milieu
carcéral, organiser des réunions
cultuelles, apporter aux détenus
une assistance spirituelle.
L’aumônerie des prisons permet à
ses membres, prêtres, diacres ou
laïcs, de s’entretenir avec la per-
sonne détenue qui le demande pour lui apporter
du réconfort dans sa détresse. « C’est un lieu de
dialogue, d’écoute. Nous ne jugeons pas. Nous al-
lons vers nos frères pour leur apporter une oreille
différente. C’est aussi un lieu de solidarité et de fra-
ternité. Aucun de nos actes ne nous enlèvent notre
dignité d’enfant de Dieu » a rappelé Georges, l’un
des plus anciens bénévoles de l’aumônerie
L’inspirante Ste Thérèse de l’Enfant Jésus
En conclusion de chacune de ces émissions men-
suelles, l’Evangile sera proclamé suivi d’une médita-
tion. Des informations liées aux actions de l’aumône-
rie sont également communiquées aux détenus par
ce biais. Enfin, notez que c’est le chant « Moi, si j’avais
commis tous les crimes possibles » tiré du texte ma-
gnifique de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, qui a été
choisi par l’équipe comme indicatif de cette émission.
Th. FUNDERE
AUMÔNERIE DES PRISONS
Page 14
14
DOYENNÉ BASSE-TERRE
s # A T H Ï D R A L E Samedi : 18h Dimanche : 6h30
s 3 T E 4 H Ï R Ò S E Jeudi : 18h30 Dimanche : 8h30
s # A R M E L Samedi : 18h30 Dimanche : 9h30
s "
